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difficulté. Dans le cas où la disposition du tuyau tage rend l'amorçage laborieux, il suffit d'introduire un peu d eau sur les clapets de refoulement au moyen d'un entonnoir muni d'un robinet; grâce à un petit trou ménagé dans la cloison qui porte les clapets, Teau introduite pénètre jusqu'aux clapets d'aspiration. Une circulaire du 20 avril prescrit d'ailleurs de s'assurer des conditions d'amorçage de ces pompes lors des essais des bâtiments.
Ces pompes ont un faible rendement mécanique; le rendement combiné de la pompe et du moteur ne dépasse pas 30 ^/q. De plus, la vapeur agissant presque à pleine introduction, le cbeval indiqué exige environ 30 litres de vapeur. Pour les pompes alimentaires et les pompes de service qui prennent leur vapeur aux grandes chaudières et qui sont à faible débit, ce défaut n'a pas grande importance. Mais lorsqu'il s'agît de pompes à grand débit, actionnées par des chaudières auxiliaires, cela oblige à augmenter considérablement la puissance de ces dernières qui sont toujours difQcilesà installer à bord.
Tout compte fait, les pompes Thirion prennent place parmi les plus^ sûrs et les meilleurs appareils d'épuisement. On les emploie presque exclusivement sur les navires de guerre français. Les grands bâtiments en reçoivent quatre de 500 ou 600 tonnes {voir les pompes marquées T, PI. X).
h) Pompes Neut et Dumont, — On s'est également servi sur les navires de guerre de pompes centrifuges Neut et Dumont et de pulsomètres. Ces appareils sont moins en faveur aujourd'hui que les pompes à piston.
La pompe NeiU et Dumont à action directe (fig. 536), la seule employée
Coupe lênfiludinaU
iéêtipe imnsverrcUe
Fig. 53b
à bord, est une pompe centrifuge dont l'axe de rotation est, en général actionné par un moteur Brotlierhood,
L'eau arrive par la tubulure A et se répand dans une boite qui enveloppe une roue à palettes, elle afflue de chaque côté vers le disque comme le montrent les flèc' es. Elle est alors entraînée par les palettes ; ce mouvement de rotation donne naissance à une réaction centrifuge en vertu de laquelle l'eau presse contre les parois latérales de la boîte avec une force
POMPBS A TAPEUR 315
d'autant plus grande que la rotation est plus rapide. Elle s'échappe par lecanal ménagé tout autour de la roue, et va sortir par l*orifice S ; en s*écoulant elle crée entre les palettes un vide qui est rempli par une nouvelle arrivée d'eau. Le raouvemeot de Teau, une fois commencé, continue et l'écoulement reste constant, tant que les conditions de fonctionnement demeurent les mêmes.
Gomme toutes les pompes centrifuges, la pompe Neut et Dumont ne peut être mise en mouvement qu'après avoir été au préalable remplied'eau ainsi que toute la colonne d'aspiration, et cet amorçage exige au pied un clapet de retenue. Un autre inconvénient plus grave est la tendance de cette pompe à se désamorcer complètement ou à subir tout au moins une forte diminution de débit par suite d'une très faible rentrée d'air à l'aspiration. On peut cependant remédier à ces défauts en supprimant l'aspiration et en noyant la pompe ; on évite ainsi les rentrées d'air qui occasionnent ledésamorçage de l'appareil et le paralysent. Si, par suite du manque d'eau, l'air atteignait le centre de la pompe et la désamorçait, elle se réamorcerait d'elle-même dès que l'eau reviendrait. Une pompe, ainsi disposée, sans cla» pet de pied puisqu'il n'y a plus de colonne d'aspiration, commence à barboter dès que l'eau monte et s'amorce toute seule. On peut donc rendre le fonctionnement d'une pompe centrifuge aussi sûr que celui d'une pompe à pîston.
