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Cuve baplUmale de l de S.iiiH-ZerKKî

L<i Clive baptismale qui décore le centre ilu baptistère isolé de la cathédrale de Pise ofl’re simultanément la grande cuve primitive et quatre cuvettes pour l’infusion.

Chaire, ambon. — Dès la période carlovingien ne, l’analogius, meuble spécial, destiné en Occident à la lecture des évangiles (voir page 189, Impartie), disparaît pour se réunir à l’ambon; le plan de l'abbaye de Saint-Gall fait voir dans ravant-clueur cette union des deux meubles, comme elle avait lieu chez les Byzantins (page 33q, I" partie). Ces observations sont appuyées par les rares exemples qui nous restent de chaires romanes; elles sont seules dans les églises qui en présentent, et offrent à leur partie antérieure un aigle portant le pupitre de lecture et parfois un saint Jean figuré au-dessous; quelque autre attribut des évangélistes peut s’y trouver aussi. Les

nu

INSTKliCTIONS.

chaires romanes des églises de Saiiil- Ambroise de Milan, de San-Miniato, à l‘’lorence, de Sainte-Marie de Toscanella, de San-Sabino, à Canosa, nous sullisent comme exemples.

N* CliAire de l'église de. Sainte Marie de Toseaiiclla.

I Jurant la période romane, toutes les chaires ne fuient .sans doute pas en pierre ou en marbre, comme celles cjiie nous venons de citer; il y en eut cerlaiiiement en bois, mais elles Il 'existent plus depuis longtemps. Les deux abbatiales de Saint- Ciall et de San-Miniato, qui font voir leurs chaires dans des enceintes réservées, mais à proximité de la nef principale, sont deux exceptions à la règle générale qui les faisait établir ordinairement sur une partie latérale de l’espace livré au public, afin qu’il piit mieux entendre la parole évangélique ; ces

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A R r H I T i ; f : T 1 1 R K M O N A s T I Q Li K .

doux exemples iiidifjuent une transilion entre l'usage primitif cpii faisait placer la eliaire dans l’enceinte du cliœur (voir page 189, l"’' partie) et le besoin qui se fit sentir plus lard de la placer au milieu «les fidèles.

Alltel du Christ en croix. — Un autel .s’élevait à l'extrémité orientale des nefs romanes : il se voit déjà dans le plan de l’abbatiale de Saint-Gall, et y c.st ainsi «b'signé : Altare sancti •Salrntoris ad criicem. Nous avons observé, dans la première partie, au sujet de la trabes, qu’elle était surmontée d’un Cbrisi en croix, indi(}unnt, par ce passage de la vie à la mort, la séparation entre le monde matériel et le monde céleste, comme le cliancei, situé au-dessous, traitait la démarcation entre lu nef livrée aux fidèles et le cluinir réservé an clergé et aux saints mystères. Cet autel était donc établi pour qu’on adres- Scàl des prières au Christ mourant; nous avons indiqué plus haut, page 77, au chapitre qui concenie les porches romans, que le jour des hameaux, lorsque la procession n’allait point au cimetière, pour y stationner di’vanl le Christ en croix qui V était placé, cette station avait lieu dans la nef, devant le juhé du chœur, à un autel préparé pour la céiximonie. La .sainte table, figurée au plan de fahhalialc de Saint-Gall et surmontée «l’une croix, oH'rail toutes les conditions nécessaires pour celle solennité; elle s’élevait dans la nef, devant le Christ en croix, prés d«'s chancels du chœur. I,es églises romanes de Saint-Ambroise de Milan et de San-Miuiato à rlorencc oITrent encore aujounl'hui des autels placés à l’extrémité de la nef principale, en avant du chœur et de la crypte, qui, «lans ces deux édifices, est disposée .sous lesan«'tuaiiT, mais pre.sque au niveau de la nef.

Table pascale. — fin examinant précédemment les clochers, on a vu par «ptels moyens les religieux indiquaient les

INSTUICTIONS.

lieiires des lrâ^aux el de la priài'e; les siècles étaient représentés par ce qii’on apfielail les tables pascales, grandes pierres placées dans les nefs, et sur lesquelles étaient tracées, année par année, les Indiclions, les épacles, la fêle de Pâques; un trou pratiqué au-dessus du chill're servait à ficher tous les ans une cheville indiquant la date de cette fête. Nous donnons ici, d’après un vieux dessin, celle qui se voyait à l’église de Saintl'iliennc de Périgueux, et dont il reste un fragment.

