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Façade de l'église de Kovri rijs yépM, à Constanlinnple

De belles églises monastiques de Venise, construites au xvi" siècle , sont dans le même cas, et de nos jours celte disposition curieuse s'est renouvelée dans la grande basilique de Tine, l'antique Tenos, l'une des tles de l'Archipel.

N* 1 79. Fatads de l'Oise de Tine.

4' disposition. — Un quatrième mode se présente sur les façades byzantines : il peut être considéré comme présentant une alliance des architectures chrétiennes de l'Orient et de l'Occident ; c'est un retour aux premières dispositions transitoires de Constantin , et la cause en est due peut-êlre aux

tentatives qui se firent ponr rapprocher les églises grecque et romaine. Ce système a exprimé par des frontons et des pignons l'inclinaison des toits, bien que les Bysantins n'aient pas employé la charpente dans leurs constructions anciennes, du moins depuis Juslinien. Les principales ^ises' d'Athènes , monastiques ou autres , présentent ces formes occidentales.

N* 180. Façade du Calhdieoa, à Albène*.

Il nous suffira de citer le Catfaolicon, les Incorporels, les

églises de Saint- Théodore, de Saint-Taxiarque de cette ville, celles des mtmastères de Daphni sur laroute d'Éleusîs, de Vatopediet dlviron au mont Athos; toutes présentent des frontons ou des pignons aux extrémités de leur nef principale, des transepts, et quelquefois même du narthex. Cet emploi du fronton se multiplie, dans certains cas, sur une seule et ménae iaçade, au point de la couronner par une découpure anguleuse. Athènes etMistra, auprès de l'antique Sparte, en fournissent des exemples curieux. Dans la première ville, la Kapnicaréa, église isolée sur l'axe de la grande rue nouvellement percée de la porte du Pirée au mont Hymette, rappelle, par ses nombreux pignons, les faces latérales de certaines églises du naoyen âge en France : de Saint-Séverin à Paris, dont chaque chapelle est surmontée d'un fronton.

N* 181. Façade latérale de la Kapnicaréa, à Athènes.

L'église de la Vierge à Mistra, appartenant à un ancien mo-

nastère, présente cette particularité sur son porche latéral et sûr les trois nefs de la façade principale; le système d'extradosscmentse montre aussi, dans la même église, à l'extrémité des transepts et sur les voûtes qui les avoîsinent.

Enfin, si l'alliance de l'architecture de l'Église latine et de celle de Byzance vient d'être reconnue dans les exemples qui précèdent, c'est aussi le lieu d'indiquer l'influence qu'exerça sur l'art oriental celui qui était en faveur dans nos contrées pendant le moyen âge ; l'Occident, qui avait emprunté tant de formes au génie fécond de l'Orient, lui porta les siennes par la conquête. Le célèbre monastère de VEcs-Miazin à Érivan, publié par Chardin et dessiné depuis par M. Dubois de Montperreux, présente sur la façade de son église un porche à deux étages, surmonté d'un pignon , comme celui de la cathédrale de Vérone.

N* iSa. Façflde de l'égliïe d'Ecs-Miaiin.

L'égiise de Sainte -Sophie, à Trébisonde^ offre sur soo porche latéral Fogive, le quatre-feuiiles et des sujets sculptés de TAncien et du Nouveau Testament, exécutés dans le style occidental; la puissance des Villehardouin et des Gui de la Roche, en Grèce, est écrite sur les églises de Kalcis^ deMistra, et du monastère de Daphni , dont les clochers et autres cons* tructions secondaires font voir des ogives, des trilobés^ des sculptures , qui dénotent avec évidence Tintroductioti de formes et d'usages empruntés à TEurope.

FAÇADES LATERALES.

