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LA FIN DU RÈGNE DE LOUIS XV ET LE RÈGNE DE LOUIS XVI

Retour a rantiquiie : Herculanum et Pompéi ; X'oyages en Grèce. — Sobriété et simplicité du décor architectural : lignes droites et haies rectangulaires.

LA grande architecture, celle des palais ou des grands édifices urbains, n'avait pour ainsi dire pas e'té atteinte par les grâces du style rococo. Son représentant officiel, Jacques - Ange Gabriel, qui fut contrôleur général des Bâtiments à la suite de son père, de ij5o à 1780, et directeur de l'Académie, s'est montré dans deux créations principales — la place de la Concorde et

FEcole iMilitaire — lecontinuateur direct des Perrault et des Mansart, à une époque où le style rococo sévissait sur toute l'architecture privée.

La place de la Concorde — dite alors place Louis XV — avait été aménagée à l'extrémité des Tuileries et flanquée au nord des deux édifices svmétriques que sépare la rue Royale. Ces deux édirices rappellent, à n'en pas douter, la colon-

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nade de Perrault; mais avec combien plus de grâce! Le soubassement n'est plus épais et fermé, mais constitué par une galerie à hautes arcades ; la colonnade, de proportions plus élégantes, n'est pas formée de colonnes jumelles, mais de colonnes simples et espacées derrière lesquelles les deux étages de la façade en retrait se distinguent parfaitement. Le corpscentral, couvert d'une terrasse à balustrade, est flanquédedeux pavillonscarrés couronnés de frontons triangulaires. L'aspect en est aimable, maisilatoujoursgrandair.

L'Ecole Militaire rappelle par certains points et en réduction l'architecture de Versailles : la façade comporte deux ailes fort simples, qui s'écartent d'un pavillon central orné d'un ordre colossal de colonnes corinthiennes avec fronton triangulaire. Derrière ce fronton court une balustrade surmontée de trophées et de statues: mais au contraire de Versailles le comble est très élevé, de profil surbaissé, et surmonté d'un lanternon. Les ailes, également couvertes d'un comble, sont percées de deux rangs de fenê-

le pa\illon central otire le même aspect, quoique avec quelque augmentation de décor ; des deux pavillons carres qui flanquent les fc>, extré- .^^}/

Paris. — Place de la Concorde, inaugurée en i-61^.

Ministère de la Marine (ancien hôtel du garde-meuble) et hôtels de Grillon et de Coislin, façades édifiées par Gabriel, de 176? à 177:.

mités des façades, s'échappent en retour d'équerre deux portiques soutenus par des colonnes isolées et surmontés de terrasses à balustrades.

Pendant que le gotàt se fatiguait des très, les premières rectangulaires, les exagérations, vite devenues insupporsecondes à petits frontons triangulaires, tables, du style régence, tout un groupe

d'architectes se maintenaient ainsi dans la tradition classique tt allaient bientôt donner l'impulsion àunstyle nouveau, fait, par opposition au maniérisme tourmenté du rococo, de lignes calmes et d'aspects tranquilles.

Précisément des découvertes récentes lui fournissaient les éléments d'un tel décor; c'était la mise à jour des ruines d'Herculanum, bientôt suivie "^ de celle des ruines de Pompéi.

Autour de M™^de Pompadour, un cercle d'artistes et d'érudits suivaient avec un intérêt passionné les révélations d'une antiquité dont la connaissance avait été si long-

Paris. — L'Ecole Militaire.

Œuvre de Gabriel, commencée en 17,1.

toutes symétriques, à peine saillantes et point ornées. Sur la cour, par derrière.

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LES STYLES

temps masquée par les interprétations de la Renaissance italienne. D'autre part, Jean Le Roy, le comte de Caylus, allaient jusqu'en Grècecontempler cette antiquité dans ses réalisations les plus pures et en rapportaient la matière de publications vite répandues dans le monde des arts. Des théoriciens comme Winckelmann et Lessing venaient ensuite, en 1766 et en 1768.

établir d'après la sculpture grecque et romaine les règles d'une beauté immuable dégagée de toutes considérations de temps et de lieu; cependant qu'un architecte, Jean-François Blondel, en arrivait à déclarerformellement que la Renaissance méritait peu d'estime parce qu'elle n'a-

Phol. Vitry.

\ersaili.es. — Le petit Trianon 1762-1764). Façade sur les jardins.

vait été qu'une tentative imparfaite.

