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Fig. 340
Océan 7 750 tonneaux
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Fig. 341
Redoutable 8 920 tonneaux
Fig. 342
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VARIATIONS DE l'ÉPAISSBUR ET DE LA REPARTITION DU BLINDAGE 67
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Formidable 11 910 tonneaux
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Fig. 343
Hoche 11 052 tonneaux
Fig. 344
Lazare Carnot 11 090 tonneaux
Fig. 345
68 CHAP. XXIV. — CUIRASSEMENT
certain que la plupart des projectiles toucheront à 2™,50 ou S^jOO au-dessus de l'eau, et que les coups, portant à moins de i°*,00 de la flottaison, seront assez rares. En admettant que le projectile rencontre la ceinture, il y a bien peu de chance pour qu'un pareil coup soit perforant, même avec une cuirasse beaucoup moins épaisse que ne l'exigent les expériences de polygone ; en effet, il faut, pour cela, que le projectile arrive à peu près normalement de manière à ne pas ricocher et possède encore, à l'instant du choc, une force vive considérable.
D'autre part, à moins d'avoir une assez grande hauteur au-dessus de l'eau, la cuirasse la plus épaisse ne constitue qu'une protection très imparfaite de la stabilité, et il vaut certainement mieux lui donner plus de hauteur au-dessus de la flottaison que d'accroître indéfiniment son épaisseur.
Enfin, on peut se demander si ce poids mort qui n'a, comme nous venons de le voir, qu'une valeur assez relative au point de vue de la protection, ne serait pas mieux employé à accroître la puissance offensive et surtout la vitesse : la puissance offensive, de manière à permettre d'écraser l'ennemi, avant qu'on ne risque d'être démoli soi-même; la vitesse, de manière à acquérir la précieuse faculté d'être maître d'offrir ou de refuser le combat.
Sur les cuirassés du type Hoche {fig, 344), mis en chantier en 1880, sur les plans de M. le Directeur des constructions navales Huin^ l'épaisseur maxima de la cuirasse est redescendue à 45 centimètres et le poids du blindage n'est plus que les 32,7 du déplacement. Il est vrai que la résistance des plaques à la perforation s*est un peu accrue, mais comme la puissance des canons a progressé d'une manière encore plus considérable, la protection assurée par la ceinture a notablement diminué (^).
Depuis cette époque, les raisons que nous venons d'invoquer en faveur d'une réduction d'épaisseur de la ceinture de flottaison ont acquis encore plus de poids. Les navires étrangers avec lesquels nos cuirassés auront à lutter ont atteint des vitesses beaucoup plus considérables qu'autrefois. Il est devenu dif Gcile en conservant des tonnages ou, ce qui revient au même, des prix modérés, d'assurer de pareilles vitesses à nos navires, et de leur donner une provision de charbon suffisante, si on sacriGe un poids énorme à cuirasser la ceinture. D'un autre côté, et c'est là un fait aussi important que l'accroissement des vitesses dans le cas particulier des cuirassés, l'apparition des obus à explosifs puissants a transformé les conditions de la lutte. Ces projectiles causent des dégâts énormes, quelle que soit la région du navire où ils frappent ; mais il paraît possible, en employant un blindage relativement peu épais, sinon de les arrêter, du moins de les faire éclater à l'intérieur, dès qu'ils auront traversé.
(*) Nous parlons ici des cuirasses ea acier ou compound employées sur les navires construits de 1880 à 1891. Il n'est pas question, bien entendu des perfectionnements récents tels que le Harveyage, qui ont redonné momentanément une certaine supériorité à la cuirasse, à ne considérer que les projectiles de rupture.
VARIATIONS DE l'ÉPAISSEUR BT DE LA REPARTITION DU BLINDAGE 69
Nous venons de voir qu'on avait été conduit à restreindre de plus en plus la région protégée par un blindage, tout en augmentant les dimensions de la coque. On était entré d'autant plus franchement dans cette voie qu'on supposait une cuirasse mince peu utile : l'introduction des canons à tir rapide à bord des navires, l'apparition des projectiles à explosifs puissants, sont venues redonner une grande valeur à une cuirasse légère qui peut empêcher dans une certaine mesure les effets destructeurs de la moyenne et de la petite artillerie.
Au début de la fabrication des obus à explosifs^ on avait espéré qu'une cuirasse mince de 8 à 10 centimètres suffirait pour provoquer l'explosion de ces projectiles à l'extérieur. Mais aujourd'hui c'est un fait bien connu que de tels obus peuvent traverser des plaques compound et même des plaques d'acier d'épaisseurs moyennes. Les cuirasses minces ne sauraient les arrêter à moins qu'on ne commette l'erreur de placer le dispositif d'inflammation à l'avant du projectile. Le but de la cuirasse de coiïerdam ne peut pas être d'arrêter ces obus, mais de provoquer, s'il est possible, leur explosioQ avant qu'ils n'aient frappé le pont.
La nécessité de garantir le pont contre de tels engins ressort clairement de ce fait que, dans le cas où le projectile éclate au contact, il projette dans les fonds d'énormes fragments animés d'une vitesse assez grande, capables de détériorer les machines, de faire sauter les chaudières, et peut-être de percer la coque.
