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mcnlation y suivait aussi uiip voie progressive. Au mii‘ siecle, les façades latérales changèrent d’aspect, les baies s’agrandirent considérablement, les arcs-l)outants, devenant plus sveltes, plus bardis, s'appuyèrent quelquerois encore à leur partie haute sur des colonnes voisines des nefs, comme on en voit à l'abbaye de Saint-Denis; le mur de support ou pied de l’arc se surmonta de ileurons, de pyramiiles légères, de flèches, de statues; un étroit chenal, destiné à l'écoulement de.s eaux pluviales, fut creusé dans les chappes de pierre qui couvraient l'extrados de l'arc, et de longues gai’gouilles les jetèrent au loin. Aux xiv“ et xv' siècles, cette disposition des arcsboutants fut la même, quant au système de construction; les details seuls varièrent suivant l’époque. (Voir les précédentes In.structions du comité des arts, p. Ca, 6.1, 6^ et 65. j
Les corniches de couronnement des abbatiales perdirent au XIII' siècle les corbeau.v et modillons, pour de grandes moulures concaves ornées de crochets et de fleurons d'une execution large et d'un bon effet; aux xiv' et xv' siècles, des feuillages découpés et très-rcfouillés dans leurs contours les remplacèrent généralement.
Les extrémités de transsepls, encore )ieu ornées à la période de transition , se couvrirent au xiii' siècle de toute l’ornementation qui enrichissait les façades occidentales, et suivirent les phases que présente l’histoire de l’art.
Le clocher placé sur le centre de la croix participa beaucoup à l’eflét des façades latérales; l’art roman l’avait fait vigoureux et d'un aspect sévère, la transition l’allégit; le xiii' et le XIV* siècle le firent svelte, élégant, riche de colonncttes, de balustrades découpées ; celui de l’ablKitiale de Saint-Ouen est un cheWoeuvre dans ce genre; ce lut un des derniers qu’on exécuta en France. L’ .Angleterre en conserva plus longtemps
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AHCniTECTURE MONASTlQliE.
l’usage. Au XV' siècle, on y avait généralement renoncé pour le remplacer par de légères flèches en bois.
Les façades latérales des églises monastiques étaient quelipielois surmontées de créneaux ou de mâchicoulis, comme de véritables forteresses; elles complétaient ainsi renscmble du système de défense établi sur les enceintes extérieures. L’Angleterre, qui a conservé la plupart de .ses édifices monastiques, pré.sente plus d’un lait de ce genre; ces fortifications s’étendent même sur plusieurs rangs, et l’on en voit qui se dévelop|>eiit du côté des cloîtres, comme dans les parties opposées, bien que les cloîtres eux-mêmes fussent munis de tous les uioyens militaires propres à rejiousser une attaque. (V. n“ 4'13.)
Villard de Ilomiecourt a transmis une partie de l’ancienne nomenclature des divers membres d’architectui’e qui se développaient sur les laces latérales : il donne le nom de filiales aux tourelles ipii surmontent les clochers; le toit pyramidal est à quatre ou à huit créles, arêtes garnies de crochets. Les bas côtés sont les acainles, et le mur dont ils sont clos se nommaitp/«w i>an (planas pannus). L’entablement qui couronnait ces murailles recevait les crétians, balustrade en forme de créneaux ou découpée à jour comme le moyen âge nous en offre de si fréquents exemples; ils forment en efl’ct une espèce de crête. L’auteur explique comment derrière cette balustrade et plus haut, vers le seuil des formes ou grandes croisées, on doit établir des votes pour circuler facilement. Il nomme arc-bateret l’arc -boutant, entaulemeni la corniche qui surmonte les murailles, c’est presque le même mot c^xi'entablcment employé de uos jours pour exprimer un couronnement complet. Les verrières ne sont pas, dans sa nomenclature, les peintures sur verre, mais les réseaux de pierre qui les divisent et les .soutiennent.
