‹ Architecture MonastiqueChapitre 7 sur 81 · I.NSTHtCTlUNS · texte numérisé non relu

I.NSTHtCTlUNS

engagées. Lorsque les inodincations indiquée.s précédemment furent faites, dans le Nord, au plan des églises, les chapelles groupées autour du sanctuaire y formèrent une agglomération d’absides secondaires, et le sommet du chœur, plus élevé que ces chapelles, perdit sa forme première et son nom : on l’appela chevet, capitium'. 11 n'était plus en effet composé, comme dans l'origine, d’une demi-tour ronde s'appuyant contre le mur oriental du temple; c'était la continuation arrondie des hautes murailles latérales du chœur. Là commencèrent à se montrer les arcs-boutants formés par une série d’arcades décoratives s'étendant jusqu’au mur du chevet et laissant un passage auprès de lui, dans l’épaisseur des pieds-droits, comme on en voit un exemple remarquable à l’église romane de Sainte- Sophie de Padoue; ils furent ensuite isolés pour remplir leur fonction indépendamment les uns des autres.

Derrière l’abside orientale du temple, le plan deSaint-Gall présente un espace considérable de forme semi-circulaire, dans lequel on lit : Ilic sine domatibus paradisi plana parantur. C’était un second parvis dans les mêmes proportions que celui de l’Occident, mais sans galerie couverte, et destiné à éloigner toute circulation des environs du sanctuaire; les religieux pouvaient cependant y entrer, car plusieurs portes sont ménagées dans le mur extérieur. Il est probable aussi que de l'abside s’y répandaient les eaux qui coulaient des pi.scines, et que la crypte lirait du jour de cette cour sacrée, dont on retrouve des analogues dans les anciennes dispositions de l’église de Sainte- Geneviève, à Paris, et dans l’état pré.senl de l’église monastique d’Elne et de l’abbatiale de Saint-Denis. (Voir le plan de l’abbatiale d’Elne ( Pyrénées- Orientales) , n" 363. et celui de l'église de Sainte-Geneviève, n“ 364.)

* Du Cangr. Capidam, Chevet, Chevats.

AnClIITRCTL'HE MONASTIQUE.

N” Pian de l'xiQcicnne abbuliulc de Saitilc-Genevicvc, à Paris.

A ces abbayes, connue dans beaucoup d’autres, des cimetières de personnages imporlanls étaient établis derrière l'abside; les anciens pians de Sainte-Geneviève le démontrent, et des fouilles opérées, il ya peu d’années, à Saint-Denis, y ont fourni des tombeaux contenant des objets précieu.x. Cette disposition fit placer quelquefois, dans une ouverture pratiquée à cet elFet au mur de l’abside, une lampe qui éclairait en même temps la crypte et le ciinetièie. On peut y voii' l’prigine des fanaux qui , dans le cours du moyen âge, furent élevés, sur des colonnes isolées, dans les lieux de sépulture.

INSTKCCTIONS. — III.

INSTRUCTIONS

Les alisides romanes pouvaient ôire en polygone ou rectangulaires; les plans d’oratoires gravés aux n"‘ 3o3, 3o4, 3o5, 3 10 et 3i I en inonti-ent de carrées; à la plupart des églises (Cisterciennes, elles rélaieni aussi en raison de la disposition du sanctuaire. (Voirlesn“‘ 334 et 335, auxquels nous joignons une vue de l’abbatiale de Saint-Bénigne de Dijon, parce que son abside était très-caractérisée par une décoration exceptionnelle.) Les premières Instructions du comité traitent des absides en polygone, pages 8 et gi .

N* 3C5. Vue de i abside de Selui Béiiignc de Dijon.

Une galerie de circulation s’établissait quelquefois au sommet de l’ab.side, à l’extérieur; c’est encore une invention romane; elle permettait de passer d’un transept à l’autre, et rendait plus de services encore lorsque deux clochers s’élevaient auprès du sanctuaire. Nous avons recueilli celle qui se voit à l’église de .Sainte-Sophie de Padoue; elle contient le

AuciiiTECTi ri: monastique.

principe des arcs-hutanis. On décora quelquefois celle galerie de colonnes porlant des arcs ou des architraves : il y a des exemples de ces deux syslémes à Côine el à Trêves.

ü66. Abside tic reglisc de Soiiite Suphie, i Padouo.

