D. VENTILATION D'UN TRANSPORT-HOPITAL
376* Application à un transport du pHneipe de la ventilation artifleielle par la chaleur. — Les transports-hôpitaux français offrent un exemple intéressant de l'application du système de ventilation artifleielle par la chaleur. D'ailleurs, sur ces navires, on n'a recours à ce moyen qu'au mouillage ou lorsqu'on marche à la voile; quand on est sous les feux, la ventilation naturelle est largement sufflsante.
La ventilation a reçu sur les transports et en particulier sur les transports-hôpitaux une forte impulsion à la suite de la guerre du 3fexique. Des transports avaient dû traverser TAtlantique chargés d'hommes et de chevaux, et sur beaucoup d'entre eux une mortalité très considérable, motivée par le manque d'air et Tinfection, avait sévi. La conquête de la Gochinchine, la nécessité de rapatrier sur les transports-hôpitaux un grand nombre de malades a conduit à établir sur ces bâtiments une ventilation très bien comprise, qui est indispensable à l'hygiène de ces navires.
Le système adopté consiste à aspirer l'air vicié dans un tuyau collecteur en tôle, de section rectangulaire. Ce conduit court le long de la muraille et aboutit à Tenveloppe de la cheminée ; il est percé de petits trous de 3 centimètres de diamètre. L'air vicié est appelé à travers ces ventouses dans le tuyau collecteur, et, de là, dans la cheminée d'appel où la vitesse est d'environ 1",50. L'enveloppe de la cheminée reçoit les gaz chauds des cuisines, et, lorsqu'on marche à la vapeur, la chaleur est suffisante pour déterminer l'appel avec la vitesse de l'^jSO.
Il n'en serait plus de même dans le cas de marche à la voile ou de séjour au mouillage. En prévision de ces éventualités, on a disposé au bas de l'enveloppe deux foyers spéciaux dont les produits de la combustion, aidés par les gaz chauds des cuisines, déterminent l'appel dans l'enveloppe, agrandie en conséquence.
L'air frais, aspiré par une série de manches à vent, arrive dans des conduits longitudinaux, de grandeur décroissante à mesure qu'on s'éloigne de la manche qui les alimente : il se répand dans les batteries et les fauxponts par les ventouses dont ces conduits sont munis.
L'aération est réglée à raison de 30 mètres cubes par homme et par heure, 200 mètres cubes par cheval.
La PI. IX et les fig. 531 et 532 montrent le système (*) adopté pour la
(^) Les renseignements qui suivent sont extraits d'une note sur la ventilation de V Annamite par M, Berlin, Directeur des Constructions Navales, Directeur de l'Ecole d'Application du Génie Maritime, publiée dans le Bulletin de la Société tTEncouragement pour VIndustrie nationale.
VENTILATION DE LA BATTERIE BASSE d'ON TRANSPORT-HÔPITAL
ventilation du transport V Annamite, que nous allons décrire uo peu en détail, en indiquant, pour le débit, les chiffres moyens relevés aux essais faits, soit avec les chaudières allumées, soit sous voiles avec les foyers d*appel. L'Annamite est un navire en bois, mais les dispositions relatives à la ventilation de ce transport sont intégralement applicables dans le
Fig. 531 Demi coupe par le travers des panneaux d'aérage P.
cas où le bâtiment est en fer, et ont été reproduites sur des transports à coque mélallique.
3*77. VenlUalion de la batterie basse* — La batterie basse qui sert de logement à la partie la plus nombreuse du personnel, et dont les sabords doivent en général être fermés à la mer, est celle qui réclame la ventilation artiQcielle la plus énergique. La partie centrale constitue un
CHAP. XXXU. VENTILATION
vaste poste où couchent 400 hommes environ (*). A l'arrière, sont les logtments des passagers et des femmes ration naires, devant recevoir 30 personnes. La partie avant forme un poste d'équipage où couchent
Fig. 532 Demi coupe par le travers de la cheminée.
120 matelots (-). La quantité d*air nécessaire, estimée à raison de 30 mètres cubes par heure et par homme, est donc au plus pour tout Tenlrepont de 550 X 30 = 16 500 mètres cubes par heure. Ce débit, en vue duquel le^
(1) 480 au maximum. (■; 78 au minimum.
VENTILATION DE l'hÔPITAL D*UN TRANSPORT-HÔPITAL 299
dimensions de l'appareil ont été calculées, et qui est sensiblement celui obtenu, correspond au renouvellement complet de l'air de Tentrepont en 8,5 minutesw
La disposîtioo est la suivante. Les manches à air MM dont Teffet s'ajoute à celui des panneaux PP, {fig, 531) ouverts dans les ponts, amènent Tair frais dans des conduits longitudinaux de distribution a^a^a, régnant de Tavant à l'arrière, atiaei près qiue possible du plan diamétral. L'air vicié est aspiré à bâbord et à tribovd par les bouches d'appel &,&,&, ouvertes le long de la muraille, un peu aurdessus d)u pont ; il suit les canaux d'évacuation CGC dont les mailles de la< membrure constituent la partie verticale, et il arrive à deux foyers d'appel F {fig, 532), situés entre les groupes de chaudières avant et arrière; de là, il est aspiré dans Tenveioppe de la cheminée ££ en vertu de Réchauffement produit, soit par la cheminée quand les feux sont allâmes, soit par les foyers d'appel F lorsque le navire marche à la voilis ou est au mouillage. L'action du soleil sur la cheminée doane lieu dans tous les cas à un tirage naturel qui ne s'interrompt jamais. Les conduite d'évacuation de la cheminée scnit disposés de manière à être parfaitement exposés à l'aetion de la chaleur solaire.
