AU MOYEN AGE
Architecture monastique. — Architecture privée : Maisons et Boutiques, Palais, Hôtels de Ville. — Architecture militaire : Donjons, Châteaux forts. Villes fortifiées.
Tous les caractères de l'archiiecture religieuse se retrouvent dans l'archiieciure civile des époques correspondantes.
Une attention spéciale doit être accordée aux constructions monastiques, groupées autour des églises abbatiales et dont l'aménagement est subordonné aux exigences de la vie en commun. Ces constructions renferment de grandes salles, où se font les délibérations et les
travaux de la communauté, des réfectoires, et, soit des dortoirs, soit des suites de cellules, enfin des cours avec leurs préaux, ou cloîtres.
Les grandes salles sont voûtées dans le système alors employé pour les églises ; elles sont, par conséquent, traversées par des files de piliers. Quant aux cloîtres, ils reposent sur des colonnettes soit simples, soit jumelées, dont les chapiteaux, surtout dans le Midi, sont
LES STYLES
sculptés avec inhniment de richesse.
Des consiructions civiles, il faut faire deux parts : celles des villes et celles des campagnes.
Les villes étaient parcourues de voies tortueuses et étroites, lorsque Tagglomération s'était constituée lentement; spacieuses et droites au contraire, lorsque cette agglomération avait été formée
contre les agressions du dehors. Les murs de pierre sont rares; ils sont plus fréquemment constitués par des assemblages de montants et de traverses de bois, entre lesquels on maçonne des panneaux de torchis, de briques ou de moellons. L'encorbellement, ou saillie des étages, repose sur de fortes poutres. Fréquemment le pignon fait face à la
.\bbaye du Mont-Saint-Michel.
Cloître (xiii siècle).
Remarquer la forme aiguë des arcs, qui est particulière à cette époque.
de toutes pièces par certains seigneurs qui cherchaient à attirer des habitants dans leurs terres.
Les nécessités sociales et climatériques empêchèrent les constructeurs romans de suivre les principes employés par les latins. La maison romaine était vaste, peu élevée, ouverte seulement sur ses cours intérieures. La maison française du moyen âge est étroite, comporte plusieurs étages, en saillie souvent sur le rez-de-chaussée,*et ses fenêtres s'ouvrent sur la rue. Ainsi des populations nombreuses peuvent tenir dans un espace restreint et se défendre dIus aisément
rue; les pièces donnent alors sur une cour, d'ailleurs étroite. Les toits sont fortement inclinés et si élevés que la hauteur extrême du pignon est double de celle des murs latéraux.
Au rez-de-chaussée s'ouvrent, directement sur la rue, les boutiques. Elles comportent une grande pièce, occupée dans toute sa largeur par une baie que surmonte un arc soit en plein cintre, soit brisé, selon les époques; quelquefois cette baie monte jusqu'à la poutre qui soutient la saillie de l'étage supérieur. Un peiit mur ferme le bas de la baie, sauf évidemment sur le côté réservé à la
porte ; au-dessus de ce mur sont fixes les volets dont la partie inicrieure se rabat et forme étal dans la journée, et dont la partie supérieure, relevée et soutenue par des crochets, sert d'abri aux marchandises.
La forme des fenêtres est très caractéristique. A l'époque romane, elles sont surmontées d'un arc en plein cintre; à Cluny, elles occupent toute la largeur du premier étage et leurs arcs se succèdent sans interruption, séparés seule-
Phot. l'itry.
Paris. — Hôtel de Sens, rue du Figuier (Fin du XV sièclel.
ment par de petits piliers carrés que surmontent des chapiteaux sculptés.
Après la période romane, les fenêtres s'élargissent; on les divise d'abord en deux par un meneau vertical; puis elles s'allongent, on croise alors ce meneau d'un meneau horizontal, aux deux tiers de sa hauteur. Le linteau est généralement d'un seul bloc, dans lequel on sculpte deux arcs, soit brisés, soit en anse de panier. Les lucarnes sont très ornées et surmontées de clochetons ou de gables finement découpés.
Tous ces caractères, propres aux habitations urbaines de moyenne importance, se retrouvent dans les palais des sei-
Phot. Vitry.
Paris. — [.'hôtel deClisson (rue des Archives) (xiii" siècley.
gneurs ou des administrations publiques.
Dans le Nord, où la vie communale a pris plus d'importance que dans les villes du Centre ou du Midi de la France, les hôtels de ville sont édifiés, surtout à partir du xiv*^ siècle, avec un grand luxe de décoration. Ils comportent, en
Phot. l'i/rv.
Rouen. — Maison du xv"^ siècle.
LES STYLES
général, au rez-de-chaussée, une suite d'arcades ouvrant sur une vaste salle
Bourges. — Hôtel Jacques-Cœur
(Première moitié du xv siècle.
Fenêtres rectangulaires divisées par des meneauv
de pierre.
voiitée et soutenue par des files de piliers qui tient litu de hall, et au premier étage, une autre salle très vaste où se réunit le conseil de la ville. Ils sont
Phol. litry.
P.\Ris. — Hôiel de Cluny. Cour intérieure
(xiv siècle .
Les portes sont surmontées d'arcs en accolade.
d'archives et de trésor. Ce beffroi est muni d'une horloge et surmonté d'une plate-forme d'où la vue s'étend loin sur lepays; son clocheton renferme la cloche communale et le carillon de l'horloge.