A UC H I T E CT U H K MON AST I Q U E
N* 38i. Phares du prieuré de Canlorbëry, desjîn du siècle.
N* 38a. Phare de l’abbadale de Saiint*hcniy.
-teyAj OOg le
iNSTRUCTIOxNS.
IdO
Candélabre. — Moïse, par l’ordre du Seigneur, fit pour le tabernacle un chandelier de l’or le plus pur: six branches sortaient des côtés de sa lige principale, sept lampes se plaçaient au sommet de ce candélabre. Le prophète Zacharie dit que les sept lampes sont les sept yeux du Seigneur. Les chrétiens reproduisirent le chandelier à .sept branches et le placèrent dans le chœur, devant le sanctuaire; ce meuble, généralement exécuté en bronze ou en fer, reçut de riches ornements ciselés, des figurines, des animaux. La dorure et les pierreries vinrent encore enrichir ces candélabres; on en voit un très-remarquable par ses belles ciselures daits la cathédrale de Milan ; l’abbaye de Saint-Hemy, à Reims, en offrait un ilont on connaît la riche décoration dorée par des fragments. L’ahhaliaie de Cluny possédait un admirable candélabre doré , enrichi de cristaux et de pierres précieuses; il avait dix-huit pieds de hauteur; c'était un don de la reine Mathilde de Normandie. On y lisait ces vers :
Ad lidei norinaiii, voluit Deus liane darc formain,
Qtnc quasi pra’srriptuni doceat cognosccrc Chrislum :
De quo scptciiæ sacro spiramine pleine Virtulcs manant, cl in omnibus omnia sanant'.
Saint Ih'rnard complète les notions que nous avons sur CCS candélabres quand il dit : « Nous voyons s’élever des candélabres comine des arbres de pesant airain, d’un admirable travail, bien moins étincelants par les flambeaux qui les surmontent que par les diamants qui les décorent. »
On alluinait le candélabre aux fêles solcunelJes : fabbé Guillaume 111, dans les Us et coutumes de Saint-Geriuain-desl’rés (page i4a ), s’exprime ainsi : « Dum incipietur Placebo, sacrisla debet accendere cen'os candelabri. *
* Bihl. Clun. col. ifi^o. C. l).
- -Btqibzecl-tey
A R c H rr f.ct l re m on a st i ql e.
N* 583. Candélabre de l’abbatiale de Sainl'Bem).
SA.NCTL'AIHE.
Les jilans byzantins des églises de Sergius et de Saiiile- Sopbie, à Constantinople, celui de Saint-Vital, à llavenne, publiés dans la première partie, an* planches, 167, j68, a88, démontrent que, sous Justinien, le sanctuaire des Grecs avait pris plus de développement que celui des Latins, et oUrait sur ses laces latérales des portes conduisant aux sacristies; les églises
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du monaslcre de Dnplini et de celui de la Vierge, à Mistra, gravées aux planches 171 et 172 de la première partie, font voir chez les Grecs la persistance de celte 'disposition, plu.s com)uodc que celle des basiliques de l'Occident. Le plan de l'ahbaye de Saint-Gall montre déjà dans le Nord la tendance à se conformer aux mêmes distributions, soit que l'inilucnce byzantine y eût pris part, soit que celte idée fût née d’ellemême dans nos contrées; sur ce plan, toutefois, le sanctuaire en se développant n’a pas reçu de communication directe avec la .sacristie, dont la seule entrée est dans le transept méridional de l’église. Ce sanctuaire est clos latéralement par les murs qui forment les parois de celle sacristie, d’une part, et du scriptorium, de l'autre.
