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CHAI-ELLES

L’architecture intérieure des chapelles s’harmonisait avec celle de l’édilice principal; elle ii’cn diflérait ordinairement que par des proportions plus fines , en raison de la moindre étendue qu'offraient ces sanctuaires restreints. A l’époque de la transition, c’était un style simple et sévère, empreint des souvenirs de l’architecture romane, des nervures de voûtes d’un profil accentué, de simples tores autour des fenêtres. Les colonnes, plus grêles que celles de l’église, gardaient des proportions courtes encore, mais la forme de leurs hases, les chapiteaux plus iineineut sculptés et se modifiant dans leur composition, exprimaient la révolution ébauchée. Les chapelles de la choréa, aux abbatiales de Saiiit-.Martin-des-Champs, de Saint-Germain-des-Prés, offrent ces différents caractères.

Au XIII* siècle tout était changé; des colounettes légères s’élevant du sol jusqu’aux nervures de la voûte ornaient les angles des chapelles, et se reproduisaient dans les trumeaux, si plusieurs fenêtres les éclairaient; les clefs de voûtes s’ornaient de sculptures; Tare aigu, qui précédemment se mêlait au plein cintre, régnait ici exclusivement. De larges haies latérales ou placées au-dessus de l’autel s’ornaient de nombreuses moulures combinées; des meneaux de pierre découpés eu roses y maintenaient les vitraux; le xiv* siècle apporta peu de changements aux chapelles; au xv" siècle, les nervures et leurs clefs prirent des superfétations de pierre sculptée, les fenêtres et leurs meneaux des formes capricieuses qui caractérisent cette époque.

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oècORATION DCS CHAPRLLE»

l>a décoration des cliapelles, ébauchée par l’architecture, .se compléta par les arts accessoin's; de riches pavés, analogues à ceux de l’édifice principal, couvrirent le sol; la peinture orna les parois; la sculpture, la menuiserie, l’orlévrcrie, décorèrent les autels, les meubles secondaires et les châsses.

La plu|ïart des chapelles d’églises monastiques appartenant à des laniilles opulentes et devenant le lieu ordinaire de leur .sépulture, de remarquables tombeaux s'élevèrent contre les parois de ces chapelles; des pierres tumulaires y formèrent un riche pavé; le résultat fut, en général, une décoration qui ne présenta pas toujours une grande harmonie dans son ensemble, parce que les sépultures s’y aggloméraient successivement et dans des styles divers; mais cette abondance de sculpture, de marbres, de sujets peints, d’armoiries variées se reliant à l’elTet général du grand édifice dont ces chapelles étaient les accessoires, donnait au tout un charme, un intérêt historique et local que rien ne remplacera jamais dans l’avenir.

PAvrs,

Le pave des églises abbatiales de la période gothique était de plusieurs natures. Le dallage en pierre fut le plus généralement adopté; on le mil en harmonie avec l’ensemble de l’édifice en y gravant de larges ornements, rehaussés de mastics de diverses couleurs. L’abbatiale de Saint-Denis, la cathédrale actuelle de Saint-Omer, ancienne église monastique, présentent de beaux exemples de cette riche décoration.

Ces deux édifices nous montrent aussi des types précieux de pavés en terre cuite émaillée; mais en général ce second .système était employé dans le chœur et les cliapelles closes.

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plus que dans les nels, parce qu’on ne le considérait pas comme de nature à résister au frottement continu causé par l'alTluence des fidèles. Ce pavage oflrait les dessins et les tons les plus variés. L'abbatiale de Saiut-Denis en possédait de curieux par leur fabrication : ils se composaient de cubes de 3 centimèti-es de côté, couverts d’une coucbe brillante d’émail, et qu’on pla<;ait au centre d’un carieau de dimension beaucoup plus grande, présentant un tou difl’érent, et percé d’un trou égal au cube; c’était une transition entre la mosaïque ancienne et le pavage en carreaux émaillés de diverses couleurs.

