‹ ArchitectureChapitre 2 sur 52 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Emploi de Fargile et de la pierre. — Les habitations ordinaires. — Les Palais. — Les Temples. — Les Tombeaux. — La décoration : peinture et bas-reliefs. — Epoques et principaux monuments. — Influence de Fart éi^vptien.

SI les habitants de la région du Nil n'avaient que peu de bois à leur disposition, ils pouvaient utiliser avec abondance l'argile et la pierre.

Ils réservèrent celle-ci pour les édifices éternels qu'ils consacraient à leurs dieux et à leurs morts. Ils se servirent de la première, plus répandue, plus facile à travailler, plus économique, pour construire leurs maisons et les murailles de leurs villes.

Cette argile n'est autre que le limon noir et gluant abandonné par le Nil, lorsque ses eaux rentrent, au début

de chaque hiver, dans leur lit. Triturée avec de la paille hachée ou du sable, moulée par petits blocs rectangulaires, séchée au soleil pendant quelques jours, elle acquiert la dureté de la pierre.

Pour construire les murs, les Egyptiens se contentaient de superposer des briques sèches; quelquefois ils posaient entre elles des lits de sable ou d'argile fraîche. Les plafonds, peu élevés, d'une courte portée, étaient faits de roseaux et d'argile agglomérés et consolidés par des troncs de palmiers. Les portes, les fenêtres étaient étroites et rares, sur-

montées, soit d'une traverse de bois, soit d'un arc de briques : les Egyptiens, en

•-^tt^ma'ttfl'tM!

Maison ci;\ ptieiiiic.

Restitution faite pour l'Exposition de 1880.

Publiée dans l'Histoire de l'Habitation humaine (Hachette, éd.).

effet, connaissaient l'art de former des voûtes sans employer les cintres, en utilisant simplementlagrande adhérence et la prompte dessiccation de l'argile qui leur permettaient d'agglutiner les briques rapidement. Le toit était plat et formait une terrasse où la famille venait dormir durant les nuits les pluschaudes. Les habitations du commun peuple, basses et grossières, ressemblaient à ces huttes de pisé qui constituent, à peu près dans toutes les régions misérables et au début de toutes les civilisations, le logis des pauvres gens. Les habitations des riches, très étendues, comprenaient de vastes cours, plantées de treilles et d'arbres, ornées de kiosques et de bassins, entourées de salles basses servant de communs. Pour le maître, était bâti un épais pavillon, d'un seul étage, surmonté d'une terrasse. Des murailles hautes et larges entouraient cet ensemble et le défendaient contre les agresseurs. Une seule porte, rarement deux, s'y ouvrait, flanquée de deux tours massives.

Page 1