PORTES
Les baies de portes qui donnent entrée aux églises monastiques de rOrient se coniposent ordinairement d*un chambranle en pierre ou en marbre, décoré de moulures , et disposé comme ceux des Latins. Les profils sont très-refouillés et offrent ainsi de l'analogie avec ceux de l'antiquité grecque : quelquefois une corniche surmonte le linteau ; on en voit des exemples aux portes de l'église de Vlovif rfi^ x^pa^ (Voir les pi. q 1 5 , q 1 6?^
' « Fcnesirae qus in lateribus utriusqùe poriicus sunt , gypseas quidem sed aeque pul chras effecit. » [Leonis ostieims Opéra, recueillis par D. Dubreuil , lib. III, c. xxvii, pag. 6o5;et c. xxxi, pag. 6i3.)
N** arS et a 16. Profib des charabniities des ftatesde Mm^ T^ y ft pf .
11 est plus ordinaire de trouver immédiatement au-dessus du chambranle un arc en briques ou même en marbre , servant a décharger le linteau des constructions supérieures. Cet arc, s*il est en briques, est généralement encadré d*QD rang de ces mêmes matériaux, montrant au dehors leurs angles de manière & former des denticules. Si le linteau est en pierre ou en marbre, des moulures, des ornements sculptés le décorent dans un système analogue à ceux qu'on voit smr le chambranle de la porte, de sorte que le tout forme un ensemble harmonieux; c'est ainsi que sont disposées les portes du Ca-thoUcon d'Athènes. Dans ce monument, les tympans semi-circulaires situés au*dessus des linteaux ont reçu de riches ornements sculptes que , dans d'autres édifices , remplace la peinture. 11 est très-rare que ce tympan soit ouvert: on en voit à l'église de Saiiit-ThéodcHv d'Athènes-
Lorsque les principes de rarchitecture antique furent moins observes que dans les premiers siècles chrétiens , on construisit des portes dV'^lises sans chambranles : c étaient de simples arv\idesen maçonnerie de moellons el de briques^ I) n*est pas rart^ de rencontrer au-ilessus des haies • quelle qu'en soit d'ail-
leurs la dispositiota , un aavent saillant porté par des consoles et savant d'abri à une peinture rdigieuse. Les portes des églises du Grand-Monastère de la Vierge, de Saint-Phil^^ et de Sftint-Jean, à Athènes, sont ainsi couronnées. (V. pi. igS.) On voit dans cette ville |dusiears arcs de portes en fer & t^eval.
N* 217. Porte de l'^iw de Suiit-Philippe. k Athènes.
Les portes jidacées sous les voûtes du narthei et donnant entrée directement dans le temple «>Dt'qaelquefois aussi surnwntées de peintures : il y en a des restes sous le porche latéral de l'élise de la Vierge à Mistra. Lorsque Tavemier visita Constantinople , on voyait encore au-dessnis des portes de ce tem|de,à ridtérîenrdunarthex, de riches mosaïques fwmant des tableanx au-dessus des chambranles, comme nous en avons donné no exemple tiré du monastère de Grotta-Fwrata (pi. 76). Les portes sont ordinairement au nombre de trois dans les églises monastiques de l'Orient : l'une sur la façade principale et donnant entrée an narthcx, les autres sur chacune des faces latérales. Les ^nds édifices possèdent de Tiombreases portes pour faciliter la circulation, mais, dans les maisons rriigiens^, elles seraient snperflaes.
Les clôtures ou vantaux mobiles, placés dans les chambranles, étaient ordinairement en bois, en bronze quelquefois
eo matières plus précieuses. Les formes adoptées pour leur décoration ofiraient d'abord une grande analogie avec celles de l'antiquité : T^ise de Sainte-Sophie conserve encore les portes de bronze que fit exécuter Justinien ; elles sont ornées de croix grecques , et de riches ornements disposés en méandres accompagnés de feuilles de vignes dans le goût grec, légèrement modifié par l'école de By zance , encadrent les diverses parties de l'une de ces portes , décorée en outre d'une inscription dont les lettres sont en argent. L'auteur grec anonyme qui décrit le baptistère situé dans l'enceinte sacrée de l'égUse de Sainte- Sophie dit qu'on y voyait des portes en bronze incrustées d'or et d'ivoire.
Le monastère de Mégaspyléon en Morée montre de belles portes en métal dans le style byzantin; M. Didron a signalé dans les Annales archéologiques celle du réfectoire du couvent de Sémenou sur l'Athos : elle est en bois incrusté d'ivoire formant des ripceaux assez fins et d'un bon effet.
