‹ Architecture monastique (volume 3)Chapitre 44 sur 54 · FENETRES · texte numérisé non relu

FENETRES

Les fenêtres des églises byzantines sont généralement construites en plein cintre; cette forme na cessé de se maintenir autour des dômes; dans les grands édifices, la base des coupoles, au-dessus du grand cercle de la demi-sphère, forme une espèce de galerie à jour dont les trumeaux sont étroits, en raison du grand nombre d'ouvertures, de sorte que la coupole est suspendue sur de minces pieds-droits. A une

époque déjà ancienne de Tarchitecture byzantine, les dômes étant supportés par un tambour cylindrique ou prismatique, les fenêtres ne s'ouvrirent plus dans les courbes mêmes de la coupole, mais dans cette base qui la soutenait en Fair. (Voir les précédentes planches , du n"" 197 au n** 2o4-)

Sur les petits éditées, tels que le Catholicon d'Athènes et la plupart des églises monastiques , les fenêtres des dômes sont établies dans un grand appareil de marbre ou de pierre dont les joints se dessinent profondément comme des bossages. Une petite colonne saillante occupe chacun des angles du tambour en polygone qui supporte la coupole, et sur les chapiteaux de ces colonnes reposent les retombées des archivoltes dont sont encadrées les fenêtres. Au monastère de Saint-Luc, auprès du Parnasse, la décoration des trumeaux extérieurs voisins des fenêtres est formée de tablettes de marbre couvertes d'entrelacs et de croix grecques.

Les fenêtres en arcades qui décorent les dômes m les diverses façades des édifices les plus anciens sont fréquemment couronnées par des cintres doubles, cest-è-dire construits avec deux rangs de brique», système qu'ont généralement employé les Romains lorsqu*ib ont établi de grands arcs. On voit même au monastère de Daphni des exemples de trois cintres concentriques.

Les églises d'Athènes et de Constantinople présentent souvent des fenêtres géminées , c'est-à-dire divisées au milieu par une colonnette , de manière à former deux fenêtres dans une seule; l'arc supérieur lui-même se double, et le chapiteau de la colonne devient la retombée commune : ces dispositions de fenêtres ont été souvent en usage dans l'architecture romane ainsi que dans le style ogivaL Nous n'avons remarqué de ces fenêtres doubles qu'à un seul dôme, celui de l'église de Saint-

INSTimCTIONS. II. 38

2tH* INSTRUCTIONS.

Thtîwloi'e d'Athènes'; sur les façades, elles sont communes. LA particulièrement, ces fenêtres géminées, qui sont d'âne époque moins ancienne que les arcades simples, se présentent sous plusieurs aspects : ainsi il arrive le plus généralement que ta division a Heu sous un grand cintre qui enveloppe la double fenêtre; la planche ao5 en oifreâin exemple. On voit aussi quelquefois que les deux arcs qui surmontent les baies sont libres dans la maçonnerie de l'édifice^ comme on peut le remarquer A la planche ao6.

N" 30.S et 3o6. fenêtres à !■ I^nagû Nicodimo, à Alfaénes

l ne lroi«^me di$^po;«itton de ffn^tiv* asseï commune est trilolw . cVslNi-<1inf quVllo (<>mM> à ^«n sommet trois arcs, dont dr'ux (.vlonweltw 5up|vrtc«l U^ ivtombe«$: on en voit un rtt^mpfc» À raKstvlt» do U }\inji^ NMtxlimo d«sin« an n* i83. In «ntiv ^niv do tnK>K^ s*^ prv$<Hite «us» fréqueninent: <n v ^^Mt tr\>iji Jirv^. iWl l'un cMn|4et. qui cmi|«e W milieu, est otjiw (\jir do«\ vfUJirIs »V vVTvif pûcv^ Utenlement d*» ma-

nière à former un trèfle. Ces fenêtres offrent, avec celles de i'ai-chitecture du moyen âge en Occident, cette différence que deux meneaux ou supports divisent la fenêtre en trois parties inégales, déterminées par les dimensions des trois arcs, de sorte que l'ensemble présente Tai^ot d'une croisée cintrée ordinaire, accompagnée de deux 4emi-fenêtres plus basses. L'église nommée Kapnicaréa , à Aliènes, et située dans l'axe de la grande rue nouvelle qui, de la porte du Pirée , conduit au montHymette, présente une fenêtre ainsi disposée dans chacan des nombreux pignons qui forment sa façade occidentale. L'église de Saint-Théodore, dans la même ville, a de ces lenêtres sur ses façades; les tr^bes ne sont pas toujours évidés dans leurs divisions : celle du milieu seulement est ouverte; les- deux autres ne forment, jNâr leurs demi-cintres, que des décharges de l'arc principal. ;

ti' 307, Fenêtre IrHobée.

Le temple du monastère de la Vierge (MoW; TÎjis yçàpas) , à Constantinople, offre sur sa £ice latérale un exemple curieux de ce genre , c'est un trilobé complet dans lequel les deux meneaux ou supports sont deux fortes ^les de pierre placées dans le sens de l'épaisseur dumuret séparant trois ouvertures réelles. (Voir la pi. ao8.)

' 3o8. Pénétra de l'^jtÏM de Mon» «4s X^''-

D'autres systèmes de fenêtres se présentent dans plusieurs grands édifices : ils offrent quelque analogie avec ceux que nous veuons d'indiquer. On en voit à Téglise monastique du Pantocrator, à Constantinople, et an Théotocos, dans la môme ville. (Voir les planches aog, 176 et 178.)

