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LE SECOND EMPIRE

La tin du Second Empire est des plus remarquables par l'activité qu'elle mani

bâtie dans le style gothique; l'église Saint-Augustin dans le style byzantin; Notre-Dame de Lorette dans le style latin des basiliques; le Palais de Justice enfin rassemble tous les pastiches à la fois. On revoit des coupoles comme sur le Tribunal de Commerce, des

festa dans la construction des édifices pilastres ioniques comme à la gare du

publics ou privés. Paris fut remanié de fond en comble par l'application des plans de voirie décidés par Napoléon III et son bras droit Haussmann. Or, loin d'être l'occasion d'etlons originaux par la création d'un style approprié à de nouveaux goûts et de nouveaux besoins,

Nord. Les façades des maisons nouvelles offrent les plus singuliers mélanges d'éléments de toutes provenances, et demeurent, malgré cette variété, monotones et sans attraits. Cependant un élément nouveau détermine des tentatives intéressantes, c'est l'emploi du fer

LES STYLES

dans la construction. Dans un temps où les froides recettes de Tacadémisme

Pa R 1 s .

Eglise Saint-Augustin.

Consiruile par Baltard (1860-187 r).

n'eussent pas été les sources à peu près uniques de Tinspiration architecturale, cet élément eût suffi à déterminer la construction d'un style. On s'empressa malheureusement de lui appliquer les formules greco-latines ou gothiques et de réduire le métal à soutenir, sur des colonnes et des chapiteaux à l'antique, des coupoles inspirées de la Renaissance italienne.

Il faut mentionner toutefois les tentatives très originales de Baliard et de Labrouste. Le premier en établissant les immenses Halles centrales de Paris, entièrement construites de fer et de verre, a réalisé toutes les conditions de propreté, de clarté, d'aération nécessaires à un édifice de ce genre, et a su lui éviter par l'heureux agencement de ses arcaiures, un aspect de lourdeur qui était à redouter pour un monument aussi vaste et peu élevé. Quant à Labrouste — qui s'était déjà efforcé, en construisant la bibliothèque Sainte- Geneviève, d'adapter très exactement cet édifice à sa destination, au risque

de négliger les agréments de son aspect — il a réalisé avec la grande salle de la Bibliothèque Nationale une expression d'art nouvelle et féconde : toute l'enveloppe est de maçonnerie; la lumière tombe du vitrage, qui forme plafond et dont des arcatures de fonte, reposant sur de légères colonnes, soutiennent trois files de trois coupoles.

Un autre grand architecte. Duban.

reconstruisit la Bibliothèque de l'Ecole des Beaux-Ans dans le goût de la Renaissance italienne; mais quelques années après, ayant à réédifier les bâtiments de cette même école qui longent le quai Malaquais, il adopta un parti très différent, et conçut une façade d'une élégance plus sobre et d'inspiration presque atiique. Ainsi encore Louis Duc et ses collaborateurs, chargés de Tachèvement du Palais de Justice, l'ornaient successivement d'un périsivleà l'antique (façade sur la place Dauphine , d'une muraille à tours moyenâgeuses façade sur la Seine et d'une façade Renaissance (entrée de la Cour de Cassation).

On ne peut nier d'ailleurs ni l'ingéniosité,ni la personnalité de ces travaux, non plus que de ceux des architecies Garnier et Nénot construisant, le premier, le grand Opéra — œuvre colossale, d'un esprit très moderne, malgré l'emploi constant des motifs antiques ou italiens — et le second, la nouvelle Sorbonne, remarquable par la commodité

Paris. — Le Palais de Justice.

Façade sur la Seire. restaurée dans le style gothique.

lin avant, le Pont au Change, reconstruit en 1858

de ses distributions et la sobriété de son décor.

LA RCHI TEC TU RE

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Paris. -

Construit p.ii Charles

L'architecture religieuse n'a pas produit d'édifice comparable en importance à ceux des siècles préce'dents. Elle est, comme d'ailleurs très souvent l'architecture civile, surtout pre'occupée de restaurations ou de reconstructions, qui s'effectuent toujours dans le style primitif du monument. Il en résulte que lessoucis de l'archéologie ont beaucoup gêné les artistes à qui l'on a confié de semblables travaux et que la réputation d'un Vioilct-le-Duc, par exemple, doit infiniment plus à sa valeur comme archéologue, que comme constructeur.

Néanmoins certaines églises témoignent d'efforts très sincères vers un développement plus moderne de l'archi tecture religieuse.

- L'Opéra.

Garnier de 1861 à i S; j.

Phot. Vitry Paris. — Façade de la gare du Nord.

Telle est, parexemple, lanouvellecathédrale édifiée par Vaudoyer à Marseille, et dont l'effet majestueux semble avoir tenté Abadie dans sa construction du Sacré-Cœur à Paris.

Dans une église parisienne antérieure, l'église de Saint- Pierre de Montrouge, 'Vaudremer avait recherché la simplicité des basiliques primitive^, avec leurs arcs en plein cintre, leur sobre décor, leur charpente apparente. Au contraire dans celle de Saint- Augustin, Victor Baltard avait tendu veis une solution tout à fait moderne en employant pour la coupole, une charpente métallique résolument apparente.

C'était le parti déjà adopté par Labrouste à la Bibliothèque nationale. Ces deux tentatives ont été beaucoup re-

iib

LES STYLES

prises depuis et sous des formes bien difîe'rentes.

Des constructions comme la Galerie des Machines, aujourd'hui détruite, ou

Façade de la eare de l'Est.

la Tour Eitl'el, si elles sont des réalisations d'ingénieurs plutôt que d'architectes, ne présentent pas moins un grand intérêt d'expérience et l'art peut en faire son profit.