L’abbatiale de Saint-Généroux, à peu près contemporaine du plan de Saint-Gall, fait voir déjà un pi-ogrès dans le sens quejious indiquons ici. L’abside, reculée loin de la croisée du clurur, laisse devant elle un vaste espace pour le sancluaire, puis de petites arcades sont pratiquées dans les parois latérales. On doit remarquer ici, dès la période carloviugienne, le rudiment de la disposition qui lût complétée au xi' siècle, lorsqu’on multiplia les arcades latérales du .sanctuaire, au point de l’ouvrir dans tout son pourtour, de faire porter les arcs par des colonnes, fi.solant complètement d’une galerie de circulation, qui n’était que la suite des nefs latérales de féglise, prolongées au delà des transepts. Les grandes abbatiales de Cluny, de Saint-Savin, de Saint-Gcrmain-dcs-Prés, de Saint- Hilaire-le-Grand , presque toutes celles enfin qui s’élevèrent à cette époque de renouvellement général, furent disposées de la sorte; des colonnes en marbre ou en pierre soutinrent les arcs nombreux qui s’ouvrirent simultanément sur le sanctuaire et la galerie; des fenêtres, égalant en nombre les arcades du
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A n C 1 n T K C T l : R K monastique.
rez-dc- cliausséo, les sumionlèrenl et répandirent un jour 'direct et abondant sur le sanctuaire, qui, ainsi arrondi, faisait suite à la grande nef et à ses colonnades; une voûte en demicoupole s’élevait sur la partie orientale du nouveau plan, s’il se terminait par un demi-cercle; quelquefois, l'allongeant en forme de cirque, on reliait la voûte en abside à un berceau simple ou orne d’arcs-doubleaux. On a vu ces dispositions diverses des voûtes, sur les .sanctuaires des églises byzantines, dont les coupes sont gravées aux planches 236, 228, 2.32 de la première partie.
Le sanctuaire roman, dont on vient de suivre la transformation, se trouva relié ainsi avec le çhœur et ne forma plus, comçie dans les précédents styles, une partie séparée. Un sol plus élevé, précédé de quelques marches, établit généralement la distinction; .souvent même les stalles du chœur, franchissant les degrés du sanctuaire, s’étendirent autour du rondpoint.
Décoration. — On a vu précédemment que Théodulphe orna l’église de Gcrmigny d’un pavé en mosaïque qu’il dut étendre jusqu’au sanctuaire. Au xi' siècle plus d’une abbatiale romane offrait, sur le .sol de celte partie, une riche décoration de pavé mosaïque, exécuté à peu près comme ceux que fabriquaient les Romains; les pâtes de verre, la terre cuite, s’y mêlaient au porphyre èt au marfjre, qui étaieût employés .sans la régularité précise qu’on remarque dans les pavés antiques; quant à la liaison des cubes, elle était faite de même par un dur ciment. Ces mosaïques représentaient Irequemment des zodiaques (on en voit à l’abbatiale d’Ainay, de Lyon), (juclquefois au.ssi des personnages de l'Ancien ou du Nouveau Testament, les saisons, les arts libéraux, etc. Le pavé du .sanctuaire se composa plus lard, comme celui des uels, de dalles
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gi-avet's et colorées par des mastics; enfin la terre cuite vernissée y forma de riches enlacements de feuillages, d’attributs et de figurines.
Le .sanctuaire de l’église de Gcrmigny, que sa disposition particulière place sous la ligne de transition de farcliilecture latine à celle de la période romane, olTrait encore, dans sa décoration, un souvenir du mode employé précédeininent; en elfct sou abside orientale conserve une mosaïque, le seul exemple que possèdent les régions moyennes de fEurope : «‘lie représente l’arche mystique, auprès de laquelle veillent deux anges debout; deux autres, plus petits, voient au-dessus de l’arche; la main de Dieu, placée dans l’axe de la composition, sort d’un nuage dont le sommet est occupé par l’arcen-ciel.
Toute cette mosaïque est exécutée sur un fond d’or; l’arche .se décore de caissons carrés dans lesquels sont des rosaces peintes. Les deux grandes ligures portent des robes d’argent bordées de rouge, les petits anges se dessinent sur le ton gris «lu nuage par des vêtements d’or; leurs nimbes sont d’argent, les ailes noires et bleues. L’arc-doubleau de l'abside est couvert de caissons octogones, à facettes courbes, dont l’intérieur présente des cercles d’or tfoù rayonnent, vers les angles, des pointes d’or et d’argent; cet arc, de trente-trois centimètres de largeur, est accompagné d'une bandcxlécorée de pierreries et portant huit centimètres; une frise bleue, placée à la base de la composition générale, contient en grands caractères d’argent l’inscription suivante, sur une hauteur de di.x-scpl centimètres:
Oraculiim s.'inrtum ct-chriiibiiii liic aspicc spcctans Kt testamenti en micat ara Dei llacc cernens prcribuM(UC studriis pulsare tonantem Tlicodulplium votû jungilo, quæso, tuis.
