Façade
— Les grandes lignes de la façade rappellent les dispositions intérieuresde l'église. A la nef et à chaque bas-côté correspond une porte. En
avant se trouve parfois placé un porche de charpente ou de pierre. Au-dessus du portail des plus vastes églises s'étend une galerie à jour et dans le pignon, audessus, s'ouvre une fenêtre qui est souvent de forme circulaire. Le pignon est lui-même surmonté d'une croix.
6. Clochers. — Sur l'église sont édifiées des tours pour les cloches. Ces
Angoui.ême. — Cathédrale.
Façade du \ii' siècle, les deux tours ont été ajoutées récemment
L'intérieur ne comporte qu'une nef voûtée à cinq coupoles.
fenêtres géminées ( 1 ; eur toit est peu aigu; dans les petites églises il consiste dans une double batière de tuiles posée sur deux pignons trianguaires.
ORNEMENTATION
C'est dans la décoration sculptée des églises qu'on distingue surtout les influences byzantines transportées en France, dès le vi*^ siècle, par les ivoires, les pièces d'orfèvrer ie, les étoffes. Ces influences se t rah issen t dans la forme des rinceaux, des animaux, des figures et de certains ornements symboliques. Mais l'influence des formes romaines est encore plus apparente dans les perles, les oves,les têtes de clous, les méandres, les tresses qui ornent les archivoltes ou les moulures des façades, et surtout dans la feuille d'acanthe, traitée avec
(l) C'est-à-dire ; « groupées deux à deux ».
Paris. — Eglise Saint-Germain-des-Prés.
Tour du XII' siècle, remaniée.
une rondeur grasse et pleine, quoique avec sobriété, et employée surtout pour décorer les chapiteaux.
Aux voussures des portails sont sculptées soit des bandes de rosaces accolées, formées d'un cercle plat entourant une fleur à grands pétales très ouverts; soit des rinceaux d'où se détachent des tiges symétriquement enroulées, terminées par des fleurs, des feuilles, des palmettes et enlaçant parfois les corps d'hommes grimaçants ou d'animaux fantastiques.
Les çhjipii^aux, au début très allongés et ornés de motifs maigres et secs où l'on reconnaît la copie maladroite des chapiteaux antiques, sont, à partir du xi^ siècle, sculptés avec originalité. Les uns, rappelant la forme des chapiteaux corinthiens, portent des bouquets de feuilles d'eau ; les autres des palmettes et des rinceaux affrontés ; les autres des moulures ovales tressaillantes, appelées godrons; d'autres enfin des figures d'hommes et d'animaux constituant de petits groupes animés dont les sujets sont pour la plupart empruntés à l'Ancien et au Nouveau Testaments.