L'architecture industrielle et commerciale a surtout tiré parti du feret certaines de ses réalisations réunissent des qualités de solidité, de légèreté et d'élégance d'un caractère très neuf.

Nous avons cité plus haut les Halles

centrales : des quantités de marchés ont été construits plus ou moins à leur imitation, avec des ossatures complètes de fer et de fonte: de même beaucoup de vastes ateliers, des halls de gares de chemins de fer, de grands magasins enfin qui ont en quelque sorte aujourd'hui, dans la vie urbaine, l'importance comme lieux de réunion qu'offraient autrefois en Grèce, les places publiques, à Rome, les basiliques païennes.

Dans l'habitation courante, le fer est également très employé, mais sans déterminer de modifications sensibles dans la structure générale des édihces.

Bien que de grands progrès aient été réalisés ainsi au point de vue de la distribution des appartements, de leur éclairage, de leur commodité, leur aspect extérieur demeure toujours déplorablement Louis XVI ou Louis X\'. De même pour les grands édifices civils : la plupart ne représentent qu'une savante compilation de styles d'autrefois, avec une préférence marquée pour la Renaissance italienne du xvi"= siècle.

Paris.

Le Grand Palais

Phot. Vitry.

iqoo).

Londres. — L'Eglise Saint-Paul.

Edifiée par Wren de 1675 à 1607.

Plus ou moins lentement répandue dans les ditierents pays de l'Europe occidentale, la Renaissance a tini par les atteindre tous et, depuis, il se remarque dans l'art officiel de toutes les grandes nations, des aspects communs de plus en plus nombreux, qui finissent par étouffer les aspects locaux, si pittoresques, du début delà Renaissance et surtout de l'époque gothique.

Au contraire, l'architecture courante des hôtels, des maisons, s'efforce de concilier la tradition et les goûts nouveaux. Il en résulte souvent des œuvres d'un grand charme.

En Allemagne, au xviii" siècle, la succession des styles, rococo, académisme, décrit la même évolution qu'en France.

Au milieu du xix= siècle, la Renaissance italienne rencontre plus de faveur encore

LES STYLES

Bruxelles. — Le Palais de Justice.

Bâti de 1866 à 188?.

que chez nous et c'est sous son inspiration directe que Semper et Hasenauer édifient les musées impériaux de Vienne. En Angleterre, l'école classique fondée par Inigo Jones se poursuit au début du xvni* siècle avec Chambers. Le rococo n'y a aucun succès: il est, en effet, d'un caractère peu compatible avec celui de l'art péninsulaire.

L'architecture demeure plus attachée aux productions antiques et à celles du début de la Renaissance italienne, comme en témoigne l'église Saint- Paul, de Londres, œuvre de Wren, Jusqu'à ce que sous l'influence du romantisme ellerevienne à un gothique étriqué, aux lignes sèches et perpendiculairesdont le palais du Parlement est un exemple.

Le cosmopolitisme de l'art est tel que l'Amérique et la Russie produisent des monuments étroitement apparentés, pour la première à ceux de l'Angleterre, pour la seconde à ceux de l'Italie.

Seuls les pays qui échappent à l'influence européenne perpétuent les formes de leur architecture nationale. La Turquie, l'Egypte, conservent tous les caractères des constructions arabes, qui sont en Espagne étouffés par le désir de copier aussi le plus possible l'antique.

La Chine et le Japon enfin restent toujours hostiles à l'influence étrangère ; ils demeurent attachés à leur art traditionnel, qui depuis de longs siècles est flxé rigoureusement, limité à l'emploi du bois, de la brique et des ornements céramiques.

Le caractère essentiel des

constructions chinoises est la

légèreté obtenue parfois même

au détriment de la solidité.

Elles tendent vers la forme

pyramidale, se composant de

plusieurs étages de toits dont les angles

sont relevés et souvent ornés de figures

fantastiques et même de cloches. Les

matériauxemployés sontà peuprèsexclu-

sivement le bois, la brique, les tuiles et la

céramique. La plupart des édifices sont

peints. Les temples, peu étendus, se

Musce de \'icnne Autriche).

composent d'une grande salle abondamment ornée ; tout autour, un amas de constructions plus petites, des jardins, des grottes, des kiosques, des chapelles, des lacs, des ponts, des rochers, offrent

LWRCHITFA.TURE

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un aspect pittoresque et fantastique. Les palais sont de même des successions de grandes salles, d'étroits et longs couloirs, et de jardins.

Les villes sont généralement construites avec symétrie et ornées de places, de tours et de « portes d'honneur ».

L'architecture japonaise est toute inspirée de celle de la Chine, mais elle otîre plus de délicatesse encore dans la construction et d'ingéniosité dans le décor. Les maisons consistent en charpentes soutenant des toits de tuiles, sans murailles, celles-ci étant constituées par des panneau.x de bois ou de papier. Elles sont ornées à l'intérieur surtout de peintures; c'est à cet efifet queles Japonais ont produit ces tableaux admirables qui, selon qu'ils sont déroulés en hauteur ou en largeur, sont appelés AT^tkémonos ou Makémonos^ et ces paravents d'un développement et d'un luxe inouïs. Dans les palais, les cours, les jardins, les kiosques, les portes monu-

Chine. — Pagoiie des Etudiants à A-mi-Tchéou.

mentales, les couloirs se succèdent, traités toujours avec un sens parfait du décor, les bois étant assemblés et sculptés à la perfection et les clous de bronze, qui fixent les mortaist-s, ornés euxmêmes comme des objets d'art.

Phot. l'iliy.

Moscou.

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