.A une époque avancée du moyen âge, on fabriqua des pavés qui étaient de véritables peintures et devaient conduire les artistes de la renaissance aux beaux résultats qu’ils obtinrent dans ce genre : l’abbaye de Fontenay, auprès de Caen, présentait un pavé en terre cuite, sur lequel était ligure un cbevalier de grandeur naturelle; tableau composé de treize carreaux peints isolément pour former un ensemble; la chapelle d’Ecouen contint plus tard deux remarquables tableaux en paves, fabriqués à Rouen en i548. Ce genre de pavage .serait-il encore au nombre des inventions septentrionales?

Les dalles tumulaires, contenant des inscriptions, des emblèmes et plus généralement des figures gravées et rehaussées de mastics et de marbres, formèrent eu grande partie le pavage des églises monastiques. Dans nos contrées elles étaient ordinairement en pierre dure, quelquefois en aixloise; en Italie, le marbre, plus commun, était souvent en usage. Le cuivre était une matière dont on faisait aussi grand emploi pour représenter sur le sol des édilices religieux les jiersounes de marque ensevelies au-dessous; on y joignait les richesses de l’émaillerie. La nature du métal, la facilité avec laquelle on le grave, admirent plus de finesse de burin , plus de précision

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dans les détails que la pierre et le marbre; ce fut l’uii des degrés qui devaient conduire un jour à la gravure moderne.

Le pavé des églises monastiques présentait des labyrinthes ou méandres, qui étaient considérés comme des emblèmes du .Saint-Sépulcre; aussi étaient -ils généralement circulaires comme lui. On en fit encore en polygone; celui de l'abbaye de .Saint-Bi'rtin, à Saint-Omer, était carré, et, au lieu d’occuper la nef principale, il était situé dans l'un des transsepts. On \ faisait des stations, et on en parcourait à genoux tous les contours, pour simuler le pèlerinage à Jérusalem.

VITB4CX

La première partie de ce travail a fait connaître comment on employa la vitrerie de couleur dans les premiers siècles du christianisme, et à quelle époque il est question de peinture sur verre. La période de transition nous a laissé à Saint-Denis de précieux exemples du mode employé au xii' siècle pour la décoration des fenêtres.

Le xm* siècle entrant largement dans la voie précédemment tracée, et donnant libre essoré son développement, par les formes et les dispositions de l’architecture, cet art devint général dans le >(ord, et particulièrement sur le sol français, où il prit plus d'extension que partout ailleurs.

La vitrerie du xiii' siècle est remarquable par les grands ell'ets, l'harmonie des tons, et les belles formes des ornements. Le système d’exécution consistait à employer des pièces de verre de petite dimension et à les peindre d’une manière simple, avec des contours fermes. Les verriers ne cherchaient pas encore é figurer des lointains et des perspectives, comme sur des tableaux; feffet décoratif était franc, monumental et sans confusion. L’armature en fer qui soutenait les vitraux

A l\ C 1 1 IT li CT U h K M Ü N A ST 1 (.» C l i.

du xiii' sü-cif conlribuail jjoiir sa pari à leur donner un aspect grave el en liarmonie avec les édilices, en encadrant les panneaux de verre dans des lormes lieun'usemeni combinées avec celles des meneaux en pierre qui divisaient les fenêtres.

Au XIV' siècle les verriers cuinpliquaienl leiii-s dessins, en V introduisant une foule de détails d'arcliitecture, pour .servir île cadre aux personnages; une certaine confusion était la con- ■séquence des nombreuses colonncites, des rosaces, des feuillages néces.saires à ce genre de décor, trop analogue à celui de l’architecture réelle du voisinage pour ne pas souffrir delà comparai.son avec elle. Au xv' siècle, la peinture sur verre passa à l’état de tableau, les lointains se multiplièrent dans la composition des sujets ainsi que dans celle des fonds accessoii’es; ce n’était plus une décoration monumentale comme l’était la verrerie mosaïque du xm' siècle.

Peinture murale. — La décoration peinte .suivit, à la lin du XM' siècle, une marche analogue <à celle de féjxique romane; au XIII' siècle les formes des détails changèrent ainsi que les elléts de couleurs; la dorure vint sc mêler encore aux tons fournis par la palette; bientôt les procédés cbaugeant eux-mêmes, ils apportèrent dans la décoration murale des modifications successives; quant aux ornements qui contribuèrent à orner les muraille.s, ils suivirent la marche de l’art, et les sujets de tableaux furent, comme par le passé, choisis dans les légendes, dans fAncicn et le Nouveau Testament.

ciimiH.

