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Disposition et construction des qnilics tic roulis

Les navires étrangers construits en acier n'ont pas toujours de faussesquilles; on y trouve généralement, au contraire, des quilles de roulis {fig. 507 et 508) dont Temploî est assez peu répandu dans notre marine, bien qu'il en existe sur quelques navires.

Les quilles de roulis sont disposées sur une certaine fraction de la longueur du bâtiment à la hauteur du tournant de la cale. A l'avant et à rarrière leurs extrémités sont amincies en forme de taille-mer. Leur section présente une forme triangulaire.

Sur les navires en acier, on les constitue de deux tôles, tenues sur le bordé par deux cornières (/î^. 507). Du côté de l'extérieur, ces tôles se rapprochent et sont rivées l'une avec Tautre avec ou sans interposition de cale; l'emploi d*une cale peu épaisse facilile le matage. D'ailleurs, comme en aucun ca» on ne peut être certain de Tétanchéité d'un caisson dont il est impossible de reprendre le matage par Tintérieur, on a toujours soin de remplir de bois l'intérieur de la quille de roulis comme on a l'habitude de le faire dans beaucoup de circonstances analogues.

Si le navire est doublé en bois, un bordage plus épais que les autres, et convenablement travaillé, reçoit la forme qu'on veut donner à la quille de roulis {fig. 508).

Fig. 508

338. Efficacité des quilles de roulis. — Les quilles de roulis ont pour effet de diminuer l'amplitude des roulis. L'expérience la plus concluante à ce sujet parait être celle du transport de troupes anglais le Serapis; ce bâtiment, avant de recevoir des quilles de roulib, avait par certaines houles des roulis dépassant 30*" ; après l'addition de semblables quilles, les roulis ont été de 23^ seulement dans les mêmes conditions de mer. C'est à la manière dont ce fait a été établi en 1871 devant le comité d'examen des plans des navires de guerre qu'il faut attribuer l'adoption de quilles de roulis sur tous les navires de guerre anglais sans exception, et sur uns bonne partie des navires de commerce britanniques.

L'efficacité de ces quilles dépend de la hauteur qu'on leur donne, comme Ta montré une expérience bien connue, exécutée sur le modèle du cuirassé anglais Dévastation. L'essai de ce modèle a été fait sur vagues avec des

«nmin

CHAP. XXXI. — PIECES RAPPORTEES SUR LA COQUE

quiEEes de roulis de diverses hauteurs ; en mettant de chaque bord une quille qui, par sa hauteur, aurait correspondu à une quille de 915 millimètres de luud sur le navire lui-même, l'angle d'inclinaison maximum sur vûgUDS a tAi^ d(> IS^'jSO ; en remplaçant ces quilles par d'autres d'une bailleur tlonble, la [4 us grande inclinaison obtenue sur les mêmes vagues n'a étô que de 5*".

En msumi?, sur un petit navire ou sur un bâtiment de dimensions roodtTeoi^i il ost jïossible d'installer des quilles de roulis efficaces. Sur un grand cuirassé de 12 000 à 15 000 tonnes, la hauteur qu'il est possible de donner h ces quilles est bien trop faible, pour qu'on puisse espérer obtenir un résultat pratique.

:t:ïO« Coiiiparaison des résultats obtenus au moyen lie quillcH de roulis el de ehauibres d^équilibre. — Nous avons déjà eu l'occasion de signaler à propos des waler-ballasts, l'efficacité des chambres d'équilibre pour diminuer les roulis. On peut dès lors sedeniaïKlcr qurl est celui de ces deux moyens qu'il faudra choisir lorsqu'on voudra diminuer les roulis d'un navire à trop grand rayon mélacentrique.

Au point de vue spécial des navires de guerre, on doit évidemment donner In préférence au procédé qui sera le plus efficace aux petits angles; car c't^sl uti moment du combat qu'il importera d'avoir pour le tir de l'artillerie une bonne stabilité de plate-forme (*) et on ne se battra jamais que par un temps maniable. Or, dans ce cas, l'emploi des chambres d'équilibre e^i de bpaucaup le plus avantageux ainsi que le prouvent les renseignements suivutUs empruntés à l'excellent ouvrage de M. IVelch {Text book of naval at^hi lecture).