N* 375 Toblc^oscak*.

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Les tables pascales étaient d’un usage fort ancien, et il y a lieu de croire qu’on en trouvait dans la plupart des églises monastiques. Saint Lanfranc, prieur de l'abbaye du Bec, en parle dans les statuts qu’il fit pour les monastères de l’ordre de saint Benoît; il en est question dans les Coutumes de Cluny el les Us de Cîlcaux, mais elles étaient tracées sur du vélin et placées au cierge pascal. • .^nnotatur quidem in cereo pas- « chali annus ab Incarnatione Domini : inscribuntur quoquc

ARCIIITKCTüUF. MONASTIQUi;. 1 Ht

« cereo paschali indictio vel æra, al([uc opacta • Do Moléon menlionnola lablc jwscalc écrite sur un beau vélin et que l’on attachait à hauteur d’houiuie autour d'une grosse colonne de cire d'environ vingt-cinq pieds de long, dans la cathédrale de Rouen; elle y restait depuis Pâques jusqu'à la Pentecôte; on y marquait l’année, l’épacte, les fêtes mobiles, la date de la fondation de l’église, le nom du premier évêque, l’année du pontificat du pape, celle de l'institution de farchevêque et du règne du roi, etc. Cette pièce était refaite tous les ans aux frais du chancelier de la cathédrale

Les moines ne se bornèrent pas à indiquer les heures par des cadrans solaires ou des horloges, et à diviser les grandes périodes par l'indication des fêtes principales : un autre besoin .se présentait, celui de tracer les mois et les jours de l’année. Sans doute ils avaient chacun, sur leurs livres d’heures, de petits calendriers manuscrits qui pouvaient les guider per- -sonnellemcnt, mais à ces moyens individuels ne se rattachait pas la pensée monumentale et commune qu’ils imprimaient à toutes leurs œuvres. Les divisions de fannée étaient indiquées par de vastes calendriers qu’on peignait sur les murailles; le monastère cistercien dcSaint-VincÆnt et Saint-Anastase, auprè.s rie Rome, fait voir, dans une salle voisine de l’église, les restes d'un de ces calendriers; il occujrait toutra les parois di' la piike; nous en avons recueilli un fragment suffisant pour donner une idée de sa disposition, qui, dans des arcs trilobés et peints, présente des saints déroulant les tableaux sur lesquels on peignait les cbilfres des jours. (N" 376,* page suivante.)

’Buport. Offices, lîv. VI. (juilJautm' Durand, liv. IV. c. LViti. Jc<in Bcictii. IhriVt.' offices, chap. cviii.

• De Moit'on, Voyutjcs liturgiques eu l'raace, Paris, 1758.

INSTKLCTIONS.

N* 576. Frapincnt de calendrier au mona»terc de Sainl-Vtiiceni.

Enceinte des infirmes. — Ou lil dans les Ls et eoiilumes de Saint-Gerniain-des-Prés, l’édigcs par i’ahbé Guillaiiinc III, (ju’à l’exlréinité orieiilale de la nef on réservait des places pour les infirmes du monastère; à certaines fêtes, la Toussaint par exemple, ils étaient obligés d'assister à l’olficc, ante criicem, devant la croix qui surmontait la clôture du chœur'. On a vu dans la première partie, page i83, qu'à Glairvaux on leur avait préparé une enceinte réservée, à l'orient de la nef, devant le chœur des religieux, cl à la même place qu’à Saint- (îermain-des-lVés; n’est-ce pas là aussi la disposition qui est tracée au plan de l'abbatiale de Saint-Gall autour de famboni'

' l sas et consaft. Sancti Germani a Pratu» page i(>8; justif. Dom Bouiiiarl.

' igitizecTBy'Coogle

AIICIIITECTÜRE MONASTIQUE.

CHOITR.

Dans les églises romanes, distribuées à peu prés comme les basiliques latines à transepts, celles de Saint-Géiiérou.'i et de Toscanclla, par exemple, le chœur était situé, ainsi que l’indique dom Martenc', au centre de la croix, formant un vaste espace libre en avant ou autour de l’autel; mais lorsqu’on eut adopté la disposition nouvelle indiquée précédemment loi-s de l’examen du plan de l’église de Germigny-des-Prés, le chœur changea d’aspect, la circulation s’établit autour, parce qu’il fut placé au milieu de piliers isolés; plus tanl, cet isolement des supports s’étendant au delé des transepts, vers la région du sanctuaire, le chœur prit du développement à l’orient du temple. C’est ici le lieu d’examiner la marche chronologicjue des modifications qui s’opérèrent dans cette partie importante des églises, pour ce qui concerne les formes architectoniques, comme nous l’avons fait précédemment pour les plans.

