‹ Architecture monastique (volume 3)Chapitre 49 sur 54 · CLOTURE DU SANCTUAIRE, ICONOSTÀSIS · texte numérisé non relu

CLOTURE DU SANCTUAIRE, ICONOSTÀSIS

Le sanctuaire des églises grecques s'étendant, comme en Occident, depuis l'extrémité orientale de la grande nef jusqu'à Tabside, il est limité, au nord et au sud, par des piliers ou des murs dans lesquels sont pratiquées les portes qui conduisent aux sacristies ;^ son sol est ordinairement plus élevé que celui des ne£s; un riche pavé le décore. La partie antérieure dn sanctuaire est fermée^ en souvenir du Saint des saints établi au temple de Salomon, par une cloison dans laquelle sont pratiquées une ou plusieurs portes, selon l'importance de l'église. Cette cloison est nommée Iconostatù , à cause des portraits et des tableaux qui la décorent; tout le luxe de l'architecture , de la peinture et de l'orfèvrerie contribue à l'enrichir.

On distingue trois espèces de clôtures : les plus monumen-

taies sont établies avec des colonnes d'un petit diamètre, souvent en marbre précieux , et à la corniche desquelles sont suspendus des voiles, ainsi que nous l'avons indiqué en décrivant la traies latine. Les peintures en mosaïque qui décorent l'église de Bethléem représentent des clôtures sacrées ainsi disposées : la panagia Nicodimo à Athènes, ruinée par le leu lors du siège de 1827, a conservé sa clôture : deux colonnes en marbre vert cipolin forment trois entre-colonnements qui supportent une corniche en marbre; par une mutation opérée postérieurement à la construction primitive de l'église, Je seul entre-coionnement du milieu est resté ouvert, et \e^ deux autres ont été boucliés par de la maçonnerie recouverte de figures peintes. L'une d'elles étant détruite en partie , nous avons supprimé l'autre dans notre dessin, afin de faire mieux voir le sanctuaire et de rappeler la disposition primitive.

\ceée A la Panagîa Nicodîmo, à Aliicni

Le devant du sanctuaire de l'église de Saint-Marc à Venise, par imitation de ces anciennes clôtures, est fermé par douze colonnes en marbre précieux au-dessus desquelles s'élèvent, sur la corniche , les statues des douze apôtres.

Clavijo, décrivant l'église monastique de Saint-Jean èv ÈSSàjX6i), àConstantinople, dit : « Et aux dites portes (de la clôture) il y a quatre colonnes de jaspe, etc. »

Une seconde espèce de clôture se présente dans les églises grecques, et c'est la plus ordinaire; elle forme une cloison en bois ou en construction légère, peu élevée et percée d'une ou de trois portes; de petites colonnes engagées ou de simples pilastres appliqués, la divisent en compartiments égaux : des peintures précieuses ou de grandes représentations du Christ et de sa mère, en argent repoussé, occupent les panneaux principaux; ordinairement la partie supérieure, en forme d'attique, est composée d'une suite non interrompue de petits tableaux délicats représentant les douze apôtres et les principaux faits de la vie de Jésus-Christ ; une découpure en bois doré , formée de palmettes ou de rinceaux, occupe le sommet de la clôture; au centre est une croix fort riche; souvent le Flabellum orné de têtes d'anges est reproduit dans la longueur de la clôture : on en voit ainsi à Patras et dans la plupart des églises de la Grèce; les moindres chapelles, les plus petits temples élevés dans les monastères ou dans les villages offrent des clôtures sacrées exécutées de la sorte. La décoration en est plus ou moins riche, selon les ressources locales, cependant les peintures y sont généralement faites sur un fond d'or, suivant le système du moyen âge, qui s'est transmis jusqu'à nos jours. Des lampes sont suspendues en avant et auprès de ces tableaux. Dans les riches élises, de nombreux candélabres de très-grande dimension, et portant d'immenses cierges, forment une pre-

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mière décoration en avant de la clôture, et la lumière des cierges se joint à celle d'innombrables lampes suspendues à la voûte ou au plafond du temple; ces lampes, fréquemment surmontées d'œu£s d'autruches, comme celles que les Turcs placent dans les mœquées, prennent quelquefois des formes singulières; on en voit à l'église de Saint-Spiridion de Corfou qui représentent des navires comme en fabriquèrent les premiers chrétiens'.

N' aSg. Clâture sacrée à Patras.