CIIAPEI.1.KS.
i^es nombreuses chapelles qui l'ureiil établies dans les églises gothiques ulfraienl à l'extérieur des dispositions diverses: elles avaient rré<|ueinment des roruies simples et quadrangulaires; annexées après coup à l'édifice principal, elles s'appuyaient contre les murs latéraux, n'oirrant aucun lien, aucune harmonie avec les lignes de son architecture. Les églises monastiques de Sainte-Geneviève, de Saint-Jean-del.atran, à Paris, en possédaient ainsi.
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Quand les chapelles élevées latéralement à un grand édifice avaient été conçues dans son ensemble, les lignes de couronnement, les balustrades supérieures, les formes générales et les détails suivaient la loi d'harmonie qui avait guidé l'artiste dans la composition totale; la chapelle n’était alors qu’une partie protubérante, dont la forme carrée, semi-circulaire ou en polygone se reliait en tout point à l'édifice principal.
Ce fut particulièrement au xiv* siècle que les chapelles latérales SC multiplièrent; toute leur profondeur vint s'adjoindre aux nefs secondaires des églises, et lorsque celles-ci étaient d'une origine plus ancienne, on enveloppait leurs contie-forts dans les murs de ces nouvelles constructions. Si l’édifice, au contraire, était conçu è l’époque à laquelle ces chapelles étaient en usage, alors, entrant dans le projet général, leurs murs formaient avec les siens une seule et même construction ho- . raogène.
En général, quelle que fût l’époque qui vit élever ces constructions secondaires, elles étaient couvertes soit de terrasses, soit de charpentes particulières à chacune d’elles ; dans le premier cas, les couronnements extérieurs et leurs balustrades faisaient disparaître la couverture; dans le .second, les toits s'élevaient nettement au-dessus de l’architecture extérieure. Si ce toit était pyramidal, devant lui passait l'appui évidé; s’il était en bâtière, c’est-à-dire à double pente, alors un pignon en pierre, orné de sculpture ou de lignes architecturales, indiquait au dehors la couverture de la chapelle. 11 résultait de cette di.sposition, que fréquemment toute la façade latérale d’une église était couronnée par une suite non interrompue de pignons uniformes dans leur ensemble, mais variés par leur décoration.
Ia;s chapelles étant souvent construites aux dépens de
IKSTRPCnONS. — III.
INSTKÜCTIONS.
riches prél.its, de fastueux seigneurs, des faiiiillcs puissantes plaçaient là leurs sépultures; l'ensemble de la construction se .ressentait de cette origine, et le luxe, l’abondance des ornenieots contrastaient avec la simplicité des chapelles voisines, élevées par la communauté; non contents de cotte distinction, les seigneurs faisaient peindre, en dehors de leurs chapelles, une litre, large bande couverte de leurs écussons de famille, indiquant d’une manière plus apparente encore que par les armoiries sculptées, quels étaient les possesseurs de la chapelle.
Ces constructions secondaires, élevées par les familles puissantes, n’étaient pas toujours limitées parla largeur d’une travée de l’édifice principal ; elles s’étendaient souvent de manière à comprendre plusieurs de ces travées dans leur développement longitudinal; c’étaient alors de petites églises privées accolées à la grande et communiquant avec elle par de vastes ouvertures latérales, dont une seule, le plus souvent, leur servait d’entrée, les autres se fermant .soit par des claires-voies, soit par des monuments funèbres qui s’élevaient assez pour clore, pas assez pour supprimer toute relation entre les deux monuments. La chapelle de la famille d’Orléans, aux Célestins de Paris, présentait ces dispositions.
Knfin, de magnifiques chapelles, consacrées à la .sépulture des rois, s’élevèrent soit latéralement à certaines églises monastiques, soit à leur chevet; ainsi, la belle abbaye de Batalha, en Portugal , fondée en 1 385 par le roi Jean l'% reçut à l’angle de la façade méridionale de son église une remarquable chapelle carrée, prenant la largeur de trois travées de l’édifice principal et contenant le monument funèbre du roi, dans un atrium octogone placé au centre : un autel réservé accompagne le tombeau. (Voir le plan, n" 434.)
— -Dtg:
AHCHITECTÜKE MONASTIQUE.