Les églises circulaires ou en polygone des premiers âges byzantins n avaient pas, en quelque sorte, de façades latérales, puisque leurs contours s'oiTraient dans tous les sens sous le même aspect; cependant, puisqu'elles étaient orientées» il y avait le côté du nord et le côté du midi. Lorsque la forme carrée fut adoptée, après le règne de Constantin, deux façades latérales résultèrent de cette disposition; elles sont ordinairement décorées d'arcades feintes et de niches, cintrées, en briques posées sur un ou plusieurs rangs; Yopus reticulatum , ou de riches appareils entremêlés de terre cuite, se développent sur ces façades. On en voit de beaux exemples aux grandes églises de la Vierge [Mqvrj rijç )(Oôpaç)^ de Théotocos, etc. à Constantinople. En général, on ouvrit, au milieu de chaque façade latérale, une porte conduisant au transept, qui venait y aboutir. Toutes les périodes de Tart présentent quelques rares exemples de porches précédant ces ouvertures secondaires. Au-dessus des portes sont ordinairement pratiquées des fenêtres éclairant les extrémités des transepts et s harmonisant , par leurs formes extérieures, avec les pignons courbes ou aigus qui

caractérisent plusieurs phases de f architecture néogrecque. Indépendamment de ces dispositions principales, on y remarque souvent des fenêtres éclairant les galeries supérieures destinées aux femmes.

L^exo-narthex occupant toute la largeur de l'édifice, à l'occident ,' il présente ses extrémités sur les façades latérales : là on reconnaît souvent mieux qu en le voyant en face, s'il est couvert en appentis ou sur l'extradossement de sa voûte. Il est ordinairement éclairé •par une fenêtre à chacune de ses extrémités.

Les façades latérales présentent quelquefois des dispositions particulières; ainsi, sur celles de l'église de Sainte-Sophie de Gonstantinople, on voit de hautes tours carrées et appliquées contenant les escaliers du gynéconitis; elles ont l'aspect de grands <îontre-forts (voir la planche i yô). On remarque de nombreux degrés sur la face méridionale de la petite église des Saints-Apôtres, à Athènes, dont le plan est gravé au n** 1 62 : c'est l'escalier qui conduit aux terrasses établies autour du dôme. Une église de la même ville, dont le nom nous échappe, présente, à l'extrémité des transepts, de nombreuses ouvertures à hauteur d'appui, et par lesquelles les fidèles peuvent faire des prières du dehors. Enfin on rencontre assez fréquemment, aux extrémités des transepts, des absides circulaires ou en polygone, semblables à celles qui occupent le fond du sanctuaire. Nous citons comme exemples, l'église de Sain t-Élie à Salbnique, celles des monastères de Vatopedi, d'Iviron, au mont Athos, et de nombreux temples arméniens.

FAÇADE ORItSNTALE, ABSIDES.

i" disposition. — ^L'église de l'Asceosion, élevée à Jérusalem

par sainte Hélène, nofiPraità Torient aucune construction saillante en dehors du cercle, pour expriiiier un sanctuaire ou une abside (voir le plan au n"" 161) ; mais, lorsque Constantin fit bâtir l'édifice circulaire qui couvrait le Saint-Sépulcre* ce fut dans cette direction qu il éleva la basilique , composée de plusieurs nefs, enveloppant: i"" le sommet du Golgotha, a"* f autel d'Abraham , S"" le lieu bas où fut trouvée la croix ( voir le plan d'Àrculfe au n"" i63). Là déjà on voit tous les éiéoaents des sanctuaires tels qu'ils furent établis dans la suite et probablement sur cette base originelle. Ainsi en avant, auprès de la courbe du Saint-Sépulcre, était le lieu du crucifiement; on le rappela au moyen âge par l'autel de Jésus en croix ou par un Christ sur le jubé (voir le plan de Saint-Gall); plus loin, se présentait Tau tel d'Abraham ou du sacrifice, où se mit plus tard la sainte table; au fond était la crypte. Toutes les^ églises circulaires ou en polygone , qui s'élevèrent en grand nombre sous Constantin, furent accompagnées d'un sanctuaire saillant, puis d'une abside à l'orient, cest ce qu'on remarque à celle qui se voit encore à Salonique et qui date du règne de cet empereur (voir le plan n** 162) ; on verra plus loin, à l'article qui concerne les édifices byzantins en Occident, que ce fut la disposition qu'on y adopta généralement.

