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PARTICULARITÉS RELATIVES AUX CUIRASSÉS A CEINTURE EPAISSE

le bordé de carène, et alors la cuirasse ainsi que Je matelas, quand il y en a un, sont placés extérieurement (Dévastation anglaise, Onondaga), Avec le poids énorme des cuirasses de ceinture actuelles, il serait imprudent de faire travailler par cisaillement les boulons de blindage. Il n'en est évidemment pas de même lorsqu'il s'agit des cuirasses légères de croiseurs blindés. Aussi les plaques de ces derniers bâtiments sont-elles en porte-à-faux.

b) Jonction du pont blindé et de la cuirasse des flancs, — Quand il y a une cuirasse épaisse formant ceinture, la partie supérieure de cetle cuirasse reçoit, en général, l'aboutissement du pont blindé principal. On pratique à cet effet une feuillure sur le can supérieur du coté de l'intérieur [fig, 368). Les plaques de pont placées en abord pénètrent dans ce logement et sont tenues à la cuirasse de ceinture par des prisonniers, enfoncés verticalement.

On s'est quelquefois contenté de faire recouvrir le can supérieur de la cuirasse de ceinture par le pont blindé {fig, 3G9).

Celle disposition qui exige moins de travail que la précédente a un in-

Fig. 368

convénient : il peut être à craindre qu'un projeelile tiré normalement ne relève la plaque du pont en l'arrachant. Par contre, il résulle du dispositif ordinaire à feuillure que les chocs subis par la cuirasse de ceinture vers son can supérieur se transmettent intégralement aux plaques de pont et à leurs attaches qui tendent à être cisaillées.

Si, comme on l'a fait quelquefois, on prolonge le double bordé sous cuirasse au-dessus du pont blindé {fig, 370), les plaques de pont sont naturellement arrêtées à l'intérieur du double bordé. De petits morceaux de plaques, larges et peu longs, sont disposés du coté de Texlérieurde manière à recevoir le matelas, et pénètrent comme à l'ordinaire dans une feuillure de la cuirasse de ceinture. Dans ce cas, les plaques du pont proprement dit sont séparées de la ceinture par un calfatage ayant quelque élasticité, et le cisaillement des prisonniers qui tiennent les plaques recouvrant le matelas est moins à craindre. Lorsqu'on emploie ce dispositif, le pont blindé intérieur peut, soit venir à la hauteur du can supérieur do la cuirasse comme

Fis. 370

sur la Dévastation, soit descendre au-dessous comme sur le ^oc/ic. Celle seconde disposilion n'est plus usilée depuis Temploi des nouveaux projectiles;

en effet, avec les obus à explosifs puissants, il faut autant que possible éviter tous les angles rentrants.

Le pont blindé d'un cuirassé anglais, dans la région entourée d'une ceinture épaisse, est formé de plusieurs épaisseurs de tôles pénétrant dans une feuillure {fig. 114, p. 170, tome I). Il y a peut-être une petite infériorité de résistance, mais cela coûte moins cher.

Cette infériorité de résistance n'est d'ailleurs pas démontrée, l'action d'un projectile qui rencontre un pont n'étant pas assimilable ù celle d'un obus qui frappe la plaque sous une incidence de 60° au plus. Les plaques d'une seule venue, avantageuses pour le blindage des flancs, ne présentent peut-être pas au lant d'intérêt quand il s'agit simplement de faire ricocher le projectile. En tout cas, un pont formé de tôles d'acier vaut mieux à égalité d'épaisseur qu'un pont fait avec des plaques de fer, et en se servant de tôles d'acier spécial, à la fois résistant et peu sujet à se fendre, ou obtient aisément la môme résistance qu'avec des plaques d'acier doux. L'emploi de ponts en plusieurs épaisseurs de tôle est donc très admissible.

!237. Constitution des ponts protecteurs. — Lorsqu'un pont blindé est à peu près horizontal, toutes les plaques ont même épaisseur. Mais quand il affecte la forme d'une carapace, les plaques d'en abord doivent être plus épaisses que celles de la partie centrale.

Si le pont a une courbure continue, les plaques de pont ayant chacune une épaisseur constante, il n'est pas possible de réaliser l'égalité de protection des diverses parties. On peut bien, comme sur le Charner, metlre une cuirasse de 4 centimètres au-dessus de la flottaison et en installer une de 5 centimètres au-dessous dans la partie où l'inclinaison est plus forte; mais le poids semble devoir être mieux réparti quand on donne au pont une forme brisée comme sur VIsly et le Chasseloup-Laubat, Il est alors théoriquement possible de réaliser pour chaque inclinaison la protection voulue en calculant convenablement l'épaisseur des plaques. Ces dernières sont également plus faciles à faire, élant comprises entre deux faces presque planes.

Lorsque le pont a une section de forme pentagonale {fig. 371), ot fait souvent la partie basse moins épaisse que la partie AB, bien qu'elle soit plus inclinée que celle-ci sur rhorizonlale. En effet, le bas du talus, étant au-dessous de la flottaison, ne pourra être atteint que par un projectile ayant déjà traversé un matelas d'eau ou bien ayant ricoché, et par suite, rencontrant la plaque sous un angle plus faible. En un mot, de même que

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