‹ Architecture monastique (volume 3)Chapitre 31 sur 54 · F. CHAPELLES · texte numérisé non relu

F. CHAPELLES

Les basiliques abbatiales latines des premiers siècles n avaient généralement pas de chapelles latérales auprès de leurs nefs , comme on en établit plus tard; celles qui se voient aujourd'hui auprès des anciennes églises de Rome et de Tltalie, construites dans ce style, sont, pour la plupart, postérieures à la fondation première et ajoutées après des percements opérés dans les murs latéraux. On doit faire exception cependant à l'égard de quelques chapelles destinées à la sépulture de saints personnages ou à la conservation de certaines constructions précieuses pour l'histoire des martyrs : ainsi l'abbatiale de Saint-Germain-des-Prés, à Paris, selon le récit du moine Gisiemar, présentait près de la porte occidentale, dans la direction du midi, un oratoire dédié à saint Symphorien d'Autun, et dans lequel saint Germain voulut être enterré ; en regard de cette chapelle, au nord, en était une dédiée à saint Pierre.

L'église monastique de Sainte-Praxède, à Rome, présente en dehors du collatéral droit, la chapelle des saints Zenon et Valentin, martyrs, que leur éleva le pape Pascal I"* en 817. Nous en donnons un dessin ; il fait connaître sa décoration vers l'église.

La belle basilique de Saint-Démétrius , à Salonique , offre aussi auprès de Feutrée , et eu dehors du collatéral gauche, la chapelle fuuèbre du martyr. A Téglise mouastique de Sainte- Cécile au Transtevère, à Rome, on voit, à droite en entrant, une chapelle où sont conservés les restes du bain dans lequel périt la sainte. Quelquefois aussi on construisait auprès de la basilique un petit temple particulier consacré à un saint personnage, une galerie couverte le reliait à Tédifice principal : Trieste offre un curieux exemple de cette disposition doratoire de style latin, consacré aux saints Juste et Servulus.

N* 1 1 5. Plan de la basilique de Trieste.

Baptistère

Chapelle

des saints Juste

el Servulus.

Le dessin de la chapelle de Saint-Zénon, publié à la planche 1 14, démontre assez quon n apportait pas moins de luxe dans le décor de ces constructions accessoires des basiliques abbatiales que dans le reste de Tédifice principal ; il en était de même pour leur intérieur : celle même de Saint-Zénon,

pi- 1 1 4 ♦ est entièrement ornée de mosaïques à fond d'or ; sa voûte, construite en arêtes, contient quatre figures d'anges qui soutiennent, en élevant les bras, un tableau circulaire dans lequel est représenté le Christ ^ On voit à Té^ise de Sainte- Croix-de-Jérusalem , la chapelle de Sainte-Hélène; et à celle de Saint-Jean-in-Fonte (le baptistère de Constantiii), les chapelles de Saint-Hilaire, de Saint-Venant et d'autres martyrs , dans lesquelles les mosaïques à fond d'or, en usage dans Tarchitecture latine, ont été mises en œuvre avec profusion.

G. CHŒUR, XfiP^^^ CHORUS.

Le chœur des moines, dit dom Martenne, était ordinairement établi dans la croisée de Téglise^. Lorsque Tédifice n avait pas de transsepts , le chœur était un espace pris aux dépens de la nef principale, en avant du sanctuaire; élevé d'une ou deux marches au-dessus du sol de l'église, il était renfermé dans une enceinte ordinairement composée de tables de marbre placées debout et maintenues par des pilastres; une porte y donnait entrée; on la nommait speciosa (belle porte); elle était ordinairement close par deux ventaux en métal ornés de ciselures. On évitait de lui donner plus de hauteur qu'à la clôture pour ne pas masquer les cérémonies du chœur et pour la distinguer de la porte sainte , dont il sera parlé plus loin. L'église du monastère de Saint -Clément, à Rome, conserve son ancien chœur; on y voit le monogramme de Jean VIII, sculpté sur plusieurs parties de l'enceinte, ce qui le fait remonter à la seconde moitié du ix'' siècle- Le dessin suivant, pi. 1 16, en fait connaître l'ensemble; la vue est prise

de la partie antérieure de la nef principale de la basilique.

' Ciampini, tob. L.

* Voyage hlL t. I , p. iSy.