Le rendement mécanique est faible et atteint rarement 0,50, et la consommation de vapeur est de 30 kilos par cheval et par heure avec 0,80 d'introduction d'après les essais déjà un peu anciens, faits sur le Colbert et le Friedland.
Par contre, cette pompe a l'avantage d'avoir une grande simplicité de mécanisme, et d'être légère et peu encombrante pour sa puissance. Les pompes centrifuges se prêtent bien au maniement de grandes masses d'eau et sont à cause de cela très employées pour les opérations de renflouage ; on eonçoit qu'elles puissent rendre également de grands services pour combattre les voies d'eau.
c) Pulsoniètres, — Les pulsomètres exigent, comme les pompes précédentes, un amorçage souvent assez long. Ils sont commodes quand on d'en tient à un faible débit. On peut leur faire aspirer des eaux boueuses sans avoir à craindre d'avarie dans le mécanisme qui est simple et robuste; mais ils dépensent une grande quantité de vapeur. Il résulte, en effet, d'expériences exécutées au port de Rochefort que les trois meilleurs types de paisomètres essayés exigent couramment par heure et par cheval :
Le palsomètre Kœrting 108 litres de vapeur
Le palsomètre Boivin 155 —
Le pulsoinètre Rilter . . . , • 179 —
Le palsomètre de Hall qui est le type primitif, et à peu près le seul qui
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ait été employé à bord des bâtiments de l'État, dépense autant de vapeur que celui de Ritier,
Pour tous ces appareils il y a intérêt, étant donné une hauteur totale d'épuisement, à placer le pulsomètre le plus bas possible ; car le rendement augmente. Il convient aussi de maintenir la hauteur d'aspiration entre 3 et 6 mètres.
En raison de la grande dépense de charbon qui compense l'économie de poids et de prix de premier établissement, l'usage du pulsomètre, reslreiot à quelques cas très spéciaux d'épuisement ou d'assèchement accidentel, est bien réduit aujourd'hui. On n'en installe 'plus sur les bâtimenU neufs.
d) Pompes de circulation. — A côté de ces engins spéciaux, il y a d'autres appareils appartenant à la machinerie principale ou à la machinerie auxiliaire qui peuvent être utilisés en cas de besoin pour concourir à l'épuisement, et fournissent un appoint très sérieux.
Les plus importants sont les pompes de circulation qui font circuler dans le condenseur un courant d'eau de mer. Ces pompes, très puissantes, étaient autrefois attelées sur la machine principale. Aujourd'hui, elles sont actionnées par un moteur spécial, de telle sorte que leur allure est indépendante de celle de la machinerie principale, et que leur débit ne varie pas quand les grandes machines ralentissent. Leur efficacité comme pompes d'épuisement est notablement accrue de ce fait. Cette conduile indépendante a encore un autre avantage : ces pompes peuvent être, sans inconvénient, placées assez haut dans la chambre des machines, bien plus haut, en tout cas, que si elles étaient attelées directement sur la machine principale ; on peut donc continuer à les faire fonctionner même au cas où la machine serait en partie noyée.
Pour des raisons qui seront exposées plus loin on préfère, en France, ne pas faire aspirer les pompes de Circulation au grand drain ; mais on a toujours soin de les munir de tuyaux d'aspiration descendant à fond de cale. Si l'eau pénètre dans la chambre des machines, on fera alors aspirer les pompes de circulation à la cale au lieu de les faire prendre à la mer et l'eau de la cale sera expulsée en passant par le condenseur.