En chembîMit sur le modèle du cuirassé Edinhurghj la meilleure place à assigner h \ii i.hambre d'équilibre et le poids d'eau le plus convenable, on a trouvé qu'avec un poids d'eau d'environ 100 tonnes, l'emploi d'une L'bambrn d'équilibre avait pour effet de réduire les roulis infiniment plus que rjulo]>tiun de la plus haute quille de roulis pratiquement possible. Les lableaux ^luiv^ints montrent l'efficacité de celte chambre à différents angles comparée a la résistance additionnelle qu'on aurait pu obtenir en prolon- ^^eajit de Gl centimètres la hauteur des quilles de roulis existant déjà sur le navire,

à 4" la chambre d'équilibre ajoute 6 fois autant de résistance qu'une augraen- 6<* — — 3 — tation de hauteur de 61 centimè-

12" — — 1 — très de chacune des quilles de

iS« — — 1/^ — roulis.

La conclusion à tirer de ce qui précède est que, lorsqu'un navire de guerre

(1} Voir t, I, p, 173.

-^r^^mmmi

NOMBRE ET EMPLACRMENT DES SUPPOHTS d'aRBRES 261

présente un excès de stabilité qui peut le placer dans des condiiions défavorables au combat, le mieux est de réduire les roulis par Temploi de chambres d'équilibre s'il s'agît d'un grand bâtiment sur lequel Tinlroductîon d'une quantité d'eau modérée n'a qu'une influence très insignifiante sur la stabilité. Mais si cela doit amener une réduction trop forte de la stabilité, il faut rejeter ce procédé et recourir uniquement à des quilles de roulis pour assurer la stabilité de plate-forme par des temps maniables.

Nous devons ajouter que les nouveaux cuirassés anglais n'ont pas reçu de chambres d'équilibre. Au point de vue de la stabilité des cuirassés modernes, on se trouve enfermé dans un dilemme d'où il est d if (ici le de sortir par l'emploi de palliatifs, tels que des quilles de roulis ou des chambres d'équilibre. D'une part, si la stabilité initiale est forte, ces navires roulent trop; dès que la mer est tant soit peu agitée, ils sont inca^ pables de se servir de leur artillerie, et ils sont exposés à ce que le moindre navire armé de petits canons à tir rapide puisse les envoyer par le fond en les perçant soit au-dessous de la ceinture cuirassée, soit au-dessus. Dans des circonstances récentes, le contre-torpilleur anglais Gleaner, aurait probablement «u raison du grand cuirassé i^e^o^u/Zon avec lequel il naviguait de conserve dans le golfe de Gascogne. D'autre part, si la stabilité initiale est faible, le navire roule moins et est plus apte à se servir de son artillerie ; mais comme, dans ce cas, la stabilité déjà faible aux petits angles n'est pas en général très forte aux plus grands, de 20° à 40** par exemple, il suffit d'une quantité d'eau relativement minime pour amener le chavirement. Si la cuirasse épaisse était i\ la fois assez longue et assez haute, le danger serait, somme toute, peu important, puisque l'eau n'entrerait pas ; c'est ce qui avait lieu sur les anciens cuirassés. Mais nous avons vu qu'il en est tout autrement aujourd'hui ; les cuirassés modernes sont vulnérables, soit parce que leurs extrémités sont décuirassées, soit parce que leur ceinture est basse ; le mieux est de ne pas exagérer la stabilité, et de cloisonner à outrance les parties vulnérables, comme si on avait affaire à un navire sans cuirasse. Il n'y a pas à compter sur les quilles de roulis qui ne peuvent être assez grandes pour être utiles, ni sur les chambres d'équilibre qui ne sont pas favorables à la stabilité.

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