2"^ disposition. — Lorsque , vers le règne de Justinien , les églises devinrent quadrangulaires , l'abside seule forma une saillie sur la façade orientale; Tarchitecte plaça le sanctuaire entre la nef et le mur du fond de l'édifice (voir les plans gravés du n*" 1 66 au n*" 171 ). Dès les premières périodes de l'art néogrec, des fenêtres étaient pratiquées dans le mur courbe de Tabside : il y en a cinq à celle de l'église de Saint-George à Salonique , trois à la petite et à la grande Sainte-Sophie : c'est le nombre le plus ordinaire; dans ce cas, elles étaient établies

en l'honneur de la Trinité, comme on l'apprend des bistoriens de Justinien.

Les absides sont uniques sur ces façades; on n'avait pas encore disposé les nefs non plus que les sanctuaires de manière à les terminer par des absides secondaires, ainsi que nous l'avons fait observer en examinant les plans. Durant cette seconde période de l'art, les façades orientales des temples offraient, comme les autres , des couronnements horizontaux qui complétaient l'aspect cubique qu'oifrait l'ensemble du monument.

3* disposition. — Sous les successeurs de Justinien , les absides furent plus fréquemment établies sur un plan en polygone que sur un cercle ; on en éleva trois de préférence à une seule , excepté lorsque l'édifice offrait des dimensions très- restreintes. De ces trois absides, celle du milieu était en général plus forte et plus élevée que les deux autres, ainsi qu'aux basiliques latines; elles avaient quelquefois, comme on le remarque à celles de la panagiaNicodimo d'Athènes, deux rangs de fenêtres;

N° i83. Abside de la Panagia Nicodimo.

celles de l'étage inférieur étaient séparées par deux colooDes, placées soit dans une seule baie , qui alors était trilobée , soit aux deux angles saitiants du prisme formant l'ensemble de l'abâde, ou à ses trois faces les plus en avant, lorsqu'elle présentait cinq ou un pins grand nombre de faces : c'est ce qui s'observe ao Théotocos à Constantinople.

N* iSà. Abiide du Théotocos.

On remarque à cette église que, pour donner aux petites absides la forme prismatique, on a ménagé dans le mur oriental de l'édifice des tranchées profondes dont l'une des parois complète le prisme des absides.

La planche i85 fait connaître comment on disposait, aux angles des absides prismatiques, les colonnettes destinées à séparer les fenêtres de l'étage inférieur. Ces colonnettes étaient doubles, l'une occupant l'intérieur et l'autre la partie externe

de l'abside; un pilastre placé entre elles deux recevait les scellements d'une grille de fer servant de clôture à la baie. Deux larges dalles de pierre taillées en biseau formaient l'une la base commune , l'autre un couronnement sur lequel reposaient les cintres de deux fenêtres et l'angle saillant de l'abside prismatique.

N' i85. Angle d'abside en polygone, au Théolocos..

Il arrive souvent que le second étage de fenêtres de l'abside principale est remplacé par une série de niches semi-circulaires, enrichies par un appareil de briques plus compliqué que dans les autres parties du monument.

N' 186. DélaUdenicbe.

Les diverses combinaisons que nous indiquons ici s'appliquant, en général, aux édifices de ta troisième période de l'art, ces absides se trouvent indistiactement sur des façades couronnées par le système de pignons extradossés ou par celui des pignons aigus. L'église de Mésembrta , sur la mer Noire, ofTre des créneaux surmontant les absides.

NVi87. Abside de Hésembria.

Nous devons signaler ici deux exemples curieux d'ai-cs-butants fort anciens et maintenant la poussée des votâtes absidales. L'église circulaire de Saint-George à Salonique, dont la construction remonte certainement à Constantin, fait voir deux grands arcs-bntants, placés latéralement au sanctuaire, aux

points où commence Tabside; M. Charles Texier, qui a étudié avec soin ce monument, s'exprime ainsi à cet égard : o Les murs « latéraux du cœur se rattachent à la muraille circulaire, et Ton « voit y à n'en pouvoir douter, que toute cette construction est « de la même époque. A droite et à gauche de l'hémicycle sont «deux grands contre-forts (arcs-butants) qui supportent la « poiiMée de Tare, et qui sont évidemment du même temps^ » La jdanche gravée au n^ 162 est un plan de cet édifice; on y remarque aux deux côtés de l'abside, à une certaine distance, les plans des deux arcs-butants. Ces derniers consistent chacun en un demi-cintre allant s'appuyer contre les parties élevées de Thémicycle.

