VOUTES
Dans les constructions rurales, on emploie fréquemment les voûtes, soit pour des caves, celliers, laiteries, glacières etc., soit pour les planchers d’écuries et d'étables. Elles sont d'une grande utilité, car on n’a pas il redouter les brusques variations de température dans les locaux qu'elles couvrent; elles sont en outre incombustibles et plus durables que les planchers.
L’établissement des voûtes, demande un certain savoir pour pouvoir équilibrer la résistance des supports ou pieds-droits, et la poussée exercée par les reins de la voûte; aussi il nous paraît indispensable d’exposer ici une théorie sommaire de leur construction.
Théorie des voyxES. — Une voûte peut être considérée comme formée par
une série de polygones taillés en coins se soutenant mutuellement les uns les autres par leur simple pression. Ces coins se nomment voussoirs. Les derniers de chaque côté de la voûte sont soutenus par les piedsdroits, celui du milieu a (fig. 29) est nommé clef. La surface intérieure de la voûte prend y,. „„ , . , . le nom d’intrados, tandis que la face exté-
• rieure prend celui d’extrados.
Les points b, o, qui reçoivent les derniers voussoirs se nomment naissances; la distance horizontale b, o, ouverture ou portée; la distance verticale a, c, hauteur et les matériaux placés sous b et o, coussinets ou sommiers; ils sont ordinairement en pierres dures.
EMPLOI ET MISE EN OEUVRE DES MATÉRIAUX
La théorie et la pratique ont démontré que les principes suivants pouvaient passer comme axiomes, pour la construction des voûtes :
1° La poussée d’une voûte est d’autant plus forte, que la voûte est divisée en un plus petit nombre de voussoirs, et réciproquement.
2° La poussée est encore d’autant plus forte, que la voûte est moins élevée, de sorte
que la voûte en plein cintre et les voûtes i .-7fscx|yf a: - * .*
surbaissées donnent une poussée plus grande que l’arc en ogive ou en tiers-point; aussi mp ces derniers peuvent être supportés par des |É|| pieds-droits d’une moindre épaisseur que I les premiers.
3° Les voûtes dont l’épaisseur va en diminuant de la naissance à la clef offrent moins de poussée que, celles dont l’épaisseur est uniforme. Fl;
4° Les voûtes extradossées en ligne droite, c’est-à-dire celles dont les reins sont entièrement remplis (fig. 30), ont, à courbure égale, moins de poussée que dans toute autre circonstance.
5° Quand des pieds-droits n’ont pas assez d’épaisseur pour résister à la poussée d’une voûte, celle-ci cède à la pression et s’ouvre en dessous vers la clef A et au-dessus vers le milieu des reins en BCD (fig. 31).
6° Toute voûte plein-cintre, pour se soutenir, doit avoir une épaisseur minima et uniforme d’un dix-buitième de son diamètre.
Ces principes fondamentaux posés, il nous reste à déterminer quelle est l’épaisseur que doivent avoir les voûtes à leur naissance ainsi que la forme de leur extrados ; nous donne-
rons ensuite le tableau détermi- d