Les plus belles clôtures de cette seconde espèce sont celles de l'élise de Saint-Théodore à Pergame, de la cathédrale de Smyme, de l'élise grecque de Livourne, dans laquelle sont des représentations du Christ et de la Vierge, en argent, |^us grandes que nature; à l'église métropolitaine de Magnésie, dans l'Asie Mineure, la partie supérieure porte trois petites tribunes saillantes surmontées de dômes, et soutenant chacune une croix accompagnée de statues des apôtres. (Voir à la page suivante, n" aio, la clôture sacrée de l'église grecque de Livourne.)

' LeaiUiehêlaetniêi^knJi.ptrPktmSmtiBaTtoli, p. m, pi. 3i.

INSTHOCTIONS. —' It.

N* iho. C16ture sacrée de l'Oise grecque de Livourae.

Une clôture très-remarquable est celle de l'église de Saint- Démétrius à Smyrne, où des colonnes de marbre précieux forment la décoration des tix>is portes ; elles sont ornées de bases, de chapiteaux et d'anneaux en argent massif; la porte centrale présente, en avant des colonnes, deux lions qui rapp^ent ceux que nous avons signalés dans les précédentes instructions sur l'architecture, et entre iesqu^ on rendait la justice intèr leones.

Ces deux sortes de dôtures sacrées sont assex peu élevées

)our laisser voir la décoration supérieure des faces latérales du sanctuaire, sa voûte, ainsi que celle de Tabside qui occupe le fond du temple. Il est probable que c est ainsi que Justinien fit clore le sanctuaire de Téglise de Sainte-Sophie à Constantinople, et le luxe qu'il y apporta paraîtra moins extraordinaire après les indications que nous venons de donner de quelques clôtures qui existent encore : la cloison était en bois de cèdre, comme celle du temple de Salomon. Paul le Silenciaire, qui la décrit, dit quelle était revêtue en argent doré, ainsi que douze colonnes accouplées qui en faisaient partie.

Enfin, on voit dans les églises grecques une troisième espèce de clôture sacrée construite légèrement comme celle que nous venons de décrire; elle s'élève jusqu'au sommet des voûtes de l'édifice , masquant ainsi complètement le sanctuaire dans toute sa hauteur. Le plus bel exemple que nous ayons à citer est celle de l'église de Saint-Spiridion à Corfou : la partie inférieure est décorée par des tableaux peints sur fond d'or et des ornements en argent repoussé; le haut, formé d'une grande peinture, représente des légions d'anges faisant un concert céleste autour d'une croix en relief portant le Christ, et placée sur l'attique de la clôture; cette croix s'élève jusqu'au plafond de l'église. La première ligne d'atfiques contient, entre des pilastres, douze portraits en pied des apôtres sur fond d'or; un pareil nombre de sujets de l'histoire du Christ occupe une ligne placée immédiatement au-dessous; dans la. partie inférieure de la- clôture sont pratiquées trois portes fermées par des panneaux peints; c'est auHlessus de celle de droite que s'élève l'immense dais en argent que nous avons cité précédemment comme décorant l'entrée de la chapelle de Saint- Spiridion. (Voir la planche 233.)

la messe on ne le voie point. » Cette disposition de portes saintes très-basses et surmontées d'un voile est la plus généralement adoptée, encore de nos jours, dans les églises grecques , comme elles paraissent l'avoir été dans le moyen âge , ainsi que le démontrent les anciennes descriptions qu'on vient de lire.

ti* 3^1. Clôlure formée par un simple voile.

Quelquefois même le voile forme à lui seul toute la clôture : il est suspendu soit à l'arc triomphal qui précède le sanctuaire, soit à une tringle de fer qui le traverse à une certaine hauteur, La précédente planche, n" 3^1 .en offre un exemple extrait d'une é^ise de Valachie. La clôture sacrée de l'église de Saint-Démétrius de Smyme, déjà citée plus haut, présente un voile qui a de l'intérêt, parce que, au lieu d'une simple croix grecque dont ces rideaux sont généralement ornés, il porte un sujet peint représentant Jésus et la Samaritaine auprès du puits î une inscription grecque l'explique. Nous en avons recueilli le dessin, placé à la page suivante sous le h' 2^2.

