‹ Architecture MonastiqueChapitre 50 sur 81 · PonlAinc de la Triniti* (Brolagnc · texte numérisé non relu

PonlAinc de la Triniti* (Brolagnc

Quelques fontaines sacrées étaient décorées seulement d’une croix placée en avant ou en arrière de la source, ou même sur un socle plongèant dans l’eau ou surmontant la cuve en pierres plates qui entourait le lieu d’où elle sortait; la ville de Guéret en montrait un exemple curieux dans le siècle der-

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nier. Ailleurs, la fontaine était couverte d'une voûte qu'on prolongeait en avant, aCn de mettre à couvert ceu.x qui s'y rendaient; on- en voit une à l’abbaye de Vaux-de-Cernay.

.N* Hati de la fdiitaine de Vaux>de*Cema)

l ne fontaine d'eaux minérales auxquelles on attribuait une grande vertu, pour la gravelle particulièrement, était située devant le logis abbatial des Esclialis, en Bourgogne (D. M. I. I, p. i85). Entre Saremore cl Simorre, abbayes du diocèse d'Ancli, ou voyait le tombeau de saint Géras, que traversait une fontaine miraculeuse pour les malades.

Les religieu.v de Claii-vaux avaient l'habitude d’aller tous les ans, après Pâques, à la fontaine de saint Bernard, située à une demi-lieue du monastère; là, étant arrivés, ils chantaient un répons de saint Bernard , le .Résina copU, et ntetlaieni rhaciin

N" 547- lloupc de Ia fontaine de Vaux-de-Cernt^»

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au pied de la grande croix qui était auprès de la fontaine, une petite croix de bois fabriquée par eux; ensuite ils buvaient de l’eau de la fontaine avec la main. Cette source fournissait d’eau le premier monastère et passait pour avoir été obtenue miraculeusement du ciel par saint Ber nard ( D. M. t. 1,' p. i48 et i85). Le petit monastère de la Sainte-Baume ofl’re une fontaine qui ne tarit jamais et qui possède des vertus iniraculcuscs pour la guérison des malades.

STATUES, CROIX, CAI.VAIRF.S SUR I.ES ROITES, DANS LES EORÊTS, DANS LES CAMPAGNES, DANS LES LIEUX DÉSERTS, ETC.

Indépendamment des cbapelles placées sous la dépendance des monastères, et qui, assez spacieuses pour réunir un certain nombre de fidèles, devaient être desservies par vn chapelain , on voyait sur ie.s routes, dans les forêts, sur les montagnes , de petits édicules qui ne présentaient d’autre construction qu’un massif de maçonnerie ou de pierres de taille, décoré d’une statue dans une niche. L’art y apporta parfois toutes scs ressources. On voit auprès de Bonn un de ces monuments d’un goût remarquable. (Voir la planche 548, à la page suivante.) Ailleurs c’était une statue qu’on abritait sous un dais richement décoré par la sculpture, ou un modeste toit en charpente. Le lieu où s’était reposé un saint personnage, celui où il avait fait quelque miracle, motivait parfois la cons-* truction d’un petit monument commémoratif. On voit en Provence le saint pilier qui se rattache aux souvenirs de la Sainte- Baume; il s’élève dans un lieu écarté, voisin de la grotte où sainte Madeleine s’était retirée. Ce pilier est une colonne prismatique au sommet de laquelle la sainte est figurée enlevée par les anges, qui, suivant sa légende, opéraient le miracle sept fois par jour en ce lieu.

.'KWi INSTKUCTIONS-

N* 548. Croix aupré» <U* tkmii

(,)uel(juplois, <laus Ips lorcU, imc statue était finée à un gro^ arbre et un auvent en Iwis ral>ritait. Kleves généralement pai fies particuliers pour l’arxomplisscmenl d'un vœu, ces petit; momiinents de la piété de nos pères réunissaient les pèlerin; a certains jours de rannée; alors, dans les cas les plus ordinain's, un religieux flu monastère le plus voisin venait pré- 'sider au pèlerinage et Faire atw fidèles cjnelques exhortations religieuses; c’est ce (|ui se pratique de nos jours en Italie.

Les chapelies du Chêne .sont très-anciennes; Constantin eleva une église dans la vallée d’Hébron, dont on voit les ruines: on la nommait ad-Qnerctim. La madone de la Quercia, auprt's de Viterbn, est très-célèbre.

Ces petits monuments isolés doivent être conservés; il y en avait d'iiileressants par leurs dispositions originales; on voyait

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eucore, il y a peu d’années, sur un carrefour de trois roules, dans le département du Gard, une petite construction de forme triangulaire, offrant chacune de ses faces à l’un des chemins et mettant à couvert une croix en pierre placée au centre : ce inonumcnl datait du siècle.

