‹ Architecture navale; construction pratique des navires de guerreChapitre 195 sur 290 · CONSTRUCTION DU SAFRAN DBS NAVIRES EN ACIER · texte numérisé non relu

CONSTRUCTION DU SAFRAN DBS NAVIRES EN ACIER

gouvernail dans le sens longitudinal, on répartit sur la hauteur quelques entretoises horizonlales en tôles et cornières placées entre les montants ; il

y a Intérêt au point du vue du poids à substituer à ces pièces d'assemblage des enl retoises formées d'un acier profilé ou d'une tôle emboutie t (fig. 582). Dans tous les cas, les entretoises sont interrompues à la rencontre des montants et réunies à chacun d'eux et aux côtés verticaux du cadre. Les tôles de bordé du safran sont disposées par bandes horizontales,

CHAP. XXXV. GOUVKRNAILS. S4PRAN ET llÀCBS

avec couvre-joints horizontaux à deux rangs de rivets ; ces couvrejoints, placés par l'intérieur sur les navireH de guerre français, sont interrompus

Formii de la A^rtu éaste-

à la rencontre dos montants. Les joints dos deux faces sont convenabh'ment décroisés. Chacune dos virures est formée d'une seule tôle, la longueur du gouvernail étant inférieure à la longueur habituelle des tôles.

Grâce à la disposition des virures dans le sens horizontal, la tenue df presque tout le bordé sur les montants, les entretoises et les couvre-joinls, peut se faire au moyen de rivets ; seule la tôle mise en place la deraiên'

CONSTRUCTION DU SAFRAN DES NAVIRBS EN ACI^R DOUQLis EN BOIS 38$

doit être tenue par des prisonniers, à moins toatefois que le gouvernail

ne soît assez large pour qu*ou puisse circuler à l'intérieur comme sur le-

Brenniis. Sur le safran de ce cuirassé, on a réservé un

trou d'homme qui permet d*y pénc'trer pour les visitos

et les réparations quand le navire est au bassin. A la

mer ce trou d'homme est fermé par un bouchon

étancbe tenu sur des prisonniers. On conçoit que, sauf

pour des gouvernails de cette largeur, si les tôles étaient

placées par virures verticales, on ne pourrait guère employer le rivetage^

que pour Tune des faces, et le travail coûterait plus cher.

Les équerres qui joignent les montants et les entretoises au cadre sont fixées sur celui-ci par des prisonniers taraudés dans la pièce massive d acier ; le bordé est tenu sur le cadre soit par des prisonniers, soit par des rivets traversant à la fois les t6les des deux bords et le cadre. Ce dernier assemblage se fait le plus souvent au moyen de deux rangs de rivets ou de prisonniers disposés en quinconce.

A moins que le cadre n*ait une trop faible épaisseur, il convient de mé« nager sur son arête antérieure une feuillure (A, fig, 583) dans laquelle viendront se loger les cans des virures du bordé ; Iorsqu*on fait cet assemblage à recouvrement (B, fig, 583), les tôles s'usent, elles finissent à la longue par se ronger ; Teau pénètre alors à l'intérieur du gouvernail. Cette eau qui s'infiltre est une cause de détérioration d autant plus rapide du safran que la peinture ne peut être commodément refaite dans cette partie. Lorsqu'on peut pénétrer et circuler à l'intérieur du gouvernail, il est possible de mater les couvre-joints par l'intérieur et de reprendre .,. ^^

le travail au bassin s*il y a eu des suintements dans l'essai à l'eau du gouvernaiL II n'y a qu'à faire un bon joint quand on ferme le^ trou d*komme qui donne accès à l'intérieur. Mais les gouvernails assez larges pour permettre une telle opération sont de rares exceptions et nous ne connaissons que celui du Brennus qui se trouve dans ce cas. Aussi,, bien que Tétanchéité absolue ne soit pas indispensable, il convient, pour prévenir l'usure qui résulte de l'introduction de l'eau à l'intérieur, de remplir le creux du safran soit de bois, soit de suif.

446. Construction du safran des navires en acier dou* blés en bois et des navires composites. — Sur les navires qui reçoivent un doublage en cuivre, les safrans seraient rapidement rongés par l'action galvanique si on employait pour les construire des matériaux de fer ou d'acier : on se sert alors soit de gouvernails en bois consolidés par des armatures en bronze, soit de gouvernails en bronze.

Dans le premier cas, le safran (fig. 584) est formé de pièces de bois à peu près parallèles et verticales réunies par des chevilles longitudinales ;

CHAP, XXXV. — GOUVERNAILS. SAFRAN ET MÈCHE

à la rencontre des différents plans de bois, on dispose sur le trajet de la cheville un dé en bois dur engagé dans une petite mortaise ménagée dans

chacun des bordages. Des lattes horizontales en cuivre, placées sur les faces du safran et chevillées d*un bord à Tautre, complètent la tenue. A la partie supérieure les tètes des diverses pièces de bois s*engagent dans une armature en bronze évidée à laquelle elles sont solidement reliées ; cette armature reçoit Temmanchement de la mèche qui lui est fixée par des clavettes. La mèche doit être en bronze ou en acier chemisé de cuivre. II existe aujourd'hui une grande variété d'alr j— A liages à base de cuivre, possédant une r»>sis-

Vioupeali ; ^illjj^ tance suffisamment élevée pour qu'on puisse

faire cet arbre en bronze sans être obligé de lui donner des dimensions trop considérables. Dans toute la partie qui n'est pas recouverte soit par les lattes, soit par Farma- b ture, et où le bois reste apparent, le safran est recouvert d'un doublage en cuivre.