1" disposition. — Nous rappellerons quelle fut la disposition adoptée par les Byzantins pour faire porter, dans les églises de moyenne grandeur, le dôme principal sur quatre piliers ou colonnes, en renvoyant aux plans gravés sous les n" i54, i5â, i63 de la. première partie, puis au texte du moine Létalde, qui, en décrivant l’église de Germigny-dcs-l’rés, dont le chœur rappelle à beaucoup d’égards les plans byzantins que nous citons, dit formellement que • l’édifice construit par Théodulphe fut imité de celui d’Aix-la-Chapelle, » dont Charlemagne fit tracer le plan à l’instar de ceux des églises orientales de la Vierge, à Antioche, et de Saint-Vital, à Bavenne.

La séparation entre la nef principale et le chœur, nouvellement modifié, était établie par un arc triomphal rappelant

‘ Dnm Marlcne, Voy. Utt. 1 1, p. 137.

ntSTMfCTioM. •— ni.

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INSTRUCTIONS

celui des basiliques latines, lorsque l’église romane était couverte en charpente apparente, dans sa partie antérieure, et celui des temples byzantins , lorsqu’elle était voûtée ; là encore, comme on l'a vu dans la primitive église, on plaçait des traies, poutres décorées de peintures et de sculptures, pour indiquer au loin la séparation entre la nef livrée aux fidèles et le lieu réservé au clergé. (Voir, 1'* partie, pag. i85 et suiv.) On en changea le nom en ceux de pannœ, proni; elles portaient ordinairement des cierges, qu’on multipliait aiLX fêles solennelles’.

Dans les églises trop larges pour que les pannes pussent les traverser complètement, on n’en mettait qu’une partie plus ou moins longue de chaque côté de l’entrée du choeur; elles i-ecevaient aussi des cierges; on les nommait herses. C’est apres l’époque romane que le jubé, prenant un grand développement, fit disparaître en général les proni ou pannes.

l’église de Germigny, deux demi-cintres relient le mur transversal, qui contient l’arc de triomphe, aux piliers isolés du chœur, pour maintenir la poussée de la haute construction qu’ils portent. Ces piliers sont joints deux à deux par des arcs, comme on l’a vu chez les Byzantins. (Voir les coupes gravées dans la première partie .sous les n" aaS et a3a.) .Au-dessus de ces arcs ne s’élèvent point des pendentifs, mais des murs droits conservant à l’espace qu’ils enveloppent la forme quadrangulaire tracée sur le plan. Ici s’établit une différence entre le clocher carré qui forme cette construction centrale cl le dôme des Grecs; mais ne peut-on voir néanmoins dans le Nord la même pensée qu’en Orient, celle d’exprimer au loin le triomphe du Christ au-de.ssus du chœur cl de l’autel? Ce grand espace libre, dominant la sainte table et une partie du sanctuaire par son vide immense, aurait rappelé, sous la

’ {7r«i tt cwttael. Sencû Germant a Prclis. Dont Bouiilarl.

A UC H 1 TEC T ü U E M O N A STI Q U E.

forme d’un clocher carré, ce qu’avaient fait les Byzantins sous celle d’un dôme élevé sur des pendentifs portant un tambour cylindi'iquc.

Autour du clocher de Ciermigny, dans sa partie basse enveloppée par l’édifice, les galeries de circulation sont surmontées de voûtes, comme dans les églises byzantines et dans celle de Charlemagne à Aix-la-Chapelle; elles sont sans arcs-douhleaux et imitées de celles <[ue construisaient les Romains : Létalde, en les citant d'une manière particulière, indique suffisamment que c’était une nouveauté. Les diverses relations indiquées déjà entre l’église de Germigny et les églises byzantines, particulièrement celle de Charlemagne, qui était dans le .Nord l’exemple le plus important qu’on y eiit vu, et le plus fait pour impressionner les constructeurs, se complètent encore par la disposition architecturale des arcs ouverts au premier étage sur chacune des faces du clocher; ils contiennent chacun, dans le vide qu’ils enveloppent, deux colonncttcs surmontées de cintres, combinaison inconnue précédemment dans le Nord, et parfaitement analogue à celle des tribunes des églises de Saint-Vital de Ravenue et d’Aix-la-Chapelle. Cette disposition de grands arcs qui en renferment de plus petits, et sont si communs dans notre architecture romane des xi' et xiT siècles, serait donc d’origine néo-grecque. La page suivante contient la coupe transversale de l’église de Gerniigny-des-Prés, montrant 1° les piliers isolés qui portent la tour; a“ les galeries voûtées qui établissaient une circulation facile autour de ces piliers; 3° dans le clocher, les grands arcs qui en contiennent trois petits, à l’imitation de ceux qu’on voit à .Saint-Vital de Ravenne et à l’église d’Aix-la-Chapelle, et qui avaient pour but ici de ventiler les hautes voûtes établie» autour du chœur.

