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Plan de la chapelle lalérale de l'églUe de Uaiaihs

AJiSIDI^.

Les absides, plus encore que toutes les autres parties de.s églises de la transition et des périodes suivantes, présentent des différences notables avec celles de l'art antérieur. Là s’offre une variété de lignes courbes ou brisées, de toits de chapelles, d’arcs-boutants et de pinacles, de galeries évidées, qui donnent à celte partie des temples un aspect particulier, et produisent les effets d’ombre et de lumière les plus inattendus.

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On a vu précédemment, eu suivant les développements progressifs des plans, comment les chapelles du chevet passèrent, des formes arrondies données par fart roman, aux dispositions carrées et en polygones; ces mutations diverses amenèrent sur leurs contours extérieurs de nombreux contreforts plus ou moins ornés, selon que fépoque de la construction était le xiii', le xiv' ou le xv* siècle; il en fut de même pour les balustrades évidées qui les surmontèrent ; les baies s'agrandissant se fermèrent de meneaux légers, qui prirent toutes les formes variées qu’admettait le caprice uni à la possibilité de découper la pierre. Entre ces chapelles, sur les murs de séparation, s’élevèrent de longues et minces flèches ornées, contre-poids et points d'appuis des arcs -Ixnitants; ceux-ci se dirigeant vers les hautes murailles du chœur, en maintenaient les voûtes, et permettaient d’ouvrir d’immenses baies, si favorables à l’effet intérieur de cette partie des édifices sacrés. L’abside de fabbatiale de Saint-Ouen de Rouen présente, sur un double rang, les supports et les arcs-boutants.

L’adjonction faite au xiii' siècle d’une chapelle particulière consacrée à la Vierge vint ajouter encore, dans les grandes abbatiales, de nouveaux efl'ets à ceux que présentait le chevet, déjà si riche. Formant d’abord un petit temple à part et relié par une galerie, comme on le voit à l’abbaye de .Saint-Germer (voir le plan, n" 4 a 5), elle devint ensuite un prolongement de I église elle-même, en s’y attachant d’une manière ilirecte et intime, sans intermédiaire.

Les dispositions carrées, admises à l’abside des églises de Liteaux (voir pages 45 et suivantes) , furent entretenues durant la période transitoire et celles qui la suivirent. Villard de llonnecourt a dessiné un plan qu’il désigne ainsi : « Voici une église d'équerre qui fut projetée pour l’ordre de Cîteaux. »

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ARCniTECTlIHE MONASTIQUE. 220

(Fol. i4 V.) Dans ces édifices tout l’appareil de décoration architecturale indiquée ici disparaissait et se bornait à une grande muraille percée de fenêtres éclairant le sanctuaire et les chapelles voisines. Toutefois le plan de l’abbatiale de Batalha, dont la partie orientale est gravée à la page suivante, au n° 435, démontre que d’autres ordres que celui de Cîteaiu, les religieux de Batalha étaient des Dominicains, adoptant des dispositions analogues, s’écartèrent de la sévérité cistercienne, puisqu’ils établirent à chacune des chapelles de leur chevet d’équerre, des absides circulaires ou en polygone ornées de contre-forts, de verrières et de galeries.

Enfin le chevet de quelques églises monastiques reçut des chapelles sépulcrales, prenant la place do celles de la Vierge, indiquées ici : l’abbaye de Batalha offre celle qui fut consacrée à la sépulture du roi Emmanuel de Portugal; elle est considérable, et de forme octogone à l’intérieur; des chapelles secondaires l'enveloppent. Celle de Thomas Becket au prieuré de Cantorbéry est circulaire et occupe la même place (voirie plan gravé à la planche n“ 3y8). La célèbre chapelle funéraire de Henri VII, à l’abbaye de Westminster, est la plus vaste et la plus remarquable de ces constructions accessoires, faites au lieu occupé ordinairement par la chapelle de la Vierge; reliée à l’abside de l’église abbatiale par un vestibule établi et décoré avec luxe, elle s’étend au loin et présente, par les combinaisons de son ensemble et de ses détails accessoires, tout ce que comportait une chapelle royale conçue avec les ressources de l’art du moyen âge; elle est assez connue pour que nous nous abstenions d’en publier ici le plan. (Le plan de la chapelle du roi, à Batalha, est gravé à la page suivante, n” 435.)

