CHAUX
Comme nos lecteurs le savent, la chaux provient de la calcination des pierres calcaires.
L’eau ou même l’air humide transforment la chaux vive en chaux éteinte. C’est sous cette dernière forme et mélangée avec des sables quelle constitue les mortiers employés dans les constructions.
Les chaux, suivant la nature des pierres employées à leur fabrication, se divisent en chaux communes ou aériennes et en- chaux hydrauliques suivant quelles prennent ou durcissent à l’air ou dans l’eau ; il existe bien des subdivisions dont nous dirons quelques mots, ce sont : les incuits, les chaux frittées et les chaux limites ; quelques auteurs ont aussi voulu établir une subdivision pour les chaux ciments qui bien souvent ne proviennent, il est vrai, que de la calcination de calcaires argileux; cependant, comme la nature des ciments est très-variable et qu’ils présentent des caractères très-divers, nous avons préféré traiter de cette substance à part, comme un produit différent des chaux.
1. Les chaux communes ou aériennes sont de trois sortes ; elles sont nommées chaux grasses, moyennes et maigres.
Les chaux grasses, sur lesquelles on jette de l’eau s’échauffent beaucoup et foisonnent considérablement; pures et éteintes elles fournissent assez souvent un volume triple de celui de la chaux vive. Après leur foisonnement, ces chaux donnent une pâte liante, fine et grasse au toucher.
Les chaux moyennes foisonnent beaucoup moins que les précédentes; éteintes, elles acquièrent à peine un volume double que vives.
Quant aux chaux maigres, elles contiennent généralement des matières étrangères, du sable principalement, et cela dans des proportions de 12 à 15 et quelquefois jusqu’à 28 à 30 pour 100; celles-ci ne foisonnent presque pas à l’extinction.
2. Les chaux hydrauliques vives ne foisonnent pas ou du moins très-peu, lorsqu’on les éteint ; de plus elles ne donnent pas de chaleur pendant cette opération.
Elles sont généralement maigres, très-rarement moyennes et jamais grasses. Elles affectent différentes nuances : tantôt elles sont blanches ou d'un gris verdâtre, tantôt couleur de brique crue.
De ce qu’on les nomme hydrauliques, il ne faut pas croire que ces chaux employées à l’air, ou en terre ne donnent pas de bons résultats, au contraire, dans la pratiqué, leur emploi a parfaitement établi que la résistance
DES MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION
des mortiers hydrauliques employés à l’air est égale aux pierres à bâtir de qualité moyenne.
Il arrive assez souvent que, dans les fours à chaux, certaines parties de calcaires me peuvent être décomposées par la chaleur; ces chaux incomplètes sont nommées incuits, rigaux et grappicrs. On leur donne aussi improprement le nom de biscuit, Cette dénomination est tout à fait inexacte, puisque, au lieu d'être deux fois cuites, ces portions de calcaires ne le sont qu’incomplétement; il serait donc plus exact de les appeler incuils, mi-cuits, mal cuits. Quelques calcaires renferment des noyaux plus durs, espèce de galets qui sont des incuits : on les nomme durillons ou marrons.
Les chaux frittées, nommées aussi surcuit , sont des produits calcaires argileux chauffés à une température trop élevée. Exposées à l’air ces frittes paraissent d’abord entièrement inertes; cependant si elles sont pulvérisées au sortir du four et gâchées à consistance de mortier et mises sous l’eau, elles donnent des résultats divers. Au bout d’un certain laps de temps, ce mortier finit par acquérir une dureté telle, que les meilleurs ciments hydrauliques ne l’atteignent que rarement.
Les chaux limites se placent entre les chaux éminemment hydrauliques et les ciments; elles forment un produit à part, dont on ne peut tirer aucun parti au degré de cuisson ordinaire. Ces chaux sont parfaitement dénommées parce qu’en effet la quantité d’argile qui les caractérise est la limite supérieure de celle qui constitue les chaux hydrauliques proprement dites. Ces chaux limites ne présentent plus les propriétés de ces dernières, mais elles n’ont pas encore les caractères des ciments.