Disposition. — Selon que le personnel des maisons religieuses était nombreux ou restreint, le chœur de l’abbatiale s’emparait d'une partie de la grande nef, ou commençait seulement aux gros piliers qui la séparaient des transsepts; il occupait aussi en

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iMTScntions. — III

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partie le centre de la croix, coinrac l'indique dom Marteuue, puis, s’étendant parfois au delà de sa surface carrée, les stalles passaient latéralement à l'autel et faisaient le tour du sanctuaire; ailleurs, on le voyait resserré dans l'espace compris entre ce dernier et le rond-point de l'édifice.

Le choeur et le sanctuaire étaient ordinairement clos, dans le pourtour que déterminaient les colonnes, par une enceinte en pierre ou eu menuiserie, assez élevée pour que les fidèles qui circulaient dans les galeries latérales, à certaines heures, ne troublassent pas les rcligieu.x réunis au chœur. Cette clôture formait un ensemble avec le jubé; des portes latérales fermées par des grilles permettaient la communication entre les cloîtres, les sacristies, les chapelles et le chœur. Les parois de cette enceinte étaient ordinairement décorées avec recherche, .soit par des claires-voies fouillées dans la pierre ou le bois, soit par des bas-reliefs taillés et coloriés avec art, et représentant les sujets du Nouveau Testament, carie chœur et le sanctuaire, renfermés dans l'enceinte, étant le sainl des saints du temple, on devait trouver autour les principaux traits de la vie du Christ; elle se terminait au jubé, qui le montrait au loin mourant sur la croix pour racheter le monde. Tel était l'extérieur sans cesse expo.sé aux regards des fidèles: c'était l’incarnation, la vie terrestre, qui devait leur servir de modèle et de guide; au dedans de la clôture était la vie du ciel, la résurrection, le triomphe, la tran.ssnbslantiation, et autour de l’autel, théâtre de ces mystères, s’élevaient les châsses des martyrs, en souvenir de leurs sacrifices, de leur récompense céleste; plus bas se plaçait le clergé, interprète et ministre, médiateur entre le ciel et la terre.

Dans les grandes abbatiales consacrées à la sépulture des rois et des princes, cette clôture sacrée était formée de leurs

ARCIIITECTIUK MONASTIOI K.

lombeaux riix-inômes : ou en cotn|irrii(l et le hul et le sens. Ainsi, lorsque saint Louis eut fait reconstruire l'abbatiale de .Saint-Denis, il y rétablit les sépultures royales, et ce lut à l'enceinte du chœur qu’il les éleva, marquant à cliacun son rang; il y plaça d'abord, dans la première arcade, au midi, le tombeau de Dagobert, fondateur; il voulut qu’ensui le fussent placés du même côté les monuments funèbres des rois de la race de Pépin; les descendants de Hugues Caj)et tenaient le côté gauche du chœur. La disposition des tomlreaux de l’abbaye de \\ estminster est analogue.

Les voûtes du chœur, soutenues par les gros piliers, dominaient ce bel ensemble et dépassaient souvent en hauteur celles de la granflc nef; leur partie carrée s'élevait plus encore que le reste lorseju’une tour centrale, portée par les quatre gros piliers, comme celles des abbatiales de Sainl-Bertin ou de Saint- Ouen, surmontait la croix. Là n’était plus, comme l'architecture romane en olfrc de nombreux exemples, une coupole sphérique ou en polygone, prise aux dépens de la base du clocher, mais une voûte d’arête plus ou moins riche par les combinaisons de ses nervures et de ses clefs pendantes.

MeUBLES DO CilOeOB

Stalles. — On a vu paraître les stalles en bois à l’époque romane; les nombreux avantages qu’elles offraient sur les bancs en pierre ou en marbre des périodes précédentes les firent préférer lors des développements progressifs que présentait l’archilecture gothique. Les stalles du xiii' siècle sont devenues fort rares en raison de la matière employée; on connaît celles de Poitiers. Villard de Honnecourt, architecte du xiii' siècle, déjà mentionné, nous a laissé des dessins de stalles, dans .son recueil manuscrit de la Bibliolbèquc impériale. Au

INSTKUCTIONS.