La section totale des écoutilles débouchant dans la batterie basse est de 35 mètres carrés, et celle des six manches à air des canaux de distribution est de 2°" ,20. La hauteur totale de la cheminée est de 21 mètjies aordessus des grilles des chaudières, et de 21°',40 au-dessus des foyers d'appel, ce qui correspond à 8"^, 70 de saillie au-dessus du pont du roufie.
378*. VeiAtUatioii de ThôpIlaL — La batterie haute renferme les logements des passagers de première et de deuxième classe, l'hôpital et un poste d'équipage moins important que celui de la batterie basse. Cette batterie haute est suffisamment aérée, dans les parties consacrées aux hommes valides,, par les écoutilles qui sont nombreuses et par les sabords. Il est assez naturel de tenir compte des sabords, parce que^ étaat donné la haateur de cette batterie au-dessus de l'eau, on peut le plus souvent les laisser oaverts.
Dans rhôpital, une ventilation artldcielle est indispensable pour les jours où les sabords seront néanmoins fermés, et pour ceux où la brise ne soufflera ni de bâbord ni de tribord. De plus, ce n'est pas assez que le renouvellement de l'air dans rhôpital soit suffisant, iL importe encore qu'il satisfasse à certaines conditions particulières : l'hôpital est placé vers le milieu du navire, afin d'éviter aux malades la fatigue produite par le mouvement de tangage et les trépidations de Thélice ; il est ainsi entouré de logements qu'il faut tenir à Tabri de l'air infecté. Le courant d'air, dans rhôpital, doit donc être dirigé des extrémités vers le centre, lair frais étant amené à l'avant et à l'arrière et l'air vicié étant aspiré dans la partie centrale.
La ventilation est établie en conséquence. Les canaux de distribution et
les canaux d'appel sont disposés transversalement et logés entre barrots. Les premiers g^g^g, placés, autant que possible, près des cloisons avant et arrière, reçoivent l'air de manches N (PI. IX). Les seconds d,d,d, installés au centre, vont déboucher directement dans Tenveloppe de la cheminée, où l'air ainsi évacué occupe les secteurs avant et arrière H, H. Les bouches d'appel se trouvent ainsi très favorablement disposées, pour faire disparaître toute trace d'odeur pouvant venir des tambours extérieurs où sont les bouteilles de Thôpital. Chacun de ces tambours a lui-même reçu un appareil de ventilation particulier, consistant en une manche à air n qui débouche dans le vestibule d'entrée, et deux aspirateurs k qui font appel dans le banc creux (') (fig, 532).
Quand les feux sont allumés, l'appel de lair vicié de Thôpital se fait d'après le même principe que celui de Tair vicié de la batterie basse, sous ï action de la chaleur perdue de la cheminée. La hauteur du conduit formant cheminée d'appel est moindre que pour la batterie basée, mais par contre la résistance des conduits est beaucoup plus faible.
A la voile ou au mouillage les foyers d'appel ont un effet indirect, et cependant très efficace sur la ventilation de l'hôpital; ils agissent à la manière d'un giffard par entraînement de l'air vicié de la batterie basse sur celui de l'hôpital, \ei courants se mêlant au-dessus des cloisons qui sectionnent l'enveloppe de la cheminée.
La section totale des manches à air de l'hôpital est de 1° ,3.
Le débit constaté de 1 ,000 mètres cubes environ à l'heure correspond à un renouvellement complet de l'air en 4,4 minutes environ.
Dans l'hôpital, aussi bien que dans la batterie basse, le courant qui renouvelle l'air se réparl«rt à travers l'entrepont suivant une section considérable, de manière à n'avoir nulle part de vitesse gênante. De plus, des bouches de distribution aux bouches d'appel son trajet est très court, de telle sorte que chaque homme reçoit de l'air qui n'a traversé qu'un très petit nombre de postes de couchage.
Les seuls courants d'air par lesquels on pourrait être incommodé seraient produits par les jets s'échappant, quand la brise est fraîche, des canaux où débouchent les manches à vent; afin de prévenir tout inconvénient de ce genre, des registres à papillon ont été placés dans toutes les manches.
Les courants produits par Taspiration de l'air sont très peu sensibles, même près des bouches d'appel, si vive que soit l'aspiration, parce qu'à partir de l'orifice, ils se répartissent suivant une surface sphérique; en conséquence les bouches d'appel n'ont pas reçu de registres.
370. Déterminalion des conduits d*êvacuation de Tenvoloppe. — Les conduits d'évacuation ont été calculés pour obtenir
(') Le banc creux est ce qui sert de siège aux corneaux ou latrines de l'équipage.
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