La porte de l'église du monastère de Sainte-Catherine, au mont Sinaï, est plus riche encore : exécutée en bois, les traverses et les montants sont couverts d'ornements précieux, les panneaux qu'ils encadrent contiennent de petits tableaux émaillés fort anciens et d'un travail remarquable. D'Agincourt a publié les belles portes damasquinées en argent qui furent exécutées à Constantinople et servirent de clôture à la basilique de Saint-Paul hors les murs de Rome, jusqu'à l'époque de l'incendie qui détruisit ce bel édifice ^
Les Byzantins n'ont pas toujours employé les portes à panneaux pleins pour fermer les ouvertures; on voit à la crypte de Téglise de la Nativité à Bethléem, une grille en bronze à
' D*AgtncoMrt, Hittoire de l'art, Sculptare, de la pi. i3 à la pL ao.
deux vantaux, ornée de croix grecques indiquant son origine; le style simple de ce monument en dénote l'ancienneté ^
Les baies qui donnaient entrée aux églises orientales étaient closes pendant lejourptr des rideaux semblables à ceux qu on voyait aux portes des basiliques latines : les auteurs et les monuments sont d'accord à cet égard ; parmi ces derniers , la belle mosaïque exécutée à Ravenne, et qui représente l'impératrice Théodora , fait voir une porte de l'église de Saint-Vital fermée par une riche tenture que soulève un officier de la couronne pour laisser libre l'entrée du temple à la souveraine qui va présider à la dédicace. Ce voîle, orné de fleurons et de bordures dorées , indique bien quel était le luxe de broderies qu'on apportait à la décoration de ces tentures.
EXO-NARTHEX.
Le porche ou exo-narthex des églises monastiques de l'Orient est très-diff!6rent de celui des basilique^ d'Occident; la précédente étude des plans de ces édifices a fait voir qu'au lieu de présenter un portique ouvert sur toute son étendue, il offre plus généralement une salle longue, placée en travers sur la façade, et ouverte seulement d'une ou de trois portes et de rares fenêtres. (Voiries plans du n* 167 au n^ 170.)
Il y a cependant quelques exceptions à ce principe : l'église du Théotocos à Constantinople possède un exo-narthex dont le jdan diffère de ceux qui étaient adoptés en général, en ce qu'il se développe au delà des limites de la façade et retourne sur les parties latérales du temple. (Voir la pL !ii8.)
' L'Archilectare dii r* au xvt* siècle, par J. GaUhabaud, 4* livraison.
N" a 18. Plan du Théotocos.
Ce narthex est ouvert à Toccident de six arcades ou fenêtres portées par des colonnes, et closes, à hauteur d*appui, par des tablettes de marbre sculpté. (Voir la façade au n"" 17B.)
Vers la fin de la période byzantine, les porches se rapprochèrent des dispositions adoptées en Occident : le Zographe et riviron, monastères du mont Athos, Téglise de la Viei^ à Mistra, le monastère de Daphni auprès d'Athènes, Téglise de Samari, dans le Péloponèse, en offrent des exemples dans lesquels on doit yçÂv une influence latine. (Voir les plans aux n^^Viyi et 17a.)
Les constructions supérieures des narthex sont très*variées; les plus anciens devaient être couverts en appentis, c était le moyen le plus simjde et qu on avait employé d abord. On en voit un à la façade gravée sur la planche 173*
Les premières périodes de Tart durent produire aussi des couvertures de narthex établies avec double égout; ce système se multiplia plus tard lorsque, vers la décadence de Tarchi-
lecture byzantine, les constructions à pignons aigus remplacèrent celles qui étaient couronnées par des courbes.
N° a 19. F.xirémilé du Narlhi
Vers les ix" et x' siècles, on éleva souvent des narthex présentant sur leurs façades principales et latérales des arcs extradossés portant directement les plombs de couverture, et indiquant au dehors la construction interne des voûtes en berceau ou en arêtes. C'est ainsi que se présentent ceux du monastère de la Vierge [yiovv ttjs ■^(épa.s) et du Théotocos à Constant in oplc. [Voir les pi. 176, 177, 178 elaao.J
A ces extrémités des narthex, comme sur ^s façades principales^ les cintres de couronnement ofirenl plusieurs degrés d'isolement de leurs courbes : au Théotocos le sommet seulement est dégagé; à l'église de Mov-n Ti}s x.wp*s l'arc entier est libre. . .
N~ 330. Extrémité du Narthex du Théolocos, voûte exlrtidossée.
Au Gatholicon d'Athènes le narthex est enveloppé dans la (Xinstraction générale du temple au point de ne se distinguer c[ue latéralement par l'indinaison du toit. Des narthex anciens et de quelque importance sont couronnés de coupoles élevées : on en voit une à chaque extrémité de celui du monastère de la Vierçe, trois surmontent le narthex du Théotocos, deux édifices remarquables de la capitale de Tempire grec. (Voiries façades de ces deux édifices, n*" 177 et 1 78.)
Les hautes coupoles sont quelquefois remplacées, dans les narthex, par de simples calottes sphériques qu'on ne peut apercevoir du dehors, parce qu'elles ne s'élèvent pas audessus des murs de façade.
L'intérieur de ces vestibules est toujours surmonté de voûtes, le bois ne paraissant jamais dans les constructions byzantines; leur disposition varie entre les formes en berceau, en pendentif ou en arêtes. Les arcs-doubleaux qui divisent ces voûtes sont quelquefois supportés par des colonnes; il y en a un exemple remarquable au narthex du Théotocos à Constanlinople.
N' 3QI. Intérieur du narthex du Tljéotocos.
Le même vestibule présente de curieuses fenêtres situées entre lui et l'éso-narthex : ce sont de longues arcades fermées au bas par des tables de marbre couvertes d'ornements; au-dessus s'élève un chambranle, qui était destiné à porter dans ses feuillures des chancels ou treillis en marbre;
INSTRUCTIONS. II. !lO
le sommet de Tarcade est libre. La peintm^ et la mosaïque se partagèrent la décoration des voûtes et des murs intérieurs du narthex.