N* 1 16. ChiBur de U basilique de Saint-Clément.

Cette enceinte , enrichie de mosaïques précieuses , est moins large que la nef principale ; plus ordinairement ^a clôture ou le chancel ' s'appuyait contre les colonnes de la basilique : on en retrouve des exemples à Parenzo {Istrie), dans l'église construite par l'évêque Eufrasius en S^i, et dans la basilique de Torcello. Le plan de l'abbaye de Saint-Gall fait voir aussi cette disposition; il présente comme particularité remarquable, la division, du chœur en deux parties distinctes séparées par un chancel. Ce double choeur était rare : l'abbaye de Clairvaux en possédait un destiné aux infirmes; il précédait celui des moines ^.

Au plan de Saint-Gall, le chorus psaUentiam, réservé aux chants, est tracé, comme l'indique dom Marfenne, au milieu de la croix. Le chœur des grandes abbayes prit un dévelop-

^CaueUai.parittqaicUiaAitehonM. (DtiCange.) Le chœur te nommait ausM «iiimIJw: lujrabti aottri, cantdiviim celebmatur, coMceltitm um chonm inlreitt. . (DuCange. ' Vaya^Stt. I. I, p. (|9.

pemeat tel, que la nef principale fut en partie occupée par les stalles et que le public avait fort peu de place.

Dans quelques monastères , le chœur était situé derrière le maître-autel ; les basiliques de Saint-Laurent et de Saint-Sylvestre, à Rome, sont ainsi disposées.

Les églises à double abside, comme celle de labbaye de Saint- Gall, possédaient un second chœur placé à Toccident/et lors même que Tédiûce n'offrait point cette disposition exceptionnelle et particulière au voisinage du Rhin, une tribune située au-dessus de la porte principale de l'église contenait des chantres, soit au lieu occupé ordinairement par l'orgue, soit latéralement à cet instrument, comme on en voit à un grand nombre d'églises.

Le pavé du chœur était ordinairement plus riche que celui des nefs ; on y employait les marbres précieux et les matières dures, le porphyre rouge et vert. Le dessin de l'église de Saint- Clément, placé à la page 1 83, n° 116, donne une idée approximative de ces riches pavés, composés le plus fréqueinment de cercles concentriques tangents ou reliés par des bordures qui forment des entrelacs. Ce genre de travail est nommé opus Alexandrinum par les auteurs, qui le supposent importé d'Alexandrie en Occident; d'autres en attribuent l'invention au règne d'Alexandre Sévère : la première hypothèse est la plus probable, en raison de la nature des matériaux qu'on y employait, et dont l'origine est africaine. Ce genre de pavage fut presque généralement adopté durant les premiers siècles de l'Eglise; les anciennes basiliques de Rome n'en ont pas d'autre : nous en avons retrouvé plus d'un exemple en Grèce, particulièrement en Morée; les églises souterraines du Rhin, les anciennes abbatiales de Saint-Bertin, à Saint-Omer, de Saînt-Benoît-sur-Loire, en fournissent aussi des fragments.

L'autre système de pavé , celui qu'on imitait de la mosaïque à petits cubes, si fréquente dans l'antiquité païenne, était fort rare en Italie. Nous n'en avons vu des restes que dans l'église souterraine de Saint-Martin-des-Monts à Rome, où le pape Sylvestre assembla le premier concile, sous Constantin. Ce pavé se compose de grands et de petits carrés blancs, séparés par de larges bandes noires. Dans le Nord, au contraire, où les riches matières africaines étaient rares , les mosaïques à petits cubes se transmirent plus longtemps ; les fragments du pavé de la basilique de Chiidebert, trouvés en 1847 au parvis de Notre-Dame à Paris, les descriptions de l'abbatiale de Saint- Germain-des-Prés , dans la même ville, par Fortunat, en sont des preuves; on en voit des fragments à l'abbaye d'Ainay de Lyon, à celle de Saint-Denis; Moissac en possédait une; ces dernières, exécutées vers les xi* ou xii*' siècles, démontrent que ce système de pavage se conserva longtemps en France, chez les moines.

