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CHATEAUX ET DONJONS

Les habitations des campagnes étaient soit isolées dans les champs, soit groupées autour de la demeure seigneuriale.

Dans le premier cas. si elles avaient

flanqués d'un beffroi, haute tour carrée dont le rez-de-chaussée lient lieu de prison et les autres étages de dépôt environs du château qui. en temps de

RoitN. — Hiitel du Bourgtheroulde

Fin du XV sièclei.

Les câbles qui surmontent les lucarnes sont ornés avec

la profusion et la délicatesse prop'cs au style flamboyant.

quelque importance, elles reproduisaient le plan de la villa gallo-romaine, conservé aujourd'hui encore par mainte grande ferme : un quadrilatère dont trois côtés sont bordés par les bâtiments, habitations, granges, écuries, et dont le quatrième côté est fermé par une haute muraille où s'ouvre le portail d'entrée. Dans le second cas, les paysans occupaient des masures éparpillées aux

paix était réservé au seigneur, en temps de guerre abritait tous les habitants du village.

C'est à l'époque carolingienne que l'on commença à contruire des donjons; on les établissait sur un lieu aisé à fortifier, une presqu'île, une butte de terre que l'on entourait de fossés; une palissade garantissait les magasins et les bâtiments d'exploitation; au plus haut du tertre se dressait une tour de bois, encerclée également d'une palissade ou « chemise » et ne communiquant avec la rive extérieure du fossé que par une passerelle mobile jetée d'une fenêtre du premier étage, le rez-de-chaussée servant de cave. Autour de la chemise on développe une, puis deux et même trois enceintes de murailles, dont la dernière est parfois si étendue qu'elle englobe un village entier.

A partir du xiii' siècle, les donjons carrés et rectangulaires ne se maintiennent que dans le Midi de la France, le Nord ne bâtissant que des donjons ronds. Ceux-ci atteignent des dimensions colossales, tel celui de Coucy qui mesure plus de 55 mètres de hauieur et de 3o mètres de diamètre; il compte trois étages, voûtés en croisées d'ogives, et une plate-forme.

Les baies des donjons sont étroites et

vaste secteur. Les plates-formes qui couronnent les tours ou les murailles sur-

f/10/. Vitry.

Paris. — Hôiel de Cluny (xiv-xv" siècles).

rares, et terminées en arc brisé; elles sont largement ébrasées pour permettre au tir des défenseurs de battre un plus

GoMPiÈGNE. — Hôtel de \'ille (Débui du xvr sièclej.

plombent le mur extérieur; des ouvertures pratiquées dans cette partie saillante permettent de lancer des projectiles sur les assaillants; on les appelle mâchicoulis; on appelle créneaux d'autres ouvertures, découpées dans le mur vertical qui borde ces plates-formes et par où tirent les archers, abrités dans les intervalles du tir par les parties pleines de la muraille.

Au cours du xiv<^ siècle, les châteaux offrent un aspect encore plus monumental; par exemple celui de Pierrefonds, dont la muraille extérieure est flanquée de tours à tous ses angles et sur ses côtés; le château proprement dit est entouré de nombreuses habitations, qu'il domine; il est, ainsi que chacune des tours, surmonté de toits aigus dont le profil est des plus pittoresques.

LES STYLES

\iLLES fortifif:es

Phol. Vitry.

Ruines de la T'.r.r de Montihéry 'xiir siècle^.

Au xv^ siècle, remploi du canon oblige à modifier l'installation des tours et des murailles; on garnit les plus solides d ariillerie et on renonce à fortifier tous les châteaux qui ne seraient pas assez puissants pour résister à Un siège. Dès lors, le désir de s'aménager des logis plus vastes et plus agréables que les étroites ci sombres salles des donjons, amène les seigneurs à faire percer dans leurs tours des fenêtres à meneaux, à ouvrir au rezde-chaussée des portes qui.

auparavant, n'étaient ouvertes qu'au premier étage, à établir des escaliers de pierre pour monter jusqu'en haut des tours; on ne conserve murailles, créneaux, mâchicoulis, ponis-levis et tourelles que par tradition et pour le décor. Bientôt Tarchiteciure de la Renaissance va y renoncer franchement et les châteaux vont redevenir uniquement ces lieux de plaisance qu'ils étaient déjà au moment de

1« -l^„, :„«.•„ ■ Château con>-tfui

la domination romaine.

Les villageois se fortifiaient dans le château de leur seigneur; les citadins se fortifiaient en entourant leurs villes de murailles et de tours. C'est un système qu'employaient déjà les Romains et dont il reste des traces dans mainte ville de France; au moyen âge on ne fit que le généraliser; seulement, tandis que les murailles romaines étaient construitesen grosses pierres etmoinslarges au sommet qu'à la base, celles du moyen âge sont construites en petit appareil et leur surface extérieureest perpendiculaireà celle du sol; aussi peut-on garnir leur sommet de hourds ou balcons mobiles en bois d'où l'on fait sauter des projectiles sur les assaillants ; ils sont, à partir du xiii' siècle, remplacés par des mâchicoulis de pierre.

