‹ Architecture navale; construction pratique des navires de guerreChapitre 260 sur 290 · NAVIRES SUR MBR AGITEE EFFORTS DE DISLOCATION DUS AU ROULIS · texte numérisé non relu

NAVIRES SUR MBR AGITEE EFFORTS DE DISLOCATION DUS AU ROULIS

la pression du liquide. En réalité, ces pressions s'exercent dans une direc. tion quelconque normalement aux parois, et on peut décomposer chacune d'elles en trois composantes : la première verticale, les deux dernières horizontales, dirigées Tune longitudinalement, l'autre transversalement aa navire.

L'influence des pressions longitudinales tend à arquer le navire ; si nous avons négligé ces forces en traitant des efforts d'arc et de conlre-arc, c'est que le moment que produisent ces pressions est hien inférieur à celui qui résulte des forces verticales. Sur les anciens bâtiments très courts dont les carènes avaient des formes pleines à l'avant et à l'arrière, le moment dû aux pressions longitudinales pouvait atteindre une valeur presque égale au tiers du moment maximum dû aux forces verticales en eau calme, mais avec des bâtiments longs et fins, le premier de ces moments n'est plus que le don. zième du second, et à la mer, ainsi que nous l'avons vu, le moment résultant des forces verticales croît dans de telles proportions que lé moment dû aux forces horizontales est tout à fait négligeable.

Les poussées horizontales qui s'exercent transversalement des deux bords sont, comme les précédentes, égales et opposées ; elles tendent à produire l'écrasement des sections transversales et à déformer le navire en faisant rentrer en dedans le tournant de la cale. Ces forces sont un peu plus considérables que les composantes horizontales qui tendent à arquer le navire dans le sens longitudinal; on les combat en augmentant la hauteur de la membrure transversale dans les fonds de manière à constituer de solides varangues.

524. Navires sur mer agitée. Efforts de dislocation du^ au roulis, — Lorsque le navire est en mer agitée, le roulis tend à altérer la forme du navire en disloquant la jonction des murailles et des ponts. Nous avons vu que les navires en bois, à cause de la solidité moindre de leurs assemblages, fournissaient d'excellentes indications en montrant les points où la fatigue était le plus considérable. Or la jonction des ponts et de la muraille était sur les navires en bois l'un des points de faiblesse les plus marqués, et il n'était pas rare que des bâtiments qui avaient été exposés pendant un certain temps à de durs roulis présentassent des traces de délîaison, en dépit des solides courbes en bois ou en fer et de toutes les précautions prises par les habiles constructeurs d'alors.

La cause de ce phénomène est bien simple : supposons un objet pesant placé à tribord sur le pont des gaillards, un gros canon par exemple; au roulis, lorsque le navire s'incline sur tribord, le canon suit le pont dans ce mouvement; lorsque le bâtiment se redresse, le canon tend à continuer son mouvement dans le même sens que tout à l'heure et à passer par-dessus bord ; s'il est bien amarré, il reviendra en sens contraire avec le navire, mais pour détruire la force qui tendait à le lancer par-dessus bord, il faudra que le pont fournisse une réaction égale et opposée à cette force.

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