LA RÉGENCE ET LE DÉBUT DU RÈGNE DE LOUIS XV
Le Stvle Rococo. Son
peu d'influL-nce sur l'Architecture monumentale. Les Hotels privL'S.
Lorsql'kn 1691 d'Aviler refusait le génie de l'architecture à ceux qui imaginaient « des formes capricieuses»
et cherchaient «des ordres nouveaux», il visait les tentatives auxquelles commençaient à se livrer certains décorateurs, dans le sens d'une grâce plus aimable.
Ces recherches aboutirent à une transformation complète du décor intérieur et du mobilier, mais n'influencèrent que très peu l'architecture. On a donné au style nouveau le nom de style régence, style rocaille ou rococo.
Deux artistes surtout contribuèrent à
sa floraison. L'un est l'Italien Meissonier, apprécié principalement comme dessinateur d'orfèvrerie; l'autre est un architecte d'origine flamande, Oppenord, qui avait été élève à l'Ecole de Rome, où il avait étudié davantage les monuments de la Renaissance italienne que ceux de l'antiquité. Meissonier influença beaucouples arts du mobilier. Oppenord eut moins d'action sur les architectes par ses propres ouvrages (il ne ht guère que des installations de fêtes et des travauxde remaniement au Palais-Royal que par ses dessins, très répandus parla gravure.
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Les constructeurs qui ont avec le plus de talent applique' à leurs éditices les
Nanct. — La place Royale et l'Hôtel de Ville (1752-1737).
principes du rococo sont Robert de Cotte (mort en ij'iS) et Germain Boffrand (mort" en 1754), qui tous deux ont édifié surtout des petits monuments, des hôtels privés, des pavillons de chasse, et à l'étranger, en Lorraine et en Allemagne, plus encore qu'en France. Ils avaient été les élèves et les collaborateurs de Hardouin-Mansart et ne cessèrent pas, tout en faisant des concessions au style nouveau, de maintenir dans leurs édifices la dignité du style de Louis XIV.
Les hôtels privés, dans leurs grandes lignes, conservent un aspect assez simple. On ne voit plus trace d'ordres : les chaînes et encadrements de pierres, creusées de refends, tiennent lieu de pilastres et de colonnes. Les baies, couronnées d'un arc soit en plein cintre, soit d'un large rayon, sont entourées parfois d'une moulure plate peu saillante et parfois aussi surmontées d'un petit fronton reposant sur deux consoles sculptées ; plus souvent, on voit à leur clef une gracieuse tète de femme, ou une coquille. Les
balcons sont saillants, d'un dessin chantourné, et ornés de grilles de fer où les lignes courbes les moins symétriques remplacent peu à peu les lignes droites.
Les ornements en relief consistent en trophées, cornes d'abondance, guirlandes, figures de dauphins ou de dragons, en quadrillages de fleurettes, en branches de feuillage, mais surtout en coquilles, d'abord régulières, puis de plus en plus profondément creusées et de plus en plus bizarrement découpées.
La baie du portail est plus élevée, et logedans son imposte un étroit entresol. A la voussure est sculpté un cartouche aux contours irréguliers. S'il y a un étage, un fronton à forte saillie répète l'arc en plein cintre du portail. Les portes soniornées de moulures moins saillantes que précédemment et qui décrivent les courbes les plus imprévues; les panneaux sont ornés de quadrillages, de coquilles, de fleurettes, légèrement sculptés dans le bois.
Paris. — Hôtel Gouffier, rue de Varenne.
Epoque de Louis \V. Comparer ce portail avec celui, plus sévère, de l'hôtel Bernard (p. loj); ici l'imposte est ornée d'une abondante sculpture.
Paris. — Kglise Sainte-Geneviève ou Panthéon. Œuvre de Soufflot; commencée en I75>