N' 109. FMHra à» l'igliM da Puilocraior

eLÔTtJRES DBS rBUBTRESi

Les chrétiens de FOrient firent usage, comme les Occidentaux y de treillis pour clore les fenêtres de leurs églises. Eusèbe, décrivant celle de Tyr, dit que les bas côtés de la nef étaient éclairés par dm It^étres . fermées d*un treillis de bois, d'un ouvrage délicat et chargé de nombreux ornements. Saint Jérôme, dans son commentaire du chapitre xli d*Ezéchiel, s'exprime ^dnsi : Les fenêtres étaient en forme de réseaux comme des chancels: « Fenestrae quoque erant factae in modum retis ad instar cancellorum. » Il ajoute qu'ils n'étaient pas faits avec la pierre àpéculaire ou le verre, mais avec du bois poli et orné de marqueterie: « Ut non speculari lapide nec vitro, sed lignis interrasilibus et vermiculatisincluderentur. » Ailleurs il parie de fenêtres fermées avec du verre en lames très-minces : « Fenestrae, quaa vitro in tenues laminas fuso, obductae erant^ »

Les fenêtres byzantines furent closes, comme celles des basiliques latines, par des tables de pierre ou de marbre percées de nombreuses ouvertures. Ces trous, destinés à laisser passer le jour, sont souvent de forme circulaire; c'est ainsi qu'on les voit au CàthôlicooT d^Athènes , tant sur la façade occidentale, aux fenêtres qui écdftirent la nef et le dôme, que sur les parties latérales et k.YoTieùX de l'édifice, à celles qui donnent la lumière au. iJ|^Hfti€x e|iu^ trois absides. (Voir la façade et l'abside, planches 180 et 189.) Ce moyen de clore les baies de fenêtres était très -commun dans les premiers siècles de l'art néogrec: on en trouve des traces sur tous les anciens édifices de la Grèce, sur la plupart de ceux de l'Arménie et des autres contrées de TAsie où le style byzantin fut

* Du Gange, Gloss. au mot Vitreœ.

en faveur. M. Dubois de Montperreux en a publié de nombreux exemples recueillis par lui dans le Caucase.

Ji' aïo. Clôture de fenâtre à la laçade du Calholicon.

Les grandes fenêtres percéesau sommetdei'église de Saiate- S<^hte sont doses de la même manière; elles ont été. décrites par Paul le Sïlenciaire; celles de Téxo-narthex de ce templç sont fermées par des tables de marbre , ouvertes -de tranchées surmontées d'un arc de cercle.

N* ail. Oâture au narlhex de l'égUse de Sainte^opliie.

Sur le petit temple chrétien situé entre le Portique d'Auguste et le Carré d'Adrien à Athènes , et consacré à saintTaxiarque, les tablettes de marbre qui fermeB.t les fenêtres du dôme sont percées en forme d'étoiles; à l'intérieur, ces jours ébT>its

ARCHITECTURE ItfONASTIQUE. 30;i

produisent le plus bel effet : on en voit de semblables aux dômes des églises du couvent de Saint-Luc.

N* ai a. GlAture à l'église de Sunt-Taxiarque.

Ces ouvertures eu forme d'étoiles, inventées par les Byzantins, ont été depuis fréquemment imitées par les Arabes ef les Turcs dans les clôtures en marbre ouen pierre qui se vment à leurs édifices publics, ainsi qu'à celles qu'ils exécutent en bois pour fermer les baies des fenêtres de leurs maisons. Ih en pratiquent de semblables dass les voûtes sphériques dont ils couvrent leurs bains publics.

Les fenêtres d'une petite, i^apelle de Corfou, sur la mer Adriatique, présentent des tabieMes de pierre percées suivant un système qui réunît en même temps les trous circulaires que nous venons de signaler, et les tranchées qu'on voit aux baies du narthex de Sainte-Sephie de Constantinople : dans l'axe de la fenêtre ou plutôt de la tablette de pierre qui la ferme, sont percés les trous (ârculaires auprès desquels s'ouvrent les deux tranchées en forme de barbacanes; deux petits chapiteaux peu saillants servent d'impostes aux cintres dont eHes sont surmontées. (Voir la pi. 2i3.)

ti' 3 1 3. G^tnre à une dup^e de Corfbu.

Enfin l'église de Sainte-Théodosia, à Conatantinople, offre des exemples de clôtures de fenêtres découpées en imbrication comme en exécutaient les anciens, et qui doivent présenter plus d'analogie que les précédentes avec celles que cite saint Jérôme : ■ Factœ in modum retis ad instar cancellorunn *. »

N* 3t4. Clôtures i l'ég^ de Sainte-Théodosia.

Les Turcs, qui conservent toutes tes traditions anciennes, usent du même moyen que les Byzantins pour clore les fené-

' Sainl Jérôme, Commtntairei du ch. xu i'Exéehitl.

très de leurs mosquées : dans des tables de marbre ou de pierre percées en imbrications, ils placent de petits morceaux de verre, comme on Ta fait durant les premiers siècles chrétiens; ils emploient encore un moyen plus facile en découpant d'abord les verres suivant les formes du dessin que doit présenter la clôture entière , et, faisant couler un mastic fluide sur les contours de ces morceaux rapprochés les uns des autres, ils les relient tous entre eux par cette pierre factice qui , en se durcissant, forme de véritables treillis comme ceux quon taille dans des dalles de pierre. Ce procédé a été donné aux Turcs par les Grecs , qui le nommaient y^y^efin^aanxit T^X^> selon Philoponus. On a vu précédemment quun moyen andiogue fut employé à Rome par les premiers chrétiens, puisque le treillis numéro 77, page i36, style latin, que nous avons recueilli à Téglise de Saint-^Laurent hors les murs , est exécuté en pierre factice. Didier, abbé du mont Cassin au xi* siècle , fit clore par ce procédé toutes les fenêtres des bas côtés de Tég^ise de ce célèbre monastère ^

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