I" dispositiiia. — Les pi-emiers essais de rarcliitectiire romane, dans l'Europe moyenne el septentrionale, s'appuyant, ainsi qu'on l'a vu en examinant les plans et les façades, sur les dispositions antérieures, les nefs offrirent, comme celles des Latins, deux rangées de colonnes divi.sant le temple en trois nefs parallèles et allongées ; le plan de l'abbatiale de Saint-Gall le démontre. Mais déjà, dès cette époque de transition et d’étude, les colonnes étaient remplacées fréquemment par des piliers

INSTRUCTIONS

carrés, ainsi qu’on en voit à la vieille église de Saint-Front de l’érigucnx; on avait sans doute observé que le pilier est le véritable support statique de l’arcade; on lui adjoignit bientôt des colonnes engagées sur ses faces, pour le faire moins pesant à l’œil et pour le décorer. Ces colonnes ou ces piliers s’élevaient sur das pavés formés de compartiments en marbre ou en pierre, quelquefois aussi de mosaïques, coniinc les exécutaient les Latins. On lit dans la description de l’église de Germigny-des-Prés, par l’auteur anonyme du Catalogue des abbés de Fleury, publié par Baluze ce que fit à cet égard Théodulphe : « Pavimentum quoque marmoreo depinxit emblenialc. » Au-dessus des arcs qui reliaient les colonnes ou les piliers des nefs, s’élevaient, comme dans les basiliques, les liantes murailles du temple; d’étroites fenêtres, mentionnées précédemment à la page 89, y étaient pratiquées à une grande élévation; il en était de même jxiur les murs des nefs latérales. Dans certaines contrées, le Poitou par exemple, il n’y avait de fenêtres que dans les collatéraux des églises. Le sommet des nefs, généralement couvert par des charpentes apparentes, à l'instar de celles qu’on a vues dans les basiliques primitives, commençait alors à se surmonter de voûtes en plein cintre , construites en blocages, comme les fabriquaient les Bomains. Nous avons cité précédemment celles de l’oratoire deCividaledel-Frioul; l’anleur du Catalogue des abbés de Fleury dit que l’église de Germigny était entièrement voûtée: «Tolam namque arcuato opère eamdcm extruens basilicain. • Ces deux exemples mentionnés dans des textes indiquent la nouveauté de cette application de la voûte aux constructions religieuses.

Le peu d’expérience rju’on avait encore à celte éjioque

' Baluxe. t. 1, Catalogue des abbés de Fleury. MabiUun, Act. on/. S. B. secl. i. P- ^9*'

“ DigMrcfftJT^'oogle

ARCHITECTURE MONASTIQUE, pour la construction tles voûtes explique la disposition singulière qui lut adoptée dans des édifices dont il nous reste (juelques exemples : à la vieille abbatiale de Saint-Front de Périgneux, chaque travée des bas-côtés est voûtée en berceau dans le sens transversal, c’est-à-dire perpendiculairement aux murs latéraux; la grande nel était couverte en bois. L’église de Saint-Philibert, à Tournus, qui paraît d’une date moins ancienne, bien qu’antérieure à l'an looo, oflre le même système dans sa nef principale; les bas-côtés sont voûtés en arêtes. Ces deux édifices indiqueraient la marche que suivit la voûte : dans le premier elle aurait été employée où il était plus facile de la construire, sur des bas-côtés étroits; dans le second, plus de hardiesse l’aurait fait établir au sommet de la grande nef. (Voir le u" 367, à la page suivante.)

11 est probable que les constructions importantes que fit faire Charlemagne à Aix-la-Chapelle eurent de l’influence sur cette modification, qui allait s’opérer dans les édifices sacrés; son église impériale présente des voûtes dans toutes les parties diverses de son ensemble, et dut contribuer à les introduire dans le Nord. L’église à peu près contemporaine de (lermigny-des-Prés, que le moine Létalde dit être imitée de celte chapelle du palais de l'Empereur, avait en efl'el des raj)ports avec elle, non pas seulement par la dis|X)sition nouvelle qui changea la forme du plan dans la partie centrale de la croix, et fut l’origine de la grande révolution qui s’opéra dans la distribution intérieure de nos temples, comme on l’a précédemment reconnu, mais aussi par l’emploi général des voûtes qu’on ob.serve dans toute la partie de l’édifice qui existe encore et formait le sanctuaire, le pourtour du chœur, et l’ensemble des constructions orientales du temple.

INSTRUCTIONS

N* 367- Nef <ie régiûi* de $ainl*Philibert à Tgumus.