Nous avoua dessiné, à l'abside principale de l'église du monastère de la Vierge [Vlovrj Tr\ç y^jipaç) à Constantinople, un grand arc^butant à deux rangs de cintres; la construction est absolument la même que celle de l'édifice, qu'on doit faire remonter au ix* ou au x* siècle, en raison des colonnes engagées en briques dont sa façade est décorée, et du système général de couvertures extradossées qui y règne : ces deux exemples suffisent pour indiquer que les arc-butants furent employés par les Byzantins pour soutenir les grandes constructions religieuses, avant qu'on y eût songé en Occident.

On sait que, dans nos contrées, on voit à peine quelques exemples d'arcs-butants fort rares, aux édifices romans; ils ne se développèrent d'une manière complète qu'au xiii* siècle, {Voir pL 188, à la page suivante.)

Plusieurs voûtes sphériques byzantines des premiers siècles sont contre-butées de la sorte.

^ Bulletin dtt Conùii des arts, i848i 5* numéro.

N' lâS. Arc-bobuit à l'égliM de M(w4 T:ih X^^cr.

Les édifices de petites dimensions , comme le catholicon des monastères, présentent des absides qui ne sont éclairées que par une seule fenêtre; quelquefois elle est géminée, une cc^odnette la séparant en deux parties : l'ensemble de la façade qui porte l'abside est disposé avec goût; on y remarque fréquemment d'étroites ouvertures placées au fond des niches qui occupent l'extrémité des nefs latérales ou des sacristies; elles sont pratiquées dans l'épaisseur du mur oriental du temple, où elles se présentent sous la forme d'une barbacane; le Catholicon d'Athènes, qui était, avant le dernier siège de cette ville, l'église d'un monastère où résidait t'évêque, présente plusieurs exemples de ces étroites ouvertures pratiquées aux deux parties de mur voisines de l'abside. {Voir la pi. 189.)

N> 189. Ai)side du Calholicon.

On voit, eiiMorée, quelques absides de petits édifices; elles sont soutenues en l'air sur des consoles ou par une espèce de voûte en trompe, simple ou multiple. Les arciiitectes byzantins adaptèrent ce genre d'absides aux chapelles plutôt qu'à des édifices assez étendus pour être considérés comme des églises; ils durent en faire usage aussi aux clochers, aux tours, aux édifices particuliers dans lesquels ils établirent des oratoires. "{Voir aux n" jgo et 191, ci-après, deux exemples de ces absides.)

N** 190 et igi. P«titM >bnilM m Iforée.

Enfin , lorsque les chrétiens grecs commençai^it à abandonner leur art national et construisaient leurs temples à peu près comme des basiliques de l'Occident, en y conservant encore cependant la coupole centrale, comme un type dont ils avaient peine à se dessaisir, ils élevèrent des absides et des façades orientales absolument comme celles des Latins : nous en donnons un exemple que nous. avons recueilli à Athènes, auprès de l'Acropolis, à une petite église dont nous ignorons le vocable; elle est appuyée contre les rochers de la citadelle, et donne entrée à une grotte profonde pratiquée par la nature. Le style mixte de cet édifice lui donne de l'intérêt, parce qu'il le rapproche des églises surmontées de dômes, qui commencèrent à s'élever en Occident vers le ivi" siècle. (Voir la pi. 1 93 , à la page suivante.)

^* 193. Abside d'un* égliM auprÀi de l'Acropolii.

DBCOUTION.

