GRAND DRAIN. — DIMENSIONS, CONSTRUCTION ET INSTALLATION
Sur quelques navires on a mis le drain au-dessus du vaigre ; à celte place le grand collecteur est évidemment moins exposé aux ruptures qui peuvent se produire dans le cas d'un échouage, d'un abordage ou d'une explosion de torpilles. Mais en raison de son gros diamètre et de Tencomment considérable de ses accessoires, notamment des soupapes, une semblable installation est une source de difficultés de tout genre ; en outre, elle a Tinconvénient de ne pas permettre Tépuisement d'une couche d*eau ayant déjà un niveau assez élevé au-dessus du vaigre. Du reste, avec la hauteur ordinaire du double fond (1",00 à l'^lO), le drain peut être conservé à 50 centimètres environ du bordé extérieur, ce qui supprime à peu près toute chance d'avarie.
Le drain va généralement du premier compartiment étanche qui suit la cloison de collision jusqu'au compartiment de l'extrême arrière, desservant ainsi tous les grands compartiments au-dessus du vaigre : cale à vin, cale à eau, soûles, compartiments renfermant les appareils de manœuvre et les soutes à munitions des tourelles de l'avant, du milieu et de l'arrière, chambres de chauffe et chambres de machines.
Le drain est fait par bouts assez courts (*), réunis par des brides en cornières assemblées sur joints au mastic ou à la céruse. Lorsque la tôle a 5 millimètres d'épaisseur l'échantillon de la cornière qui sert de pince est 50 X ^0 X 5. On donne autant que possible aux bouts du drain une longueur assez faible de manière à pouvoir les introduire dans le double fond à travers les trous d'homme du vaigre. En prenant cette précaution, on peut monter le drain à n'importe quel moment de la construction et faire faciT
Fig. 541
lement les modiûcalions ou les réparations nécessaires. On y arrive, en général, en donnant aux bouts de tuyaux la longueur d'un espacement de couples, i'°,20 sur les grands cuirassés. La longueur à assigner aux bouts du drain dépend à la fois de la hauteur des varangues, de la grandeur des évidements qui y sont pratiqués et de l'écartement des couples ; si on ne tenait pas compte de ces éléments, on s'exposerait à ne pas pouvoir mettre les bouls en place, môme le vaigre enlevé.
(*) Sur la fig. 540 qui donne la représentation théorique d'un tronçon de drain nous avons limité ces bouts par de simples traits normaux aux tuyaux.
CHAP. XXXni. — SERVICE D*EAU SUR LES NAVIRES FRANÇAIS
Le draÎQ passe à travers les évidements des couples non étanches ; il est soutenu aux couples par des étriers en cornières ou en fer plat {fig, 541). Ce mode de tenue permet à la membrure de se déformer sans qu'il en résulte aucune fatigue pour le drain. Il en est tout autrement lorsque le grand collecteur passe à travers chaque varangue non étanche dans un trou spécial et est rivé à celte membrure, à Taide d'une collerette, tous les deux couples : il est à craindre, avec cette dernière disposition, que dans un échouage la déformatioa de la membrure ne brise le drain au momeutoùil faudra précisément s'en servir.
Au passage du drain à travers les couples étanches, il est nécessaire de prendre les précautions précédemment décrites (p. 251) pour s'opjwser à Foxydation des tôles des cloisons sous l'action du courant galvanique qui tend k être produit par Teau de mer baignant ces tôles et les accessoires en bronze du collecteur.
307. Portes de visite. — Lorsque le drain est disposé en échelons comme sur la fig, 540, les tronçons placés dans deux plans différents sont réunis au moyen de bottes en tôles et cornières. Celle des faces de la boite qui se trouve en regard de chacun des drains, est percée d'une ouverture de même diamètre que le tuyau, fermée à l'ordinaire par un bouchon étanche v en tôle. Grâce à celte disposition, lorsqu'on veut visiter ou nettoyer un tronçon, il suftit d'ouvrir les deux portes situées dans soo prolongement ; on embrasse d'un coup-d'œil toute la longueur du tronçon et, si le nettoyage est nécessaire, on peut le faire très aisément au moyen d'une chaîne allant de bout en bout.
Quand tous les éléments sont placés en prolongement, d'un bout à l'autre du collecteur, on pratique sur le tuyau, tous les 8 & 10 mètres environ, un trou de visite {fi.g. 542), auquel on donne des dimensions suffisantes pour
Fig. 542
permettre de passer la tête, afin qu'on puisse juger de l'état du drain et Tenlretenir en cours de navigation. Pour faciliter les mouvements, on donne aussi peu de saillie que possible à la tubulure, 8 cenlimètres suffisent pour l'assemblage des pinces. Avec cette distance moyenne de 8 à 10 mètres entre deux portes consécutives, il y a à peu près un trou de visite par compartiment ; on le place à proximité de la soupape du drain afin de