11 y a d'autres appareils qui peuvent aspirer indifféremment à la cale ou au drain. Telles sont les pompes de cale (P, PI. X) et les pompes rf^ service destinées en service courant à aspirer l'eau de la cale, l'eau de vidange des chaudières, à établir la circulation dans les condenseurs auxiliaires, etc.. ; ces appareils sont le plus souvent des pompes Thirion d'une trentaine de tonneaux sur les grands navires. Au contraire, iespetUs chevaicx alimentaires des chaufferies ne doivent jamais aspirer à la cale ni au drain, à cause des saletés que peut renfermer l'eau des cales, et qui pourrait, si elle était entraînée dans ces pompes, compromettre le fonctionnement des chaudières au moment où on en a le plus besoin.
e) Électeurs. — Les appareils à vapeur les plus employés pour
PÛiiPES A DR AS
Tassèchement sont des éjecteurs {éjecteurs américains, électeurs Friednianuy éjecteurs Petau), Ils sont fondés sur le même principe que les înjecteurs dont on se sert pour Talimentalion de certaines chaudières. Ils sont formés d'une série de tuyères entre lesquelles Teau peut passer, entraînée par la force vive de la vapeur qui arrive par un ajutage conique {fig. 537). L'eau se rend ensuite dans une buse divergente et de là à l'extérieur.
Les éjecteurs sont peu encombrants, très robustes et permettent de rejeter très rapidement au dehors une grande quantité d'eau. Un éjecteur dont le tuyau d'arrivée de vapeur a 120 millimètres de diamètre
et le tuyau de refoulement 200 millimètres débite environ 300 tonneaux à l'heure.
Malheureusement ils dépensent une énorme quantité de vapeur ; aussi ne s'en sert-on pas comme appareils d'épuisement et les réserve-t-on simplement pour l'assèchement journalier. On installe dans ce but des éjecteurs de 45 à 50 tonneau^ au plus. Dans ces conditions, ils ne font pas double emploi avec les grands appareils d'épuisement qui ne sont destinés à fonctionner qu'accidentellement pour combattre une voie d'eau importante. — Toutefois, le service d'assèchement des chambres de machines et de chaudières n'est pas fait d'ordinaire par des éjecteurs, mais par les pompes de service dont il a été question plus haut.
304. Pompes à bras, à) Pompes d'épuisement^ système Letestu. — Les pompes à bras utilisées pour l'épuisement sont du système Letestu, Ce sont des pompes aspirantes et foulantes à deux corps. Ces pompes, représentées {fig, 538), sont actionnées au moyen de deux hr'mguehales b, grands leviers de manœuvre^ sur lesquels on peut atteler un nombre d'hommes sufQsant. Elles aspirent dans une sorte de boîte placée au point le plus bas du compartiment qu'elles doivent servir à épuiser ; ce puisard^ en tôle percée de trous, forme une crépine qui empêche l'introduction de
CHAP. XXXIII. SERVICB d'eAïI SUR LES NAVIRES FRANÇAIS
saletés capables de boucher le tuyau d'aspiration. Ce tuyau vient aboutir ^u pied de la pompe en A. Le refoulement se fait par l'onfice S.
La limite d'aspiration est de 8",50. A cette hauteur, on refoule dod pas à plein tuyau, mais aux 2/3 environ. — Entre 8" ,00 et 8",20
Fig. 538
l'écoulement se fait à gueule bée. Il convient, par suite, de disposer les pompes de manière à ne pas dépasser 8",00 ou 8",10 à l'aspiratioa. 1! faut aussi établir leur crépine de telle sorte qu'il y ait au-dessus d'elle une couche de 20 à 30 centimètres environ, sinon, à cause du cône de «uccion, l'air peut pénétrer dans le tuyau d'aspiration et la pompe se désamorcer.
Les plus gros de ces appareils sont réservés aux grands navires, cuirassés ou croiseurs; ils ont des corps de pompe d'un diamètre de 30 centimètres et débitent 55 à 60 tonneaux à l'heure. On en installe deux sur chaque navire.