Lorsque le gouvernail est de système ordinaire, les fémelots et les aiguil lots sont en bronze. L'aiguillot supérieur fait corps avec l'armature; les autres sont venus de fonte avec des ferrures en bronze façonnées de manière à former une sorte d'étrier horizontal qui croise les pièces de bois du safran sur la moitié de la longueur du gouvernail. Cet étrier remplace les lattes à l'avant, il suffit alors de donner à celles-ci la longueur nécessaire pour embrasser le reste du safran à l'arrière.

Lorsque le gouvernail est tenu sur mèche suspendue, on dispose au pied du safran une seconde armature en bronze évidée, qui reçoit l'extrémité du pivot inférieur dans une partie alésée en forme de tronc de cône de la même manière que l'armature de tète reçoit la mèche.

Sur les grands navires, soit en acier doublés en bois, soit composites, on emploie en Angleterre des gouvernails entièrement en gun-metal ou eu bronze phosphoreux. Le plus souvent les safrans des corvettes et des sloops ont été faits en bois jusqu'à ces dernières années; mais même sur ces petits bâtiments, on se sert aujourd'hui de gouvernails entièrement en bronze.

Fig. 584

uiCHB

447« Mèche. — La mèche qui sert à orienter le gouvernail est un arbre, en acier ou en bronze, disposé verlicalement ou à peu près.

Si elle sert en outre à supporter le safran, elle est, comme nous l'avons déjà dit, munie d'un ou de plusieurs collets qui reposent sur des portées ménagées dans une pièce placée à l'intérieur du navire et qui a été décrite précédemment.

A sa partie supérieure, la mèche est en général disposée de manière à recevoir deux barres qui servent à l'orienter. La première est capelée & demeure et sert en temps ordinaire, c'est la barre proprement dite. La seconde ne doit servir que dans des cas exceptionnels, s'il devient impossible d'utiliser la première ; on ne l'installe qu*au moment du besoin, elle porte le nom de barre de combat,

La barre est terminée par un œil ou une douille ayant comme diamètre intérieur le diamètre de la mèche ; elle est tenue sur celle-ci au moyen d*une solide clavette placée parallèlement à l'axe de la mèche et s'engagéant dans des mortaises ménagées dans chacune des deux pièces. Plus ou moins haut au-dessus de cet emmanchement, la mèche se termine par une portion en forme de parallélipipède, à quatre ou six pans, sur laquelle on peut venir capeler la barre de combat, de la même façon qu'on saisit un écrou avec une clef.

Nous avons vu que le plus souvent aujourd'hui, sauf sur de petits navires comme les torpilleurs, ou sur certains bâtiments de commerce, la mèche ne fait pas corps avec le safran, mais constitue une pièce spéciale solidement fixée au gouvernail. A cet effet la mèche se termine à la partie inférieure par une portée tronconique. Le logement ménagé dans le cadre du safran pour recevoir la mèche se compose d'un emboîtement cylindrique assez court, suivi d'une partie alésée en forme de tronc de cône {fig. 585). Une clavette transversale plus haute que large assemble les deux pièces; elle sert principalement à suspendre le safran sur la mèche. On ajoute le long de la partie conique deux clavettes longitudinales pénétrant moitié dans le cadre du safran, moitié dans la mèche. Tune à l'avant, l'autre à l'arrière ; ces deux clavettes ont pour but de transmettre à la mèche l'effort de torsion qui se développe quand on oriente le safran.

Pour combattre efficacement cet effort de torsion, il convient d'ailleurs de renforcer le safran à l'aplomb de la mèche ; on peut, soit employer à cet effet un tube creux comme sur le gouvernail du Brennus qui se distingue des autres par ses dimensions inaccoutumées, soit prolonger la mèche jusqu'à un tourillon situé à peu près à mi-hauteur comme sur le Il 25

CHAP. XXXV. — GOUVERNAILS. SAFRAN ET MECHE

Tréhouart et le gouvernail ankéncaÎB représenté (fy, 573), sort enfin, ce qui et plus simple, diminuer en cet endroit Técarteaient des montants; c*esi celte dernière solution qui est généralement adoptée.

Sur le gouvernail américain que nous venons de citer, on remarque une dis|)Osition fréquemment employée à i*étranger pour diminuer les frotfas ments; la mèche est entourée d'une chemise de cuivre, de façon à éviter le portage d'acier sur acier.

448>. Tourillon. — L^emmanchement du tourillon se fait d'une manière analogue {fig. 586) ; seulement, étant donné le rôle de celte pièce, il n'y a pas à craindre de £titigue par torsion semblable à celle dont nous venons de parler; les clavettes longitudinales deviennent inutiles et sont supprimées, an ne conserve que la clavette transversale.

11 est à noter que sur les navires américains on a rhabitude de disposer au portage du tourillon un anneau de gaïac pour adoucir les frotlenieBls et éviter l'usure d'une pièce importante.

Fig. 586

Page 1