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IL TRAVAUX SECONDAIRES

I. Chemins et routes. — Pour avoir un accès facile dans les diverses parties des exploitations rurales, on est souvent obligé de créer de nouveaux chemins ou de remettre en bon état ceux qui existent. Pour établir une route ou un chemin, il faut commencer par le tracer sur le lieu où il doit passer, puis en dresser le profil, régler les pentes et l’empierrer.

Quand il ne s’agit que de le réparer, bien souvent il suffit de faire des empierrements dans les parties concaves.

On donne aux chemins une largeur convenable pour que deux voitures puissent se croiser; si ce n’est qu’un chemin d’exploitation il suffit qu’il soit assez large pour la circulation d’une seule voiture, mais de distance en distance, on établit des garages qui permettent le croisement de deux véhicules.

Les routes et les chemins doivent être faits à dos d’àne et avoir de chaque côté un fossé pour recevoir les eaux pluviales, de manière à obtenir une route bien sèche. De cette façon les roues ne creusent pas rapidement des ornières profondes.

Une bonne chaussée doit être uniforme, rigide, ferme, légèrement rugueuse, afin de faciliter le tirage des gros chargements aux voitures et aux chevaux.

Son profil doit être une courbe assez prononcée, afin de permettre le prompt écoulement des eaux de toute nature qui outre l’inconvénient déjà signalé de ramollir sa surface deviendraient avec le temps des foyers d’in-

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fection, surtout pendant les chaleurs de l’été. Une bonne chaussée doit produire le moins de poussière possible par un temps sec, parce que le vent soulevant celle-ci la transporte au loin et abîme souvent les prairies ou les plantations.

Inutile d’ajouter qu’une bonne chaussée doit coûter le moins de frais possible d’établissement et d’entretien; jusqu’à présent ce qu'on a trouvé de mieux pour les chemins et routes peu fréquentés, c'est la chaussée d’empierrement ou de macadam.

On fait aussi des chaussées pavées, mais leur prix de revient est trèsélevé.

Ce genre de chaussée est fort ancien. D’après Isidore (Orig., xv, 16, 6) ce seraient les Carthaginois qui l’auraient inventé. Ces routes pavées servaient aux piétons, aux cavaliers et aux voitures (Yarro, I, lv, 33). Les voies romaines étaient construites de façon à réunir à la plus grande commodité possible les éléments de la plus grande durée.

Enfin, on fait des chaussées en asphalte, en pavés métalliques et en pavés de bois; mais tous ces genres de chaussée sont encore d’un prix trop élevé pour pouvoir être établis dans les campagnes.

Tous les travaux de viabilité doivent être entrepris dans l’été ou au printemps.

II. Ponts, i>onceaux et tassebeeles. — Il ne suffit pas d’avoir des routes et des chemins pour arriver dans les terres; comme il faut souvent traverser des rivières, des ruisseaux, des ravins ou de simples fossés, on est obligé de construire des ponts, des ponceaux et des passerelles.

Nous n’avons pas à parler ici des grands ponts. Ce sont quelquefois des travaux d’art qui nécessitent de grandes connaissances et qui sont du ressort de l’ingénieur.

Fig. 55G. — Ponceau en pierres brûles.

Fig. 557. — Ponceau en pier- Fig. 558. — Ponceau en pierres brûles avec un parement. res grossièrement équarries.

Échelle de (P, 005 pour mètre.

Nous donnerons quelques exemples de petits ponts économiques, de ponceaux et de passerelles.

Notre figure 536 montre un ponceau fait avec des pierres brutes et qui n’ont reçu aucune taille.

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Notre figure 557 en montre un deuxième dont les pierres n'ont reçu qu’un parement grossier. Ces deux ponts ne laissent passer que lm,20 d’eau, mais quand on est obligé d’avoir un plus grand écartement et qu’on ne veut pas faire des ponts en maçonnerie fort chers, on peut construire avec des pierres grossièrement équarries le ponceau représenté par notre figure 558.

Les trois ponts que nous venons de décrire sont pour ainsi dire souterrains, on les emploie pour traverser une route; ce sont les Fig. 559. pasBerclle en charpente ponts les plus fréquemment employés ; mais légère.

. . „ ,, . , Échelle de 0m, 005 pour mètre.

il arrive aussi que pour aller d une terre à une

autre, il faut traverser un cours d’eau, dans ce cas on fait des petits ponts en charpente comme celui qui est représenté par notre figure 559, qui peut supporter le poids d’une charrette chargée.

Mais si le passage ne doit être utilisé que pour des hommes ou des chevaux, on fait des passerelles en charpente légère, dans le genre de celle qui est représentée par notre figure 560. Elle se compose de pieux plantés en

Fig. 561. - Pont en bois en grume.

terre qui supportent des madriers et des traverses servant de garde-corps, ou bien encore dans les campagnes d’agrément, on fait des petits ponts en bois en grume qui peuvent avoir une assez grande portée. Notre figure 561 en montre un exemple.

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On peut les construire de plusieurs manières, soit en posant à côté les uns des autres des troncs d'arbre en travers de la rivière et en superposant un deuxième rang longitudinalement, soit en jetant en travers de la rivière deux troncs d’arbre assez forts et qui supportent des bois plus légers posés longitudinalement. On recouvre ces troncs de planches et l'on tasse du sable et de la terre au-dessus; pour augmenter la durée de ces bois on fera bien de les goudronner avec du goudron végétal. Non-seulement cette couche les conserve, mais encore cela leur donne une belle couleur brune, agréable à l’œil, et cette peinture les préserve des mousses, champignons et autres parasites du bois.

