REVÊTEMENTS CONTRE LA CORROSION
la lôle vient à être dénudée, mais les piqûres locales sont à peu près évitées. Si on ne prend pas des précautions de ce genre le bordé en acier s'use avec une rapidité elTrayante, les peintures dont on se sert en général n*étant pas absolument imperméables à l'eau.
Nous avons déjà indiqué, en relatant les précautions indispensables dans l'emploi de lacîer, pour quelle raison Taltération de la coque de nos navires en acier avait été pendant un certain laps d'années plus faible que de l'autre côté du détroit : dans nos chantiers on laissait les tôles et les barres profilées exposées 1res longtemps en plein air à la pluie et à Vhumidité, Les écailles de laminage étaient alors rendues moins adhérentes par un long séjour dans l'air humide et se détachaient quand on grattait la rouille qui couvrait les pièces. Il est impossible d'expliquer autrement les bons résultats qu'on a obtenus pour tous les grands bâtiments construits pour noire Marine ù cette époque. Au contraire des petites canonnières, pour lesquelles il a fallu vraisemblablement commander des tôles spéciales, qui auront été mises en œuvre presque immédiatement, se sont rapidement détériorées, et on a dû les haler sur cale pour les soustraire à l'action destructive de l'eau de mer ; ce fait semble corroborer l'opinion que nous venons d'émettre sur l'efficacité du procédé qui consistait à laisser rouiller les tôles et les barres avant de les mettre en œuvre. A moins de ne pas peindre la carène pendant la construction, ce qui, croyons-nous, a été fait quelquefois avec intention, on n'évitait pas les écailles d'oxyde produites pendant le travail des tôles, mais on faisait tout au moins disparaître presque entièrement celles qui provenaient de la fabrication.
Aujourd'hui les tôles et les barres étant mises en œuvre dès leur arrivée, on sera conduit à recourir à un décapage préalable. C'est une précaution qui aura pour effet d'augmenter la durée des navires et qui, comme on vient de le voir, n'est pas coûteuse.
404. Revêtements contre la corrosion. — Nous allons maintenant examiner les diverses compositions que l'on emploie pour préserver de la corrosion les tôles qui sont baignées par les eaux de la mer ou de la cale. Nous n'avons pas à recommander ici telle ou telle peinture, mais nous indiquerons d'une manière générale les raisons qui doivent guider dans le choix de la composition à adopter et nous spécifierons les défauts qui peuvent conduire à renoncer à Tusage dételle ou telle peinture brevetée ou non. L'examen détaillé des différentes compositions ne serait d'aucune utilité; au contraire, il importe de posséder des notions précises sur les inconvénients ou les avantages que peuvent présenter les différentes classes de revêtement. Nous devons toutefois rappeler qu'il s'agit d'un sujet insuffisamment connu et que l'on n'a commencé à approfondir très sérieusement que depuis peu. C'est un motif qui serait suffisant pour justifier l'ordre d'idées un peu général dans lequel nous comptons noua tenir; mais il y a une autre raison qui nous incite encore plus à procéder
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comme nous allons le faire : c'est que nous attachons le plus grand prix à bien montrer aux ingénieurs et aux fabricants de peintures françaises les catégories de compositions qui nous paraissent propres à mériter lear confiance.