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CHAPITRE II

Arc brisé; Ogive ; Arc boutant. — Période de transition. — Xllh' siècle. XV«^ siècle, ou stvle flamboyant. — Ornementation.

— XIV'-' siècle.

LA voijte en berceau, même soutenue par les arcs-douhleaux, ne pouvait satisfaire les architectes romans ; elle était trop fragile encore, s'effondrant dès qu'ils voulaient écarter ou alléger ses soutiensdansle but d'accroître la surface et la clarté des églises. A force d'ingéniosité et de tâtonnements ils aboutirent à un système nouveau d'architecture dont les trois caractéristiques sont l'arc brisé, l'ogive et i arc-boutant .

Jusqu'alors les arcs-doubleaux déterminaient, en plan, un carré, en joignant deux à deux les piliers qui soutenaient chaque caisson de voûte. Les constructeurs imaginèrent d'alléger encore la voûte en lui procurant des cintres nouveaux ou ogives jetés en diagonale au travers de ces carrés ; l'appareillage de ces arêtes eût été délicat et leur fragilité extrême si l'on eût conservé la voûte en berceau, mais non point en employant

LES STYLES

Plan de Notre-Dame de Paris.

A. Chœur et son double pourtour. — IJ. Transept — C. Nef et ses doubles bas-coiés. Tout autour -de l'édifice des chapelles ont été postérieurement aménagées entre les piliers extérieurs.

la voûte en berceau brisé,déterminée par la section de deux ^ fragments de cylindre du même rayon :

aussi vit-on bientôt ce svstème de voùie „ remplacer partout le premier i .

Si la voûte était allégée, les piliers recevaient une charc ge plus lourde, puisque chacun supportait la poussée de quatre arcs nouveaux. Il fallait les décharger à leur tour, sous peine de se voir obligé de les construire fortépais.

C'est à quoi s'appliquèrent les architectes du moyen âge en transmettant, par des arcs, les poussées à des piliers extérieurs, que rien n'empêchait deconstruire aussi massifs qu'il était nécessaire: c'estlc système des arcs-boutants qui, jetés audessus des bas-côtés, e'paulent d'une part les piliers de la nef comme des étais et, d'autre part, sont maintenus par des massifs de pierre bâtis en dehors du mur extérieur de l'église.

Désormais les architectes peuvent se livrer à toutes les hardiesses. Pourvu que leurs arcs d'ogive, leurs arcs-boutants et leurs piliers soientsolidement construits, ils peuvent monter les voûtes, alléger les murs entre les piliers, v percer de vastes baies : la solidité générale de l'édifice n'en est pas compromise/ L'histoire du style gothique n'est que l'histoire des audaces auxquelles ils se sont peu à peu livrés, jusqu'à ne plus faire des /églises que de légères ossatures de pierre, enchâssant des verrières immenses et couvertes des plus délicates sculptures.

(i) L'emploi simultané de l'arc brisé et de l'ogive a fait donner à l'arc lui-même le nom A'ogival, qui sert aussi fréquemment à désigner toute l'architecture gothique.

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