Trabes , Jubé. — Saint Grégoire de Naziance considère le septum ou chancel du chœur comme placé au milieu des deux mondes, le ciel et la terre, dont l'un est stable et l'autre variable , entre les ecclésiastiques et les laïques : cette pensée mystique des premiers chrétiens était complétée par une disposition particulière , indépendante d'abord du chancel et qui s'y relia bientôt : en travers de la grande nef, à une certaine hauteur, on plaça une poutre, irabes, qui indiquait au loin cette séparation des deux mondes dont parle Grégoire de Naziance; une croix , et plus tard un crucifix , s'élevait au milieu pour retracer aux fidèles cette séparation entre la terre et le ciel ; la trabes s'est conservée longtemps au moyen âge dans les églises de village , où quelquefois on en voit encore , si elle n'esjt remplacée par un grand crucifix suspendu à la voûte.

INSTACCTIONS. — II. a4

Lorsque les basiliques s'élargirent au point qu'une simple poutre, traheSf libre et isolée, ne pût les traverser sans points d'appui, on plaça des colonnes au-dessous, et Tensemble de cette décoration transversale conserva encore le même nom : on lit dans Anastase qu'en 5 1 A le pape Horndsda couvrit d'argent la tmbes de la basilique de Saînt-Pierre au Vatican'. Sous le pape Adrien l", la nef de la même basilique était traversée par un portique de douze colonnes de porphyre , d'albâtre et de ^arbres précieux, reliées par une grille de bronze; l'église de Torcello présente encore aujourd'hui une colonnade qui traverse la nefet supporte une clôture en marbre richement décorée de sculptures : c'est un exemple de la trabes.

intérieure de la basiJique de Torcdlo.

' AnaM. Vila Ilormiidte. p. liH. lEodem tempore fecit papa Hormi»da apud Beatum Pclrum H[>cslo)uni, irabem quam ex argento coopemil, qu» pensabat )ib. mille et qnadra^nt», •

Si le chœur de la basilique était situé derrière l'autel, comme nous en avons cité quelques exemples, la irabes s'élevait en avant du sanctuaire : on en voit une remarquable à l'église de Saint-Marc de Venise. La trabes doit être l'origine du jubé, qui, au moyen âge, dévint à peu près général et formait une construction importante en avant du chœur, et le fermait quelquefois complètement; on y appuyait des autels à droite et à gauche de la porte placée au milieu. Dans d'autres églises un seul autel s'élevait au centre et deux portes s'ouvraient latéralement. Le plan de l'abbaye de Saint-Gall fait voir cet autel placé en avant et dédié au Christ en croix , altare sancti Scdvatoris ad cracem. Chez les religieux, plus que partout ailleurs, le jubé fermait complètement le chœur, à ce point qu'à l'abbaye de Cluny la communion des laïques se faisait à travers une grille de fer disposée ad hoc au seplum, parce que, même pour communier, on ne pouvait entrer dans le chœur ^ t Saeculares.... nec inter sacros cancellos ordinibus debitos... adtentent accedere^. » Sur ce jubé on faisait les lectures des épîtres et des évangiles, des lettres de communion; on y publiait les édits des évêques et les décisions des conciles : aussi sur la clôture du chœur de l'abbaye de Saint-Gall voit-on deux pupitres ou analogia qui servaient à ces lectures; la petite église des saints Nérée et Achillée, à Rome, de la congrégation de rOratoire, contient un exemple curieux de ces pupitres établis à demeure sur les chancels : ils expliquent ceux qui sont figurés au plan de Saint-Gall. Les pupitres fixes furent remplacés au moyen âge par des meubles portatifs qu'on posa derrière le chancel. (Voir la planche 118.)

^ Dom Martenne, Voyage litt. Cluny, t. I, p. aag. ' Du Gange, verb. Cancelbu.

N° 1 18. Seplum de la batilique des uintt Nérée et Achillée.

Meubles du chœur. — Bancs. — Les sièges disposés dans le chœur de l'église de Saint-Clément sont des bancs en marbre placés contre les parois du septum et dans le sens longitudinal de la nef; il est probable qu'on y apportait des coussins. Le ciiœur de l'abbatiale de Salnt-Gall fait voir, au contraire, les bancs disposés en travers de l'axe de l'édifice; le nom qui leur est donné, Jbrmu/(c, doit faire entendre qu'ils étaient en bois et construits comme des stalles, qu'on nommait ybnn».