2* disposition. — Quand s’ouvrit la grande période de renouvellement général qui caractérise le xi' siècle, les désastres passés et le inouvenicnt social conduisirent à réédifier de toutes parts les monastères détruits, à fonder de nombreuses églises paroissiales, centres de nouvelles circonscriptions religieuses et politiques; ce fut alors que, s'appuyant sur les essais des deux siècles précédents, l’esprit novateur qui caractérisait rHurope moyenne, et particulièrement la France, à cette époque, se donna un libre essor; les moines répandus sur tout le territoire, depositaires de l’art et de la science, créèrent toutes les dispositions nouvelles qu’on remarque dans l’architecture des nefs romanes: piliers carrés que la statique lit préférer aux colonnes isolées, pour mieux supporter les arcs sur lesquels venaient reposer les hautes murailles chargées .de voûtes : arcs-doubleaux et croisées d’ogives rendant ces voûtes plus durables et moins pesantes, en distribuant la poussée sur des points d’appui; ouverture du irifonnin ou galerie supérieure, pour accroître la surface de f église, comme lavaient fait les premiers chrétiens dans leurs basiliques.

AUr.llITKCTURE MONASTIQUE. lO.t

Dans toulp.s CCS innovations, sans doulc, les religieux constructeurs, qui iinpriinaienl le nioiiveincnl à TEurope furent plus d’une fois aides par rintelligcnce active de laïques , entrés dans la voie de liberté <jui s’ouvrait à l'art et à l’industrie; car on ne peut admettre que les moines .seuls aient construit toutes les églises qui .s’élevèrent en France à cette époque. Nous avons déjà cité plusieurs noms de laïques conservés jusqu’à nous. Les associations maçonniques, dont on a vu les premiers éléments à l’époque mérovingienne, dans les constructeurs méridionaux et d’origine gothique, durent se reconstituer alors, et fournir aux religieux architectes des moyens d’exécution pour élever les temples en dehors des niai.sons religieuses; elles se développèrent plus tard de manière à se pas.ser de la direction des moines.

Quant à la construction des grandes voûtes en berceau qui couvrirent les nefs au xi' siècle, on en suit la marche par la loi progressive que traçait l’expérience : elles semblent avoir été d'abord établies immédiatement au-dessus des arcs qui reliaient les colonnes des nefs, dispo-sition qui 'donnait peu de hauteur aux édilices, et n’admettait pas de fenêtres dans le vais.seau principal, ce qui s’explique par le peu de bardie.sse qu’avaient encore les constructeurs; pour obvier à ces inconvénients ils allongèrent les proportions des colonnes ou des piliers de support des nefs, comme on en voit un exemple à l’abbaye de .Sainl-Savin , n” 368, et dans la plupart des édifices romans des contrées méridionales; dans le Nord, au contraire, où se développait plus nettement l’architecture nouvelle, où les constructeurs étaient plus entreprenants, on .superposait aux colonnes ou aux piliers un étage de colonneltes et d’arcs secondaires, comme aux abbatiales de .lumiéges, du -Mont-Saint-.Micbel, etc. ce qui motiva le triforium.

ARCniTECTUHE MONASTlQliE.

3' ttUposilion. — Au xii' siècle, Iclan donné par le xi' amena des inodificalions dans l’arcliiteclure des nefs; les proportions s’épurèrent et s’étendirent: à côté des colonnes et sur leurs chapiteaux, s’élevèrent de longs fûts ou plusieurs ordi'Cs groupés en faisceaux et atteignant les retombées des voûtes supérieures; au-dessus des arcs latéraux s’établirent de nombreuses fenêtres, vraies ou figurées, simples ou multiples, à un ou plusieurs étages, amenant une richesse de lignes et de sculptures encore inconnue dans les siècles précédents. C’est aussi à cette période de l’art qu’on doit les dispositions prises dans la partie antérieure des nefs, pour délimiter les places des fidèles, ou porter les orgues sur d’immenses tribunes dont la partie basse formait féso-nartbex des temples; afin d'barmoniser le pavé avec ce luxe des lignes, ou grava d’innombrables figures ou de riches enroulements de feuillages dans des dalles de pierre; on les rehaussa meme de mastics colorés, pour les mettre en rapport avec les vitraux de couleurs et les murailles enrichies de peintures. Ce sont ces pavements que saint Bernard reproche aux Clunistes en ces termes : o Et ne poussonsnous pas notre vénération pour les images des saints jusqu’à

en couvrir le pavé que nous foulons aux pieds Si vous ne

ménagez pas mieux ces images sacrées, ménagez du moins vos belles couleurs : pourquoi ornez-vous ce qui va bientôt être souillé? pourquoi chargez-vous de peintures ce qui sera nécessairement foulé aux pieds?» Le même siècle vil naître les brillantes mosaïijues en terre vernissée qui couvrirent le sol des chapelles et du chœur.