MV' siècle elles dilTéraienl peu encore des précedciiles; ce lui parliculièreiiient au xv'' qu’elles prirent tous les développements que conipoiiait ce meuble. Nous donnons ici un dessin de slallcs que nous avon.s recueillies dans l'Ilalie du nord;

N* Sicile» À Vérone.

AKCHITECTIRK MONASTIQUE.

elles sont d’une grande richesse, oH’renl tous les caractères de l'arl septentrional, et peut-être furent-elles exécutées par un de nas artistes, car elle.s difl'èrent de celles que présente généralement l'Italie à cette époque.

Au XV' siècle, on surmonta les stalles de dais et de pinacles linement découpés, semblables à ceux que présentent les monuments en pierre de celte époque; la chapelle d'Iienri Vil à l’abhaye de W estminster oilre le plus bel exemple peut-être qui ait survécu.

I.iilrins, — Villard de Honiiecourt nous a laissé des de.ssins de lutrins ou aqixlla du xin' siècle ; ou en rencontre encore des viv' et w' siècles dans quelques localités; ils sont comivosés d'un socle en bois plus ou ?iioius orné; une tige s’élève au milieu de ce souba.s.sement et supporte l'aigle, dont les ailes ouvertes sont disposées de manière à former un pupitre.

Vaqulla ou lutrin principal n'étant pas transportable, et occupant le centre du chœur, on avait d'autres meubles plus légers, en bois ou en fer; ils étaient généralement disposés en X, et pouvaient se replier pour le transport; une épaisse basane formait le dessus, et portait le livre qu'ou y plaçait. Ces meubles, malgré la simplicité de leur composition, olfraieut de.s détails variés et de bon goût, comme toutes les proiluctions du moyen âge. On voit un de ces légers pupitres dans la cbapellc du musée de Cluny.

9X.VCTVAIIIE.

Disposition. — Ordinairement compris dans l’enceinte indiquée par les colonnes du rond-|x)int et la clôture qui les uiii.s» sait entre elles, le sanctuaire se distinguait du chœur, i" par la dill'érence de niveau de son pavé, plus élevé de quelques marches que celui du reste de l’église; par une balustrade ou chancel particulier, placé antérieurentenl au maître-autel

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et lormaiil la table fie la cominiinion; 3“ par les meubles nécessaires au sacrifice de la messe; 4° par les châsses contenant les reliques, détails variés qu’on mettait en harmonie avec l'ensemble et la sainteté du lieu.

Toujours situé au delà des Iranssepts, le sanctuaire était entouré par les riches colonnes du pourtour que précédaient des piliers plus ou moins importants; il était couvert par toute 1a partie des voûtes comprise entre l’arc principal et le chevet; la galerie haute ou triforium et les grandes croisées situées au dessus complétaient les dispositions architectoniques du sanctuairo.

Décoration. — Le pavé du sanctuaire était le plus riche qu’il y eût dans l’église; il n’olfrait pas, comme durant la période romane, des compositions inspirées, soit de l’opus Alexandrinum, comme on en voit à Saint-Benoît-sur-Loire, à la partie primitive de l’abbatiale de Saint- Bcrtin, et dans les églises anciennes des bords du Rhin; soit de la mosaïque à petits cubes, comme les églises des abbayes d’Ainay, de Moissac, en offraient des exemples; la terre cuite, plus finement ornée que pi-éeAlemment, la pierre dure, décorée de rinceaux ou de légendes gravées au trait et mastiquées en couleui’s, étaient lesniovens employés alors pour enrichir le sol.

Indépendamment du luxe qu’appoilait le sculpteur dans les chapiteaux grands et petits, dans la décoration des clefs de voûtes et quelquefois de leurs nervures, le peintre ornait les fûts de colonnes, les détails sculptés, les tympans et les murailles, puis, atteignant les moulures des fenêtres et le .sommet de l’édifice, il donnait à chaque partie une ornementation convenable, variant à chaque travée les motifs du décor, peignant des sujets sacrés dans les parties li.sscs, et même sur les panneaux contournés des voûtes.

ARCHITECTUIÆ MONASTIQUE.

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