C'était annoncer la reprise, dans sa perfection, de cette tentative. Elle fut faite en effet. Le principal de ses précurseurs est Soufflot qui, dès 1755, avait conçu, à l'imitation du portique du Panthéon d'Agrippa et du dôme de Saint- Pierre de Rome, l'église Sainte-Geneviève aujourd'hui Panthéon . Il sufrit de comparer cet édifice avec l'église de Saint-Sulpice, dont la façade avait été édifiée à partir de 1733, par Servandoni, pour juger la différence entre ces conceptions d'artistes soumis, comme Servandoni, aux influences italiennes, et

HoRDEALX. — Le Théâtre.

Œuvre de Louis (1777- 1780).

celles d'artistes qui, comme Soufflot, s'efforçaient d'atteindre le plus possible l'harmonie de proportions qui caractérise l'architecture antique. A Saint-Sulpice, la superposition des deux ordres delà façade, celle des trois ordres plus petits à la base des tours une seule fut construite alors , l'immense fronton enfin il a été démoli depuis devaient donner à l'édifice un aspect théâtral et lourd, mais vivant encore. A Sainte-Geneviève, au contraire, pas d'autres ouvertures latérales que celle de l'entrée; pas d'ornements qu'une frise de guirlandes svmétriques ; des murailles nues, d'une tristesse de tombeau; comme façade, un portique immense et au-dessus du tout, un dôme colossal élevé sur une colonnade circulaire et dont la coupole fait

l'hot. Vltrv.

\ersailles. — Le petit Trianon.

Façade sur la cour.

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Paris. — tglise de la Madeleine.

Commencée en 176.1. Rapprocher cette vue de celle du temple grec reproduite p. 10. Bien que les «ordres» diffèrent, on observera que l'aspect général est identique.

par son galbe pesant regretter celui, si léger et harmonieux, de l'église des Invalides.

L'église Saint - Philippe - du - Roule, bâtie par Chalgrin, ne témoigne pas d'une inspiration plus personnelle, non plus que cellede la Madeleine, dont les plans furent fournis dès 1764 par Contant d'Ivry, qui voulait imiter le Panthéon dAgrippa.

Les architectes, au moins dans les grands édifices officiels, n'inventent plus : ils imitent,

allant dans leur désir de simplification jusqu'à supprimer, aux monuments de lantiquité qu'ils copient, la grâce de certains ornements.

Dans l'architecture privée, ils aboutissent, par contre, à des créations simples et charmantes dont l'aspect ressemble

rnot. l'itry

Paris. Palais. Bourbon ei pont de la Concorde.

Ce pont fut con.siruit par Perronet de l 7S7 à 1790;

le péristyle du palais date de 1808 seulement.

parfois, à s'y méprendre, aux premières créations de la Régence.

Ils conservent du style rococo l'emploi de certaines lignes courbes pour tempérer l'impression de sécheresse que donnerait l'emploi constant des lignes droites. Les façades comportent un, deux étages au plus, limités par une corniche soutenue par des consoles et sont très souvent surmontés d'un attique aux fenêtres carrées. Entre les fenêtres, les parois demeurentplates, ou décorées soit de draperies semi-circulaires dont les deux extrémités retombent en plis symétriques, soit de médaillons oblongs,' surmontés de festons ou de guirlandes, soit enfin de bas-reliefs rectangulaires enfoncés dans la muraille.

L'emploi des colonnes est très sobre et

LES STYLES

limité généralement au soutien du portique d'entrée. Les balcons de fer forgé dessinent des figures régulières, cercles, ovales, spirales, ou sont même simplement composés de barreaux parallèles. Lorsqu'on remplace les balcons de fer par des balustrades de pierre, celles-ci ne sont pas saillantes. On a conservé aux clefs des fenêtres les masques de femmes. Souvent sous la corniche court une frise de méandres, d'entrelacs, de grecques, ou de ces enroulements réguliers et sans fin qu'on appelle des postes. On continue d'employer les chaînes de pierre ornées de refends. Les baies, généralement rectangulaires, sont aussi amorties par des arcs d'un très large rayon, presque jamais en plein cintre, et souvent surmontées d'un fronton peu

saillant posé sur deux petites consoles. Les combles réapparaissent, mais encore peu élevés et bordés de pilastres. Cette architecture délicieuse fut malheureusement, par l'imitation étroite de l'antique, très vite entraînée à la sécheresse. Les façades se dépouillèrent de plus en plus de leurs ornements; on en vint aux baies rectilignes et symétriques, aux parois à peine décorées de bas-reliefs de marbre et de frises où l'emploi des motifs égyptiens vint apporter plus de froideur encore. Au surplus, l'architecture, pendant l'époque révolutionnaire, produisit peu. Aucun grand édifice ne fut entrepris avant le Directoire ; beaucoup, dont la construction était interrompue, ne furent achevés que sous l'Empire.

Environs de Paris.

Le pavillon de Bagatelle 1779,

Paris. — Ecole des Beaux-Arts.

Edifiée par Debret et Duban de 1850 à 1859.

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