Js" 34a- Voile de la clôture sacrée à l'église de Sainl-Démétrius

Ce voile, portant un sujet de rhùtoire sacrée, rappelle le vélum aîexandrinam des basiliques d'Occident, souvent décrit par Anastase , et particulièrement cdui que le pape Grégoire IV donna, au viii' siècle, à l'élise de Saiot-Paul hors les murs de Rome'. Aujourd'hui, les portes saintes sont encore terminées en courbe à leur sommet , et leur décoration est extrêmement recherchée. Sur la clôture de troisième genre, les portes saintes ferment la baie dans toute sa hauteur, il n'y a par conséquent point de voiles ; de grandes peintures sur fond d'or occupent toute la hauteur de ces portes.

G. SANCTOAlnR ET HEUBLES DU SANCTOAIRE.

Après avoir franchi la clôture sacrée on entrait dans le sanctuaire, dont les parois étaient décorées avec des peintures

' Vflirri-defaus.p. igSetauiv.

à fresque ou en mosaïque; le principal meuble était Tautel, originairement unique dans une église; plus tard, on en établit jusqu'à trois, ce qui fit ouvrir vis-à-vis chacun d'eux une porte dans la clôture sacrée. L'autel des Grecs nest pas, comme en Occident, un tombeau, c'est une table rappelant celle de la cène sur laquelle le Sauveur communia les apôtres sous les espèces du pain et du vin. Elle se compose ordinairement d'une tablette de marbre ou de bois portée sur un fragment de colonne antique, sur un cippe, ou même sur quatre pieds, comme une table ordinaire. Cette ancienne disposition fut cause qu il n'y eut pas de martyrium ou châsse maçonnée sous l'autel grec, comme on l'a vu dans les basiliques latines de l'Occident. (Voir l'autel rond, planches 238 et a4i-)

L'auteur grec anonyme nous fait connaître le soin qu'apporta Justinien à la fabrication de l'autel de Sainte -Sophie. L'empereur, dit-il, voulant le faire plus précieux et plus brillant que l'or même, fit venir les hommes les plus habiles et les consulta sur ce qu'il devait faire; ils lui dirent : Jetons dans le creuset de l'or, de l'argent, des pierres précieuses de tout genre, des perles, du bronze, de l'ambre, du plomb, du fer, de l'étain , du verre et toutes autres matières précieuses. Cet alliage, sorti du creuset, fut confié aux orfèvres, qui en fabriquèrent la sainte table, âyict Tpolire^a, portée par quatre colonnes d'or. Lorsqu'elle fut faite, l'emperaur la fit placer sur des marches en argent doré, et les colonnes du ciborium, exécutées en argent doré, s'élevèrent sur ces marches et furent ornées de pierres précieuses. Au-dessus de la coupole qu'elles portaient s'élevait une croix en or enrichie de pierreries et pe-^ sant soixante et quinze livres; elle était portée par un globe d'or massif du poids de cent dix-huit livres; des lis d'or pesant cent seize livres pendaient de ce globe. La mer ou bassin à

laver fut exécutée en or et décorée de pierreries. Qui ne serait émerveillé, dit l'auteur, en voyant cet autel, ou plutôt qui pourra fixer longtemps Téclat de ses couleurs, le brillant des métaux ou des saphirs ? » Cédrénus dit que cet autel contenait de toutes les matières que l'univers peut fournir. Ôatia re yi}

Cette description curieuse apprend que l'autel des Grecs, en forme de table, était surmonté, comme celui des Occidentauxr d'un cihorium dont l'ensemble , en harmonie avec les temples, supportait la coupole qui, depuis l'origine de l'architecture byzantine , ne cessait d'être un type particulier à cet art. Sur la surface concave de ce dôme en métal on avait figuré l'image du ciel, et du milieu pendait une boîte, piœis, renfermant la sainte Eucharistie ; des voiles précieux suspendus au cihorium permettaient d'en clore les entre - colonnements , comme on l'a vu dans les basiliques latines.

L'origine du cihorium byzantin remonte plus haut que le règne de Justinien ; on le voit paraître au-dessus de l'autel qui, dans le temple de l'Ascension à Jérusalem, s'^evait à l'intérieur de l'enceinte centrale et hypèthre, et dans la direction de l'Orient. Le dessin de Tévêque Arculfe, reproduit par les bénédictins, indique cet autel, qui est désigné d\xtsiiAU(ire suh angusto tecto. Ce toit était le principal élément d'un cibor rium. (Voir le plan n"" 161.)

