‹ Architecture MonastiqueChapitre 60 sur 81 · PALAIS ÉPISCOPAUX · texte numérisé non relu

PALAIS ÉPISCOPAUX

L'étude des édifices consacrés à l'habitation des évêques se relie à celle des chapitres, dont ils étaient les chefs spirituels et tcnyiorels. Nous avons rapporté, en commençant la première partie, ce que dit Sulpicc Sévère dans la vie de saint Martin de Tours', de l'habitation que cet évêque se lit construire auprès do son église : c’était une simple celhde, bien dillérente des fastueu.x palais qui s'élevèrent plus lard. I,e plan de la cathédrale de Strasbourg, publié par Speckliii, et l'eproduil à la page 48o, fait voir que l’évêque logeait quelquefois aussi, durant les premiers siècles du chnslianisuie, au mil de son clergé, dans le presbyterium. La liasilique de Tliévcste nous i-etrace la simplicité première du monastenum clericorum et le peu d’importance qu’on donna d’abord à l'habitation du chef du clergé; mais bientôt des habitations parti- ‘ Sul|»k« Sévère, Vïia teafi Wnrfim.

ruiières furent construites auprès des cathédrales, pour les évêques. L'Orient, qui présente encore aujourd’hui, à tant d'éganls, la physionomie que devait avoir la chrétienté des âges primitifs,' nous montre les évêques logés dans de modestes demeures, peu différentes de celles des simples particuliers. C’est là ce qui dut se passer chez nous; peut-être même doit-on en voir la preuve dans l’emplacement qu’occupaient quelques palais épiscopa»ix, en face et très-près de la façade des cathédrales; ils auraient nui à son effet s’ils eussent été des édifices de quelque importance.

Toutefois, la position de l’évêque, comme prince de l’Église, chef d'un diocèse et seigneur temporel, fut cau.se que son habitation offrit une étendue considérable, lorsque fEglise fut complètement organisée; il lui fallait réunir, eu effet, dans les circonstances importantes, les curés et le clergé des paroisses .sous sa dépendance, pour délibérer en conseil; ces ^as.semblées demandaient une salle particulière, qu’on nommait Chambre da synode. Il avait aussi dans son palais une chapelle particulière, une bibliothèque, des logements pour les prêtres attachés à sa personne, pour ses serviteurs; des dépendances nécessaH»s, telles que cuisines, offices, écuries, etc. Placée dans l’enceinte fortifiée qui protégeait la cathédrale et le chapitre, la maison épiscopale présentait elle-même tous les moyens de défense qu’on réunissait ordinairement sur le point le plus important d’un palais. Enfin, l’évéque, jouissant de toutes les prérogatives d’un seigneur temporel, avait, dans sa demeure ou au dehors, un tribunal qu’on nommait Forum episœpi, dans lequel il faisait juger les délits contre son autorité; des prisons y étaient jointes pour punir les coupables.

Lorsqu’au xii' siècle raffrancbi.sscment des communes vint préparer un nouvel ordre de choses, auquel plusieurs évêques

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eurent la prudence de donner leur assentiment, pour éviter les luttes sanglantes, des réunions politiques se tinrent dans des évêchés ou dans leurs dépendances. On voit encore, au Puy-en-Velay, uue belle construction de cette époque, qui renfermait la salle des états de la province.

Vers le même temps, la puissance ecclésiastique luttait avec avantage contre le pouvoir féodal; ainsi l’évêque de Noyon, Hardouin de Croy, s’emparait, au xi‘ siècle, d'une énorme tour située entre la cathédrale et l’évêché, sur le'lerrain même de l’église, et dont le seigneur châtelain semblait protester contre scs privilèges '. Dans l’enceinte fortifiée du chapitre de la cathédrale d’,\lbY, et près de l’église, était un château féodal qui fut de même réuni à ses poMessions et démoli plus tard.

Dans de nombreux palais épiscopaux de la France soûl encore des ruines et quelquefois même d’importantes constructions du moyen âge; il est à désirer que ces précieux restes soient conservés. On en voit à Evreux, à Beauvais, à (luimper, â Laon, etc. Nous reproduisons à la page suivante, sous les n'” 564 et 565, les deux principales façades de fancien évêché de Laon, l’un des mieux consen'és et des plus anciens: celui d’Évreux date du xv' siècle: il ollre tout le iu«9de décoration sculptée qui caractérise cette époque. .\ Beauvais et a Quiinper quelques parties seulement sont visibles aujoiinriiui. Les cathédrales avant été construites, en général, ainsi qu'on l’a vu plus haut, sur des points originairement occupés par des forteresses romaines, les palais épiscopaux voisins de ces églises sont fré<[uenimenl basés sur des substruclions ducs à la période de l’occupation, pendant laquelle les Gaules furent divisées en provinces qui, pour la plupart, servirent de hase à la division des diocèses. '

' Diinlirr. fhmiéranotc historiifue de ta deirription de A/. D. de Noywt, p. l53;

N* 56â. Façailc de l'cvèché de Laon.

N' 565. Façade intéhoure dn nu*ine paUi».

l^îs évêques devaient se rendre dans les capitales ou près de leurs métrupolilains, pour les aOaires de l'Église; et ils possédaient dans ces villes des hôtels particuliers pour y loger. Paris renferniail de ces maisons d’évêques de diocèses éloignés.

P\L.\IS .tRCHIÉPISCOlHUX.

Les diil'érences qfte présentaient les palais arcliiépiscupauv a\pc ceux des évêques consistaient particulièrement dans leur

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plus grande étendue et un luxe de constructions et de décors '

en rapport avec la prééminence de l'arclicvéque sur les suffraganls. La ville d’Alby possédait un archevêché remarquable, dont quelques parties sont encore visibles; de nombreuses |

tours, aujounl’hui détruites, protégeaient son enceinte comme celle d’un cbâtc'au fort;- celui de la ville de Reims, depuis longtemps remplacé par des constructions modernes, renferme une chapelle crarcbilcclure gothique d'un Iveau style.

L’archevêché de Paris, ancien palais épiscopal, présentait encore, au commencement de ce siècle, de nombreuses dépendances du moyen âge. Celui de Sens était, il y a vinglcinrj ans', une remarquable habitation de la renaissance , et contient encore aujourd’hui une salle de synode admirable. ,

Paris, malgré son importance de capitale du royaume, ne fut, ju.squ’au xvii' siècle, qu'un évêché suffragant de Sens; j

les métropolitains, ayant fréquemment besoin pour les affaires ■ ,

<le l’Égl ise de venir à la cour et d’assister à des réunions du ' |

clergé, avaient un hôtel qui leur avait été cédé par Charles V, à l’angle de la rue du Figuier, auprès de l'habitation royale; il prit le nom d'hôtel de Sens et fut reconstruit tel qu'on le voit de nos jours, sauf les mutilations, à la fin du xiv' siècle, par Tristan Salazar, archevêque de Sens. j

Les métropolitains possédaient à la campagne de fastueuses . j

ré.sidenccs d'été; celle que le cardinal Georges d’ Am boi.se ,-ar- * |

chevêque de Rouen, fit construire à Gaillq|i, était le plus i

célèbre de ces palais de plaisance. • '

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