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CHAP. XXIV

CUIRASSEMENT

B. CUIRASSEMENT DES CUIRASSÉS

214*^ Variations de l^épaisscur et de la répartition du bllnflage sur les cuirassés d'escadre. — Nous indiquons dtins le lablpau cî-dessous les épaisseurs maxima du blindage à la flottaison et le rapport du poids du blindage au déplacement pour les principaux types de la flotte cuirassée française, ainsi que les dates de mise en chantier.

Noua avons séparé les garde-côtes des cuirassés d'escadre afin de mieux mettre en évidence la grande importance donnée au blindage sur les bâtiments cuirassés de tonnage modéré, doués avant tout d'une grande puissance défensive; on trouvera plus loin quelques indications à ce sujet.

Rapport

^vm

Date de la mi^e

Epaisseur

maxima

de la cairasse

des flancs

Déplacement (1) D

Poids de cairasse

du poids

du blindage

au

en chantier

déplacement P î)

Hét^oim; * . . .

882tx

Flandre. . . .

Oûéan. ....

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Dévastation .

A'rH irai- Duper ré.

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Ifûche. ....

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Masséna. , . .

{^ four toua les natires eu serrice

, le déplacement

et le poids de

cuir 5 8e indiqué

s sont en ^éoë-

rai ceni da premier armement.

Au moment où Ton mit en chantier les premières frégates cuirassées sur les plans de Dupuy-de-Lôme, une épaisseur de 12 à 15 centimètres de fer était suffisante pour résister aux projectiles alors en usage, lancés avec une faible vitesse initiale. Aussi, a-t-on pu sur ces navires (fig. 340) développer lu cuirasse de bout en bout, sur toute la hauteur des œuvres-mortes, et la fïiim descendre à 2 mètres ou à 2"°, 50 au-dessous de la flottaison, sans

que le poids du blindage dépassât 15 à 16 inférieur à GOOO tonneaux.

Vo du déplacement qui reslait

VARIATIONS DE l'ÉPAISSBUR ET DE LA REPARTITION DU BLINDAGE 65

Cette période dura peu. Les progrès de l'artillerie rendirent bientôt indispensable remploi de cuirasses de 20 à 25 centimètres ; on dut sacrifier la protection des œuvres-mortes aux extrémités et limiter les parties blindées à une ceinture et à un réduit central renfermant l'artillerie. Malgré la diminution de la surface blindée, le poids de la cuirasse atteignit 18 Vo ^^ déplacement qui est passé de 5 618 tonneaux à 7 750 en allant de V Héroïne {fig. 340) au Marengo et à Y Océan (fig. 341).

Quand il fallut adopter des cuirasses de 35 et 38 centimètres sur le Redoutable et la Dévastation ^ la longueur du réduit dut être considérablement diminuée. Sur les navires antérieurs, celles des parties vitales du navire, machines, chaudières, soutes à munitions, qui avaient pu trouver place à Taplomb du réduit^ dans les fonds, étaient garanties par le blindage des œuvres-mortes, sinon contre les coups d'enfilade, au moins contre les projectiles venant du travers. Déjà insuffisante sur ces cuirassés, la protection des fonds aurait été illusoire avec un réduit moins développé; car, à mesure que la longueur de la partie blindée des œuvres-mortes diminuait, l'espace occupé dans les fonds par les appareils moteurs et évaporatoires allait sans cesse en croissant. Pour donner de la vitesse au navire, les chambres des machines et des chaudières ne pouvaient être renfermées horizonlalement dans la longueur du réduit. On ajouta un pont de 6 centimètres d'épaisseur. Sur le Redoutable (fig. 342) et la Dévastation, construits d'après ces principes, le blindage de ceinture a 35 à 38 centimètres d'épaisseur maxima; le poids du cuirassement monte à 27 ou 28 % du déplacement qui s'élève à 8 920 et 10 100 tonnes environ, au premier armement de ces deux navires.

Avec l'Amiral Duperrêei les bâtiments du type Fortnidàble la cuirasse de ceinture atteint l'énorme épaisseur de 55 centimètres; le réduit a disparu, on s'est borné à défendre la flottaison et la grosse artillerie placée dans les tourelles, et à empêcher les ravages des coups plongeants en blindant un pont. Le poids de cuirasse qui sur le premier de ces navires n'est que de 26,1 du déplacement, atteint 34,9 sur le Formidable {fig. ZiVj. V Amiral Duperré déplace environ 11 100 tonneaux, le Formidable 11 900.

Il fallait s'arrêter dans cette voie; sans doute il n'était pas impossible d'accroître le déplacement, mais il était inutile et même mauvais d'augmenter encore l'épaisseur de la cuirasse. Du moment que le navire invuU nérable est décidément une utopie, on a mieux à faire que de sacrifier une énorme partie du déplacement à un poids mort, constituant simplement une protection partielle de quelque valeur contre des coups assez peu probables. Le tir est beaucoup moins assuré en portée qu'en direction, et les combats qui ont été livrés sur mer, soit pendant la guerre de Sécession, soit pendant la guerre du Chili et du Pérou, et la guerre civile du Chili, démontrent nettement que, même à petite distance, ce sera tout à fait par hasard qu'un coup frappera dans le voisinage immédiat de la flottaison. Il parait II 5

CHAP. XXIV. — CUIRASSBMENT

Héroïne 5 618 tonneaux

E = 15cn»

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