C\ PRÉCAUTIONS RELATIVES A L'ÉTANCHÉITÉ DES COMPARTIMENTS
374. IVécessilé de maintenir rintégrité des compartiments élanehes* — Sur le cuirassé que nous avons pris comme type, la ventilation a été obtenue au moyen de quatre groupes principaux de cheminées d'appel, et nous avons attiré l'attention sur l'isolement des conduits provenant de divers locaux situés dans les fonds, isolement qui n'a pas été réalisé au-dessous du pont blindé seulement, mais encore conservé jusque dans les hauts même quand les conduits aboutissaient à une cheminée unique. L'intégrité des compartiments élanches est donc scrupuleusement respectée.
Les cheminées d'appel ne sont pas toujours aussi nombreuses, soit que les cheminées spéciales ou même les mâts en tôle ne fournissent pas un appel assez énergique, soit que les dispositions locales ne se prêtent pas aussi facilement à leur emploi. On a souvent fait déboucher tous les conduits d'aspiration dans l'enveloppe de la cheminée. Dès lors la difficulté augmente : il faut ou traverser le pont blindé et cheminer ensuite au-dessus de la flottaison, ou passer au-dessous du pont blindé et alors percer les cloisons étanches. Les deux méthodes ont été employées sur des bâtiments de même type. Sur le Terrible, les conduits de ventilation percent les cloisons étanches au-dessous de la flottaison ; sur ï Indomptable , V&iv traverse le pont cuirassé par des trous de 8 à 10 centimètres de diamètre, en nombre suffisant pour obtenir une aération convenable.
Avec des cheminées d'appel plus multipliées la difficulté est moindre parce qu'une même cheminée peut être à cheval sur deux ou quatre compartiments; on est simplement tenu de prolonger les séparations assez haut à l'intérieur de la cheminée. Mais il y a presque toujours quelques
(1) Longs cordages formant patte d'oie.
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locaux pour lesquels on est obligé de revenir à Tune ou l'autre des deux dispositions précédentes. Sur te Hoche, on a procédé pour ces compartiments exactement comme sur l'Indomptable, les conduits d'évacuation irayersent le pont blindé à Taplomb des compartiments qu'ils aèrent, et c'est en courant au-dessus de ce pont qu'ils vont aboutir à la cheminée voisine. Ces orifices doivent être munis de surbaiix blindés tout comm^ les panneaux du pont.
Il semble que le choix de Tun ou de l'autre de ces dispositifs soit loin d*ètre indifférent. On doit se demander s'il vaut mieux augmenter les ouvertures à percer dans le pont blindé ou risquer de sacrifier l'étanchéitè des cloisons. Posée dans ces termes, la question nous aurait paru facile à résoudre il y a quelques années ; au moment oà le projectile le pfos redoutable était l'obus plein, nous aurions répondu sans hésiter : il vaut mieux affaiblir un peu le pont cuirassé que de percer des ouvertures meltanl en communication de grands comparlimenls de la cale. Mais aujourd'hui, avec Tartillene dont disposeront les navires, nous sommes persuadé qu*un des premiers effets du combat sera d'ouvrir dans la muraille des brèches qui permettront à l'eau de courir au-dessus du pont blindé. D'autre part, les surbaux que nous réclamons comme indispensables autour de petits orifices doivent recevoir des dimensions tout à fait hors de proporlioo avec le diamètre du trou, si on veut les tenir assez solidement pour qu'ils ne soient pas balayés par l'éclatement d'un projectile à explosif dans le voisinage. Si on se contente de surbaux peu épais, ils seront guillotinés et Teau tombera librement dans les fonds par les trous ainsi percés à l'avance.
Ainsi dans les deux cas l'étanchéitè nous semble compromise, et, s'il uy avait pas d'autre solution, nous accorderions la préférence aux trous percés dans la cloison parce que, malgré les dangers très sérieux qui résultent de leur emploi, on mettra plus de temps à couler par leur moyen ; l'eau ne pénétrera d'un compartiment dans le voisin qu'après avoir rempli le premier et il sera peut-être possible d'intercepter la communication en temps utile.
375. Sjs4èine de fepmetare automalique de» orifices pratiqués dans les cloisons et les ponis pour la ventilation* — Heureusement, à côté de ces solutions défectueuses, il en existe au moins une exempte de dangers. On a le moyen de faire fermer automatiquement par l'eau, gnlce à un système présentant toute garantie de sécurité, les ouvertures percées dans les cloisons. On se défie souvent avec raison dos systèmes automatiques à bord, mais le dispositif que nous allons décrire parait réaliser les conditions requises pour fonclionoer à coup sûr et peut être manœuvré à la main ; il est employé sur tous les grands navires de guerre anglais, et simplifie considérablement les installalions relatives à la ventilation en réduisant beaucoup le nombre des cooduits nécessaires pour amener l'air dans les différents locaux, il conviendrail de l'adopter, au moins dans un certain nombre de cas.