DISPOSITION DE LA CUIRASSE SUR LES CUIRASSES ITALIENS
tout autre principe que celle des navires précédents. La protection de la fioltabililé et de la stabilité, la protection des organes vitaux, accumulés dans les fonds, sont obtenues en cuirassant un pont placé en grande partie au-dessous de l'eau, et en établissant sur ce pont une tranche cellulaire très divisée.
Sur les grands cuirassés de 14 000 tonnes, type Sardegna et Re Hum-beHo (voir fig. 137 (*) et dernière fig. de la pi. Il), le pont blindé est établi à 80 centimètres au-dessus de la flottaison dans la partie centrale, il s'abaisse en abord, et en allant vers les extrémités, de manière à rencontrer la carène suivant un livet situé à 1"*,90 au-dessous de la flottaison.
Au-dessus de ce pont règne une tranche cellulaire très compartimentée; les caissons en abord formant cofferdam sont remplis de liège. Le liège ne se refermera pas après le passage d'un projectile, mais, grâce à sa faible densité qui lui permet de flotter, il constitue tout autour du navire une sorte de ceinture de sauvetage; d'ailleurs on pourrait venir boucher la brèche en descendant dans une coursive ménagée derrière le coiïerdam.
La partie horizontale du pont ne devant être atteinte par les projectiles que sous des incidences faibles n'a pas besoin d'être très épaisse. La portion formant talus, qui est exposée à recevoir des projectiles sous une incidence relativement forte, doit être plus épaisse que la partie plate du pont : sur le Re Humberto son épaisseur totale est de 15 centimètres au lieu de 10 dans la partie centrale.
Sur les premiers cuirassés italiens, il n'y avait pas de blindage mince sur les flancs, mais simplement un pont en dos de tortue à rintérieur. Dans ce cas, la partie en forme de talus, descendant en abord aussi bas qu'une cuirasse de ceinture, joue le même rôle que celle-ci. Le poids total est un peu moindre que celui qui résulterait de l'emploi simultané d'une cuirasse verticale, assurant une protection équivalente, et de la portion supplémentaire de cuirasse de pont dont il faudrait revêtir le haut du talus, si on substituait au système en question un cuirassement avec ceinture.
Contrairement aux idées généralement admises, un talus incliné n'est pas nécessairement supérieur à une cuirasse verticale au point de vue de la résistance à la perforation. Nous éluciderons cette question après avoir montré que la solution logique consiste à descendre franchement le pont au-dessous de l'eau en supprimant le talus.
Néanmoins, lorsque la partie horizontale du pont blindé ne dépasse pas le niveau de la flottaison, le nombre de coups qui peut atteindre le pont se trouve diminué et la protection des fonds contre les projectiles pleins est obtenue avec un poids et un prix moindres. C'est à ce système que les Italiens avaient donné la préférence lorsqu'ils ont construit les grands navires
(•) Tome I, p. 188.
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GHAP. XXIV.
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protégés Vltalia {fig. 355) et le Lépanto, mis en chantier avant l'apparition des obus à explosifs puissants et le développement de la petite artillerie à tir rapide.
Mais aujourd'hui, ainsi que nous l'avons déjà indiqué, si la partie du pont qui monte au-dessus de la flottaison, ou reste à une faible distance audessous, est rencontrée par un projectile à la mélinite, celui-^ci éclatera au contact et détachera des fragments énormes qui, projetés dans les fonds avec une force vive considérable, mettront à mal les machines et les chaudières en provoquant des explosions, et peut-être même perceront la coque du navire.
Italia 13 850 tonneaux
Pont 75 millimètres Réduit 430 millimètres
Fig. 355
Si donc on ne peut placer le pont suffisamment bas pour le soustraire au choc direct des obus, Tadoption d*une cuirasse mince, destinée à prévenir de tels dégâts, en faisant éclater le projectile avant qu'il n'ait pu arriver au contact du pont, s'impose absolument, comme lorsqu'il s'agit d'un pont blindé horizontal rejoignant les cans supérieurs d'une cuirasse de ceinture épaisse. Il convient d'ailleurs de faire descendre la cuirasse mince assez bas, de manière à empêcher les projectiles de pouvoir frapper directement sur le talus, dans le cas où les œuvres-vives viendraient à être découvertes sur une certaine hauteur, soit au roulis, soit dans le creux des vagues. La cuirasse mince, indispensable pour se défendre contre les obus à explosifs puissants, est également très utile ici pour empêcher la coque d'être criblée dans le voisinage de la flottaison par les petits projec* tiles, lancés avec des pièces à tir rapide.
Pour ces différentes raisons, le Duilio, la Sardegna {fig. 356) et le Re HumheHo ont reçu sur leurs flancs une cuirasse de 10 centimètres d'épaisseur, qui descend jusqu'à la rencontre du pont blindé et de la carène, ài°,80 ou i°,90 au-dessous delà flottaison, et monte à environ 3 mètres