MON.4STÉRES DES RELIGIEUSES
MONASTSntA SANCTWONIAUVM.
La vie religieuse fut adoptée par les femmes avec autant d’ardeur que par les hommes. 11 est inutile de reproduire ici tout ce que nous avons dit en commençant à l’égard de l’origine des monastères, et des constructions qui se trouvaient réunies dans leur enceinte; nous devons nous borner à indi- ([uer les différences que présentaient les maisons religieuses des femmes avec celles des hommes. Elles se divisaient aussi
ARCHITECTURE MONASTIQUE im
(•n abbayes, prieurés, elc. Les abbesses, clioisics souvent dans les plus hauts rangs de la société, avaient la crosse et jouissaient des mêmes privilèges, droits et immunités que les abbés.
SITLATION.
Dès l’origine, on éleva des monastères de femmes dans l’inlérieur des villes; sous les rois de la première race, Luiece, presque réduite à l'île de la Cité, vit sainte Anre diriger une communauté de femmes fondée par saint Eloi, au lieu occupdepuis par les Barnahites, et plus d'une ville ancienne présente des fondations analogues; la règle qu’on y suivait était celle de .saint Colonjban ou de saint- Césaire. L’étendue de ces premiers monastères ne pouvait être considérable en raison du peu de surface qu’occupèrent nos villes durant celte période.
E.Ttra riiurôs. — Dans la campagne, s’élevèrent aussi de nombreux monastères, qui furent généralement placés dans des localités d’une habitation facile, les femmes n’ayant pu, comme les hommes, s’établir dans les lieux déserts et incultes, que les religieux se proposaient de défricher. Dès le règne de Clovis on voit sainte Clolilde fonder, à quatre lieues de Paris, le monastère de Chelles, sous le nom de Saint-Georges, auprès du palais de plaisance qu’y possédaient nos rois ; au milieu du vil' siècle sainte Dathiidc le reconstruisait pour l’agrandir; elle y plaçait des religieuses de l’abbaye de Jouarre, déjà célèbre. Les monastères de Fontevrault, de Faremoutier, de Hières, de Gif, de Montmartre, d’Argenteuil, de Poissy, du Paraclel, sont au nombre des plus renommés.
ESCEINTE.
Les murs extérieurs des monastères de femmes pouvaient présenter, comme ceux des monastères d’hommes, des moyens
INSTKLCTIONS
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de défense : nous avons publié, dans la première partie, uii fragment de l’enccinlc du prieuré d’Argetileuil, d’après le ^^onnslicon gallicamim (voir page 62, pl. 35). Les portes étaient aussi construites avec des tours militaires ; on en voyait à l’abbaye de Poissy. Il parait que, dans l’origine, les enceintes ne prë.sentaicnt qu’une ouverture de petite diiuen.sion, solidement close et placée à une hauteur telle qu’on ne pouvait arriver dans l’intérieur que par un escalier en bois, a.ssez léger pour que, durant la nuit et la méridienne, il pût être enlevé, puis solidement fixé, du côté de l’intérieur, par une cbaîne de fer attachée au moyen d’une clef. Plus tard, l’entrée des monastères de femmes ne présenta plus ces précautions incommodes, mais une seconde porte établie derrière la première et à une certaine distance doublait les obstacles; les portières habitaient entre ces deux clôtures; cette disposition est celle dont on fait encore usage aujourd’hui.