ARCIUTECTL’RE MONASTI(.»Uv 231

La décoration extérieure des églises inoinistiques de la période de transition se compléta par la .sculpture et la coloration , comme dans les âges précédents; le style des ornements n’était déjà plus celui qu'avait adopté l’art roman dans toute sa vigueur; à ses formes modifiées par une plus grande recliorclie des détails, venait se joindre l’emploi plus fréquent de la statuaire, qui commençait à prendre largement sa place dans la décoration architecturale.

Au XIII” siècle la .sculpture d’ornement était complétemeni changée; on n’y trouvait plus aucun souvenir des formes archaïques consci-vées sous la période romane; la flore indigène devint la .source où les artistes prirent d’ahord des inspirations, plus tard ils la copièrent d’une façon presque servile. La statuaire du Nord, à peine ébauchée précédemment, atteignit tout à coup, au XIII' siècle, une élévation de pensée, de sentiment et d’exécution qui , dans son genre, dépasse tout ce que l’art a produit; la fécondité de nos .sculpteurs septentrionaux n’était pas moins remarquable que leur talent; aux xiv* et xv” siècles môme ahoudancede productions, mais dégradation successive du style.

La peinture murale, la coloration de la statuaire et de la sculpture d’ornement vinrent compléter l’elfet extérieur des édifices monastiques; ainsi, les Chartreux, les Grands Carmes et autres religieux de Paris offraient sur les façades de leurs églises de vastes sujets peints ou des groupes de figures coloriées, se mêlant aux colonnettes, aux vignes, aux chardons sculptés et rehauss(!s de couleurs qui décoraient les portes ou les pignons.

sm.

Les voûtes en berceau e.xécutécs d’abord sur les églises romanes s’étant moflifiées par le système de construction à

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nervures diagonales, chaque Iravée des nefs dut se surmonter de formerels, ou arcs parallèles à l'axe principal, et dont les dispositions élevées pussent amener leurs clefs au niveau de celles des croisées d’ogives; ce besoin de surélever les formerets conduisit à les tracer en arcs aigus. Sur toute l'étendue de la grande nef s’établit alors une série de courbes nouvelles, nécessitées par la construction.

Des parties hautes, ces arcs passèrent bientôt à la suite continue d’arcades formant .séparation entre les nefs; la période de transition présenta donc d’abord l’arc aigu au somtnet et au bas des églises, le plein cintre persistant, en général, aux ouvertures des fenêtres, aux arcs des galeries feintes ou réelles qui décoraient les murs.

Le XIII' siècle fit plus que la période transitoire : il appliqua, en système complet, l'arc aigu à tout cintre de porte, d’arcade ou de fenêtre, de galerie ou d’arc figuré; de là naquirent l'harmonie et l'unité qui caractérisent les édifices de cette période. L’elfct qui en résulta fut un exhaussement général des diverses parties des édifices, et conséquemment de leur ensemble.

Le constructeur devenu si habile, si entreprenant, qu’il laissait loin derrière lui tout ce qui s’était fait jusqu’alors, la distribution architecturale dut se plier aux exigences de ces beaux résultats: les voûtes s’élevaient sans obstacles, les baies et les colonnes s’allongèrent, tous les détails d’art entrèrent dans cette voie ascensionnelle demandée par f harmonie, de là les faisceaux de colonnettes légères, les fines moulures verticales qui caractérisent les nefs de ce style d’architecture.

Le XIII* siècle, placé dans cette voie novatrice, conséquence de tout ce qui s’était passé dans le Nord depuis le xi', repoussa donc tout ce que l’art roman avait, dans certaines contrées, conservé encore des proportions et des formes païennes; on

ARCHITKCTURE MONASTIQUE, n’y vil plus rien de ces dispositions arcliaüjues présentées par l'Italie et le midi de la France à l’époque de transition; plus de ces alliances de formes antiques, de pilastres cannelés, de chapiteaux classiques mêlés à des arcs aigus, comme en offrent l’Aquitaine, la Bourgogne et quelques provinces du centre; ici paraît une création tout entière, et c’est celle du Nord, novateur toujours conséquent avec lui-même, et mettant la dernière main à son œuvre.

Toutefois, dans cette marche progressive de l'architecture chrétienne, on doit remarquer, ,à l’égard du style intérieur des nefs d’abbatiales, une suite successive d’améliorations réelles qui se produisirent jusqu’au xiv' siècle inclusivement; ainsi, dans la première moitié du xni', les supports des travées .sont généralement de fortes colonnes isolées, dont les larges chapiteaux portent simultanément les moulures qui encadrent les arcs et les bases des colonnettes élevées jusqu’aux voûtes, disposition peu étudiée encore et derniers souvenirs de la période précédente; la seconde moitié du même siècle, au contraire, montre à cet égard un progrès réel; les grands faisceaux de colonnettes partent du sol, d’autres faisceaux, plus courts et complétant les piliers, s’étendent jusqu’à l’imposte indiquée par des chapiteaux subdivisés comme eux, les moulures de l'arc s’y reposent et reproduisent, par les profils, le plan de leurs piliers de support; ici commence l’harmonie de détail: f abbatiale de Saint-Denis en offre un exemple.