Les premières églises cléricales ou monastiques de la chrétienté orientale étaient, comme celles de TOccident , construites en général avec le moellon et la brique, et quelquefois on en disposa les matériaux de manière à former une décoration établie par la maçonnerie même. Nous avons donné dans la première partie des Instructions du Comitédes arts, page 117, des détaib de maçonnerie en briques assez riches pour qu^on admette qu'ils restèrent toujours apparents. On en voit de semblables à plus d'une église de Constantinople, de Salonique et d'Athènes; les enduits tinrent aussi, comme en Occident, leur place dans la décoration de plus d'une église monastique du rite grec. Ainsi, il est certain qu'il y en avait sur la façade de celle du monastère de la Viei^e, Mov^ t^ï x^^P**» ornée de

colonnes engagées construites en briques, et qui n*ont pu rester apparentes. (Voir cette façade, pi. 177, et le détail, pi. 208.)

Les bronzes à leur état ordinaire, ou enrichis par For et la sculpture d'ornement, furent souvent employés pour décorer les façades; Eusèbe, décrivant Téglise des saints Apôtres à Constantinople, dit que sa terrasse supérieure était ornée de découpures en bronze et en or^ De riches appuis en marbre, couverts d'entre-lacs, de rosaces et de croix byzantines, se. remarquent au-dessous des fenêtres ou dans les entre-colônnements des portiques; de longues inscriptions sont sculptées en relief dans les moulures de couronnement du temple de Sainte-Théodosia à Constantinople. On voit sur les façades latérales de Téglise de Sainte-Sophie de Trébisonde, des sculptures chrétiennes présentant des sujets de FAncien et du Nouveau Testament * ; le Catholicon d'Athènes, édifice construit entièrement en marbre, possède, à l'extérieur, une décoration exécutée avec luxe (voir la pi. 180); on y remarque de nombreuses croix entrelacées, des animaux chimériques, les emblèmes desévangélistes et autres figures symbolisées. Nous devons signaler ici la présence d'un zodiaque exécuté dans l'antiquité et dont les artistes chrétiens ont tiré parti pour la décoration de la façade; ils y ont approprié cette production de l'art grec en y gravant de nombreuses croix entre les signes. Cette église est peut-être la seule de la chrétienté qui possède un zodiaque païen, peutêtre aussi fut-elle la seule en Orient qui ait présenté sur sa façade ce genre de décoration. (Voir la façade, pi. 180.)

La mosaïque fut employée à l'extérieur des églises grecques

« Totum vero solarhun reticulatis quibusdam anaglypbicis ex œre et auro fabrefacti5 erat circumdatum. • (Euseb. Hb. IV, c. Lvrii.)

t Voir louvragc publié par M. Ch. Texier sur TAsie Mineure.

comme un moyen riche et durable d'en décorer les façades; celle qui, à Constantinople, avait été consacrée à la Vierge Péribolique, c est-à-dire protectrice des remparts, selon le sens que lui donne Procope ^ offrait ce genre de peinture au dehors. Clavijo, qui la vit en i4o3, la décrit ainsi : « Le corps • de Téglise, du côté du dehors, est tout imagé d'images et de f figures de toute façon , riches et faicticement travaillées d'or, « azur et autres couleurs. » Il y en eut, sans aucun doute, d'autres exemples qui sont détruits. Une peinture du manuscrit de JacobusMonacus, conservé h la Bibliothèque nationale, représente une &çade byzftntine ornée de sujets peints. (Voir pi. 1 98, p. suiv.) Cette façade, par ses formes cubiques et les lignes horizontales qui «n couronnent les diverses parties, peut être classée au nombre des édifices de la seconde période de l'art; elle est surmontée de cinq dômes, dont un plus élevé que les autres. La base de ce dôme central contient un demi-cintre dans lequel est figuré, par la peinture ou la mosaïque, un grand sujet religieux; le reste de la façade est décoré par des marbres. Le peintre a représenté, en outre, deux apôtres dans les baies latérales ou des bas côtés, disposition dont nous donnons un exemple analogue sur la planche 194. Enfin, l'arcade principale contient de nombreuses figures d'anges, d'apôtres et de fidèles, groupés autour de la Vierge et en adoration devant le Christ triomphant et porté dans une gloire par quatre chérubins, motif de peinture qui décorait généralement la coupole centrale des églises byzantines.

