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Dimension et poids des plaques de blindage

La cuirasse se compose, en général, d'une seule épaisseur de métal. Cependant ri nsuflisance de ToutiMage industriel a quelquefois conduit à confectionner des blindages en superposant une série de lùles réunies par des rivets; c'est ainsi qu'ont été blindés la plupart des navires américains au moment de la guerre de Sécession. Mais les blindages constitués de cette manière sont inférieurs à ceux de même épaisseur et d*un seul morceau, surtout quand ils reçoivent un projectile tiré à peu près normalement ; aussi cette disposition n'est employée depuis longtemps que pour des blindages de pont.

Néanmoins, on a quelquefois craint que l'exagération des épaisseurs ne permit pas d*obtenir des plaques de résistance sufdsante, et on a préféré substituer à un blindage unique deux blindages moins épais qu*on superposait; on espérait que la qualité supérieure du métal compenserait largement la diminution de résistance qui résulte de la subdivision de Tépaisseur. Tel est le cas de la cuirasse de V Inflexible dont l'épaisseur maxima atteint 61 centimètres. Les deux plans ne pouvant pas porter convenablement Tun sur l'autre, on a eu soin alors d'interposer un matelas entre eux.

A part ces exceptions, la cuirasse des flancs, des tourelles et des blockhaus est toujours constituée par une seule couche de métal.

De même que l'épaisseur, les dimensions superficielles des plaques ont beaucoup varié depuis le début de la construction des cuirassés. Sur les premiers navires blindés, on se préoccupait de faire servir la cuirasse à la consolidation de la coque ; cela était à peu près indispensable avec une charpente en bois, beaucoup moins rigide que celles en fer et en acier. La cuirasse, qui, comme nous l'avons vu, descendait à 2 mètres ou 2'",50 au-dessous de leau et recouvrait entièrement les œuvres-mortes, se composait de plusieurs virures formées de plaques à écarts décroisés, que Ton faisait aussi longues que possible. Le plus souvent ces plaques étaient rendues solidaires par des clefs engagées dans les joints longitudinaux. Les plaques des batteries flottantes de Crimée avaient 4™,20 de long, celles du Warrior atteignaient 7 mètres ; sur la Gloire, elles avaient environ 5 mètres de long et leur poids, limité par les exigences de la fabrication, ne devait pas dépasser 2 000 kilos.

La réduction de la cuirasse à une simple bande à la flottaison a ramené le nombre des virures à deux au maximum. Avec les plaques en fer, la résistance à la pénétration était d'autant meilleure que la plaque avait une masse plus considérable et que le coup frappait plus loin des cans. On a donc été conduit à constituer des engins de laminage puissants, permettant la fabrication de plaques de plus en plus pesantes. On estarrivé à produire facilement des plaques de 20 à 2i tonneaux ayant une épaisseur de 30 à iO centimètres; avec des épaisseurs plus considérables on obtient même des plaques de 40 tonneaux. On en est ainsi venu sur les grands cuirassé», en

renonçant à l'idée de consolider la coque par la cuirasse, à composer la ceinture au moyen de plaques ayant toute la hauteur de la bande blindée, soit 2 mètres ou 2™, 50, et dont la longueur est limitée à 4 mètres environ par la condition de ne pas dépasser une quarantaine de tonnes. Aux extrémités, le can inférieur de la cuirasse s'abaisse pour venir aboutir à l'éperon, le can supérieur a quelquefois de la tonture; la largeur de la bande cuirassée s'accroît et les formes sont beaucoup plus compliquées ; on a été, par suite, forcé de diviser, en général, cetle partie de la cuirasse en deux virures.

L'avantage qu'il y a à réduire à une seule virure la cuirasse des flancs disparaît quand on emploie des plaques en acier ou mixtes; avec celles-ci, au contraire, en réduisant la surface, on diminue les conséquences de l'avarie que produirait un coup de canon tiré près du centre d'une plaque. En effet, la tendance qu'ont les fentes, partant du point d'impact du pro* jectile, à s'étendre jusqu'au bord pourrait faire craindre qu'une plaque de trop grande surface ne se fendît et que le boutonnage ne fût ébranlé sur une trop grande étendue, bien que ces blindages soient beaucoup plus résistants à la perforation que ceux en fer. Si on constitue la ceinture au moyen de deux virures, un coup de canon ne risque de faire d'avarie que dans l'une des virures en laissant l'autre intacte, et, en général, la virure supc^rieure seule sera frappée; sur la moitié inférieure de la hauteur, les fentes ne se propageront pas ou bien la couverte restera adhérente, tandis que si la ceinture était en une seule virure, les dégâts produits intéresseraient toute la hauteur. De plus, cette division diminue considérablement les difficultés de la fabrication et de la mise en place. Ces raisons ont fait adopter par quelques constructeurs une cuirasse en deux virures sur un certain nombre de cuirassés récents, tandis que d'autres conservaient la ceinture formée d'une virure unique.

Les croiseurs cuirassés ayant leurs œuvres-mortes recouvertes d'un blindage mince sur une grande partie de la hauteur, on est revenu sur ces bâtiments à une distribution analogue à celle des anciennes frégates cuirassées. Seulement, en même temps, tout en employant des plaques de grande longueur (6 mètres sur le Dupiiy-de-Lùme, 7", 50 sur le Charner), on a pu donner aux différentes virures une hauteur beaucoup plus considérable que sur les anciens cuirassés. Les écarts sont décroisés.

t^3 1. Joints. Clavctoge entre les plaques de certains croiseurs. — On a vu plus haut que sur les premiers cuirassés à charpente en bois, on avait cherché à faire concourir le blindage à la consolidation de la coque, au moyen d'un clavetage approprié.

La similitude do répartition du blindage entre les croiseurs cuirassés actuels et les premiers cuirassés a appelé de nouveau l'attention sur le parti qu'on peut retirer du revêtement cuirassé pour consolider la coque.

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