Les autres bâtiments reçoivent, suivant leur grandeur, soit une, soil <leux pompes de 20 centimètres, débitant chacune 30 à 36 tonneaux à l'heure.
b) Pompes d'épuisement système Thirion. — A côté de ces appareils ré-
POiâPBS A BRAS
giemeotaires, il y a quelquefois à bord des pompes assez puissantes, installées en vue de suppléer en cas de besoin les appareils à vapeur destinés à fournir Teau sous pression, qui sert à la manœuvre des tourelles blindées. C'est ainsi que, sur le Hocbe, il y a deux pompes Thirion à triple effet (fig. 539) se manœuvrant à bras. — Ces pompes servent en même temps pour l'épuisement et l'incendie.
Elles sont formées par un cylindre en bronze dans lequel se meuvent quatre pistons, montés deux à deux sur deux tiges mises en mouvement
Coupe par l'axe des clapels avec aspraYlov fla4BsnB dupoii
Coupe porfate dea moiiiveUM
Fig. 539 par des manivelles calées à 180** sur l'arbre moteur. Chacune des tiges est terminée par un cadre en bronze guidé dans des rainures et embrassant le coulisseau de la manivelle correspondante. En actionnant l'arbre moteur les pistons fixés sur deux tiges différentes se rapprochent pendant une demi-révolution et s'écartent pendant l'autre. C'est ce qu'indiquent les flèches marquées sur la figure.
On voit qu'avec celte disposition la partie supérieure du corps de pompe a un diamètre plus grand que celui de la partie dans laquelle se meuvent les pistons. La partie supérieure R sert en môme temps de réservoir d'air ; les
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extrémités de Tarbre sortent du corps de pompe à travers de petits presseétoupes étanches à Tair. L*eau arrive à la pompe par la tubulure A et en sort par le conduit de refoulement S.
Le mouvement est communiqué à la pompe par l'intermédiaire de manivelles qu'on vient rapporter dans le prolongement de Tarbre. L'une d'elles est, comme le montre la figure, attelée non pas sur le prolongement de Tarbre lui-même, mais sur un petit volant qui sert à régulariser le mouvement.
Il est facile de se rendre compte que cette pompe fait autant de travail que trois pompes & double effet réunies.
Grâce à une disposition convenable de tuyautage, la pompe peut prendre l'eau dans des bâches, ou à différents endroits de la cale, ou dans ie collecteur d'épuisement, ou encore ù la mer en cas d'incendie ; elle peut la refouler dans les appareils hydrauliques des tourelles ou à la mer ou dans différentes parties du navire au moyen de manches à incendie.
Les pompes d'épuisement à bras en usage en Angleterre et en Allemagne ressemblent beaucoup comme principe et comme agencement à la dernière pompe que nous venons de décrire, tandis que les pompes américaines sont manœuvrées à l'aide de bringuebales comme la pompe Z^/esfu.
c) Pompe Letestupour incendie, lavage etc. — Enfin, il est délivré aux navires des pompes à incendie à deux corps, de 10 ou de 12 centimètres débitant 6 ou 9 tonneaux à l'heure, des pompes à eau douce à un corps de 8 et de 12 centimètres débitant 3^* ou 4^^,500, et un certain nombre de pompes de lavage du même modèle que les pompes à eau douce, mais destinées à fournir de l'eau salée pour le lavage des ponts. Les pompes de lavage établies à l'avant pour la poulaine et le gaillard d'avant étaient dites autrefois pompes d'ètrave. Les pompes installées à l'arrière pour le lavage de la dunette et l'alimentation des bassins de bouteilles recevaient le nom de pompes d'étamhot. Toutes ces pompes sont du système Letestu,
395. Insurilsance des pompes d^épulsement pour étaler une forte voie d*eau. — Avant d'aborder l'étude du luyautage d'épuisement, il est bon de se rendre compte que les pompes, si puissantes qu'on les suppose, sont toujours insuffisantes pour épuiser la quantité d'eau qui peut pénétrer par une large brèche. Soit S la section de la brèche, H sa distance à la flottaison, admettons un coefficient de contraction de 0,93 pour tenir compte de l'irrégularité de forme que présentera la déchirure, l'eau entrera h bord avec une vitesse V donnée par la relation