La basilique de Saint-Marc, à Venise, imitée des églises grecques, offre d'immenses tableaux en mosaïque sur sa façade, ainsi que des ornements courants : ils peuvent donner une idée exacte de ce qui se voyait en Orient.

* Procop. de Mdif, I, c. 3..

K* ig3. Façade pant«, tirie d'un luaouacrit.

A Athènes, le CatholicoD, la petite église de Saint-Taxiarque, située auprès du Portique d'Auguste, et celle de la Vierge du Grand Monastère, offrent des exemples de peintare à l'extérieur; sur le premier de ces trois monuments, l'arcliitecte a ménagé, dans la partie basse des façades, un large champ situé au-dessous des sculptures, et qui était destiné à recevoir des enduits |K)ur peindre; sur la face méridionale de l'édifice sont encore des i-estes de cet enduit, sur lequel est figuré un saint George à cheval, accompagné de plusieurs personnages.

ARCHITECTURE MOiVASTlQlJE. -l&ii

La seconde église a conservé toute sa décoration peinte; on y voit sur la façade principale un jugement dernier ; le Christ occupe le sommet du tableau, autour de lui sont les apôtres, plus bas les élus situés à sa droite, et les damnés à sa gauclie; une grande flamme s'échappe du trône de Jésus el se dirige sur ces derniers. Auprès de la porte principale de l'édifice sont les restes de deux grandes figures de saint Pierre et de saint Paul.

de Sainl-TaKJ arque.

L'église de la Vierge du Monastère à Atliènes présente des peintures placées sous un dais qui surmonte la porte principale. Les petites ciiapelles que l'on rencontre fréquemment en Orient conservent aussi quelques traces de peinture, mais

elles sont beaucoup moins importantes que celles que nous

venons de signaler.

- N* 195. Fa^de de Téfclise de la Vierge du Monulère, à Athtoes.

Les Grecs modernes, qui conservent plus d'une tradition de l'art byzantin, décorent ausa de peintures les églises qu'ils élèvent de nos jours. Dans l'Ile de Tine, où ils ont consacré un grand temple à la Vierge, la façade offre des peintures d'ornement encadrant les fenêtres et les archivoltes du porche qui précède les nefs. (Voir la pi. 179.)

Après avoir donné un aperçu rapide des dispositions d'ensemble des églises byzantines, nous entrerons, comme nous l'avons fait pour le style latin , dans les détails qu'il est utile de suivre afin de connaître cet art si peu examiné encore : le

ARCHITECTtlRE MONASTIQUE. 291

dôme nous a paru mériter une étude particulière, puisqu'il est une des parties le plus caractéristiques des édifices phrétienç de l'Orient.

Les premiers dômes, imités servilement de ceux de l'antiquité païenne, ne présentaient, au-dessus de& constructions qu'ils dominaient, quune calotte spbérique, comme Agrippa fit établir celle du Pantbéoi^.à Rome: la coupole, humble «ncore, était pour ainsi dire tout à l'intérieur, ne montrant au delu>rs que c<e qui suffisait pour, indiquer sa présence; déjà, des fenêtres placées auprès de sa base éclairaient la voûte, c'est ainsi qu'elles étaient disposées à l'église des saints Marcellin et Pierre sur la via L'ablcane auprès de Rome, et cons- ' truite par Constantin à l'instar des édifices circulaires de l'Orient.

N* 196. Église des Saints Harcelliri et pierre.

Sous les successeurs de ce prince, et lorsque le christianisme libre commençart à -posséder des temples plus dignes de lui, le dôme, symbole du triomphe du Christ, s'éleva plus hardi an-dessus des églises byzantines; on le voit déjà, dans tout le développement d'un hémisphère, dominer celle de Sergius et Bacchus, construite à Constantinopte durant les

