‹ Architectures ruralesChapitre 102 sur 167 · EK X CL · texte numérisé non relu

EK X CL

x — CG -J§ — , on aura

LH

a* ou BE = 12 mètres

100 X 1/2 144 mètres — 50

Si la source, au lieu d’être visible en C, avait été découverte à ce point et trouvée à un mètre de profondeur au-dessous du sol du vallon, toutes choses d’ailleurs restant égales, et le nouveau lit C'E' étant supposé parallèle à celui CE du premier cas, la profondeur BE' qu’il faudrait donner au nouveau puits se déterminerait aussi facilement par la même formule.

En effet en nommant x' cette profondeur BE', et y', la différence de niveau C'K' qui existe entre les points G' et E' on a :

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x' = C'G — y' = CG

E'K (ou EK) X C'L' (ou' CL) L'H' (ou LH)

Or, ici, C'G = 13 mètres, car la source a été trouvée à 1 mètre au-dessous du point C; E'K = BG = 100 mètres, comme dans le premier cas; LH' = DE = 12 mètres; et C'L', à cause du parallélisme des deux lits, = CL = 1/2 mètre; et en substituant ces données dans la formule on trouvera :

BE' = 13 mètres

100mX 1/2 156m,50

HT

On voit donc qu’à l’aide de cette méthode un propriétaire pourra toujours constater d’avance le succès de la construction d’un puits, et même en évaluer la dépense avec autant de précision qu’on peut le désirer dans la pratique.

Construction. — Ce sont des ouvriers spéciaux, des puisatiers, qui creusent les puits. On les fait ordinairement carrés ou circulaires.

Quand le terrain est solide, compacte, et se soutient sans qu’il soit nécessaire de l’étayer, un ou deux ouvriers creusent le puits jusqu’à ce qu’ils trouvent la couche aquifère, au-dessous de laquelle, ils ne doivent pas trop creuser, surtout s’ils rencontrent la glaise ou le roc.

Si le terrain au contraire, offre peu de consistance il faut étayer au fur et à mesure du creusage, tantôt sur tout le parcours, d’autres fois rien que si l’on rencontre des parties de terrain susceptibles de se décoller.

Si la forme du puits est carrée, on étaye avec des palplanches ou même des madriers qu’on étrésillonne avec des arcs-boutants en bois. Si le puits est circulaire, on étaye avec des espèces de longues douelles comme celles employées pour les tonneaux et, avec des cercles en fer d’une grande force on cercle ces douelles mais à l’intérieur. Comme le diamètre des cercles en fer est égal à celui de la fouille, il faut serrer très-fort pour gagner l’épaisseur des planches et arriver à cheviller les deux extrémités du cercle. En rapprochant ceux-ci de 0m,40 à 0m,50, il n’est pas nécessaire d’employer des étrésillons.

Quand les ouvriers sont arrivés à l’eau ils cessent la fouille, et posent au fond du puits une sorte de roue sans rayon en forte charpente, nommée rouet. C’est sur celui-ci qu’on pose les premières assises de maçonnerie.

Sur une hauteur de 0m,40, 0m,50 ou 0m,60, elles sont en pierres sèches, afin de permettre aux sources de s’écouler dans le puits. Au-dessus, elles sont maçonnées en mortier hydraulique. Toutes les pierres sont taillées en coins ou voussoirs, comme s’il s’agissait de faire un arc double. On utilise aussi avec avantage des briques circulaires.

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Quand la construction est arrivée au niveau du sol, on pose de fortes assises qui forment la margelle du puits; celle-ci doit avoir 1 mètre à 1 m , 1 0 de hauteur, afin d'empêcher fa chute de ceux qui, puisant de l’eau, pourraient tomber dans le puits.

Les puits sont couverts ou découverts ; nous préférons ces derniers, car l’eau de ces puits a meilleur goût, est plus digestive, elle contient en effet, plus d'air en dissolution que les eaux des puits fermés, surtout lorsque ceux-ci sont très-profonds.

Pour amener l’eau à la surface du sol, on emploie divers systèmes, des seaux qu’on manœuvre à la main avec cordes passant sur des poulies ou s’enroulant sur des treuils, ou bien des pompes, ou même quand il faut monter des quantités d’eau considérables des norias,- ou des chaînes à godets.