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N* $77. Coupe de r^ii>e de Gerinigny.

2' disposition. — Théodulphe, en faisani construire par .ses religieux de Sainl-Benoit-siir-Loire le chœur de l’égli.se de Gerinigiiy, avait naïvement exprimé l'idée nouvelle dans le Nord, celle de le surmonter d'un clocher, en élevant quatre piliers isolés pour le soutenir; on sentit bientôt qu’on pouvait améliorer celle disposition, qui embarrassait le centre de la croix cl les transepts; on gro.ssit donc les piliers destinés à .soutenir l'arc triomphal; la même force fut donnée à ceux qui, sur le mur oriental du temple, soutenaient les angles de l'abside, et sur ces quatre points d'appui on fil porter le clocher, évidé à sa base, 1" à l'orient par le cintre de la voûte absidale; a” à l'occident par l'arc triomphal; 3° au nord et au midi par deux cintres égaux aux premiers et traversant les transepts. C'est celte disposition qu’on i-emarque à l'église carlovingienne de

A K C H I 'l' KC'r Li U F, M ON A ST I QV E.

SaiiU-Maiiin d’Angers, bien que i’addition du clocher y soit postérieure en date à l’érection primitive de l’édifice; on y voit cependant, par l’addition des colonnes engagées qui figurent aux quatre piliers, que ce fut la marche suivie dans ce progrès. Lorsqu'au xi' siècle on adopta en général celle disposition, l’inexpérience fit donner une trop grande force aux piliers porteurs de la tour, ce qui embarrassa le voisinage du chœur : nous avons cité fexemple de l’abbatiale de Saint- Savin. Toutefois celle modification ap|X)rtée au plan de Tbéodulpbe ne fil pas renoncer à ce qu’il avait pré.senlé d’utile, c’est à savoir la circulation autour du chœur; alors, comme favaient fait les By2antins, et ainsi qu’on en voit en France la première pensée à l’église carlovingienne de Saint-Généroux, on éloigna le sanctuaire pour pratiquer des ouvertures dans ses faces latérales, afin d’établir au delà du chœur des communications avec les petites nefs prolongées, jusque-là, plus loin que les transepts.

Cette dernière église présente le plus ancien exemple d’une galerie à jour praticjuée au-dessus de l’arc triomphal, clairevoie nommée écran (.screen): disposition qui est née des ouvertures établies, comme à Germigny, entre la base du clocher central et les hautes voûtes du chœur, et dans le. but de ventiler ces dernières. Lorsque le clocher prit toute la largeur de la croisée, en s’appuyant sur le mur transversal qui contient Tare de triomphe, on aura senti le besoin do multiplier des ouvertures au-dessus de cet arc, afin d’établir la circulation de l’air à la hauteur des voûtes. On peut voir aussi une autre intention dans ces arcades réelles ou figurées seulement, celle de reproduire au-dessus de la clôture du chœur la galerie des musiciens qui surmontait la porte de féglise, pour la fêle des Rameaux; elle devait être rappelée ici, puisque les céré-

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moniaux prescrivaient de pratiquer, en temps de pluie, à la porte du chœur, ce qui se faisait ordinairement devant celle du temple.

F.a nouvelle étendue donnée au clocher central, son appui direct sur le grand mur de séparation élevé entre le chœur et la nef, ainsi que sur les arcs qui le séparaient des transepts, obligea, comme l’avaient fait les Hyxontins au sujet du dôme, à rcnonccrauxcouverturesen charpente apparente. Ce fut donc par une conséquence de celte haute construction qu’on dut voûter l’ensemble des édifices dans toutes les directions, afin d’établir une résistance uniforme à la poussée que produisait, au centre, le poids considérable de la tour: toutes ces innovations s’enchaînaient l'une l’autre, et fesprit positif des Septentrionaux fit que, dans le Nord plus qu’ailleurs, on chercha par la statique, le moyen de donner à ces voûtes des dispositions plus solides et moins dispendieuses que par le passé, d’opposer aux eaux des combinaisons mieux calculées, d’en diriger le cours avec plus de recherche et de succès que dans le Midi.