Le (léveloppemenl de rarc-doubleau est de trois mètres deux centimètres;- la base de la mosaïque est de six mètres trente-sept centimèh-es.
Celte jjeinlurc précieuse, qui remonte évidemment A l’époque carlovingienne, c.st d'un style grandiose et religieux, bien que sans correction; elle est exécutée avec soin, les cubes ayant été placés presque généralement d’une manière symétrique, dans les parties qui se répètent, comme les figures des anges, les caissons de l’arc-doubleau, les lettres de l’inscription.
Tous les traits du dessin, qui manque de pureté, sont tracés par des cubes noirs; les chairs sont biites avec de la pierre blanche pour les clairs, un marbre rost: pour la teinte générale, et de la brique ou fragments de poteries pour les ombres; l’eiret de ces chairs est terne et mal à côté du brillant des métaux et des émaux qui les environnent. Les cubes d’argent et d’or sont exécutés avec des feuilles très-minces de ces métaux, placées sur des morceaux d'émail recxniverts d’un fondant vitreux cl transparent. Les premiers ont généralement noirci et ne présentent qu’un ton gris sale et métallique; ceux d'or ont conservé tout leur éclat, mais beaucoup ont perdu leur couverte et l'or a disparu. L’église de la Daurade, à Toulouse, qui appartenait aux Bénédictins de la congrégation de Saint- Maur, quand doin Martene la visita à la fin du xvii” .siècle, oll’rait sur toutes les parois du sanctuaire des mosat’ques h fond d’or'.
Ce système de décoration étant abandonné, le xi* siècle employa la peinture murale, à la fresque ou simplement à la colle. Nous avons déjà renvoyé à la belle publication des ■ fresques de l’abb.aye de Saint-Savin pour qu’on puisse avoir
' Dom Maricne, Voy. litt. Il* partie, p. U^-
lîlSTRUCTION». — m.
Ifi6 INSTRUCTIONS.
une idée précise de la manière dont les murailles, les voûtes, les colonnes et les moulures étaient décorées.
N* 384- Peinlure» qui décorent Tabbatiatc de Saînt>5avin.
Quelques autres édifices, moins importants que cette al>liatiale, en conservent aussi des restes : les absides des deux églises romanes de Toscanella sont du nombre, et préscutent de vastes compositions peintes, analogues à celles des absides latines. (Voir la planche n” 378.) Celle de l’église de Sainte- Marie est surmontée d’un jugement dernier figuré sur le mur de fond du sanctuaire. (Voir la planche 388.)
AltCHlTECTLllE MONASTIQUE.
Dans la nouvelle disposition qui fut admise au xT siècle, et qu’on n’ahandonna plus durant tout le moyen âge, nous voulons parler de l’isolement produit par la galerie de circulation, les colonnes, si elles n’étaient de marbres précieux comme celles du sanctuaire de la grande abbatiale de Cliiny, se décoraient aussi par la peinture; tout ce que le ciseau pouvait produire de plus varié, de plus brillant, était réservé aux cbapiteaux des grandes colonnes et à ceux qui formaient la décoration des fenêtres supérieures; la voûte absidale recevait une grande peinture religieuse, complétant rcnsemble, et se reliant aux nombreuses ligures et aux reliefs coloriés ou dorés qui les encadraient.
HEUKLCS Dl< SAMCTO.IIIII.
