LES ECOLES ROMANES
Bien que dès la fin du xii' siècle, le style roman commence à être supplanté par le style gothique, il a eu le temps de se répandre sur tout le territoire de la France et des pays voisins. Chaque contrée lui a imprimé, par ses différentes façons de combiner la structure des églises ou de les décorer, un caractère propre. On reconnaît généralement dans l'architecture romane sept grandes « écoles » régionales.
Provence (Types : Saint -Trophime, à Arles ; Notre-Dame-des-Doms, à Avignon ; la cathédrale de Vaison, l'église de Saint- Paul -Trois- Châteaux). — Le chœur est supprimé, les bas-côtés sont étroits et voûtés en demi-berceau, la nef est elle-même resserrée. Les piliers, carrés, sont flanqués de demi-piliers et plus rarement de demi-colonnes; les chapiteaux sont imités de l'antique.
Poitou Types : Notre - Dame - la - Grande, à Poitiers; les églises de Saint- Savin, Saint-Maixent, Parthenay). — Les bas-cotés sont voûtés en berceau, et. comme la nef, hauts et étroits Les piliers, carrés, sont flanqués de demicolonnes d'un fort diamètre, souvent
Carf.nsac (Lot). — Eglise abbatiale du xr siècle-
.Moulage de son portail. .-Vu milieu du tympan, le
Christ dans une « Gloire » ovale, .\ulour de
lui les prophètes.
LWRCIUrECrURF
Phot. Vitry.
Chapiteau de l'abbave de Saint-Denis. Transporté au musée de Cluny.
aussi larges que le
pilier
lui-même.
Auvergne (Types: Notre- Dame-du- Port,à Clermont-Ferrand; les églises de Brioude, de Saint- Etienne à Nevers).
Les bas-côtés sont voûtés en berceau, mais au-dessus, une seconde voûte en demi-berceau vient épauler la nef; cette seconde voûte recouvre des galeries qui s'ouvrent sur la nef, lui transmettant ainsi la lumière qu'elles-mêmes reçoivent par des fenêtres percées dans leur paroi extérieure. Les voûtes des bas-cotésnesontpas soutenues par des arcs-doubleaux : les piliers, carrés, ne sont donc flanqués que de trois demicolonnes chacun.
Le décorsculpté est très sobre et, comme dans les deux régions précédentes, l'impression de beauté est toute procurée par l'harmonieux équilibre des lignes.
Phot. Vitry
AvAi.LON. — Eglise Saint-Lazare (xii' siècle]
Moulage des colonnes ornanl le côté droit du portail.
Phot. Vilry.
Chapiteau à figure de la sacristie de la cathédrale de Reims.
Normandie (Types : chapelle du Mont- Saint-Michel; églises de Saint-Etienne à Caen, de la Trinité à Vendôme; cathédrales de Bayeux et d'Evreux; ce style s'est répandu en Angleterre). — La nef est couverte d'une charpente, à laquelleon n'asubstitué unevoûtequ'à l'époque gothique; les bas-côtés sont voûtés et supportent des tribunes claires et vastes au-dessus desquelles s'ouvre encore sur la net une seconde rangée de fenêtres. Un pilier seulement, sur deux, est flanqué de longues colonnettes. Les arcs sont fréquemment ornés de chevrons sculptés.
Bourgogne (Types : église abbatiale à Cluny ; églises de la Madeleine à Vezelay, de la Charité ; cathédrales d'Autun,de Langres; on appelle souvent cette école l'école clunvsienne'. — La nef
LES STYLES
est recouverte d'une charpente peu large, très haute, remplace'e plus tard par une voûte gothique, tandis que les bas-côtés voûtés en arc brisé, sont au contraire peu élevés. Les piliers sont renforcés de demi-piliers auxquels s'adossent encore les demi - colonnes. L'ornementation sculpturale est très riche soit pour les chapiteaux, soit pour les tvmpans ou les voussures des portails.
Ecole germanique Cathédrales de Trêves, de Mayence, de Saint-Quentin; églises de Saint-Dié, de Rosheim). — La nef est recouverte d'un toit de charpente, les bas-côtés, peu élevés, sont voûtés en berceau; au-dessus, une hie de fenêtres vient éclairer la nef. Les piliers carrés alternent avec des colonnes rondes et trapues.
Ile -de- France Eglises de Saint- Germain-des- Prés, à Paris ; de Saint- Etienne, à Beauvais, de Morienval . —
C'est dans cette région, celle du Domaine royal, que se manifestent les tentatives nouvelles d'où presque aussitôt naîtra le style gothique. On en verra les caractères en étudiant l'origine de celui-ci.
.\ri.i;s. — Eglise Saint-Trophime.
Portail du xm' siècle, le (jrand picnon du milieu
marque la largeur de la nef. De chaque côlé.
et beaucoup plus ba.s, les loiis des bas-côtés très
étroits: c'est une des caractéristiques de l'école provençale.
quelles on célébrait le sacritice mystique de la messe. Mais dans les catacombes, on avait pris l'habitude de célébrer ce sacrifice sur le tombeau d'un saint; on continua durant toute l'époque romane, en plaçant l'autel au-dessus d'un semblable tombeau, ou tout au moins d'une châsse renfermant des reliques. L'autel s'élevait ainsi parfois sur une véritable chapelle souterraine qu'on a p p elait crypte. Celles des églises de Jouarre, de Grenoble, de St- Avii à Orléans, de Saint - Philibert de Granlieu, de Saint- Germain d'Auxerre, sont célèbres pour l'époque carolingienne ; celle de Chartres est une des plus importantes de l'époque romane.
Toutes étaient couvertes de voûtes d'arête reposant sur de petites colonnes rapprochées.
Quant à l'autel lui-même, il fut longtemps constitué par une simple table de bois, qu'on re-
couvrait parfois de plaques d'or ou d'argent richement ornées. De plus en plus on l'exécutait en pierre. Il affectait souvent la forme d'un tombeau; on l'ornait sur ses faces, et particulièrement sur celle qui regardait la nef de l'église, de sculptures analogues à celles des portails, ainsi de tentures retombantes, ou encore de persoilnages assis sous des arcatures reposant sur de minces colonnettes à chapi-
soires indispensables qui ne font pas en teaux.
réalité partie de son mobilier et qui, la