Bientôt à rinlérieur, le clocher central, qui, ainsi qu'on le voit à Germigny-des-Prés, portail simplement dans l’origine, à son sommet, une charpente de couverture peu en harmonie avec les voûtes des nefs et des transepts, reçut luimême une construction solide masquant les lx)is de la llèche.

Les pendentifs en trompe, dessinés au n° aaq de la première partie, furent ceux qui vinrent les premiers à l’esprit, comme les plus faciles ,à exécuter; on les modifia sous toutes les formes qu’admet celle combinaison, et on leur fil porter des voûtes octogones ou hémisphériques; puis vint le pendentjf byzantin, rarement employé, et remplacé fréquemment par le prolongement de la coupole elle-même. Dans le Nord, où .s’est le

ARCHITECTIRE MONASTIOliE.

plus développé le système des voûtes à nervures diagonales, on voit paraître au-dessus du sanctuaii'e des combinaisons variées; ainsi à rAbbaye-au.\-Homines, a Caen, au\ nervures parlant des angles de la tour carrée, s’en joignent d’autres dont le départ se fait au milieu de ses faces. Ces voûtes, quelle que fût leur forme, reçurent généralement à leur sommet une large ouverture pour le passage des cloches, et, dans de très-nombreuses églises, l’emploi des peiidcutifs pour soutenir les coupoles permit un nouveau progrès dans les dispositions supérieures des tours: on les termina sur des plans en polygone , des aiguilles en pierre vinrent remplacer les combles en charpente, et, comme on le voit sur plus d’une peinture ancienne, sur le dessin du prieuré de Cantorbéry publié dans la première partie, et même sur quelques édifices existants, tels que l’abbatiale de Saiut-Sernin à Toulouse, la haute construction centrale prit un développement considérable et offrit les combinaisons les plus variées.

Le chœur des grandes abbatiales romanes, couronné ainsi qu’on vient de le voir, ne se limita plus au centre de la croix, comme l’indique dom Martcne; il s’était d’abord étendu à l’orient, bientôt il envahit le sol de la grande nef, au moins en partie; les stalles des religieux vinrent .s’appuyer contre les colonnes, un riche septum y limita l’enceinte; un jubé, non encore développé comme il le fut plus tard, le termina vers sa partie occidentale. Ces clôtures, devenues fort rares, étaient construites en pierre, ornées d’arcades et de statuettes : on en voit une à Trêves. Dans les contrées méridionales de l’Europe, le septum latin servit encore de modèle : des tables de marbre couvertes d'ornements sculptés furent maintenues dans leur position verticale au moyen de pilastres saillants; l’église de Saint-Pierre, à Toscanella, en monti'e un exemple. (N“ 378.)

INSTRUCTIONS

N* 378 Ciioncel À l’êgltsc de 5ainl*Pîerre de Toscanclla.

Ce système de clôture du choeur, vers sa partie occidentale, à rexiréinité de la grande nef, ne fut pas seulement ad mis dans le nord de l’ilalic et dans ses contrées moyennes; en effet le pavé de la basilique de Sainte-Marie du Transtevère, reconstruite en i iSp par le pape Innocent 11, à Rome, montre les restes d’un beau septum roman, détruit aujourd'hui. La page suivante en reproduit quatre panneaux. (N° 379.)

AhCHlTliCTUUE MONASTIQUK.

N* 579. Clôture rfc chtcur à l'églUc de Sainte-Marie de TransU'vcre.

Durant cette période de rarcliitcclurc que uous examinons, le cliceur renlermait quelquefois le inattre-autel dans son enceinte, et n’était plus séparé du sanctuaire, comme il l’était aux basiliques latines.

UIICOMTION

i" disposition. — L’église de Germigny-des-Prés, dans laquelle on trouve les rudiments des principales innovations qui s’opérèrent dans le chœur des temples romans, offre , par sa décoration, des relations aussi importantes que par son ar> chitecture, avec le dôme que Charlemagne lit élever à Aixla-Chapelle. Nous rappellerons ici en peu de mots ce ipie di.sent les auteurs qui décrivent cet édifice, dans lequel l’emjiereur eut l’intention de reproduii-e, autant que possible, le

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