Au centre de l'église du Saint- Sépulcre, monument cou* temporain dusprécédent et de même forme, s'élevait sur le tombeau même du Christ un édicule rond, construit d'une seule pierre : MRotandum inestinuna eadem petra excisum tegurium. » Une voûte en marbre, dorée extérieurement et: sur-r montée d'une grande croix y couvrait cette rotonde; dans lar quelle on peut voir l'origine de la forme hémisphérique <jm

depuis lors s'est maintenue jusqu'à nos jours pour surmonter le cihorinm des Grecs. {Voir le plan n" i64.)

N' 943. Ciborium grec, lire dn manuicrit de Jacobus Honacui.

Le manuscrit grec de Jacohas Monacus, conservé à la Bibliothèque nationale de Paris, les mosaïques de Saint-Marc de Venise , font voir plus d'un ciborinm byzantin ; les formes en sont variées, mais dans tous le dôme oriental domine.

C'est encore dans le même principe que les Grecs modernes £abriquent les modestes Çiboria en bois qu'ils élèvent dans leurs églises dépouillées par la guerre; et, lorsqu'ils n'en placent pas au-dessus de. l'autel, une petite coupole établie dans le plafond du sanctuaire remplace celle du ciborium. Celte disposition a été prise à l'église de Saint-Démétrius de Smyme; les bottes renfermant l'Eucharistie sont suspendues k cette voûte sphériqiie comme elles l'étaient originairement à celle que portaient les quatre colonnes voisines del'autel. Un livre d'évangiles, deux ou quatre flambeaux , une croix et deux fiahellnm sur leurs pieds, forment la décoration des autels. (Vpir n*" a^d. 3 45.)

INSTimCTtOIIS. -

ABSIDE, hiifia.

Le jS^fta, abside ou tribune des plus anciennes églises byzantines, était semblable à celui des basiliques d*Occident, il était semi- circulaire. Justinien, faisant construire celui de Sainte-Sophie, voulait d*abord quon y pratiquât une fenêtre, puis en demanda deux; enfin les historiens rapportent quau moment où on allait exécuter ses ordres, un ange vêtu de la pourpre impériale apparut aux architectes et leur dit : • Je vous ordonne d'éclairer Tautel par trois fenêtres , en Thonneur du Père, du Fils et du Saint-Esprit, » Depuis lors, en général, les élises byzantines un peu importantes présentèrent trois fenêtres à leur abside; lorsque la place ne permit pas de les pratiquer toutes trois , on n en fit qu une, divisée en trois baies par deux colonnettes ou deux tablettes debout formant meneaux; les églises de très-petite dimension, ou les chapelles, nont quune petite ouverture en barbacane, quelquefois divisée en deux parties par une colonnetie. (Voir les n** i83, 189, 190, 19a.)

Dans la voûte de Fabside, construite en demi-coupole, et autour des baies de fenêtres, la peinture ou la mosaïque reproduisaient des sujets sacrés analogues à ceux qu on voit encore dans les absides des basiliques latines, avec la différence que devaient y apporter Tart et les idées des Grecs; la voûte était ordinairement décorée du Christ ou de Dieu le père entouré de saints personnages; la Vierge, assise sur un trône et tenant sur ses genoux le Christ enfant, était aussi Tun des sujets les plus fréquemment reproduits. Ce mur cylindrique servant de support à la voûte se divisait ordinairement en plusieurs zones contenant de saints personnages représentés soit en pied, soit en buste. (Voir la coupe du Catholicon, n* a Sa.)

INSTRICTIONS.

L'a oa plasiears baocs semi-orciiUires occnpûent le fond «3e Tabside, meublée esactemoit comme \epnsijlenam des ba- «Ikpes ladoes. L'n de ces bancs, qne noos aiwis desâné à AthéDes dans une petite é^îse en mine, est dhrisé ai stalles taillées dans le marbre.