De place en place, le long des murailles et notamment à tous les angles, se dressent des tours qui, à partir du xi^ siècle, sont de préférence carrées dans le Midi etrondes dans leXord — sauf exceptions : ainsi Provins est munie de tours carrées et Carcassonne de tours rondes. Elles sont recouvertes d'un toit conique ou simplement d'une terrasse ; tours et murailles ont leur sommet découpé par des créneaux, derrière lesquels les défenseurs

La RocuEFOiCALi.D (Charente .

I au jtM' siècle, sur les ruines d'une forteresse du xii , dort il reste les murailles et une tour carrée.

circulent sur un chemin de ronde ininterrompu. Un large fossé entoure ce système de défense. Aux points où les routes le franchissent, on établit des portes fortitiées et des ponts mobiles.

Chaque porte est flanquée de deux tours, reliées par des constructions élevées au-dessus du passage et soutenues par un arc soit en plein cintre, soit

que Vauban, à la tin du xvii^ siècle, contribuera tant à développer.

11 subsiste encore beaucoup de ces pories de villes. Presque toutes ont conservé les glissières par où l'on pouvait faire monter et descendre les herses, ou grilles de fer qui en fermaient l'entrée, en avant de vantaux de bois énormes.

Mais le svstème défensif le plus sûr dont

Carcassonne. — F'ortificalions urbaines du xiii' siècle. Vue extérierre des murailles et des tours, derrière lesquelles passe un chemin de ronde, à la hauteur des créneaux

derrière lesquels s'embusquent les tireurs.

brisé, selon les époques. Plus rarement, la porte s'ouvre à la base d'une tour unique. Quelquefois, pour défendre un carrefour placé en avant de la muraille, on établit un poste avancé appelé barbacane et constitué par des tours reliées par des murailles et commandant chacune une des routes.

A partir du xv' siècle, on établit à la hauteur des murailles et des tours des plates-formes pour les pièces de canon ; c'est seulement au xvi*^ siècle qu'on imagine les bastions qui, placés en avant des murailles, permettent de battre un secteur plus considérable. C'est le début des svsièmes de fortifications modernes

elles fussent munies était le pont-levis. On sait, en effet, que tout autour des murailles régnait un large fossé. Le pont sur lequel on le franchissait n'était pas fixe, mais mobile, au gré des défenseurs. Il consistait en un tablier de charpente jeté au-dessus du fossé et pivotant sur l'extrémité placée au pied de la porte; l'autre extrémité était rattachée par deux chaînes à deux énormes poutres à bascule qui venaient se loger dans des rainures verticales creusées dans la muraille de la tour. Une fois relevé le pont-levis venait boucher la porte d'entrée, en avant de la herse, et augmenter ainsi les difficultés de l'attaque.

Souvent les portes étaient doubles; l'une, plus large, était destinée aux cavaliers et aux voilures ; l'autre était réservée aux piétons,; chacune était munie de son

PlERRErONDS fOiSCj.

Châieau du xiv siècle, fortement remanié par sous le second limpire.

poni-levis, mais celui de la plus petite, une simple passerelle, se relevait à l'aide d'une seule poutre, à laquelle était fixé une sorte de fer à cheval d'où tombaient les deux chaînes.

Quant aux ponts qui franchissaient les rivières, ils étaient eux-mêmes solidement fortifiés, étant donné leur très grande importance au point de vue militaire. A l'une au moins de leur extrémité, on dressait une tour, dont la porte était défendue par le même svstème de herses et de pont-

levis que celles des entrées de villes. La construction des ponts a toujours constitué un des problèmes les plus importants de l'architecture urbaine. Les architectes du moyen âge maintinrent chez eux les traditions si remarquables, en cette matière, des architectes romains.

Leurs piles, très épaisses, sont munies en amont et en aval d'un éperon de pierre très aigu dont l'objet est à la fois d'atténuer les effets d'un courant violent et de rompre les chocs des débâcles hivernales; quelquefois même une ouverture est ménagée entre les arches pour faciliter l'écoulement des eaux pendant les crues. Ces arches, qui sont en plein cintre à l'époque romane, affectent à l'époque gothique la forme des arcs brisés. Quelquefois de petites tours surmontentchacunedes piles : elles servaient de logement aux percepteurs de péages.

L'emploi du canon vint transformer l'architecture des villes comme celle des châteaux. A partir du xv<^ siècle on établit à la hauteur des murailles et des tours des plates-formes pour les pièces d'artillerie.

Viollet le Uuc

Le château de Coucy.

Canterburv.

La cathédrale (Fin du xir siècle)

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