Les grands arcs de séparation des nefs, très-bien combinés déjà pour la construction et le «lécor, restent cependant peu élancés et dans des proportions archaïques; il en résulte, pour l’effet de la travée, que sa partie inférieure n’est pas en rapport avec scs régions élevées, que le triforium ou galerie qui surmonte farc est trop près du sol, qu'il prend une trop

INSTKOCTION». — ■ 111.

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grande importance pour son rùlc secondaire, (ju’il laisse trop d’espace entre lui et les voiites. La fin du xiii* siècle et le xiv' i-ésolurent avantageusement ces questions d’harmonie intérieure des nefs, en allongeant beaucoup les grands arcs, ce qui ramena fensemhle à des proportions convenables.

Le plus bel exemple qui nous reste d’un édifice monastique de l’art du Nord est l’abbatiale de Sainl-Ouen de Rouen, dont nous reproduisons ici une travée. Construite au xiv' siècle, cette église présente dans ses nefs un résumé de toutes les tendances qui, depuis fabandon du style roman, devaient amener fart chrétien à sa perfection. (Voir le u’ 43G.)

SCCORATIOX DES StrS.

Aux grandes combinaisons des lignes architecturales que présente le style gothique, épuré par l’élude, vint se joindre, pour compléter fcfl'et général des nefs, une coloration bien entendue des moulures, des chapiteaux, des voûtes et de leurs nervures. Les parties planes des murailles, situées au-dessus des arcs, au fond du triforium et dans les bas-côtés, se couvrirent de sujets religieux, peints avec le goût et l’cntcnle de l’harmonie qui caractérisaient l’art gotliique de la fin du xni' siècle et de la majeure partie du xiv*. L’éclat des vitraux venait se joindre à cet ensemble brillant. Les fragments de peintures découverts sur toutes les parties des églises de cette belle période de fart chrétien donnent des idées précises sur fell'el que voulaient y produire les artistes du moyen âge. La grande abbatiale de Saint-Remy, à Reims, bien que d’une construction antérieure au style gothique, celle de Saint-Bertin , à Saint-Omer, ont olfert de remarquables écbantillons de la peinture décorative des nefs dans les maisons religieuses,. aux deux principales époques indiquées plus haut.

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MCCHLEli ÜB» St¥S.

Bénitier. — Les styles précédents avaient indiqué la meilleure disposition à prendre pour établir les bénitiers dans le voisina(;;e des portes de l’église, à l’intérieur; on plaça la cuvette au sommet d’un fût tronqué ou d’un socle peu élevé, qui s'orna suivant le style de l’époque. Ceux de la transition et du .XIII' siècle .sont rares; il en reste du xiv'; ils sont ordinairement composés d’une cuvette en polygone, plus ou moins ornée à l’extérieur, et portée sur un lût de colonne prismatique décoré de moulures. Nous donnons ici celui de Quimper, qui date de la fin du style gotbique. La cuve est enveloppée dans des feuillages de ebène; des clochetons flanquent la tige, que supporte une large base de feuillages.

N* 437. Bénitier à Quimper.

: by . ^tiOgle

AliCHITECTUUE MONASTIQUE. 2S7

On fit aussi des bénitiers appliqués contre les murs et même contre des colonnes simples ou multiples; ils se composaient d’une cuvette à plusieurs faces, se réduisant en pyramide |)ar le bas; un dais semblable à ceux qui surmontent les statues couronnait l’enseniblc.

L'église des Grands Carmes, à Paris, oll'rait un exemple de l>énitiers, au nombre de trois, et en forme de coquilles, placés à l’extérieur de la porte; deux étaient appuyés aux piedsdroits, le troisième au meneau de division. Ainsi placés en debors, ces bénitiers rappelaient f usage de l’ablution extérieure des premiers .siècles chrétiens.

Fonts baptismaux. — Les fonts baptismaux de la période de transition présentent de fanalogie avec ceux de l’art roman; le cintre y est remplacé par l’arc aigu, soit dans l’ornementation des faces latérales de la cuve, soit dans la liaison des piliers ou colonnettes qui la sup|>ortent.