Quant à leur puissance immédiate de destruction, ainsi que Ta fait remarquer Lord Brassey à la suite des tirs faits à Porstmouth contre la Résistance en 1889, il faut avoir assisté aux expériences pour se figurer les eiïets désastreux d'un semblable obus.
Si le projectile éclate dans un espace clos, il faut, pour donner issue à la formid^le quantité de gaz dégagés, que les parois sautent ; les cloisons ou les ponts sont appelés à être arrachés. Les silhouettes en bois qui remplacent les hommes sont déchiquetées, et pas un être vivant n'échapperait dans la zone d'action. En même temps, il se produit un dégagement de fumée et de vapeurs nitreuses qui interdit absolument, sous peine d'asphyxie, l'approche du local où l'explosion a eu lieu ; c'est à peine si on peut y aller vingt minutes après le moment où elle s'est produite. Il faudrait près d'une demi-heure pour pouvoir commencer à lutter efficacement contre un incendie provoqué par une pareille explosion.
En même temps que les conditions nouvelles de la lutte imposaient l'adoption d'une cuirasse mince disposée comme nous le dirons un peu plus loin, la cuirasse de ceinture perdait encore de sa valeur. En effet, les projectiles de rupture cessaient d'être le plus à redouter. L'adversaire qui a le choix entre deux catégories bien tranchées d'obus n'hésitera pas.
Pour percer une cuirasse épaisse, il faut non seulement que le projectile touche le but dans des conditions déterminées, mais encore qu'il soit spécialement choisi en vue de perforer cette cuirasse. Si on veut viser à la
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floUaîson, on ne prendra pas des projectiles à explosifs puissants qui, en supposant le but atteint, éclateraient sûrement à Textérieur, sans causer aucun dégât, on emploiera des obus de rupture. Les erreurs en portée étant plus fortes que les erreurs en direction, il y a moins de probabilité de frapper la flottaison d'un navire qu'il n*y en avait autrefois de démâter un navire à voiles, et on sait quels désastres a entraînés la fâcheuse habitude de viser à démâter. Sauf des cas tout à fait exceptionnels les obus de rupture ne toucheront pas la ceinture cuirassée. Lorsqu'un tel projectile frappera plus haut que la cuirasse, soit directement, soit par ricochet, il fera un trou dans la muraille et ressortira de Tautre bord, sans causer de dégâts sérieux.
Au contraire, l'éclatement d'un projectile à explosif puissant aura des effets désastreux en quelque point qu'il touche, et, si en particulier il frappe le pont ou éclate un peu au-dessus de la cuirasse épaisse, il ouvrira dans le pont ou dans la muraille des brèches par lesquelles l'eau s'introtroduira au roulis, au tangage, au passage des crêtes de lames, et pourra mettre le navire hors d'état de continuer la lutte.
Le vrai projectile de combat, ce n'est plus le projectile plein, c'est le projectile à grande capacité chargé d'une grande quantité d'explosif, c'est le seul dont on se servira vraisemblablement, et, contre celui-là, il est inutile d'employer les cuirasses épaisses en usage jusqu'à ces dernières années (').
Quoique cette conclusion amène plutôt à un type qui sera décrit plus loin, il n'était pas inutile de bien préciser ces points avant d'exposer la façon dont on a compris la distribution du blindage sur les derniers cuirassés, distribution qui a d'ailleui*s été indiquée quand on a étudié la charpente de ces navires.
Nous laisserons de côté le Jauréguihemj qui se rapproche des anciens cuirassés par la disposition de son blindage, ainsi que le Charles-Martel et le Lazare Ca)mot [fig, 345), navires plus modernes, mais correspondant à
(*) Nous avons été heureux de voir les idées que nous avions émises en rédigeant ces pages confirmées d'une façon complète par un de nos officiers les plus autorisés, M. Vallier^ chef d'escadron d'artillerie, membre de la Commission de Gdvre, Nous le citons textuellement.
» L'emploi d'obus explosifs permettra aux bâtiments que leur dotation en bouches « à feu anciennes semblerait mettre hors d'état d'entrer en ligne, de soutenir la « lutte contre un adversaire plus puissamment armé. Il n'est pas improbable ^e voir « un bâtiment bon marcheur, armé de pièces de moyens calibres et par suite appro- « visionné à un plus grand nombre de coups, subir sans inconvénient la poursuite « d'un cuirassé et lui faire des avaries sensibles. »
« En présence des progrès actuellement réalisés dans la construction des blîn- « dages, le tir à perforation sera]presque toujours inefficace. Ce n'est que par le^ « projectiles chargés en explosifs, tirés à des vitesses moyennes (de 400 mètres en- « viron) que peuvent et doivent être attaqués généralement les cuirassés. Ce dernier « tir peut, du reste, s'exécuter avec toute espèce de canons ou de mortiers et n^ « nécessite pas la construction de bouches à feu d'une mise en place encombrante « par suite de leur longueur et d'un prix de revient exceptionnellement élevé. » E. Vallier, chef d'escadron d'Artillerie, Méthodes et formules de balistique expérimentale. Revue d'Artillerie. Janvier 1894.