Ambons. — Deux meubles importants étaient placés dans le chœur des basiliques : on les nommait ambons, ambones; ils servaient, l'un aux lectures, l'autre aux prédications. Construits tous deux en marbre , et décorés le plus souvent de mosaïques, ils étaient posés dans l'enceinte de manière à ne pas nuire au service, ainsi qu'on le voit dans le plan de l'église de Saint-Clément. La solidité avec laquelle furent construits ces meubles est cause qu'en Italie on en retrouve encore quelques exemples : Rome en montre dans les églises de Saint-Clément , de Saint- Laurent, de Sainte-Marie in Cosmedin, de Saint-Pancrace; le porphyre et les plus riches matières les décorent. Le moins important de ces deux meubles porte toujours un pupitre ayant généralement la forme d'un livre ouvert et construit en marbre comme le reste. Grégoire de Tours , dans la Vie de saint Cyprien, martyrisé à Carthage sous Gallien, en l'année 268 de notre ère, s'exprime ainsi : « Le bienheureux saint Cyprien de Carthage , évêque et martyr, rend souvent la santé aux infirmes qui la lui demandent; on dit que dans sa basilique, le pupitre [analogius) sur lequel on met le livre pour chanter ou lire est d'une structure merveilleuse : il est entièrement sculpté dans un seul morceau de marbre , et se compose d'un sol supérieur auquel on arrive par quatre degrés , d'une balustrade autour, portée par des colonnes, et d'un pupitre, devant lequel huit personnes se peuvent tenir : cette œuvre n'aurait jamais pu être exécutée par aucune industrie , si la puissance du saint martyr n'y eût pourvu K »

L'expression analogius dont se sert Grégoire de Tours s'applique ici au meuble tout entier et non pas seulement au pupitre; cette dénomination ou celle de lectorium dont se servent

* Grégoire de Tours, Gloria martyr, lib. I, p. 826.

quelques auteurs désignent clairement ce genre de meubles, dont nous donnons ici un exemple isolé, tiré de Téglise de Saint-Laurent hors les murs.

N* Il g. Lectoriiim de la basilique de Saint-Laurent.

Celui de Saint-Clément oQre avec lui la plus grande analogie, comme on peut le voir sur la planche qui représente le chœur de cette église, page i83.

Le second meuble était une chaire et devait présenter d'ao très dispositions que Yanalogius. En effet, tous ceux qu'on voit à Rome, en Italie et dans les manuscrits, sont plus élevés: on y monte des deux côtés par un grand nombre de marches; sur le devant, et quelquefois aussi sur la partie postérieure, se présente une partie semi-circulaire et en saillie pour donner plus de place à l'oraleur et faciliter ses mouvements. Cette partie arrondie et saillante, qui est parfaitement exprimée par le mot grec iuS!kn*^ a dû faire donner le nom d'ambon à ce meuble, auquel seul il convient; on l'a étendu ensuite aux deux.

' Àa^vr. quitti^uit] in piano «(uin«t «I prviulMf-At. rotnnijini lubcni figamn. (Com. SrhTT» I*\ir '

Anastase cite un ambon construit par le pape Set^us, en 687, dans l'église de Saint-Côme et Saint- Damien : «Fccit anobonem in basilica sanctorum Gosmœ et Damiani. * Celui de l'église monastique de Saint-Clément est, ainsi que le reste du chœur, du commencement du ix' siècle. D'Agincourt publie une peinture du xi' siècle tirée d'un Exultet latin de la bibliothèque Barberini ' : elle représente un prédicateur parlant au peuple du haut d'un ambon parfaitement semblable à ceux qu'on voit à Rome dans les églises citées plus haut. Nous publions ici celui que nous avons recueilli dans l'église de Cometo et qui porte une inscription du xin* siècle, indiquant que Tan du Seigneur H.cc.viiii, sous le règne du pape Innocent 111, Angelo, prieur, donna cet ambon à l'église.

N* lao. Ambon de t'église de Saint-Pierre à Cometo.

Toutes ces dates suffisent pour démontrer qu'à Rome et dans le territoire de Saint-Pierre, où se conserva le style d'ar^

* D'Agincourt. P«i'iil. l V, p. 55.

chitecture de la primitive église, cette disposition se maintint durant tout le moyen âge pour les chaires ou ambons. On en voit sans doute ailleurs d'anciennes et d'une forme difTéreote, mais elles sont dérivées de celles-ci et sont moins complètes.