Autel. — Les autels de l'époque primitive de l'art roman ont été généralement détruits; on ne pourrait dire d'une manière précise comment ils étaient fabriqués. On en voit un à la bibliothèque de Valogne qui fut dédié en GgS; il peut donner une idée de ce qui se fit un siècle plus lard: il est composé d'une table carrée en pierre et ornée de croix gravées; quatre pilastres la portaient. Le plan de l’abbaye de Saint-Gall offre, dans féglise principale et dans les chapelles de l’infirmerie et du noviciat, des représentations d’autels : tous sont carrés; il est probable qu’ils étaient massifs; les autels du xi' siècle, l'étaient de même et ceux qui nous restent du xii', à Saint-Germer, à Ségovie dans l’église des Templiers, à Aveuas et ailleurs sont des massifs de pierre, ornés, -soit de colonnctlcs engagées portant des arcs sculptés, soit de bas-reliefs dans le style de l’époque. Ils étaient décorés, dans les fêtes solennelles, comme ceux des Latins, de devants d’autels dits Tables de dessous, en métaux précieux; des lames d’or furent placées sur celui de
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l’abbaye de Saint-Denis, après la mort de Charles le Chauve. On voit aujourd’hui au musée de Cluny le niaguifiquc devant d’autel en or que l’empereur Saint-Henri donna à l’église de Bâle, au xi' siècle.
N* 385. Aulel à Avenas.
N* 386. Atilcl à lablMyc tic Snint-Gcraicr.
D(5i’-^fW4iv«<sànri^le
ARCHfTECTLBF, MONASTIQLE. Ui!»
Le plan de Saint-Gall démontre qu'au commcnceinciit du IX' siècle on plaçait des croix sur les autels; on y mit les flambeaux, qui étaient posés, comme chez les Grecs, directement sur la sainte table. Déjà vers la lin de la période romane on voit paraître les retables, dits Tables de dessas, qu’on dressait sur l’autel pour en décorer le fond. Nous eu publions ici un qui se voit à l’abbaye de Saint-Denis. Les flambeaux furent placés au-dessus.
N* 387. Table de dessus ou rouble, ù Saint-Denis
Ciborium. — L’usage du ciborium qui, dans la primitive Église, surmontait l’autel, se retrouve au commencement de l’art roman. On lit dans l'Histoire de l’abbaye de Saint-Denis par Félibien , à l'année 8oa : « L’abbé Fardulfe orna son église d’un ciboire, c’est-à-dire d’une espèce de petit dôme en forme de baldaquin soutenu de colonnes, qu’on avait accoutumé d’élever au-dessus des autels ou des tombeaux des martyrs. » Alcuin l’en loue dans ses poésies; dans le nord de l’Italie, chez les Lombards, qui déjà subissaient l’influence de l’art septentrional, on voit le même usage du ciborium dans deux inscriptions publiées par S. Maflei dans son Muséum Veronense (page 181); elles sont ainsi conçues:
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f IN N DM IIIV XPI DK IX)XIS SCI IVIIANNES DAPTE5TE EDI FICATÜS EST HANC CIVOniLlS SDB ÏEMPORE DOMNO NOSTHO LIOPRANDO REGE ET VB PATERNO DOM N ICO EPF.SCOPO ET COSTODES EJLS VV VIDALIANO ET TANCOL PRBRIS ET REFOL GASTALDIO GONDELME INDIGNÜS DIACONVS SCRIP SI
Ces deux inscriptions curieuses sont gravées en caractères informes sur un fût de colonne qui fit partie du ciborium de l'église lombarde.
Oa trouve le ciborium roman au-dessus de deux autels de l’église de Saint-Pierre, à Toscauella; il est formé de quatre arcs surmontés d’une pyramide, et portés par les cbapiteaux des colonnes; sur celui qui accompagne le maître-autel gravé à la planche 377, on lit cette date :
' MILLF.no NONAGESIMO III + PETRVS PBR BLEDAN" +
I lUINERIVS PBR VIUUVETAN'. +
Les documents sont plus nombreux pour les ciboires du XII' siècle : on en voit dans quelques manuscrits; la châsse de Saint-Calmine en montre un au-dessus de chacun des autels que le saint consacre; enfin la belle église romane de Sainte- Marie de Toscanclla en possède un très-remarquable, qui ne fut terminé probablement qu’à la fin du xii' siècle ou an commencement du xiii', l’église n’ayant été consacrée qu’en iao6, comme on l’apprend d’une inscription moderne qui s’y lit.