Ceux dos XIII' et xiv' siècles, tout en conservant quelquefois les formes antérieures, ou en s’élevant sur un plan en polygone, se distinguent par une ornementation toute différente. Ce sont de larges frises de feuillages môlés à des tètes humaines, des panneaux composés de rosaces déliées et de trilobés, des frontons aigus semblables à ceux qui surmontent les dais de couronnement des statues. Au xv' siècle, les fonts prennent les formes prismatiques les plus variées, s’élevant tantôt sur une colonne cylindrique, tantôt sur des pieds divisés en facettes nombreuses.

Le métal , employé dès les premiers siècles du ebristianisme pour l'établissement des fonts baptismaux, fut sans doute aussi mis en œuvre durant tout le moyen .ige; mais, comme tous les monuments de ce genre, ces meubles ont disparu généralement; quelques exemples cependant ont survécu : on en

INSTUUCTIÜNS.

voit des xiir, xiv' et xv' siècles, en plomb et en ciiivic. C’est particulièrement dans le nord de l'Europe qu’on retrouve des fonts exèrulés en métal. Ils ont la forme d’un vase plus ou

N* 438. Fttniü en enivre i Cologne.

moins orné et surmonté d'un ample couvercle, soulcxé, pour la cérémonie, par une grue en fer, richement décorée et com-

■ — — — ^ — Di§rt«otl by L^«e)gle

ARCHITECTURE MONASTIOUE.

binée d'une manière ingénieuse pour l’éloigner. M- J. Gailliabaiid, à qui Tou doit deux belles publications relatives à l'art du niü\en âge, a fait connaître une série de fonts baptismaux en métal, qui offrent beaucoup d’intérêt; l’auteiir s’est particuliëi’enient appliqué k reproduire les machines ingénieuses au nioven desquelles on soulevait facilement le couvercle poui le déplacer au moment delà cérémonie'.

Chaire. — Les chaires à prêcher de la période ogivale sont

N* ^3i). Chaire à Nieoport.

' \ i/Arcfttlectart du au .1 i /i' sttclt tt les art» qui en dépendent

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devenues rares, parce qu’elles furent généralement construites en bois : quelques-unes, établies en pierre ou en marbre, ont survécu; on en voit même dans lesquelles le fer et la tôle découpée forment les jianneau.v de décoration. Ces meubles, spécialement consacrés au.x prédications, comme les ambons des périodes précédentes, pouvaient être disposés de deu.x manières: ils étaient complètement isolés, ou appuyés contre les murs et piliers des édifices; on en plaça même sur les jubés qui séparaient le chœur de la nef, et quelquefois le préau des cloîtres ou les façades des églises offraicnl des chaires élevées en plein air pour les jours de grandes réunions ou pour des fêtes particulières, celle des Morts, par exemple.

L’Italie nous montre des chaires isolées de l'époque gothique, construites en marbre, et qui, par leur configuration, leur stabilité, peuvent être considérées comme .servant de transition entre l’antique ambon et la chaire du Nord. La forme et la disposition des chaires sont trop connues pour qu’il soit nécessaire d’entrer dans de grands développements à leur égard; nous donnons (n" iSg) la figure de celle que nous avons recueillie, en Belgique, il y a peu d’années; elle est du XV* siècle; sa construction en lx)is oll’re de l’intérêt, particulièrement à l’égard de l’escalier, qui est d’une grande légèreté. De charmants bas-reliefs décorent le sommet du meuble et les panneaux d’appui. Des statuettes rappelant les traits et les attributs des grands orateurs chrétiens sont placées dans l,i partie inférieure du meuble, entre les piliers qui le supportent. La place donnée dans les nefs à la chaire de prédication ne fut pas partout la même; généralement elle occupa le côté du midi, et s’appuya contre le pilier de l’une des dernières travées; on en porta aussi contre l'un des piliers toraux; enfin, lorsqu’elle offrait de l’importance par son éten-

- ed by Guogle

ARCHITECTURE NfONASTIQUE.

due, on la mettait dans le vide formé par l’une des arcades de la nef; dans ce dernier cas, des balustrades à hauteur d’appui fermaient l’arcade, pour éviter, autour de la chaire, la trop grande circulation qui aurait troublé l’orateur.

V Mo rjwirc k Sainl'Picrre d'Avignon.

