‹ Architecture MonastiqueChapitre 33 sur 81 · C. LAVAUO, I.AVE-UAI.tS, COXCAt ARJW · texte numérisé non relu

C. LAVAUO, I.AVE-UAI.tS, COXCAt ARJW

Oii a vu, à l’arliclc des cloîtres, ijue le premier moyen qui lut donné aux moines pour faire les ablutions recommandées par la règle était un puits, placé au centre du préau. Pour éviter les graves inconvénients qui résultaient, dans la mauvaise saison, de cet einplacemenl éloigné des promenoirs, on rap|)rocba le puits des galeries; puis enfin il fut remplacé par une fontaine mise à couvert sous une voûte. Ces améliorations successives n’obvièrent cependant pas, dans les contrées septentrionales, à une dernière dilliculté, 'la gelée, qui, dans les hivers rigoureu.v, mettait hors de service les rigoles du lavalorium exposées à l’air ; on devait tenir alors de l’eau chaude au dortoir pour les remplacer. Ce moyen obligeait, avant et après les repas, tous les moines à y monter en grand nombre, ce qui devait causer beaucoup de désordre; on y remédia en plaçant soit au réfectoire, soit dans une pièce voisine, ou sous une des galeries du cloître, un réservoir caché, qu’on |X)uvait remplird’eau chaude au besoin, cl qui alimentait un lave-mains d'une forme nouvelle et commode. « Refeclorium... in cujus introitu lècit vestibulum in quo, per subterraneos iiieatus, aquieduclum- fecit... Concavaria hnic superiori rcceptaculo præparata, quæper quatuor foramina... sullicientein fratribus adminislrationem aquæ distillât. ■ (Ducange.) On voit paraître dès le XIII' siècle une fontaine de ce genre dans le réfectoire des fiénovéfins, à Paris; détail surmonté de la statue de sainte Geneviève, qui se voit encore aujourd’hui au lycée Napoléon*. Plus tard, c’était une cuve ou conque étroite, fort allongée,

' A l'entré du réfectoire de rabbttye de Sainte-Geneviève , était une fontaine cornpoiiéc d'un bassin de pierre au milieu duquel a'èlevait une statue de ^inle Geneviève portant un cierge qui jetait de l'eau par le bout. (Duœouiiiiet, Hutùirv manuschU', P- Aof) )

placée à hauteur d’appui, et appliquée au fond d’une niche peu profonde, devant laquelle pouvaient facilement se tenir debout, et en môme temps, des religieux en nombre déterminé par une série de -robinets placés A une môme hauteur. Ce n’est guère qu’au xiv' ou xv' siècle qu’on voit paraître ces lave-mains; la cuve et la niche furent décorées selon le goét de l’époque. On en voit un à Saiut-Aignan d’Orléans, dont l’entourage est orné à peu de frais; il paraît dater du xv' siècle.

Celui qui existe dans les ruines de la célèbre abbaye de Fonlcnelle (Sainl-\\ audrille) date du commencement de la i"cnaissance , et par son élégance, par la finesse des arabesques qui le décorent , il est un des plus remarquables qu’on puisse voir. Nous en donnons un dessin pour faire connaître exactement quelle était la forme adoptée pour ces fontaines à laver. (Voir la planche n“ 494, a la page suivante.)

Durant les premiers siècles de la vie monastique, lorsque les religieux faisaient les ablutions à un puits placé dans le cloître, ils ne pouvaient s’essuyer les mains qu’avec un linge qu’ils portaient jusqu’à ce puits. Plus tard , une fontaine s’élevant à l’un des angles du préau, sous la voûte d'une salle ouverte, construite pour contenir le lavaloriun, on put y suspendre du linge. Ce ne fut qu’en créant le concavarium que nous indiquons dans ce chapitre, qu’on y adjoignit, comme un perfectionnement convenable, des essuie-mains placés dans des armoires disposées ad hoc; on voit sur plusieurs plans d’abbayes gravées dans le Monasticonamjlicanum l’indication de ces armoires spéciales; elles sont établies dans l'épaisseur des murs, vis-à-vis le lavatoriuin situé à l’angle du cloître, ou près du lave-maius, qui était placé dans un vestibule ou sous les voûtes d’une galerie : une légende indique leur usage.

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INSTRUCTIONS

N* â94- Lave-mains do Sainl-Wsndnllo-

Plus d’un réfectoire ancien peut présenter des cuves à laver, mais en général elles sont d’une époque postérieure à la construction de la salle; elles sont fréquemment en marbre comimin de Flandre ou de Languedoc, ce qui indique une exécution récente. On en voyait ainsi dans le beau réfectoire des Bernardins, à Paris, dont nous avons reproduit le plan sur une des planches précédentes, et qui a été dénaturé il y a peu d’années. (Voir n° 490.)

Le lave-mains n’était pas toujours appuyé contre le mur du réfectoire, dans une niche; le monastère de Sainte-Marie in

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Valliceila, à Home, dont nous avons reproduit le réfectoire ovale, présente deux lave-mains isolés et en forme de vasques; ils sont placés dans le vestibule, symétriquement disposés sur .son axe et en regard do la porte d’entrée du réfectoire. (Voir le plan, page 33g.)

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