Le trône du patriarche, de rérêque on de Tabbé, s'élevait au milieu de Teièdre. Paul le Silenciaire, qui décrit le trône du chef de l'Oise grecque à Sainte-Sophie, dit qu'il était en aident doré, ainsi que les sept sièges qui raccompagnaient Les peintures du manuscrit de Jacobas Moaacust déjà citées, font voir plusieurs trônes d'évéqucs ou d'abbés élevés sur des degrés, comme ceux des Latins. (Voir la planche 3^3.) On en trouve aussi sur les plus anciennes mosaïques de Téglise de Saint- Marc de Venise ; ces documents précienx constatent que durant tout le moyen âge les dispositions furent les mêmes à cet égard , et ceux qui se voient encore aujourd'hui dans quelques monastères et k r^ise de Saint-Démétrius de Smyme démontrent que l'usage s'en est conservé jusqu'à nos jours. Dans cette dernière basilique , le trône, placé devant l'ébrasement d'une des trois fenêtres de l'abside, est en marbre blanc; des coosdies décorent la partie antérieure, on y monte par quatre degrés;

les places réservées aux prêtres, au lieu de former un banc qui suive la courbe de l'abside, sont établies de chaque côté du trône sur trois gradins, qui semblent être d'étroits escaliers pour monter aux faces latérales du siège épiscopal.

N* a47' Trône k l'^g^ue de Saint-Démétriui de Smyrne.

Un antique trône d'évêque se voit à TégUse de Saint-Marc de Venise; il est placé aujourd'hui dans le baptistère; le sommet du dossier est (mié d'une croix auprès de laqudle sont figurés saint Pierre et saint Paul ; plus bas est sculpté un arbre, auprès du pied est un agneau. Les faces latérales présentent d'abord des cierges allumés au-dessous desquels, dans une région plus large, un Christ nimbé et portant l'Évangile est entouré de six ailes dépl<^ées; il est accompagné de rosaces et de deux figures d'anges soufflant dans des oliphants; la partie basse de ces laces latérales est occupée par de petites fenêtres évidées dans la masse du marbre et ornées latéralement de palmiers. La

physionomie de ce meuble est orientale; il a pu être transporté à Venise lors des conquêtes de la république.

N* 3^8. Trtoe à Venue.

On voit à Raveone uo ancien trône épiscopal byzantin complètement construit en ivoire et couvert de figures et d'ornements sculptés; nous avons recueilli en Grèce une suite de meubles épiscopaux surmontés de dômes ; deux des plus curieux par leurs formes byzantines appartiennent à des églises d'Athènes; les gravures placées à la page suivante, sous les n"' 3A9 et aSo, suffisent pour en faire connaître la disposition générale.

N" aig et a5o. Trtne» grecs & Athènes.

Les cryptes sont rares dans les églises byzantines; on en voit cependant figurer aux descriptions que font Eusèbe et l'évêque Arculfe de deux églises de forme primitive consacrées à la Vierge sous le règne de Constantin : ainsi le temple d'or d'Antioche était, dit l'historien de Tempereur, « tam subterraneis locis quam soiariis circumdatum '. » L'édifice circulaire élevé sur le tombeau de Marie, dans la vallée de Josaphat, était double; la partie inférieure contenait la sépulture creusée dans le roc, puis un autel; cette église basse était dans une substructîon en pierre : « Inferior pars, sub lapideo tabulata , mirabili rotunda structura est fabricata^.» L'élise supérieure, cip-

' EtiMb. lib. Itt, C. L.

*- Voyag» d'Aixn^ Jani la Ttm laint» a a' part.

rit' MÏècU. Aet. S. ord. S. B. m* nècle ,

colaire de même, omienait quatre autels, dh faotenr: « In periore igîtiir ^eque rotnnda eccleâa San<4jB Marûe« quatuor altaria inesse monstrantnr^ » Le tooibeao du Cfaiîst fonnait une e^>ece de cnrpte au milieu de la rotonde de Féglise du Saint-Sépulcre; des souterrains font partie de la bas3iqne de la Nativité à Bethléem. A Salonique, le tombeau de saint Démétrius, situé emtre le latéral gauche de la hasilique, est dans un careau carré construit en briques et surmmité d'une coupde et de pendentifs, suivant le système byzantin. D est posnUe que les Turcs, en convertissant la jda|iart des églises grecques en mosquées, aient fait combler ou boucha- des crvptes étaUies dans Forigine par les constructeurs.

L* Arménie, le Caucase, et les rives de la mer Ca^nenne possèdent des églises byzantines qui offinent peu de différences avec celles de Fempire grec ; plusieurs même passent pour avmr été fondées par Justinien. M. Dubois de Montperreux en a publié un grand nombre; il en fait connaître qui s'élèvent sur des cryptes; nous citerons celles de Vordzic, au bord du Kour, province JAkbaltsiké , et des monastères de Ki^^iart, de la poudrière de Sevastopol , de la forteresse d'Inkerman, etc.

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