Enfin, on fait des puits chinois ou forés, avec lesquels on obtient souvent de l’eau jaillissante. On pratique ces puits à l’aide de sondes. Il faut s’adresser à des ouvriers spéciaux.

3. Réservoirs. — Les réservoirs sont des constructions destinées à ramasser et conserver l’eau.

Les meilleurs réservoirs sont ceux qui se rapprochent le plus des amas d’eau naturels, les lacs et les étangs, c’est-à-dire ceux qui sont à la surface du sol et découverts, comme les viviers, les bassins et les mares.

On fait aussi des réservoirs qui s’élèvent au-dessus du sol, et dont les côtés doivent être buttés par des contreforts, car l’eau exerce une forte poussée sur des parois verticales qui ne sont point contrebuttées par le terrain.

Enfin, on construit des réservoirs dans le sol ; ils sont voûtés, ou à découvert : dans le premier cas, ce sont des citernes, dans le second des bassins.

1. Viviers. — Le vivier est une sorte d’étang artificiel creusé par l’homme. Il a ses parois droites ou en talus ; elles sont suivant la nature du terrain revêtues en glaise, en gazon ou en pierres sèches. Si l'on peut amener dans un vivier un filet d’eau courante, c’est un excellent milieu pour y élever des poissons.

2. Mares. — Les mares sont des grands trous ou plutôt de larges excavations alimentés par les eaux pluviales et dans lesquels les fossés viennent décharger leurs eaux.

Généralement, les mares ont trop d’étendue pour leur peu de profondeur, ce qui est un grave défaut, car l’évaporation est très-rapide et par suite on perd une grande quantité d’eau. Ensuite ces mares plates ont l’inconvénient, en été, d'être de vrais marais infects, caries eaux croupissantes y exhalent des miasmes putrides.

On devrait caillouter le fond des mares, après les avoir creusées dans un

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rapport analogue à leur surface, ensuite on devrait planter leurs bords de grands arbres pour les protéger contre les rayons d’un soleil ardent. Dans les pays dans lesquels on pratique le drainage, on peut amener l’eau des drains à la mare.

3. Bassins. — Les bassins sont de petits réservoirs creusés en terre qui n’ont que lm,20 ou lm,50 de profondeur au plus, et dont les parois horizontales et verticales sont revêtues en maçonnerie hydraulique.

Par une économie mal entendue, on se contente souvent de faire le fond des bassins en argile battue. Il est bon, dans les terres perméables, de battre sur le sol un lit d’argile, mais on doit le recouvrir en maçonnerie.

On remplit les bassins avec les eaux pluviales qu’on ramasse sur les chemins et les routes et qu’on dirige de là par des tuyaux de conduite en poterie dans les bassins. Quand ceux-ci sont à proximité d’un bâtiment, ou d’une construction quelconque, on peut recueillir les eaux de la couverture de ce bâtiment et les amener dans ces bassins par des conduits souterrains.

4. Citernes. — Les citernes sont des réservoirs souterrains qui servent à emmagasiner les eaux pluviales. Ces eaux sont amenées par des ruisseaux, des caniveaux ou par des tuyaux de descente des gouttières des bâtiments. Quand on veut ramasser les eaux pluviales des toitures pour les amener dans les citernes, on doit employer des ardoises et des tuiles. Le zinc est aussi une bonne surface d’alimentation, mais l’eau provenant de ces couvertures peut être dangereuse pour l’homme et les animaux qui la boiraient. Il en est de même du plomb.

La construction des citernes demande beaucoup de soins. On doit employer de bons matériaux, briques, roches, meulières, et leshourder avec des mortiers hydrauliques; on peut rejointoyer les assises de ces matériaux avec du bon ciment. On leur donne toutes sortes de formes, elles sont carrées, rectangulaires, circulaires. Cette dernière forme est la meilleure et la plus avantageuse. Il vaut mieux, pour obtenir un fort cube, donner de la profondeur aux citernes plutôt que de la surface. Dans ces conditions, l’eau s’évapore moins et se conserve mieux. Il ne faut pas cependant exagérer la profondeur ; une citerne doit atteindre à peine 10 mètres. Ainsi faite, on peut y puiser de l’eau avec toutes, sortes de pompes.