III. Clôtures. — Barrières et fossés. — Il est bien souvent indispensable de

Fig. 562. — Haie plantée au milieu d’un fossé.

Fig. 563. — Haie plantée au milieu d’un fossé.

Échelle de 0", 01 pour mètre.

fermer sa propriété pour se mettre à l’abri des vols et des rapines, ainsi que des excursions des animaux dangereux.

On emploie dans ce but plusieurs moyens, les plus usités pour les grandes

Fig. 564. — Haie plantée au bord d’un fossé. Fig. 565. — Mur situé au milieu d’un fossé.

Échelle de 0",01 pour mètre.

propriétés sont les barrières et les fossés; nous n’avons pas à parler des murs, car chacun les fait à sa guise et suivant les matériaux qu'il a sous la main. La clôture la moins dispendieuse, c’est le fossé qu’on remplit d’eau

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quand on le peut; mais si l’on se trouve prive de cet auxiliaire, on plante son fossé avec des arbustes épineux (1). Dans ce cas, on peut planter de diverses manières, soit dans le milieu du fossé comme le montrent nos figures 56:2 et 563 et l’on taille sa haie suivant une forme ou une autre, soit sur le bord du fossé comme l'indique notre figure 564; on peut aussi planter une haie dans l’axe du fossé, comme le montre notre figure 565, dans celte supposition le mur remplace la haie.

Fig. 566. — Clôture de chemin de fer (premier type).

On se contente aussi parfois de clôturer les terres par de simples barrières comme en ont employé les compagnies de chemins de fer.

Nos figures 566 et 567 en montrent deux spécimens; enfin pour les bassescours et les volières on emploie des grillages en fil de fer galvanisé au

zinc, ou simplement en fer, auquel on donne une couche de peinture. Notre

(1) Voici quelques arbustes bons à faire des haies : le houx ( ilex aquifolium), le sureau (sambuceusnigra), l’aulne (aulnus cjlutinosa), le saule ( salix alba), l’ajonc épineux (ulex spinosus), l’épicéa ( abies excelsa), la sapinette (abies cœrulea), le genévrier ou cèdre de Virginie (juniperus virginiana) et le genévrier commun [juniperus communia), le nerprun cathartique ( rhamnus ccithartica), enfin quelques cyprès qui sont le cupressus fastigiata ou pyramidal, macrocarpa ou à gros fruits, funebns, funèbre ou de la Chine.

figure 568 montre un grillage en fil de fer, et notre figure 569 un treillage en bois. Ce dernier est employé aussi pour entourer le parterre ou le jardin de la ferme et les préserver des incursions de la volaille, des chiens, des

chats et autres animaux domestiques, qui se font un véritable plaisir de fouiller la terre des platesbandes garnies de fleurs.

Il arrive souvent qu’on ne peut entourer de clôtures de vastes terres; il faut cependant défendre l’accès des charrettes et voitures dans ses -terres qu’un voisin peut traverser par votre chemin particulier pour arriver plus rapidement et plus facilement aux siennes. Dans ce cas, il suffit de barrer le chemin.

On emploie dans ce but de forts poteaux traversés par une ou deux barres

Fig. 570. — Barrière pou i les chemins.

Échelle de 0m,01 pour mètre.

Fig. 571 — Barrière en fer pour défendre l'accès d’un chemin.

qui sont cadenassées, ou bien des barrières en bois comme celles que représentent notre figure 570, ou bien encore des barrières en fer comme notre figure 571 en montre un joli type en perspective.

4. Pavillons de repos. — Il arrive souveut que dans un grand jardin, ou dans un parc, le propriétaire désire faire une petite construction pittoresque pour lui servir de pavillon de repos, de cabinet de lecture ou même de simple abri.

Nous ne saurions mieux faire que de recommander les petits pavillons en bois en grume recouverts de chaume représentes par nos figures 572 , 573 et 574.

Du reste ces chaumières peuvent servir aussi comme laiterie, serre à ou-

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tils, vide-bouteilles, etc. On 11e doit employer pour leur construction que des bois sains et secs.

Fig. 572. — Pavillon de repos en bois en Fig. 573. — Pavillon de repos en bois grume (premier lype). en grume (deuxième type).

Généralement , on fait un socle en maçonnerie à ces pavillons , ou bien on maçonne entièrement les bois comme le représente notre figure 572. Ces pavillons terminés, on lave et l’on nettoie les bois, et quand ceux-ci

Fig. 574. — Pavillon de repos en bois en grume (troisième type).

sont bien secs, on leur donne une couche de goudron végétal, ou ce qui vaut mieux d’buile grasse ; quand celle-ci est bien sèche, on donne une couche de vernis.

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Les pavillons faits dans ces conditions peuvent durer fort longtemps et rendre d’utiles services.

Quand dans un parc d’agrément on veut loger quelques animaux, cerfs, biches, chevreuils, sangliers, on fait de petits parcs avec les barrières en bois ou en fer que nous avons' décrites, et, au milieu de ces parcs, on installe de petits pavillons en bois en grume qui servent d’écuries à ces animaux.

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