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COMPOSITION DE LA COULEUR IMITANT LES TUILES OU L’ARDOISE

Lait écrémé et non tourné, 20 litres environ ou. . . 20 kilog.

Chaux vive 3K°,500

Huile de lin, de noix ou d’œillette i ,500

Poix de Bourgogne 0 ,500

Rouge de Prusse pulvérisé 2 ,000

Rlanc de Rougi val 5 ,000

Ces quantités suffisent pour 90 à 100 mètres carrés de couverture.

Pour imiter l’ardoise, on substitue à la même composition 1 kilogramme de noir d’ivoire à la place du rouge de Prusse et on ajoute 500 grammes de bleu commun, ce dernier détrempé préalablement dans l’eau pendant vingtquatre heures environ. Alors on mêle le noir en poudre aux autres matières et on suit en tout point le même procédé de préparation que nous allons décrire. Si l’on voulait donner à l’ardoise une teinte violacée on chargerait un peu en bleu et on ajouterait plus ou moins du rouge de Prusse suivant qu’on voudrait obtenir le ton plus ou moins violacé.

Préparation des matières. — Après avoir écrasé la poix de Bourgogne, on la fait fondre dans l’huile à une douce chaleur ; on plonge la chaux dans l’eau, et on la laisse s’effleurir à l’air, après quoi on la met dans un vase d’une capacité convenable, et l’on verse sur elle une quantité suffisante de lait pour en former une bouillie assez épaisse. On ajoute alors l’huile dans laquelle, on a fait dissoudre la poix en ayant soin de remuer le composé avec une spatule; puis on verse le restant du lait en agitant le mélange. On répand à ce moment le blanc de Bougival qu’on a préalablement écrasé, il commence d’abord par surnager puis il se précipite au fond, on verse enfin le rouge de Prusse, on remue avec la spatule et on passe le mélange à travers un tamis à maille serrée.

Pesanteur des couvertures ignifuges. — Une surface de 8 mètres carrés

de couverture terminée et sèche pèse 176 kilogrammes, soit 22 kilogrammes le mètre carré. L'ardoise est de 20Ks,25, les tuiles plates de 70 à 75 kilogrammes, les tuiles courbes oa pannes 85 à 90 kilogrammes, les toitures en chaume 42Ks,50.

Tandis que les toitures ignifuges n'augmentent que de 3 p. 0, 0 après plusieurs jours de pluie, celles en t îiles ou en chaume augmentent de 8 p. 0/0 pendant les temps pluvieux.

Prix de revient. — Ce mode de couverture coûte environ 5/6 de moins que la toiture en ardoise, moitié moins que la tuile, et elle est du même prix que le chaume.

Un ouvrier couvreur peut dans sa journée de dix heures attacher 24 à 25 mètres carrés de panneaux, et y appliquer l’enduit, tandis que le même ouvrier dans le même laps de temps ne pourrait couvrir que 16 à 17 mètres en pannes, 14 mètres en tuiles et 6 mètres en ardoises.

Il est donc évident que, sous le rapport de la légèreté et- de l’économie, ce mode de couverture mérite la préférence. Quant à sa durée, elle a été des plus satisfaisantes, d’après les expériences faites ; enfin sa difficulté à s'enflammer, devrait la faire employer à l'exclusion de toute autre couverture en paille pour les constructions rurales. " *

Joncs, roseaux, glaïeuls, bruyères. — On utilise encore pour couverture les joncs, roseaux, glaïeuls, bruyères.

Les variétés employées sont principalement pour les joncs, le roseau à balai ( arundo phragmites), le jonc à paillassons ( scirpus lacuslris), et la massette à large feuille, vulgairement jonc des tonneliers ( ti/pha lati folia ). Cette dernière plante dont les tiges sont molles et spongieuses conserve beaucoup 1 humidité, aussi elle se retrouve fréquemment dans les tourbières. Du reste beaucoup de plantes qui croissent dans les tourbières feraient d excellentes couvertures. Ceux de nos lecteurs qui voudraient en faire 1 essai trouveront la flore complète des marais tourbeux dans notre Traité de la tourbe (1).

Les toits en joncs présentent les mêmes dangers et les mêmes inconvénients que ceux en paille, mais leur durée par la nature .même du jonc est plus considérable, et ils résistent beaucoup mieux aux coups de vent. Au bord de la Méditerranée, nous avons vu des cabanes de pêcheurs couvertes en joncs qui n'avaient rien à redouter des plus forts vents.

Enfin on emploie aussi les bruyères pour couvertures, mais comme elles sont peu solides nous n’en parlerons pas.

(I) Traité complet de la tourbe, 1 vol. in-8° avec figures, Paris, librairie polytechnique de J. Baudry, éditeur, 1870.

EMPLOI ET MISE EN OEUVRE DES MATÉRIAUX

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