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JOINTS, CLAVETAGE ENTRE LES PLAQUES DE CERTAINS CROISEURS

Sur le Dupuy-de-Lôme, on n'a pas donné suite à Tidée de faire Iravailler le blindage comme un bordé de carène en tôle. Sur le CAamer, au contraire, pour empêcher le glissement relatif des virurcs, les joints longitudinaux sont munis do clefs sur la moitié de la longueur du navire, au milieu. Ces clefs, au nombre de trois au moins par plaques, sont des clavettes en fer de 70 millimètres de long, enfoncées à refus dans des mortaises formées de deux entailles de même longueur et de 17 millimètres de large, pratiquées dans les cans des virures contiguës {fig. 366), les clefs sont ensuite arasées de manière à affleurer la cuirasse. Grâce à cette disposition, chaque plaque d'une virure joue le rôle d'un couvre-joint par rapport aux deux plaques consécutives d'une virure voisine à laquelle elle est reliée par ces clavettes.

Si le revêtement de la ceinture pouvait être assimilé à un solide, sollicité par des forces de traction réparties convenablement sur la hauteur, sa valeur au point de vue de la

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Fig. 366

résistance à la traction serait mesurée par la section totale des clavettes qui se trouvent sur le contour a, b, c, d {fig, 367) ; soit dans le cas de la Ggure et avec des clavetles ayant même dimension que sur le Charner,

dont la cuirasse a 92 millimètres

d'épaisseur.

En réalité, la question est un peu plus complexe; d'une virure à l'autre les tensions produites par la flexion ^'o- "^^

varient, et, de plus, les clavettes, en même temps qu'elles résistent à ces tensions, doivent s'opposer au glissement; elles supportent ainsi les deux genres d'elîorts que, dans un bordé de carène, subissent séparément les rivets des joints transversaux et les rivets des joints longitudinaux. On a calculé qu'avec une semblable disposition, le bâtiment étant considéré comme une poutre creuse reposant sur deux appuis, la résistance additionnelle provenant du clavetage équivaudrait, grosso modo, à celle d'un bordé supplémentaire, en tôle de 8 millimètres.

Malgré rinlérôt qu'il peut y avoir à accroître ainsi la rigidité longitudi-

nale, ce clavrtage a de graves inconvénients ; d'abord il multiplie les points faibles des plaques, ensuite il est d'une exécution coûteuse et difficile : on peut, en effet, percer la moitié des mortaises à Tatelier, mais les autres doivent être percées ou du moins ajustées à bord, après la mise en place du blindage. Aussi vaut-il mieux se contenter de la rigidité longitudinale offerte par le platelage et les ponts et rejeter ce procédé qui ne peut qu'augmenter la durée et le prix de la construction.

Quand il s'agit de blindages épais, les plaques ne bulent pas Tune contre Tautre ; on laisse entre elles un jour de 5 à 8 millimètres que l'on bourre d'étoupes, par dessus lesquelles on met du ciment ou du mastic au minium. Il ne faut pas interposer de cales pleines entre les plaques : autrement, le choc d'un projectile, au lieu d'ébranler la plaque touchée seule, se répercuterait sur les voisines dont le boutonnage pourrait avoir à souffrir. Le bourrage d'étoupes assure une certaine élasticité qui est bien préférable. H est assez difficile que Tétoupe reste absolument sèche, le ciment et le mastic sont une protection insuffisante pour cela; on en est quitte pour changer quelques étoupes de temps à autre lors des passages du navire au bassin.

Dans le cas d'un blin'dage mince, il convient également de laisser entre les plaques un jour de 3 à 6 millimètres. Lorsqu'il existe un clavetage comme sur le Chanter ^ il n'y a aucun inconvénient à boucher ce vide avec des cales pleines. La présence de clefs rendant chaque plaque solidaire des voisines, il n'y a plus d'intérêt à employer de l'éloupe au lieu de cales.

235. Plaques de pont* — Les plaques de pont étant assez minces peuvent être faites très longues ; toutefois si on exagérait la longueur, ce serait au détriment de l'homogénéité de la plaque, et peut-être de sa trempe. Les usines n'éiant pas, en général, installées pour tremper des plaques de plus de 9 mètres, cette longueur est un maximum.

Pour dos raisons du même ordre que celles exposées dans le paragraphe préciHlonl, on doit réserver entre les cans longitudinaux et transversaux des plaques adjacentes un jour suffisant {wur permettre de calfater convenablement les joints.

En g«'uiéral, on ne mel pas de clavettes entre les différentes virures qui oonsliluent le blindage des |X)nts ; cependant sur certains navires on a employé des boulons à tiHe carrée, jouant le rôle de clefs.

2UO. Parlieularilês relatives aux euirassés à eeinlure épaisse* a) Chaise de cuirasse. — A la jwurlie inférieure, la cuirasse et le matelas rejiosont sur une chaise ou taUctle ménagée dans la coque et qui a été dtVrite plus haut; on sait que sur les derniers cuirassés, la chaise est siimpleinont constituée |>ar le prolongement du pont blindé inférieur.

Sur quelques navin^s déjà anciens, le bordé sous cuirasse prolonge

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