CHAP. XXXVIII
CORROSION ICT SALISSURE
adhérer et l'eau de mer ne tardera pas à y exercer ses ravages ; c'est une simple question de peu de temps. » (') Cet aperçu si juste de la priaci|ale des causes de corrosion aurait évidemment entraîné dès cette époque l'adoption du décapage si avec le fer les piqûres avaient été plus profondes et plus nombreuses.
Quoi qu'il en soit, aujourd'hui que Ton construit en acier, il est indispensable d*ôter ces écailles avant de procéder à aucun travail depeinlure\ et, puisqu'on ne peut recourir pour cela à des procédés mécaniques, on emploie, comme le proposait M. Roitx, des solutions mordantes.
Dans les arsenaux anglais et américains (^) on plonge la tôle de champ pendant quelques heures dans un bain faible d'acide chlorydrique, puis, après ravoir retirée du bain, on dirige sur elle au moyen d'une pompe un courant d'eau pendant qu'en même temps on frotte la surface avec une brosse métallique pour enlever les écailles délachées par l'action de l'acide. Dans les chantiers de la Clyde^ on charge une pompe à incendie portative avee une solution faible de sel ammoniac et l'on projette ce liquide sur la tôle. Cela se fait de grand matin afin que le soleil et l'air puissent agirsimulfanément pendant le jour. Pour faire disparaître toute trace d'écailH on a soin de répéter celte opération à trois reprises dans l'espace d'une quinzaine de jours.
Bien entendu, on ne doit laisser sur la tôle aucune trace d'acide; une fois les écailles de laminage enlevées, grâce à l'emploi de l'eau acidulée, on lave la tôle avec une eau légèrement alcaline pour faire disparaître toute trace d'acidité, et on se débarrasse de l'alcali à son tour par un dernier lavage à l'eau pure.
Ces précautions, comme nous l'avons déjà indiqué, ne sont pas spéciales aux tôles de la carène et aux tôles inférieures du vaigrage et des cloisons de la cale ; on fait subir le même traitement aux barres proOlées qui entrent dans la composition de la membrure des fonds et sont par conséquent exposées aux mêmes causes de détérioration..
Enfin, pour empêcher qu'il ne reste sur la tôle des écailles d'oxyde produites dans le travail de mise en place, toutes les marques de martelaire provenant de la pose des rivets, etc., sont souvent recouvertes d'une peinture dans laquelle entre un peu de sel ammoniac dissous dans de l'eau.
Les expériences très complètes faites par l'Amirauté anglaise à Porstmouth ont parfaitement mis en évidence ce fait que l'acier se ronge d'une manière plus égale que le fer quand on a pris soin d'enlever complètement les écailles de laminage. Il se produit encore de la rouille si
(*) Conservation des plaques des navires cuirassés et des coques en fer par Tapplication directe d'un doublage en cuivre (p. 25) par M. iîouâ:, Capitaine de frégate.
(*) Ces précautions font maintenant partie de la pratique des chantiers anglais, «l elles sont exigées non seulement par l'Amirauté anglaise pour les navires de guerre mais aussi par les règles du Lloyd, Uoyd Register of Shipping. 1892. p. 104.i2«/«« for the building of steel vessels. Section 4, § 2.