Les nuances diverses que présentent les plans et les façades des églises romanes, selon les lieux où elles furent construites, et qui établirent des écoles diverses et locales, se produisirent dans l’architecture des nefs; ainsi, dès le siècle de Charlemagne,

nisr«i;r.TioM. — III.

si l’on en juge par le plan de Sainl-Gall , les provinces rhénanes pré.senlaient, à l’occident de leurs abbatiales, une contre-abside semblable en tout à celle qui en décorait le sanctuaire; le petit chœur et son enceinte la précédaient : dans les siècles suivants, cette disposition fut niaînteDue sur une circonscription plus étendue que dans l’origine. On reconnaît à la nef de la grande abbatiale de Cluny, à .4utun, et dans plus d’une église de la Bourgogne, l'influcncc qu’e.xercèrcnt sur l’architecture romane les belles constructions antiques conservées dans cette dernière ville. Fn Poitou, à l’intérieur comme au dehors, une grande richesse de sculptures, et l’absence de croisées à la grande nef, fonnèrent un caractère local. A Périgueu.c s'éleva un édifice célèbre par son style oriental, l’abbatiale de Saint-Front, et le Périgord, IcQuercy, l’Angoumois, ja Saintonge virent se former une école d’architecture romane, à laquelle s’adapta la coupole byzantine au-de.ssus des nefs. L’Auvergne, la Provence, et enlin nos provinces de l’Ouest offrent aussi leurs caractères particuliers, et nés généralement d’un type qui, servant de modèle, donna naissance à une foule de combinaisons nouvelles, lorsqu’aux xi" et xii' siècles l'esprit novateur, qui s’étendit comme l’étincelle, féconda les arts, ouvrit toutes les intelligences et prépara la grande période de l’architecture chrétienne; le Nord avait donné l’exemple.

Ddcoraùon.— he» premières décorations intérieures des nefs romanes devaient offrir beaucoup d’analogie avec celles des basiliques; dans les édifices simples, quelques peintures murales, des croix et des inscriptions devaient suffire; mais on voit dans la description de l’église de Germigny-des-Prés, construite par l’abbé Tliéodulphc, qu'on employait encore la mosaïque pour décorer l’intérieur des édifices importants, lorsque l’architecture romane commençait à se former; J’au-

AllClUTECTLllü: MONASTIOÜK.

leur s’exprime ainsi : ■ In liac igitiir (villa) idem Tlieodiilphus «ecclesiam tam niirind operis constinxit, ut niillum in Iota « Ncustria inveniri posset œdificii opus qiiod ei, antequam igné

• creniaretiir, valeret æquari; tolam nanique arcuato opéré

• eamdem extruens basilicani, ila floribus gj'pseis atque mu- «sivo ejus vcnustavit interiora. .. « 11 est clairement démontré par ce texte que tout l’intérieur de l’édifice était décoré de mosaïques, les nefs aussi bien que le choeur et le sanctuaire, où il eu reste encore, comme on le verra plus loin. Après la déclaration faite plus haut, qu’avant l’incendie qui détruisit les nefs, ce temple était le plus beau de la Ncustrie, il fallait nécessairement que ses nefs contribuassent à cette beauté par leur brillante ornementation, qui s’unissait à l’en.semble.

Les mosaïques ne furent pas longtemps employées dans la période de transition qui préparait le .style roman : Charlemagne en avait Tait exécuter à Aix-la-Chapelle le plus bel exemple qu’il y eût dans le Nord , et nos contrées virent peu d'imitations faites sur ce modèle; les seuls fragments qui .sont A Germigny-des-Prés ont survécu.

Lorsqu’au xi'’ siècle les églises romanes s’élevèrent de toutes parts, la peinture religieu.se couvrit les parois et les voûtes des nefs; les feuillages et les arabesques, l’imitation des marbres, enrichirent les membres d’architecture et les colonnes; le plus bel exemple et le plus complet qui ait été conservé se voit dans fabbatiale de Saint-Savin en Poitou, publiée par le comité des arts et monuments en i845, sous la direction de M. P. Mérimée.

