ÉGLISES
Antérieurement à l'avènement de Louis XII, on ne rencontre guère d'influences italiennes dans les édifices
religieux ; ce sont des morceaux de sculpture monumentale — comme le groupe du Saint Sepulchre à Solesme, le tombeau de Charles d'Anjou au Mans et la plupart des œuvres du sculpteur Michel Colombe (i43o-i5i2 environi qui en trahissent les premiers progrès.
Puis, à partir de 1498, ces manifes-
Ruines du palais des Tuileries.
Colonnes cannelées avec bagues. .\rcs en plein cintre.
tations augmentent en importance. Dans certaines églises, comme dans la cathédrale de Tours ou dans l'église de Gaillon, on voit les faisceaux de colonnes faire place aux pilastres à l'antique, les arcs brisés aux arcs en anse de panier et en plein cintre ; toutefois, on maintient l'emploi des voûtes d'ogive, d'où continuent à pendre, comme à l'époque précédente, d'énormes clefs.
LES STYLES
Mais comme les édifices construits précédemment suffisaient aux besoins, que la situation troublée du pays, au point de vue religieux, empêchait la mise en œuvre de trop vastes entre-
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L'ancien Hôtel de Ville de Paris. D'après une pholographie antérieure à 1871,
prises, on se contente de réparer ou d'achever les églises gothiques. On rencontre beaucoup de tours, de façades, de chapelles édifiées dans le goût' de la Renaissance; on ne rencontre pas, pour ainsi dire, d'église entière. Toutelois deux églises à Paris en offrent des manifestations très importantes : ce sont celle de Saint-Eustache. construite à partir de i532 et dont le chœur ne fut achevé qu'en 16.^0. et celle de Saint- Etienne-du-Mont dont la nef, commencée en 1540, est tout à fait Renaissance.
En province, on trouve encore de beaux exemples dans Saint-Michel de Dijon, dans la plupart des églises de Troyes, et dans beaucoup d'églises de Bretagne, région où ce style se maintint jusque dans le courant duxviF siècle.
Dans ces édifices, les voûtes, tout en conservant les principes de construction de l'ogive, sont subdivisées en étoiles et portent toujours des clefs scuptées, fort longues; les arcs dessinent une I sorte de fer à cheval (ainsi à W^ St-Eustache avant d'adopter JT"^^ franchement le parti du plein cintre; les piliers sont flanqués de colonnes à l'antique ou de nervures qui vont jusqu'aux voûtes porter les arcs d'ogive, sans chapiteaux; les fenêtres sont toujours divisées par des meneaux, mais leurs remplages.
au lieu de dessiner des triangles ou des flammes, comme à l'époque gothique, dessinent des cercles ou des ellipses; toutes les nervures des arcs, après avoir conservé le profil aigu avec le petit méplat du gothique flamboyant, ont adopté un profil carré bordé de petites moulures.
Les façades sont d'un aspect plus sévère que dans la période précédente. La disposition des diverses parties est la même, mais le portail et la rose sont encadrés de colonnes ou de pilastres à l'antique ; la rose offre la même combinaison de cercles et d'ellipses que les remplages des fenêtres; au-dessus s'avance un fronton semi-circulaire, très saillant. Enfin sur le carré du transept est très souvent dressée une vaste coupole, surmontée d'une tour que coift'e non plus une flèche, mais un dôme arrondi ; ce sont des dômes semblables qui couronnent les tours qui, à la façade, remplacent les tours carrées ou
octogonales des architectes gothiques.
Quant à la décoration, elle se résume dans l'emploi des ordres et dans l'utilisation, en place des chapiteaux gothiques, de chapiteaux doriques pour les églises plus simples, ioniques, corinthiens ou composites pour les plus riches.