^l* Croix couverte sur trois routes.

Des croix réunies en calvaires étaient placées quelquefois aussi dans les carrefours, dans les lieux écartés, auprès des monastères; la Bretagne en présente de très-remarquables par leur disposition générale, par l’alx)ndance des sculptures qui les décorent; la maison religieuse située, avant i83o, au sommet du mont Valérien, auprès de Paris, avait un calvaire au pied duquel on prêchait dans les grandes solennités. Enfin, la Bretagne et quelques autres contrées, sans doute, présentaient des réunions de croix disposées en forme d’allées, entre lesquelles on venait faire des processions, auxquelles présidaient généralement des moines sortis des maisons religieuses les plus voisines.

KSTncr.TioNS. — iir

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CIIARTREUSKS.

Los c|jarlreuse.s furent fondées, au xi' siècle, par saint Bruno; elles étaient prieurés, comme nous l'avons dit en coinmençanl; la règle exigeait que les religieux vécussent en anachorètes , et cependant un grand nombre d’exercices se passant en commun, il résultait de ces différences établies entre la vie des chartreux et celle des moines ordinaires, que leurs maisons présentaient des dispositions qui réunissaient dans une même enceinte des bâtiments analogues à ceux des laures, et convenables à la vie cénobitique, puis les distributions de quelques parties importantes des monastères. Nous rappellerons ici en quelques mots ce qu’étaient les laures, pour

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i^RCHITECTURE MONASTIQUE, faire voir combien les chartreuses eurent, à certains égards, d’analogie avec elles : on lit dans le Moiiasticon anglicannm ( .\bendonia ) : • Mona.steriuni .Abendohiæ, (juo<l construxit Heanæ, primus abbas ejusdem loci, taie erat:habebat in longitndine c et .xx pedes et erat rotuudum... in circuitii bnjns inonasterii crant habitacnia xii et totidem capellm, et in habitacnla xii ibidem mandncantes et bibentes et dorinientes... hal)ebant jnxta portam, domnm pro locutorio... diebus dominicis et præcipuis festivilatibns simili conveniebant, et in eeclesia inissam celebrabant et siinnl mandncabant. »

Sur le circuit de ce monastère, dont la forme ronde était exceptionnelle, s'élevaient douze petites maisons et un pareil nombre de chapelles; les religieux prenaient leurs repas et dormaient dans ces maisons. Un parloir était placé auprès de la porte du monastère. Le dimanche et les jours de fête, les moines sc réunissaient, célébraient la messe dans l’église et mangeaient ensemble.

Ces dispositions furent à peu près celles qu’adopta saint Bninopour les chartreuses; il ne reproduisit pas les chapelles en nombre égal à celui des maisons, mais il donna un oratoire intérieur à chaque religieux ; pour ce qui regarde les parties communes, église, réfectoire, salle de réunion, etc. il suivit la marche établie depuis l’origine du camobium.

Les plus grandes différences que présentaient les chartreuses avec les maisons religieuses ordinaires, consistaient d’abord dans l’immense étendue du cloître; les galeries ou promenoirs des chartreux de Paris avaient i36 mètres de longueur dans un sens et 91 mètres dans l’autre. La surface du préau servant de cimetière était d’un hectare environ.

Les grandes dimensions de ces cloîtres étalent la conséquence de la construction des nombreuses cellules, ou petites

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maisons isolées destinées aux religieux et qu’on établissait toutes sur un plan uniforme, sans autres communications entre elles que la galerie du cloître, et accompagnées chacune d’un jardin pour que les chartreux pussent se livrer à la culture; elles se composaient, à Paris, d’un vestibule, d’une chambre à lit, d'une petite pièce servant de bibliothèque ou d’atelier, suivant le genre d’occupation du religieux. A la chartreuse de Gaillon, chaque cellule comportait une grande chambre, deux petites, une serre pour les instruments aratoires; un jardin entouré de hautes murailles l’accompagnait.

On voit en Italie de belles chartreuses; celle de Naples occupe le sommet des montagnes qui dominent le golfe et la ville; à Rome elle est établie dans les ruines des thermes de Dioclétien; d'ingénieuses combinaisons ont présidé à la disposition des maisons de religieux. Pavie présente la plus belle chartreuse qu’il y ait dans la chrétienté : elle date de la renaissance. On sait combien est célèbre celle des environs de Grenoble, et ce que renfermait de précieux monuments, de remarquables peintures de Lesneur, la maison des chartreux de Paris, située auprès du jardin du Luxembourg.

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