Les chaires appuyées contre les murs ou les piliers des églises sont d’une forme ordinairement moins compliquée que les autres, pui.sque leur partie postérieure est supprimée. Ouelqucfois une colonne engagée supporte la partie inférieure de ces chaires; c'est ainsi que se présente celle de l’églLse du couvent d’Assisi ; ailleurs c’est un pilier prismatique

l’«<TROr.TioS!S. — III. 3l

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uu toute autre combinaison qui la soutient; celle de l'église de Saint-Pierre d’Avignon est dépourvue de ces supports et repose sur une base. Ordinairement l'escalier est pratiqué dans l'épaiitseiir de la muraille ou du pilier contre lequel e.sl appuyé le meuble; une porte donne entrée dans la chaire.

\* ('bdirc cxlvricurc des GrantU Cnrmes.

L'abat-voi\ ne paraît pas être d'invention antérieure au xv'.siè-

de, les anciennes chaires gothiques en sont dépourvues; celles de Saint-Lô et de Vitré situées en plein air, la chaire qui, à Paris, s’élevait dans le préau des Carine,s, sont surmontées d’un abat-voix. C'est peut-être à ces meubles placés à l’extérieur, et qu'il fallait préserver de la pluie, qu’on reconnut l'utilité de cette anne.xe, pour étendre au loin la voix de l'orateur. (Voir au n° 4.(1 1, page précédente, la chaire des Carmes.)

Bancs. — Quelques églises présentent dans les bas-côtés, contre les murailles latérales, des bancs continus eu pierre, à l’usage des fidèles; on en voit aussi .sur lesquels les places sont divisées, à peu près comme des stalles, par des appuis pour les bras. Ce ne fut guère qu’à la fin du xv* siècle qu'on plaça dans la nef principale, des bancs en bois, d'une construction simple et légère.

Orgues. — Les orgues ont été inventées parles auciens. Héron, Vitruve et d’autres auteurs en décrivent le mécanisme; dans les premiers siècles chrétiens on en figura sur la base de l’obelisqiie de Constantinople. Ces instruments étaient alors infiniment moins développés qu’au moyen âge, et par conséquent de nos jours; leur introduction dans les églises est ancienne; des édifices de l'époque romane démontrent par leur disp»vsition qu’ils contenaient des orgues assez étendues pour contribuer à la décoration de la nef principale. Elles ont été détruites ainsi que celles de l'époque gothique : toutefois, l'église de Saint-Jean, à Perpignan, montre un bulTct d’orgue dans lequel le style du xv' siècle se remarque; un double volet, peint à l'intérieur et daté de i5o4, sert à fermer l’instrument. Les villes de Reims, d'Amiens, conservent, sinon les orgues du moyen âge, au moins les encorbellements godiiques en bois qui leur servaient de supports. Dans la première de ces deux villes, l’ancien existait encore au siècle de Louis XIV.

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Jubé. — Kiitre la nof et le chœurs’élevait une clôture (jui n’of- Irait plus les dispositions adoptées dans l'arcliitecture romane : l’art gothique fit renaître celles que présentaient quelquefois les basiliques latines et toujours les églises néogrecques : c’était le jubé. Rarement établi au xiii' siècle, du moins autant que nous en pouvons juger, il se multiplia aux xiv' et xv*. Son mie était celui de la irabes, qui séparait le clergé des fidèles et portait à son sommet le Christ en croix; il eu dillèrail cejx’ndant, en ce que, l’arc ayant remplacé l’architrave, toutes les ouvertures étaient des arcades aiguës, plus ou moins élevées, selon les proportions de l’édifice ou les effets que farchitecte s’était donné de proiluire.

On montait au jubé par de petits escaliers adroitement cachés par les piliers voisins ou disposés pittoresquement pour la décoration ; arrivé au sommet du jubé , on était préservé des chutes par de riches balustrades plus ou moins élevées. A l’époque de certaines fêtes on prêchait du haut de ces tribunes, et une chaire spèciale y était quelquefois disposée à cet effet; on y exposait des reliques, on y plaçait des musiciens lorsque le temps ne permettait pas de faire au dehors la procession des Rameaux; en Angleterre on y a établi les orgues, peut-être dans la même intention.

L’arcade du milieu, destinée au service du chœur, était fermée par des grilles mobiles, les autres par des clôtures fixes, quelquefois même par des murs pleins; généralement des autels s’appuyaient contre le jubé; il est probable que celui du Christ en croix, qu’on a vu précédemment figurer sur le plan de fabbatiale di- Saint-Gall , était établi provisoirement devant la porte centrale du jubé à l’occasion de la fête des Rameaux. Le plus beau jubé qui soit connu était celui de f abbaye de Saint-Ouen, de Rouen, gravé dans le Monasticon

Dîgilized

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