A la décoration riche mais sévère du xi' siècle succéda au xir le luxe des dorures se mêlant aux couleurs appliquées par les peintres, et aux nombreuses productions des sculpteurs. .Saint Bernard reproche ce luxe aux Clunisles : < Voici qui est

INSTRUCTIONS

])lus {»rave, leur flil-il, et {|ui le paraît moins pourtant parce «ju’un usage plus fréquent l’a consacre : je ne parle pas de riminense hauteur de nos églises, de leur longueur iinniodérée, de leur inutile largeur, de leur somptueuse recherche, de leurs peintures curieuses, qui attirent sur elles les regards

de ceux qui prient et plus loin : • L'église est brillante

dans ses murailles. .... elle revêt d'or ses pierres A quoi

bon l’or dans les choses saintes?. ...»

Les deux helles églises romanes construites à Toscanella (États-Romains), à l'imitation des nôtres, pa’.sentent encore dans leurs nefs latérales, cl sur les colonnes qui les séparent du vaisseau principal, de nombreuses peintures exécutées à l’époque des consécrations de ces temples, et qui datent, l’une de loqS, l’autre de iao6.

Nous avons indiqué précédemment, dans la première partie, à la page i 78, que dos voiles étaient suspendus entre les colonnes des basiliques primitives pour les orner et séparer les sexes; l’église romane de Sainte-Marie de Toscanella* démontrerait que cet usage se transmit dans certaines contrées, au moins jusqu’à la fin du xii' .siècle; on voit, eneiVet, au-dessus des cbapiteaux intérieurs de ce temple, dans l’intrados des arcs, au troisième caisson orné qui le décore, nue entaille ménagée de ebaque côté, et lors de la construction de l’édifice, pour y placer une tringle destinée à porter un rideau. Cette disposition se reproduit dans tous les entre-colonnements.

Quelques peintures de manuscrits, exécutées depuis le xi' siècle cl représentant des cérémonies qui eurent lieu dans les égli.ses romanes, montrent des voiles suspendus dans fin-

* Voir dans le recueil tntilulé, Monumenit ancieiu et modemet, puldié par J. Gaillta- I>aud, la monogrnpliic de l'égliac de Sainte- Marir de Toscanclia, par A. Lenoir.

zeo

léricur df*s nefs, ce qui confinne l’usage Iransmis jusqu’il celte époque par la primitive l'iglise : l'ancienne abbaye de Saint-Martin du Canigou, dans les Pyrénées-Orientales, possédait une de ces peinlurcs placée en tête d’une fondation de lampe dans l’église abbatiale, par une confrérie de prêtres et de la'iques en i iqS. Les fondateurs y sont représentés assistant à la messe au maître-autel, devant lequel est suspendue la lampe; l’abbatiale de Saint- Martin oITrant trois nefs, les voiles sont évidemment figurés entre deux d’entre elles.

HCCDLM Des KCrS.

Beniliers.—La fontaine d’ablution ou cantliarus disparaissant de l’atrium roman, on établit à l’enli'ée des nefs un meuble qui en tint lieu , c’est le bénitier. On ignore comment il fut dispo.sé d’abord; toutefois, dans plus d’un édifice roman trèsancien, on voit des bénitiers formés de cbapiteauv antiques ou de l’époque latine, placés sur un fût de colonne, et creusés à leur sommet pour contenir l’eau .sainte. L’antique église abbatiale de Saint-Quinin de Vaison en montre un ainsi fabriqué, et celle d’Elne, dans les Pyrénées-Orientales, en possède un creusé dans un court cylindre orné d’acantbes. Mais ce ne sont pas là des compositions romanes : le plus remarquable que nous avons recueilli dans le style de fart que nous examinons ici sc voit à la basilique de Torccllo; il se compose d’un fût de colonne porté par une base; trois prêtres y sont assis et groupés autour du pied d’un vase hémisphérique, orné de têtes d’animaux et de figures chimériques, comme en produisirent les xi' et xii' siècles. Des rinceaux gravés dans le marbre ornent la base et le bord supérieur de ce bénitier. (Voir le dessin à la page suivante, n“ 36g.)

INSTRUCTIONS

i\‘ Ik^riilirr Je la basilique da Torcello.

On voit un bénitier simple, porte de même sur une colonne tronquée, surmontée d'un chapiteau roman, é Fcnallidès, dans les Pyrénées-Orientales. L’église romane d'Aiigy, dans l’ancien Beauvoisis, contient un petit bénitier roman scelle dans le mur, et composé de la cuve ornée d’une tête ebimérique'. Les ruines de Saint-Martial dans la cité fournirent, en 1847, les fragments d’un beau bénitier roman orné de figures; il est déposé au Musée de Cluny. (Voir le u“ 3 70.)

^ det monumenù reliyitax dê rancira HeauvoiM, par le ty F. Wotllcx,

\n^j. pl II.

AnCIIITKCTI KE MONASTIQL'K.

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