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COUVERTURE

Généralités. — La couverture est le revêtement qu’on applique sur le comble des constructions.

On emploie à cet effet de nombreux matériaux, tels que paille, chaume, papier, carton, toile, feutre, bois, tuile, ardoise, zinc, etc. ; mais quelle que soit la matière employée une couverture doit être imperméable, incombustible, solide, durable et légère autant que possible. Telles sont les conditions indispensables que doit remplir une bonne couverture.

Il est très-difficile de trouver réunies dans un seul mode de couverture

EMPLOI ET MISE EN OEUVRE DES MATÉRIAUX

toutes ces qualités, surtout si nous ajoutons que, pour les constructions rurales, il faut que le mode adopté soit encore économique. Mais pour ce dernier mot il s’agit de s’entendre, car souvent une couverture économique est ruineuse. Bien souvent en effet de mauvaises couvertures construites à bon marché ont causé l’incendie des bâtiments qu’elles étaient appelées à protéger, c’est-à-dire leur ruine et quelquefois celle de leur propriétaire.

Il ne faut donc pas se faire illusion, et pour notre part, nous conseillons à nos lecteurs d’employer toujours la meilleure couverture en usage dans la localité dans laquelle ils construisent, et cela, quel qu’en soit le prix de revient ; puisque, par une économie mal entendue, ils peuvent, outre les dangers de l’incendie que nous avons signalés, perdre une grande partie de leurs récoltes. La pluie en elfet peut occasionner des avaries, si le chapeau de la maison ne la couvre pas hermétiquement. Nos lecteurs comprendront par ces quelques lignes l’importance d’une bonne couverture pour les bâtiments agricoles ; car de son entretien et de sa bonne confection dépendent la durée des charpentes, la solidité des planchers des édifices mêmes, ainsi que la conservation des grains, des fourrages, en un mot de tout ce que la couverture est appelée à abriter.

Pour tous ces motifs, il importe d’étudier avec assez de détails la couverture des bâtiments ruraux.

Nous aurons donc soin d’indiquer tous les genres de couvertures économiques, mais nous commencerons auparavant par examiner la forme et les pentes qu’il convient de donner aux toits, ainsi que les ouvertures qu’on est appelé à pratiquer dans ces mêmes toits.

Forme a donner aux toits. — Il n’y a que deux formes à donner aux couvertures des bâtiments agricoles, celle à un égout ou en appentis, et celle à deux égouts ou à deux pentes.

La première n’est applicable qu'aux constructions de peu de largeur (3m,50 à 4 mètres au plus). On utilise l’appentis soit pour l’adosser aux murs de clôture ou autres, soit pour l’appuyer contre des murs de grands bâtiments. La couverture à deux égouts est de beaucoup, celle qu’on doit préférer pour les constructions qui nous occupent ; on doit éviter autant que possible, tout ce qui pourrait donner lieu à des raccords, tabatières. Lucarnes, noues ou angles rentrants. Il est préférable d’établir des égouts pendants qui permettent l’emploi des gouttières, plutôt que des égouts retroussés ou ordinaires, ou doubles, ou en bascule.

On termine trop souvent la couverture à l’aplomb des murs pignons, c’est un tort ; il vaut beaucoup mieux la faire dépasser de O'“,2o à 0m,3o et même davantage suivant la hauteur du bâtiment. Construite de cette façon, non-seulement elle abrite les pignons, mais encore il arrive fort souvent

TRAITÉ DES CONSTRUCTIONS RURALES

qu'on ouvre sur ces murs des baies qui servent à emmagasiner du fourrage et d’autres récoltes, de sorte que la couverture ainsi construite forme un auvent des plus utiles sur ces baies. Dans les pays où règne un vent impétueux, qui pourrait soulever cette partie de la couverture, on soutient les bouts de chevron par des écharpes scellées dans les murs.

Pentes des toits. — On ne doit pas craindre, dans les pays pluvieux, de même que dans ceux où il tombe beaucoup de neige, de donner une trèsgrande pente aux toits; l’eau s’écoulera avec d’autant plus de rapidité que la pente sera plus considérable. Dans les toits à grande pente les effets de la capillarité qui causent souvent la pourriture des bois sont beaucoup moins à craindre.

Du reste dans le courant de notre travail, nous indiquerons les inclinaisons nécessaires pour chacun des genres de couverture que nous décrirons.

Des ouvertures dans les toits. — On pratique souvent dans les toits des ouvertures, soit pour aérer ou ventiler les combles, chatières, soit pour donner du jour, châssis à tabatières, lucarnes, etc. On doit autant que possible restreindre le nombre de ces ouvertures à celles qui sont strictement nécessaires, car les frais d’entretien d’un toit sont d’autant plus grands, que le nombre de ces ouvertures est plus considérable.

Toutes les fois, qu’on construit dans un pays où le prix des matériaux ne s’y oppose pas, on doit pratiquer des portes ou des fenêtres dans les combles, car ainsi ils peuvent être utilisés pour des logements ou des magasins. En fixant une poulie dans les linteaux de ces portes ou fenêtres, on fait arriver dans ces locaux élevés, et plus facilement que par l’escalier, des fardeaux lourds et encombrants, seulement, dans ce cas, il est bon de poser un seuil au niveau du plancher, mais en saillie du mur, et cela à chacune de ces baies ; ce seuil aide considérablement pour la décharge des fardeaux, et il donne aux hommes en outre beaucoup de sécurité pour la manœuvre.

Les ouvertures pour laisser passer la lumière peuvent être très-petites. De simples châssis vitrés ou des tabatières de petites dimensions peuvent suffire dans bien des cas. Souvent même de simples tuiles eu verre placées çà et là dans la toiture avec discernement suffisent. Pour les couvertures en tuiles, des petites feuilles de verre double, fixées d’une manière quelconque dans le lattis ou le chevronnage donnent assez de jour.

Enfin, quand il ne faut que ventiler et aérer les combles, on pose ou des petits lanternons qui se composent d’un tuyau en tôle ou en zinc, ou des chatières formées par un demi-cône fait avec ces mêmes métaux. L’ouverture de ces chatières doit être grillagée ou fermée par du zinc découpé afin d’empêcher les gros insectes, les oiseaux et les rongeurs d’arriver dans les combles par ces ouvertures. Après ces généralités sur les couvertures, nous allons

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passer en revue les divers modes employés, en commençant par ceux qui ont les végétaux pour base.

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