L’eau qui se rend dans la citerne soit par les toitures soit par des rigoles ou canalisations existant sur des chemins pavés ou d’autres surfaces ne doit pas arriver directement dans la citerne. Elle doit traverser auparavant un ou deux citerneaux ou bassins épurateurs, dans lesquels l’eau se débarrasse des matières étrangères qu’elle a pu entraîner. Plus les récipients précédant les citernes seront grands, plus l’eau sera claire quand elle arrivera dans la

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citerne. Nous donnons figure 518 la coupe d’une citerne avec deux bassins épurateurs. La citerne se trouve en a, elle possède une ouverture circulaire qui permet d’y puiser de l’eau et par laquelle un homme peut descendre dans son intérieur pour les nettoyages et les réparations. Par cette même ouverture, on peut faire passer un tuyau de pompe pour puiser l’eau, et même en la surmontant d’une potence en fer portant une poulie on pourrait puiser de l’eau à l’aide d’un seau.

Les eaux recueillies arrivent dans un premier citerneau c muni d’une cloison d, qu’on établit tantôt en bois tantôt avec une dalle. Cette cloison sert à arrêter les menus débris de bois ou autres détritus légers, paille, plumes, etc. qui surnageant arriveraient dans la citerne et seraient une source d’impu-

Fig. 518. — Citerne avec bassins épurateurs.

Échelle de 0ra,005 pour mètre.

Légende :

a, citerne; b, ouverture pour puiser l’eau ; c, citerneau épurateur ; d, cloison; c, conduit; f, deuxième citerneau clarificateur ; g, conduit.

retés. Tandis que les matières lourdes tenues en suspension dans l’eau se précipitent au fond du citerneau, l’eau, plus limpide déjà, s’échappe par le conduit e pour arriver dans le second citerneau f qui renferme des cailloux, du charbon. Une deuxième clarification s’opère dans celui-ci et l’eau reprenant le niveau du canal g arrive par ce dernier dans la citerne a. Les deux citerneaux sont munis d’une ouverture dallée qui sert au nettoyage de ces deux bassins épurateurs.

La citerne une fois construite, il faut attendre qu’elle soit bien sèche avant d’y faire arriver l’eau.

Dimensions. — La capacité d’une citerne doit être calculée à raison de la quantité d’eau qui tombe annuellement. Sous notre climat, on peut compter 50,000 litres d’eau par 100 mètres carrés de couverture, soit 50 centi-

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mètres cubes par mètre carré. Mais comme il y a des saisons pluvieuses et des temps de sécheresse, puisque la pluie arrive à différentes époques de l’année, il faut admettre que le réservoir peut se remplir plusieurs fois dans le courant d une année. Aussi, on a 1 habitude de ne faire les citernes que de la moitié et même du tiers de la capacité de l’eau nécessaire à une exploitation.

On estime la consommation moyenne d’eau par jour pour l’homme de 10 a 12 litres, pour un animal de taille moyenne de 2o à 30 litres. On ne peut donner du reste des chiffres précis dans cette question, car les fermes qui possèdent beaucoup d’eau en dépensent beaucoup plus que celles qui en

Fig. 519. — Citerne-filtre.

Échelle de 0ra,005 pour mètre.

Légende :

o, citerneau contenant des cailloux ; b , arrivé de l’eau ; c, deuxième citerneau contenant du sable ; d, troisième citerneau à charbon ; e, citerne contenant l’eau filtrée.

sont privées, et qui ne peuvent compter que sur l’eau de la pluie pour leurs besoins.

Quoiqu’il soit, nous le répétons, difficile de rien préciser à cet égard, nous donnerons une formule appliquée par de nombreux agriculteurs, et pour l'adoption de laquelle ils supposent que l’eau d’une citerne se renouvelle tous les deux mois. La voici : C = 0,61 H -J- 3 C -f 2 B -j- 0,12 M -)- 0,20 P.

H est le nombre de personnes adultes, C celui des chevaux, B celui des bœufs, M celui des moutons et P celui des porcs.

