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LES TEMPLES

Demeures des dieux, les temples présentaient tous les caractères des de-

meures des hommes les plus puissants, mais davantage que celles-ci encore, ils étaient bâtis pour durer, indestructibles et inviolable>.

On leur réservait la pierre, qui se rencontrait en Egypte sous la forme du calcaire le plus tendre comme sous celle du plus dur granit, et que les constructeurs savaient avec beaucoup d'habileté, mouvoir, tailler et assembler. Les blocs, parfois, en étaient énormes: ceux, par exemple, dont on faisait des fûts de colonne, des obélisques, des dalles de plafond.

Dans la maçonnerie ordinaire, leurs dimensions étaient celles de nos grosses pierres de taille. Ils étaient rarement liés avec du mortier; leur surface extérieure n'était taillée ou sculptée qu'une fois tout le pan de mur bâti. Souvent, pour en assurer la solidité^on les joignait dans l'épaisseur des murailles par des pièces de bois taillées en queue d'aronde.

On rencontrait peu de voûtes en pierre: obtenues en faisant avancer graduellement sur le vide, tout autour, chaque assise de la muraille, elles ne

ColounaJcb dans ;i île de l'Iiil^i;.

pouvaient atteindre une grande étendue; aussi préférait-on couvrir à plat; on

VARCHITECrURE

divisait les salles par des Hles de co- et à gauche surtout aux e'poques les

lonnes, sur lesquelles on appuyait les moins anciennes) d'une colonnade très

vastes dalles qui constituaient le plafond; riche d'aspect. Les deux murailles laté-

c'est ce procède' qui donne

à l'intérieur des temples -

égyptiens une si particulière

physionomie. On appelle

hypostyles (c'est-à-dire

« sous colonnes ») les salles

ainsi couvertes.

Quant au plan même des temples, il est presque toujours compris de la sorte :

au fond, le sanctuaire ou séjour du dieu, aussi dissimulé que possible; en avant, le « naos », grande salle entourée de chambres de service, et réservée aux seuls initiés ; en avant encore, l'avant-cour, bordée de portiques, où peuvent pénétrer tous les fidèles.

1° Le sanctuaire. Il est étroit, sombre, quelquefois creusé dans un seul bloc de granit, et décoré sur ses parois de bas-reliefs et d'inscriptions.

2° Le naos C'est, au point de vue architectural, la partie la plus soignée; ses murs épais ne sont percés que d'étroits soupiraux; la lumière pénètre d'en haut par la claire-voie que détermine la différence de hauteur des plafonds, les colonnes des files centrales étant plus élevées que celles des files latérales. L'ornementation est très riche. A l'effet produit par la perspective monumentale des colonnes, s'ajoute celui des bas-reliefs

qui couvrent les murs du haut en bas, raies sont bordées de portiques dont les et des statues qui, notamment de chaque piliers sont ornés de sculptures. En face côté de la porte, sont dressées le long des murailles.

3° L'avant-cour. La porte qui la met en communication avec le naos est peu élevée, peu large, mais fîanquée à droite

Vue perspective d'un palais égyptien ;i Tell-al-Amarna. L'entrée es! en avant entre les deux pylônes. Puis vient une cour que borde un portique, ensuite les appartements du prince, de ses femmes et de ses enfants. Autour les communs. Au fond, des jardins avec des pièces d'eau, et diverses dépendances.

'Restitution de Perrot et Chipiez.) Histoire de l'Art dans l'antiquile (Hachette, éd.).

de l'entrée du naos, se dresse l'énorme entrée du temple ou pylône; sa masse compacte et élevée sert à la fois à annoncer de très loin l'emplacement du temple et à en fortifier l'accès. C'est

LES STYLES

une portecreusée dans un mur très épais, plus large à la base qu'au sommet; les

l|gn!R ^'iOlBWB

Ruines ti un temple dans i iie de PniUe.

A gauche, l'entrée du temple entre les deux pylônes : a droite, un petit monument, plus récent, dédié à Isis. et servant probablement de salle d'attente.

parois de ce mur sont couvertes d'inscriptions et de bas-reliefs et flanquées de hautes statues de granit. Devant, sont plantés des mâts portant des oriflammes et des aiguilles de pierre — les obélisques. Une allée bordée de sphyn.x

Ediou. — Pylône orné de figures sculptées en creux." Au milieu, la porte; en arriére, la cour bordée, au fond, d'un portique.

accroupis conduit loin en avant du temple.

Tout ceci n'est qu'un noyau. Chaque génération y ajoute à son tour, qui

une salle, qui une cour, qui un pvlône. On rencontre des temples qui couvrent, comme celui de Karnak, environ trois hectares de superricie, ou qui comptent, comme celui de Louqsor.

trois salles en avant du sanctuaire primitif, une longue galerie en avant du pylône, et en avant encore de cette galerie, une cour, un second pylône et enfin une avenue de béliers.

Quelques temples, par contre.

n'occupent qu'une étendue restreinte, ainsi celui d' E 1 é p h a n line ; d'autres, dans la région éthiopienne principalement. étaient creusés dans le rocher et il n'en apparaissait — comme à Ipsam boul — qu'une façade précédée de quelques marches et ornée de colossales se ul p lures. qui sont

l'ian du temple de Louqsor.

(D'après Perrot et Chipiez).

Sanctuaire entoure de petites -ailes de service, — B. Naos. — C. Galerie hyposlylc, — D. Premièrecourbordéede colonnades.

— K. Galerie hyposlyle. — F. Seconde cour, — G. Façade, statues ei pyramides.

taillées dans le roc.

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