‹ Architecture MonastiqueChapitre 16 sur 81 · TOURS · texte numérisé non relu

TOURS

Les tours du xm* siècle, plus élevées que celles de la période précédente, étaient en général soutenues par des contre-forts simples, à redans multipliés, entre lesquels étaient

de longues fenêtres réelles ou feintes; au sommet s’élevait une llèche portée par une lanterne souvent octogone; les angles <le la tour quadrangulaire donnaient place, soit à de hantes lucarnes se reliant à la llèche, comme on en voyait à Saint- Denis il y a peu d'années, soit à des phiales ou pinach-s en pierre. La grande .saillie donnée an\ contre -forts, la forme pyramidale adoptée dans l’ensemble de ces tours, provenaient du besoin d’augmenter la .solidité piur porter les cloches nombreuses et pesantes qu’on introduisait alors : la façade de fabbatiale de Saint-Nicaise à Reims en donnait un bel exemple. (Voir la planche 43a, à la page suivante.)

.An XIV" siècle, les contre-forts qui soutenaient les tours perdirent leur simplicité première; on leur donna dans les régions basses des formes anguleuses et saillantes pour porter des statues surmontées de liais et de pinacles; les parties hautes, ramenées à des plans droits et simples, furent ornées de ro- .saces, de reliefs découpés et de trèfles enveloppés sous un pignon ou un arc aigu ; de légères galeries à jour, de grandes fenêtres fermées par des meneaux, donnèrent h ces tours de riches effets d'ombre et de lumière; de belles llèches en pierre, évidées sur leurs nombreuses faces et enrichies de feuillages sur leui-s arêtes, terminèrent ces clocbei's.

Le XV' siècle présente des tours de formes moins sévères que les deux siècles précédents; les contre-forts y sont plus contournés, les fenêtres s’ouvrent an milieu d’une ornementation compliquée, de nombreuses niches surmontées de pinacles s’y établissent à divers étages. Le toit, décoré de lucarnes en bois, se termine par des crêtes à jour. L’abbatiale de Sainl- Ouen nous montre une tour surmontée de terrasses. (Voiries Instructions précédentes du comité des arts, pages 97 et suivantes, pour ce qui concerne les clocbers.)

Page 1