+ VRSVS MAGESTER CVM DISCEPOLIS SVlS IVVTNTINü ET IVVIANO EDI FICAVET IIANG CIVORIVM VERGüNDVS TEODOAL FOSGARI
ARCIin'KCTUHK MONASTIQliE.
TKMl’LVM HOC LICET PEU DECEM SECVEA CIKCITEU ANTE. IN IIONOHEM VEIil DEI lA EUIT .ETUKICATVM,'
CONSECRAÏVM TAMEN FVTT ANNO DOMINl MUA I DIE VI OCTODIUS, A HAYNEHIO HV JVSCIVlTA'nS *'.PI.S(X)PO, VNA CVM /EPISaiPIS. PETW) .SVTRINO, liOMANO FESCENMENSI , GIRABIX) NEPE.S1NO.
.MATTHÆO VRBEVETANO, JOANNE ORTANO,
VIVTAKO SVANE NSI.
BVRGL'NDIO BALNEOREGIENSI .
e;t rolando castrensi
Ce ciborium, comme celui rie l'église de Saint-Pierre de la même ville, se compose de quatre arcs portant une pyramide, et reposant sur des chapiteaux dans le style roman; l’arc de face et ceux des côtés sont découpés en contre-lobes; des peintures représentant de saints évêques occupent tous les angles des faces, au-dessus des colonnes: ils se détachent sur un fond rouge orné. L'intérieur, qui est voûté, comporte aussi de nombreuses peintures, parmi lesquelles sont les attributs des évangélistes. Le ciborium de l'église de Saint-Ambroise de Mil an est plus remarquable encore par sa riche décoration , et plus connu que celui de To.scanella, resté inédit, et que nous produisons à la page suivante sous le n’ 388; on trouve des gravures de celui de l’église de Saint-Ambroise dans le grand ouvrage il’Allegranza intitulé Sacri monumenti di Milano, ainsi que dans les planches du Moyen âge pittoresque, publication française exécutée en lithographie.
Le ciborium roman portait, comme celui des Latins, des voiles suspendus dans les arcades; les rares peintures sur vélin ou en émail qui représentent ces décorations de l’autel, y montrent généralement de courts rideaux drapés dans l’intrados des cintres; une lampe ou le vase contenant les hosties étaient suspendus à la voûte.
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N* 388. Ciborium de l'église de Salntc-MArie de Toscanclla.
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ARCIÜTECTL'ItE MONASTIQLE.
Châsses. — Les églises romanes de première ou de seconde époque, olTranl encore au fond de leur sanctuaire l’abside primitive des Latins, comme on en voit h l’abbatiale de Sainl-Gall, aux églises de Gennigny et de Toscanella, ]x>uvaient présenter encore l’cxèdre et la cathedra. On en voit à tous les monuments que nous citons ici, excepté à celui de Germiguy-des-Prés. Mais lorsque le chœur, entouré de colonnes isolées, admit la circulation dans son pourtour, on renonça généralement à placer le clergé sur un exédre et l’abbé dans une cathédra ; leur place fut marquée dans les stalles du chœur, et sur un trône établi en tête de ces stalles. .Alors, derrière le maître-autel, au fond du rond-point, s’éleva l’autel matutinal; puis on l’accompagna d’une espèce de ciborium , plus élevé que le premier, pour qu’on pût le découvrir de loin. 11 fut destiné à porteries corps saints renfermés dans des châsses; on donna le nom de muche à ce meuble. Des grilles, ordinairement dorées, fermaient les quatre faces de la muche et ne s’ouvraient que pour dc.scendre les châsses aux fêtes durant lesquelles on devait les porter en procession. On voyait d’anciennes muches romanes aux abbatiales de Saint-Germain-des-Psés et de Sainte-Geneviève, à Paris. Lorsque ce meuble manquait au fond du sanctuaire, les châsses étaient placées isolément de diverses manières, sur des consoles, sur des colonnes seules, etc. et en général à une hauteur suflisantc pour qu’on lesvît en entrant dans le temple, dont elles contribuaicut à orner le sanctuaire.
La page suivante contient le plan du sanctuaire de l’abbatiale de Saint-Germain-des-Prés, n° 38p.
A. Maître-autel. B. Mueliccontcn.mtlescorpssainU.