B. CONSTITUTION DU BLINDAGE
S32. métal des plaques. — Les plaques de blindage employées au cours de ces dernières années sont, soit des plaques en acier martelé ou laminé, soit des plaques compound, obtenues par la coulée d'une couche d'acier sur une plaque de fer.
Dans les plaques compound la coucbe d'acier qui est destinée à recevoir le choc du projectile avait au début le tiers environ de l'épaisseur totale; on tend aujourd'hui à la porter à la moitié. On a cherché, en employant ces plaques, à allier la grande résistance à la perforation de l'acier à une tenue convenable des fragments de la plaque après le tir. La résistance à la perforation des plaques compound dépasse d'au moins 30 Vo ^^^'® ^^ plaques de fer.
Les premières plaques d'acier étaient sujettes à se fendre ; depuis, les progrès de la métallurgie ont permis d'obtenir des plaques entièrement en acier qui ont donné de très bons résultats aux essais de tir, et beaucoup de navires, surtout en France, ont tout ou partie de leur blindage constitué par des plaques d'acier. Avec une plaque homogène en acier, non seulement lu résistance à la perforation est un peu plus considérable, mais surtout on n'a pas à craindre que la couverte, peu adhérente, se détache et tombe, comme cela arrive fréquemment avec les plaques compound, lorsque plusieurs projectiles rencontrent la môme plaque. De plus, lorsqu'aux projectiles de fonte, employés jusqu'ici pour la recette des plaques épaisses, on substitue un projectile en acier chromé, l'augmentation des effets destructeurs n'est pas nettement accusée.
Voici les pénétrations de l'acier par des projectiles de différents calibres supposés tirés normalement avec des vitesses initiales de 800 à 900 mètres (*).
VitesKd inil
iale de 800
VitoMS initiale de 900 |
à bout porUnt
à 2000de distanee
à bout portant
à 2000de distanee
Canons de 10 ««
26 cm
12cm
31 ca»
ncm
ly
(») M. le Directeur des constructions navales Bbrtin. — Etat actuel de la Marine de guerre.
(2) Avec le canon Krupp de 28 centimètres, employé pour la défense des côtes en Allemagne (projectile de 345 kilos lancé avec une vitesse initiale de 675 mètres), les épaisseurs traversées, calculées par M, Vallier, sont respectivement de 74 et 60 centimètres pour des distances de 500 et de 2 000 mètres s'il s'agit d'acier doux, de 67 et 50 centimètres s'il s'agit des plaques harveyées, dont il sera question plus loin.