Les deux meubles que nous venons d'examiner étaient quelquefois réunis en un seul : ainsi le plan de Tabbaye de Saint- Gall fait voir au milieu de Tavant-chœur un ambon circulaire, qui probablement réunissait le pupitre et la chaire, comme celui qu on voit dans la basilique de Torcello; ce double emploi s'explique par le besoin d'économiser la place et la dépense.

Lorsque le jubé devint assez important pour masquer le chœur au point que les fidèles ne pussent voir ni entendre facilement l'orateur placé dans l'ambon , ce meuble fut construit dans la nef: celui de Torcello, que nous venons de citer, est dans ce cas , ainsi que beaucoup d'autres élevés postérieurement aux premiers siècles chrétiens.

Auprès de l'ambon , et quelquefois même sur son enceinte , s'élevait une colonne élégamment sculptée, et destinée à porter le cierge pascal ; on en voit de fort riches aux ambons des basiliques de Saint-Laurent hors les murs et de Saint-Clément , à Rome; plus d'une église de l'Italie a de ces colonnes, construites d'une manière indépendante de l'ambon, mais elles sont presque toujours placées à une distance assez minime pour se grouper avec lui et former en quelque sorte une partie nécessaire à son ensemble.

H. SANCTUAIRE, SACRARIDM , SANCTDARIUM,

Le sanctuaire, toujours élevé de plusieurs marches au-dessus du sol du chœur, en était ordinairement séparé par une

clôture , au milieu de laquelle s'ouvrait la porte sainte ; lorsque la basilique était disposée comme celles de Sainte- Agnès , de Saint - Sabas ou de Saint - Clément , dont les plans sont aux n** 59, 66 et 67, cette clôture portait des pilastres ou de simples tiges de métal destinées à soutenir le voile alexandrin, velnm Alexandrinum , qui pendant une partie des cérémonies masquait le sanctuaire. Anastase nous apprend quen 8a 5 le pape Grégoire IV donna un de ces voiles à l'église de Sain t- Greorges au Vélabre, semblable à toutes celles qui viennent d'être indiquées , et sur les deux dernières colonnes dé ce temple on voit encore aujourd'hui les scellements du support de ce voilée Les mosaïques de Saint-Apollinaire de Ravenne font voir un exemple du voile placé en avant d'un autel.

Quand la basilique accompagnée de transsepts, comme celle de Saint-Paul hors les murs, gravée au n^ 1 1 3, offrait un grand mur transversal , en avant du sanctuaire , et percé d'un arc triomphal , le voile était suspendu à cette immense arcade : c'est encore Anastase qui nous l'apprend dans la Vie du même Grégoire IV. Il s'exprime ainsi : « Obtulit jam dictus praesul in ecclesiâ doctoris gentium beati Pauli apostoli, cortinam fundatam pendentem ad arcum triumphalem , habentem in medio annuntiationem et nativitatem Domïni nostri J. C.^ » Ce voile devait être une tapisserie , comme l'indiquent les mots cortina , vélum Alexandrinum, et les sujets de l'histoire sacrée exécutés dans son tissu ; celui que le même pape avait donné à l'église de Saint- Georges était orné de douze faisans, habens duodecim phasianos^.

Le voile Alexandrin devait se diviser en deux parties par le milieu, pour laisser voir, au besoin, l'autel et la décoration

* Anastase, Vie de Grégoire IF.

' Idem , p. aii.

' Idem,

qui le surmontait, ainsi que les ornements de l'abside. Les deux sujets de l'histoire sainte figurés sur celui qui fut donné à la basilique de Saint-Paul par Grégoire IV indiquent su£Bsamment cette division en deux rideaux, qu'on devait relever à gauche et à droite , comme on le voit sur la mosaïque de Ravenne déjà citée. Le voile ne devait descendre que jusqu'au sommet du chancei qui séparait le chœur du sanctuaire. La porte Sainte, pratiquée dans la clôture, était toujoursiisrmée par deux ventaux en métal doré et ciselé ; des manuscrits anciens et les mosaïques exécutées dans l'église de Saint-Marc de Venise font voir que les deux ventaux de cette porte étai^t cintrés par le haut et dépassaient le chancei de toute la partie courbe qui les surmontait.

Page 1