premières années du règne de Justinien (voir la planche 226). Cette innovation faisant craindre aux constructeurs une trop forte poussée de la voûte au dehors , des piliers butants furent établis autour de la coupole , pour suppléer les murs qui, dans les âges précédents, enveloppaient et soutenaient sa base. La grande église de Sainte-Sophie fait voir un nouveau progrès dans la disposition du dôme principal : Télevant en hémisphère, comme celui de Téglise de Sergius , au-dessus de toutes les constructions de Tédifice, les architectes établirent, sur le grand cercle horizontal,! un nombre considérable de fenêtres qui soutiennent la calotte sphérique sur leurs trumeaux, et déjà cette ceinture de baies, quil fallut couronner d*une corniche, présente au dehors l'aspect d'un tambour cylindrique, très-minime, il est vrai, par sa hauteur relative, mais qui dut conduire plus tard a ceux que l'on construisit dans toute la chrétienté orientale, et qui, grandissant dans des proportions considérables, portèrent les dômes à une hauteur telle qu'ils dominaient toutes lés autres constructions des villes; ils remplissaient mieux que dans l'origine l'intention première, d'exprimer le triomphe religieux ^ Ces cylindres isolés, soutenant dans l'espace de pesantes coupoles, étaient le résultat d'un nouveau progrès dans l'art de bâtir; nous avons recueilli sur les monuments eux-mêmes un nombre suffisant d'exemples de ces constructions curieuses, pour faire connaître les diverses combinaisons employées par les architectes grecs, au moyen âge; la série en est reproduite sur les pages suivantes, et, bien que nous ne puissions la présenter comme complète, elle mettra le lecteur au fait de la généralité des formes.

* Voir le dôme de la planche i yS.

l' bÔMIS OKKBS D'AftCAÇES ET t>B COLONNES.

N* 197. Diva» à&¥ église de Hov^xift xfbpàs.

N' 198. Dôme du GaUiolicon d'Atliénes.

N* 199. D6me d« l'é^e de Saint-Théodore.

* ndHBS SOliTBHIlS PAR DS8 COMTIIB-FOIITS.

N* aoo. I>éine de l'égliae de Misembria.

. DAme du moDMt^ de D*phni.

, lW.me de l'éRlise de Putra.v

. 3° DÔMBS SIHPLBS.

N* 3o3. ÏMme de la Panagia Nicodlmo, à Alhènei.

N* au4> D6me d« l'égliM voûine de Saint Taxiarque à Athènes.

COUVBRTDRE.

Eusèbe, décrivant l'église des Saints -Apôtres, élevée par Constantin , dit qu'elle était couverte avec du bronze remplaçant les tuiles, pour préserver l'édifice des eaux pluviales'; il ajoute plus loin que ce métal était doré et qu*il éblouissait les yeux. H est probable que le temple d'or que l'empereur consacra à la Vierge, dans la ville d'Anlioche, et que

' • JEs tegularum loco , impositum univeno «dificio , monumentiun advenus inabrei pnebebat.t (Euseb. lîb. [V. c. LViri.)

décrit le même auteur, devait son surnom, ainsi que notre église de Saint-Germain-le-Doré/à une couverture de métai placée sur le dôme et les terrasses qui Tentouraient. Le texte que nous avons cité à la page iSs, écrit en Orient par saint Jérôme, indique assez que, dans cette contrée, plus d*un édifice religieux offrait de la dorure sur ses parties supérieures. Justinien fit dorer aussi les dômes de son église de Sainte- Sophie ainsi que celui du baptistère. Ge luxe de couverture des églises byzantines ne fut pas général, et, chez les moines, il devait se présenter moins qu'ailleurs. La plupart des temples monastiques ou autres, qui se voient encore aujourd'hui dans rOrient, sont couverts de tuiles disposées à la manière de celles que fabriquaient les Romains, et dans les temps modernes on a fait usage de tuiles creuses comme celles qui sont employées dans le midi de TEurope. Le plomb fut aussi mis en œuvre, à une époque ancienne, pour couvrir les toits, les coupoles et les voûtes extradossées qui surmontaient les nefs des églises grecques, depuis le règne de Justinien. Le voyageur Clavijo cite plusieurs églises couvertes de la sorte , en i 4o3. et entre autres celle de Sainte-Marie de Blacherne. Des gouttières en marbre ou en métal servaient à porter au dehors les eaux pluviales qui tombaient sur ces couvertures.

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