Citernes- filtres. — Les citernes ordinaires dont nous venons de donner la description emmagasinent les eaux, sortant presque aussi impures qu’elles arrivent dans ces réservoirs; de sorte qu’après un fort orage, lorsque les

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eaux parcourent des terrains détrempés, elles sont chargées de parties terreuses qui les troublent profondément; il faut quelquefois plusieurs jours avant qu’elles recouvrent une limpidité désirable.

C’est pour obvier à cet inconvénient qu’on a imaginé des citernes-filtres et des citernes vénitiennes dont nous allons donner la description.

Notre figure 519 représente la coupe d'une citerne-filtre. Elle est composée de quatre compartiments : le premier a rempli de cailloux contient en b l’arrivée des eaux ; le second c contient du sable lavé et le troisième d du charbon. Quelquefois ce dernier est rempli de chiffons de laine. Enfin la citerne proprement dite contenant l’eau filtrée se trouve en e. Celle-ci est entourée d’une margelle et remplit l’office de puits. Les trois compartiments qui la précèdent sont munis à leur sommet de tampons qui permettent le nettoyage de ces bassins épurateurs. En jetant les yeux sur cette figure, nos lecteurs comprendront facilement le fonctionnement de l’eau à travers ces divers récipients. Elle arrive par b dans le compartiment a, sort de celui-ci par un ou plusieurs drains ménagés dans le bas du mur qui sépare a de c. L’eau pénètre par le même système de c en d par le haut et dans la citerne e par le bas du compartiment d.

Citerne vénitienne. — Pour construire ce genre de citerne, on creuse dans le sol un orifice de trois mètres de profondeur ayant la forme d’un tronc de pyramide renversé, d'un entonnoir à quatre pans. On empêche l’éboulement des terres à l'aide d’un bâti en charpente. Sur ce bâti, on étale une couche d’argile bien compacte, dont on a soin de lisser la surface. L’épaisseur de la couche varie de 0m,20 à 0,30 suivant la plus ou moins grande capacité du tronc de pyramide. Cette argile est là pour résister à la pression de l’eau et rendre les parois de l’excavation imperméables, et pour apporter un obstacle aussi aux racines des arbres et végétaux qui pourraient croître dans le voisinage.

Le centre de l'excavation est bâti en forme de cuvette circulaire de 3 mètres de diamètre. C’est sur celle-ci qu’on élève une maçonnerie de briques en forme de cylindre creux dont le diamètre intérieur est de lm, 20 environ, car les murs de briques ont 0m,40 d’épaisseur.

Les briques des assises inférieures du puits sont percées de petits trous coniques permettant le filtrage des eaux. Les détails ainsi que l’explication de nos figures 520 et 521 suffiront pour faire comprendre l’économie de cette construction et le parti avantageux qu’elle présente pour avoir toujours de l’eau claire et filtrée.

Notre figure 520 représente le plan ; a, a, a, a, sont quatre boites appelées cassettoni reliées entre elles par de petits canaux en briques posés sur le sable. L’eau recueillie par les toits ou ailleurs est amenée dans ces cassettoni, et

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comme celles-ci et les caniveaux sont en briques sèches c’est-à-dire non Raisonnées avec du mortier, elles laissent filtrer l’eau de toutes parts qui se

Fig. 520. — Plan d’une citerne vénitienne. Échelle de 0m, 0,005 pour mètre.

Légende :

a, a, a, a, cassettoni ; a madriers ; d, sable.

perd dans le sable cl. Mais comme l’eau tend à reprendre toujours son niveau,

Fig. 521. — Coupe d’une citerne vénitienne.

Échelle de 0m,005 pour mètre.

Légende :

a', madriers; b, b, couche de glaise; c, o, brique perforées; d, sable.

elle pénétré dans le puits par les briques perforées des assises inférieures de ce puits, de sorte que, suivant la quantité d’eau amenée, le niveau du puits

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s’élève dans les mêmes proportions. La figure 521 montre la coupe; «a sont les madriers formant charpente pour retenir les terres ; b b l’argile ; d le sable, qu’on peut remplacer par du charbon qui préserve l’eau de la putréfaction. 100 kilogrammes de charbon suffisent pour épurer 100 mètres cubes d’eau. c, c, sont les assises inférieures, en briques perforées, du puits ou plutôt de la citerne, dont le dessus à surface convexe est pavé de façon à envoyer les eaux dans les quatre cassettoni.

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