LE DIX-NEUVIEME SIECLE
L'Empire : sèche imitation de l'antiquité grecque ou égyptienne. — Le romantisme : faveur de l'architecture gothique. — L'emploi du fer. — Tous les styles sont en même temps mis à contribution par l'architecture contemporaine.
Jusqu'au second tiers du xix' siècle, racadémisme règne sur tous les arts et l'imitation de Tantique demeure la règle absolue de l'architecture. Les deux plus importants constructeurs et décorateurs de cette époque, Percier et Fontaine, dont les noms sont indissolublement attachés, avaient passé de longues années à étudier les monuments de Rome. Rentrés en France, ils v trouvèrent l'antiquité plus en faveur que
jamais, les ouvrages et publications d'estampes ne s'attachant qu'à ses productions, le public enthousiasmé par l'exposition, au Muséum, des statues enlevées au Capitole ou au Vatican.
On en arrivait à se contenter de simples pastiches de l'antique. « L'Empereur n'a qu'un signe à faire pour voir partout surgir autour de lui une décoration romaine qui lui donne la triomphale allure d'un Auguste ou d'un
LES STYLES
Trajan. Comme eux, il veut des arcs de triomphe, des colonnes, des obélisques, des temples. Percier et Fontaine, sur la place du Carrousel, lui bâtissent un arc de triomphe imité de celui de Septime- Sévère. Lepère et Gondoin lui érigent place Vendôme une colonne imitée de celle de Trajan; Vignon lui construit un temple de la Gloire aujourd'hui la Madeleine imité de la Maison carrée et du Parthenon; Chalgrin lui élève, à la barrière de l'Etoile, un arc de triomphe entouré de bas-reliefs comme tous ceux qu'ont élevés les Romains; Poyet lui décore d'un péristyle greco-romain la façade du palais du Corps législatif:
Brongniart lui commence un palais de la Bourse garni de colonnes comme un sanctuaire païen. Et sur les façades des maisons particulières, à l'intérieur des appartements, aux parois des meubles, s'amassent plus que jamais les couronnes de laurier, les faisceaux, les aigles, les chimères, les sphinx, les cariatides, les trophées d'armes, les palmes, les urnes, les Victoires, les Renommées. » R. Rosières.)
Cependant des écrivains comme Chateaubriand et M™*' de Staël rendent aux édifices du moyen âge une justice qu'on leur a depuis longtemps refusée. Le Romantisme professe bientôt pour l'archi-
Paris. — Les Halles centrales.
t'ivt. Vitry.
Paris. — La Bourse.
Kdifiéesurles plans de Brongniart de 1808 à 18J7.
tecture gothique la même admiration aveugle et débordante que les siècles précédents accordaient à l'architecture antique. Victor Hugo, par son roman Notre-Dame de Paris a une part considérable dans la détermination de ce courant nouveau de sympathie. Des architectes comme Lassus, et plus tard Violletle-Duc, se font les défenseurs enthousiastes de l'art qui a présidé à la construction des cathédrales. C'est le temps précisément où l'étude de nos origines nationales prend un grand développement et où l'archéologie du moyen âge est professée comme une science véritable par De Caumont, Mérimée, Lenoir, Didron, Vitet. Il était inévitable que dans ses constructions nouvelles, l'architecture s'inspirerait du moyen âge. On vit en eflfet des baies couronnées d'arcs brises, et coupées de meneaux, et des portails avec des colonnettes à chapiteaux ; on vit des pignons pointus, des tourelles, des clochetons; on vit des chapiteaux sculptés en feuilles d'eau
i:architfa:turf.
ou en crochets, des roses, des gables; on vit des fenêtres à meneaux et des remplages ornés de flammes et de triangles incurvés; mais ce ne fut encore
ces travaux témoignent, au point de vue esthétique, de la plus parfaite incohérence. Tous les pastiches s'y trouvent rassemblés. Le Louvre, dans la partie
qu'un pastiche et il ne sortit pas plus refaite par Visconti, s'inspire de la une architecture originale de cette étude Renaissance; l'église Sainte-Clotilde est
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Paris. — L'Arc de triomphe de l'Etoile. CoiiTTiencé en i8oô.
du moyen âge qu'il n'en était précédemment sorti une de l'étude de l'antiquité.